Ton amie chômeuse a vu À l’origine

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À l’origine
, de Xavier Giannoli

De petites escroqueries en vols de voiture, Philippe Miller sillonne les routes de France, tel un VRP de l’embrouille. Il tombe un jour sur un chantier d’autoroute abandonné et décide de passer la nuit dans le patelin pour réfléchir à l’arnaque qu’il pourrait tirer de la situation. En quelques heures, le bruit qu’un ingénieur est venu évaluer la possibilité de reprendre le chantier fait le tour de la région. Des loueurs de machines viennent lui proposer une enveloppe juteuse pour participer aux travaux : Miller se laisse tenter.

La maire fait aménager des bureaux pour ce messie qui porte avec lui la promesse de redynamiser une région lourdement sinistrée par le chômage. Avant même que Miller ait le temps de réaliser l’ampleur de la supercherie qu’il est entrain de mettre sur pieds, les travaux débutent et une autoroute voit progressivement le jour.

L’histoire paraît invraisemblable, et pourtant, elle est inspirée de faits réels. Pourquoi pas, c’est une lapalissade de dire que la réalité dépasse parfois la fiction (on congèle bien des bébés, on décide bien d’éliminer des gens sur des critères d’une validité approximative - je vais faire buter tous les roux tiens, m’emmerdent les roux moi), mais arriver à porter à l’écran un scénario pareil et à le rendre crédible, c’était un défi. Et bien ça marche, on y croit, et complètement même.

François Cluzet, qui ne décroche pas le plus petit sourire pendant près d’une heure, est parfait ; quant à Emmanuelle Devos… Ton amie chômeuse ne te cache pas qu’elle est entrain de développer une admiration de groupie pour cette actrice, pour sa diction et sa voix, pour son regard bleu désabusé, pour ses dents un peu de traviole… De Desplechin à Audiard en passant par les Beaux Gosses, chacune des apparitions d’Emmanuelle Devos me laisse subjuguée ; son magnétisme est tel qu’elle me met souvent mal à l’aise, mais même ça, ça me plait.

Sans être bouleversant ou grandiose, À l’origine est un film juste du début à la fin : la réalisation est soignée, et j’ai déjà parlé de l’interprétation, impeccable jusque dans les plus petits rôles. Xavier Giannoli respecte son spectateur et lui livre un film finement ciselé, simple et touchant. On lui pardonne même l’apparition de Gégé Depardieu, même si elle était inutile et un rien hors sujet.

Lien utile :
A l’origine sur Allociné

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3 commentaires sur “Ton amie chômeuse a vu À l’origine”

  1. Gaëlle dit :

    ce film me fait bien envie. cela m’a fait plaisir de lire ton billet et il va peut-être être le petit déclic :-)
    PS : comme toi, j’aime beaucoup E. Devos

  2. Gaëlle dit :

    ça y est, je suis allée le voir ! et je viens de faire un petit compte-rendu :-)
    Ce film m’a profondément (si, si, n’ayons pas peur de mots !) mise mal à l’aise. Le visage fermé de François Cluzet (très bon, je le reconnais) fait “mal”. Heureusement qu’Emmanuelle Devos apporte un peu de lumière et de légereté et quelques scènes sont vraiment bien filmées. Mais sinon, j’ai trouvé que c’était très oppressant comme histoire. On sait que tout cela va mal finir mais le réalisateur prend son temps (quelques longueurs d’ailleurs) et moi pendant ce temps, j’étais mal à l’aise. Bref, je suis partagée.. Euh…je ne sais pas si je suis très claire en fait !!

  3. admin dit :

    @Gaelle : si, si très claire ! Je comprends, j’ai également trouvé cette histoire très oppressante. Mais je trouve que c’était juste, et sans fioriture justement. Un peu brut de fonderie (d’où le malaise, les longueurs, etc.) mais je suis sortie avec l’impression qu’on ne m’avait pas prise pour une conne (j’ai souvent l’impression qu’on me prend pour une conne au cinéma…).

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