Ton ami intermittent a vu “Si tu meurs, je te tue”

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Si tu meurs, je te tue, de Hiner Saleem

Deuxième billet d’un ami glandu invité sur Mon amie chômeuse : voici le billet de mon ami intermittent (bien plus calé en cinéma que ton amie chômeuse)

Ton ami intermittent bosse dans le cinéma. A travers mes amis qui ont travaillé sur ce film, j’en ai entendu des vertes et des pas mûres sur ce Hiner Saleem, caricature du réalisateur habité et alcoolique, jouant sur la culpabilité et l’exploitation de son équipe. Autant te dire que j’y suis allé en traînant des pieds, ayant toutes les raisons de détester ce 8e film d’un réalisateur infecte qui arrive néanmoins à toujours être produit et primé quelque part…

A vrai dire, je ne connaissais même pas le titre du film en arrivant au cinéma. “Bonjour, une place pour le film d’Hiner Saleem s’il vous plait - Si tu meurs, je te tue ?“. Bim, la claque. “Pardon ? - C’est le titre du film que vous voulez voir monsieur“. Hiner Saleem m’avait déjà à moitié conquis. Avoue… ce titre, il tue non ?

Je rentre dans la salle avec mon amie L. : elle s’était fait virer du film par Hiner lui-même avant le début du tournage car elle avait refusé de prolonger la journée de travail en soirée en tête à tête (”Mais enfin, il n’y a pas d’heure pour travailler. Tu aimes ton métier ou pas ?“…).

Le film commence. Aie aie aie mes yeux ! J’ai mal, c’est moche ! On voit même l’équipe dans le reflet de la vitre de la voiture. Mais après un début très mou (voire franchement inintéressant), Jonathan Zaccaï devient rapidement touchant en français maladroit sortant de prison, fauché et perdu. Il rencontre Adval, un Kurde lui aussi perdu à Paris. Et comme c’est du cinéma, Philippe (Zaccaï) lui ouvre les bras et ils deviennent les meilleurs amis du monde. Mais voilà qu’Adval lui fait faux bon et meurt d’une crise cardiaque. Il va alors devoir gérer la situation, entre ses funérailles sans connaître la tradition musulmane, contacter la famille sans parler le kurde et l’accueil de la petite amie en pleine libération féminine … Il va chercher de l’aide rue du Faubourg St Denis (la quartier de ton ami intermittent : Hiner fait tout pour me plaire) auprès de la communauté Kurde. Et là… débute l’absurdité la plus délicieuse.

Car oui, avec un pitch pareil, on s’attend un à film social… mais Hiner Saleem a su y placer la dose d’humour nécessaire pour attraper quelques fous rire. Le burlesque de Tati avec l’incompréhension totale des différentes communautés et religions confrontés, la bizarrerie d’Otar Iosseliani (à découvrir absolument si vous ne connaissez pas) avec des frères Daltons Kurdes aux dialogues “politico-comiques”, et la fraîcheur d’Emmanuel Mouret dans le traitement d’un thème pourtant sérieux, font de ce film un bijou de la comédie décalée : drôle, sensible et intelligent à la fois.

Ton ami intermittent a donc compris pourquoi cet affreux (mais génial) Hiner Saleem a le luxe d’être toujours produit et primé, a laissé sa jalousie de côté et te conseille vite vite vite d’aller voir cet ovni qui fait du bien au cerveau.

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3 commentaires sur “Ton ami intermittent a vu “Si tu meurs, je te tue””

  1. Fanny yogini dit :

    Bravo les copains de M.A.C, c’est du beau boulot !
    je sais ce que je fais dimanche soir, du coup.

  2. admin dit :

    @Fanny : tu nous fais un billet “Ton amie yogini”, c’est ça que tu fais.

  3. uzak dit :

    Malheureusement ton amie chômeuse n ‘a pu voir ce film avec son mari kurde alors qu’elle habite une ville où cette communauté est archi présente et qu’ un cinéma de cette ville est dirigée par un membre de la communauté turque.Bref je ne comprends pas pourquoi ce film n ‘est pas distribué à Strasbourg.Vous avez une idée du pourquoi?

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