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Ton amie chômeuse a vu La Route

Mardi 15 décembre 2009

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La Route, de John Hillcoat
(Requête de Mela Nisette : hésite)

Oulala, lala, lala. Faut-il que je tienne à mon métier de chômeuse professionnelle pour m’imposer pareille épreuve. Ma cliente hésite à aller le voir, elle a raison. Attention ami lecteur, tu commences à me connaître, les lignes qui suivent n’ont pas vocation à être objectives ni même à remplacer une bonne vieille critique de cinéma. Je vais seulement te dire comment j’ai vécu la séance, et surtout comment j’en suis sortie.

The Road, c’est deux heures de cauchemar ininterrompu. Pas un souffle d’espoir, pas une seconde de lumière ne vient soulager le spectateur, des scènes d’apocalypse succèdent à des visions d’horreur, ton amie chômeuse a trouvé ça plus qu’éprouvant.

La fin du monde est arrivée, la vie a déserté la surface de la planète : plus d’animaux, de plantes, ni d’arbres, tout est recouvert de cendres, les couleurs n’existent plus, et les hommes qui ont survécu ont faim. Et qu’est-ce qu’on fait quand on a faim ? On bouffe de l’humain. De véritables battues sont organisées pour chasser ceux qui n’ont pas eu le courage de mettre fin à leurs jours pour échapper au viol, au meurtre et au cannibalisme.

Un homme qui n’a jamais pu se résoudre à loger une balle dans le crâne de son fils erre sur la route avec lui. Il sait qu’il ne peut rester immobile très longtemps sans risquer d’être découvert et chassé, il avance sans relâche, fouillant les maisons qu’il croise dans l’espoir d’y trouver quelque chose à donner à manger à son fils. En fait de nourriture, il trouve des hommes enfermés dans une cave qui sert de garde-manger à quelques autres.

Il pleut sans arrêt. Le père et le fils n’ont de sujet de conversation que celui qui consiste à débattre du moment opportun pour se donner la mort. Ils souffrent et vivent dans la terreur constante, et force est d’admettre que cette atmosphère insoutenable est très, très bien rendue par la mise en scène, la photographie, et le jeu des acteurs (Viggo Mortensen est-il le plus grand acteur de sa génération ? Ton amie chômeuse tape sur « 1 » sans hésitater).

Résultat : une nausée tenace, des jambes qui tremblent et un sentiment d’insécurité et de violence obscène rien qu’à marcher dans la rue (entre les vitrines de luxe et ceux qui commencent à se peler sévère dans leurs sacs de couchage). Ton amie chômeuse est sans doute une lopette (j’ai trouvé Le drôle de Noël de Monsieur Scrooge assez angoissant), mais j’ai mis trois bonnes heures à retrouver un rythme cardiaque normal, et pour l’appétit, il faudra repasser.

Lien utile :
Allociné

Ton amie chômeuse a vu Les derniers jours du monde

Samedi 5 septembre 2009

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De Arnaud et Jean-Marie Larrieu
(Requête de Sonia, désespérée par la longueur des films de nos jours et qui du coup hésite à s’engager dans une salle obscure)

J’entends déjà les fustigateurs du cinéma français se moquer, pointer les frères Larrieu en se tenant le ventre, dire que décidemment, on ne saura jamais faire de films d’anticipation, ni de films catastrophe, qu’on est des buses en effets spéciaux et la risée du monde entier. Ce à quoi ton amie chômeuse s’empresse de répondre : Les derniers jours du monde n’est pas un film de genre.

Certes, les signes de la fin du monde n’ont rien de terrifiant, on aurait même plutôt tendance à sourire avec le héros qui regarde sans moufter les hommes tomber autour de lui. Certes, on n’aura aucune explication de ce qui provoque l’effondrement de la Terre. Mais n’est-ce pas la preuve que ce n’est pas l’objet du film ? Chez les frères Larrieu,  la fin du monde fournit seulement un contexte, un décorum, à une histoire d’amour tout ce qu’il y a de plus banal.

S’il faut fustiger l’histoire d’amour ou le principe selon lequel on baise dans tous les sens pour oublier qu’on va mourir, là oui, je veux bien. Moi qui aime tant Mathieu Amalric, je commence à en avoir raz-la-touffette de le voir dans des rôles de séducteur malgré lui, je suis fatiguée de compter les femmes qui se jettent dans ses bras sans la plus petite raison valable. Même si comme toutes les autres, je suis séduite par sa diction, par son érudition nonchalante, par ses yeux de chiens fatigués, j’ai quand même envie de dire « et oh, ça va bien comme ça » parce que non, Mathieu Amalric n’est quand même pas Ricardo Scamarcio, et oui, il passe pour un tout petit garçon à côté de l’attirail impressionnant de Sergi Lopez, et non, on ne va pas faire semblant de ne pas avoir remarqué que dans ce film, on voit les bites et les chattes de tout le monde.

Ton amie chômeuse a énormément de mal à formuler un jugement sur ce film. Je dirais avec la précision et l’honnêteté intellectuelle qui me caractérisent que ce n’est pas vraiment nul, mais que ce n’est pas bien non plus. Mais dans tous les cas, c’est trop long, et ça, c’est déjà une information qui sera utile à Sonia.

Lien utile :
Les séances