Archive pour février 2010

Ton amie chômeuse a vu A Serious Man

Mardi 23 février 2010

seriousman

A Serious man, des frères Coen
(Requête de Marine, perturbée par des avis divergents)

Oui, ton amie chômeuse est à la bourre, mais elle te rappelle qu’elle est partie dix jours en voyage et que c’est pas tous les jours évident la vie de chômeuse, tiens par exemple, pour aller voir A Serious Man, j’ai dû changer mes habitudes et aller au Balzac, tout près des Champs, et ton amie chômeuse déteste aller près des Champs-Elysées beurk beurk beurk, alors tu vois, dur.

Bon. Alors ton amie chômeuse, en bon mouton, s’apprêtait à se payer une bonne tranche de rire en allant voir le dernier film des frères Coen. Du genre qui fait plaisir sur le moment mais auquel on ne pense plus quelques heures après (comme Burn after reading par exemple). Et bien A serious man, c’est tout l’inverse, c’est-à-dire qu’on passe un moment bizarre auquel on va repenser toute la semaine.

Sur le moment, j’ai été déçue. Si les frères Coen commencent à faire dans l’énigmatique, à quand la comédie bien grasse signée Lars Von Trier ?

Second sujet d’agacement : mais qu’est-ce qui fait rire A CE POINT tous ces gens dans la salle ? Ton amie chômeuse a été hautement déconcentrée par ces manifestations d’hilarité, elle qui aurait aimé avoir le temps de se dire « c’est amusant mais je n’ai pas encore bien compris pourquoi ». Est-ce qu’il comprennent tous l’hébreu ? Est-ce qu’il sont tous juifs ? C’est ça, il faut être juif pour comprendre la blague ? Ah bah bravo, merci bien, et moi qui viens de passer 10 JOURS EN ISRAEL et qui n’ai rien compris, merci.

Moi aussi, j’ai bien aimé la voisine bronzée à la voix rauque, l’étudiant coréen qui essaie de soudoyer son prof, les voisins white-trash, les rabbins qui philosophent sur la beauté du parking, mais honnêtement, je n’ai pas attrapé le hoquet comme d’autres autour de moi (donc doute, donc malaise, donc gêne).

Mais depuis que je l’ai vu, j’y repense assez souvent, et les séquences qui défilent séparément dans ma tête me plaisent toutes beaucoup, beaucoup plus que le film dans sa continuité. J’ai l’impression que c’est un film que chacun doit pouvoir jouer à son rythme, comme un livre que l’on peut prendre et reposer à loisir. Et mon rythme à moi, à l’évidence, est plutôt lent.

J’ai l’impression de n’être qu’à la première étape de la découverte du dernier Coen, comme si je devais maintenant l’effeuiller avec patience, en savourant chaque scène. J’entends bien exercer ce droit au calme en le louant en DVD dès que possible. Je te tiendrai au courant dès que j’aurai formulé un avis, ami lecteur…

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Allociné

Ton amie chômeuse a vu L’Autre Dumas

Lundi 15 février 2010

duma
L’autre Dumas, de Safy Nebbou
(Requête de personne, toutes les autres séances étaient complètes nom de Dieu)

Fallait-il que ton amie chômeuse ait la flemme de rebrousser chemin pour se dire « bof, pourquoi pas » quand elle a réalisé qu’il ne restait de places que pour un seul film : l’Autre Dumas. Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu Benoît Poelvoorde au cinéma, je me suis dit que ça suffirait peut-être à me consoler d’être passée de 27°C à -4°C du jour au lendemain (faisait chaud en Terre Sainte)… Alors non, ça ne suffisait pas, mais alors pas du tout.

L’Autre Dumas, c’est Auguste Maquet, le « plus proche collaborateur » du grand Alexandre Dumas, celui qui fignole les dialogues, rédige les descriptions un peu chiantes… C’est le nègre en somme, celui qui n’aura jamais le plaisir de voir son nom figurer sur la couverture des livres auxquels il a travaillé. Il siège dans l’ombre du célèbre auteur des Trois Mousquetaires, et vu la taille considérable du bonhomme, c’est un endroit sombre et glacial ou il ne fait pas bon vivre…

Alexandre Dumas, c’est l’Obélix de la littérature , celui qui consomme femmes et volailles sans modération et qui peuple son grand château d’animaux exotiques. C’est l’enfant obèse et capricieux qui ne trouve son inspiration que si le pauvre Maquet, aigri, sec et jaloux, est couché à ses pieds. On a beau être dégoûtée par les doigts boudinés qui palpent les couilles du taureau, par les petites dents sales ou le nez en phallus, on se dit que si Depardieu n’était pas là, on se serait vraiment fait chier. Grâce à lui, le film aurait eu sa place à la télévision un dimanche soir, comme le Comte de Monte-Cristo qu’il avait aussi incarné sur France 2.

Ton amie chômeuse a trouvé qu’il n’y avait rien à sauver. Aucun souffle, aucune originalité, ni dans la construction du scénario, ni dans les dialogues, ni dans le jeu des acteurs. On ne croit pas une seconde à l’amour de Maquet pour la jeune Charlotte, révolutionnaire d’eau douce. La révolution de 48 est une farce, était-ce le manque de budget (« Attends, on va mettre un mort là, comme ça on comprend que Paris est à feu et à sang, tiens, voooooilà ») ou le manque d’inspiration ? Ton amie chômeuse se demande ce qui pouvait pousser un réalisateur à faire un film pareil et formule l’hypothèse qu’il s’agit d’une commande d’un producteur ayant voulu exploiter le potentiel de Depardieu une énième fois….

La prochaine fois, je m’épargnerai ça et rentrerai gentiment chez moi, même par -4°C.

Lien inutile :
Allociné