Ton amie chômeuse a vu Chirico, la fabrique des rêves

chirico

Giorgio di Chirico, au Musée d’Art Moderne, Palais de Tokyo
(Requête de Gilbert, fan de Chirico, donc connaît déjà bien, se demande si doit y aller quand même.)

Je ne suis pas très cliente des peintures dites surréalistes (enfin non, pas « dites surréalistes » mais que les surréalistes, Breton en tête, ont plébiscité… Ces toiles très énigmatiques, inspirées par les rêves, avec des déserts, des visages qui se dessinent dans le paysage, des statues grecques, des montres molles… Enfin vous voyez, quoi.). Qu’allais-je donc faire dans cette galère, puisque l’affiche de l’exposition représente précisément une de ces toiles ? Et bien, tout d’abord, répondre à une requête (on ne fait pas toujours ce qu’on veut quand on est chômeuse professionnelle, c’est du boulot mon pote, et ouais), et ensuite en connaître davantage sur Giorgio de Chirico. Et c’était bien l’expo à visiter pour connaître le bonhomme, car elle retrace sa vie et son œuvre, du berceau jusqu’à la mort.

Première information : Giorgio di Chirico a beau être né en Grèce, il est bel et bien italien. Vous pouvez donc vous amuser à reprendre vos amis en disant « KI-riko, ça se prononce ‘K’ ! ». Toujours pas séduite par les paysages désolés avec une banane au milieu, j’ai passé rapidement la période “métaphysique” qui l’a rendu célèbre. J’ai trouvé que c’était surtout l’avant et l’après qui étaient intéressants. L’avant : les débuts du peintre, les portraits teintés d’humour du frère ou de la maman. L’après : quand Chirico a “trahi” les surréalistes en se tournant soudainement vers un classicisme absolu, dans la facture comme dans les thèmes abordés. Il réalise même des copies de chefs d’œuvre des maîtres de la Renaissance, avec une telle précision qu’on ne fait plus la différence entre la toile du Titien et celle de Chirico (ou en tout cas, moi, je ne la fais pas). Chirico fait voler en éclat les concepts de style, de contexte ou d’époque, et se met à faire ce que personne n’attendait de lui : de la copie, et de la copie de peintures classiques de surcroît. Pour prolonger cette réflexion sur le peintre, vient ensuite une série d’autoportraits où l’artiste se met en scène dans des diverses époques et circonstances (en toréro, en costume du 17ème siècle, en peintre). Vers la fin de sa vie, il se met à recopier ses propres œuvres, défiant le statut même de la toile, qui jusque-là avait pour particularité d’être unique. On dit que Warhol aurait été très marqué par les séries de Chirico (et il aurait ensuite bien épuisé le concept, dit-on également).

Après deux heures de visite, j’avais le sentiment de mieux connaître Giorgio (au point de l’appeler par son prénom, absolument), et plus encore que le peintre, d’admirer le sacré personnage qu’il était.
Il faut avoir le temps, mais ça en vaut la peine.

Informations utiles :
Aperçu de l’expo sur www.paris.fr
Jusqu’au 24 mai
De 5,50 à 7 euros
Du mardi au dimanche de 10h à 18h, et le jeudi jusqu’à 22h
Musée d’Art moderne de Paris, 11 avenue du Président Wilson, 75016 Paris - Renseignements : 01.53.67.40.00

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4 commentaires sur “Ton amie chômeuse a vu Chirico, la fabrique des rêves”

  1. Elise dit :

    Arf… J’ai mal lu, j’ai lu “Chihiro”, ce qui allait bien avec le mot Tokyo qui est accolé au titre.

  2. M.DMR dit :

    Bonsoir.

    Bravo à vous et bonne chance pour la suite.

    Salutations.

  3. admin dit :

    Merci M.DMR !!

  4. JulienLootens dit :

    j’ai eu un doute aussi au depart, avec Chihiro… Je l’ai surement deja dit sur un autre fil (etait-ce Amma, le premier que j’ai lu ici ?) mais j’adore l’idee que vous tiriez tant de savoir de vos nouvelles experiences. Celle du velo dans la piscine etait amusante, mais celle-ci est interessante car vous vous enrichissez culturellement,personnellement, au-dela des sensations physiques. Rien contre ces dernieres, mais le melange des genres est passionnant !

    Amicalement, julien

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