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Ton amie chômeuse a vu Cordoba

Lundi 26 juillet 2010

cordoba

Ton amie chômeuse a vu Córdoba, à l’hôtel Gouthière (Paris 10ème)
(Requête de Cap)

Il y a des gens qui vous marquent une adolescence, comme ça, en passant, sans jamais vraiment avoir fait partie des amis intimes. Plus matures, plus charismatiques que les autres… pour peu qu’ils vous aient croisé à un moment où vous étiez un peu poreux, ils ont laissé une trace indélébile.

A. était de celles-là. Nous faisions du théâtre ensemble, et ton amie chômeuse se souvient que son ancien comédien de père n’avait remarqué qu’elle lors de la traditionnelle représentation de fin d’année. J’aurais pu attacher une corde à la première poutre venue, désespérée que mon propre papa ait reconnu la supériorité indiscutable de cette fille.

Et bien pas du tout : malgré sa voix captivante, ses beaux cheveux et son incroyable assurance, A. ne m’a jamais inspiré que de bons sentiments (fait remarquable si on considère que j’avais 16 ans et que j’étais maladivement jalouse de tout ce qui avait de la poitrine). J’avais déjà compris que j’étais face à une comédienne, et une bonne en plus.

Alors forcément, il y avait quelque chose d’émouvant à la retrouver hier soir, sur scène bien entendu, dans une pièce qu’elle a également écrite et mise en scène.

C’est l’histoire d’une jeune femme qui vit et travaille à Córdoba, en Argentine. Entre deux humiliations de la part de son patron (pervers et misogyne, le duo gagnant), elle rêve de podiums et de paillettes, elle prend la défense de son glandu de frère (ton amie chômeuse s’est sentie très solidaire de ce personnage), et elle est courtisée par un collègue qui s’exprime comme une circulaire administrative.

C’est bien interprété et extrêmement bien écrit, mais ce qui a le plus emballé ton amie chômeuse, c’est la mise en scène. On passe d’un fragment de vie à l’autre en un éclair, à la faveur d’un jeu de lumière, les comédiens changent instantanément de peau et de ton sans jamais perdre le spectateur en cours de route. C’est du théâtre, mais c’est aussi dynamique que si l’on était au cinéma.

Ton amie chômeuse recommande chaleureusement cette sortie estivale, qui permet au passage de découvrir un hôtel parisien magnifique, planqué derrière la mairie du 10ème arrondissement. Au 3ème verre de vin argentin, on est même prêt à se lancer dans un cours de tango dispensé un peu plus loin. L’Argentine près de chez vous, même pas besoin de prendre l’avion.

Dates et infos pratiques :

Festival nuits d’été argentines
Hôtel Gouthière, 6 rue Pierre Bullet, 75010 Paris

Córdoba
Mardi 27 juillet à 20h30
Vendredi 30 juillet à 20h30
Samedi 31 juillet à 19h00
Dimanche 1er août à 19h
Mardi 3 août à 20h30
Vendredi 6 août à 20h30
Samedi 7 août à 19h
Dimanche 8 août à 19h