Ton amie chômeuse a testé le diagnostic de cheveux

22 janvier 2012

classification_femme

A Noël, une vieille trouille s’est réveillée chez ton amie plus vraiment chômeuse : celle de la calvitie. Tout a commencé par une photo. Dessus, il y avait moi, mais surtout il y avait mon crâne, à qui personne n’avait pourtant demandé de faire sa star. A partir de là, j’ai pleuré dans la salle de bain (1) et j’ai passé les vacances à scruter le scalp de toutes les femmes qui ont croisé ma route (2), à commencer par mes cousines qui après quelques jours de chalet commun ont commencé à s’éloigner de moi imperceptiblement pour échapper à mes pratiques.

Une fois rentrée à Paris, j’ai tapé « diagnostic de cheveux » sur Google. Je voulais savoir. Suis-je complètement allumée, comme l’ensemble de ma famille semble le soupçonner, ou vais-je rejoindre le sombre cortège des femmes qui ont un cheveu par centimètre carré ? Car oui, maintenant je les vois, toutes ces malheureuses. Je les repère surtout dans le métro. Assises, vulnérables et résignées. Ami lecteur, elles sont légion : il y a complètement de quoi flipper sa race.

Je suis tombée sur le site de l’institut Clauderer, qui m’a paru parfaitement amateur dans sa mise en page et farfelu dans ses propositions : j’ai téléphoné tout de suite. Ils n’avaient pas de place avant 10 jours, ce qui m’a semblé être un gage de qualité suffisant (oui mais perdre ses cheveux ça rend con). J’y suis allée deux semaines plus tard, pas lavée du crâne depuis 3 jours (c’est une recommandation du Centre), dans un état de self satisfaction plutôt ras-les-paquerettes.

La fille de l’accueil affiche une crinière insolente, genre pub pour Head&Shoulders ; l’espace de 10 minutes, elle a cristallisé toute ma haine. Ton amie plus vraiment chômeuse, qui d’ordinaire est une fille vraiment sympa (je te jure), s’est trouvée à lui dire d’un ton aigre : « Et je vais attendre combien de temps comme ça ?! ». Alors que j’étais moi-même arrivée avec 10 minutes de retard.

Ensuite, une dame avec des yeux bicolores (pas vairons, bicolores, c’est à dire que chaque œil est moitié bleu moitié marron, c’est dingue) m’a tendue la main en disant « Bonjour, je vais m’occuper de vos cheveux ». Cette heureuse prédiction ajoutée à sa couleur d’yeux complètement démente m’ont donné envie de me jeter à ses genoux en pleurant de reconnaissance. Dans un petit bureau, elle a commencé à me caresser la tête en me posant plein de questions sur mes habitudes de toilette, ma pilule et tutti quanti. C’était super agréable, et je me suis demandée s’il y avait beaucoup de pervers du cuir chevelu qui venaient faire établir des diagnostics juste pour le kif du contact de ces mains expertes.

Au fond de mon cœur j’espérais un peu que la dame aux yeux bioniques me dirait : « Mais vous avez des cheveux magnifiques, il n’y a aucun problème », suivi, peut-être, de « déshabillez-vous ». En fait de ça, elle a dit : « Vous avez bien fait de venir ». Elle m’a expliqué que mon follicule pileux tirait grave la tronche, que ce serait sans doute de pire en pire, que chaque cheveu qui tombe serait remplacé par un cheveu plus faible. Un genre de Darwin à l’envers, avec ma tête pour théâtre. Elle m’a montré mon cheveu au microscope, on aurait dit un ver de terre fatigué implorant qu’on le laisse mourir.

A ce stade, j’attendais avec impatience la suite : « Mais heureusement Clauderer a la solution ! ». Elle m’aurait proposé un fertilisant pour plantes vertes, je l’aurais accepté avec gratitude. A peu de choses près, c’est ce qu’elle a fait. Sauf qu’elle a pris la peine de dire, en plus, que les résultats étaient loin d’être garantis.

Ami lecteur, mes cheveux sont pourris, j’avais raison. Pourtant, il n’est pas certain que j’aie prouvé à la face du monde que je n’étais pas folle, si l’on considère que j’ai du échelonner sur trois mois le paiement d’un traitement à base d’huiles essentielles qui puent à 10 000 mètres. Si on ajoute que chaque shampoing sera désormais précédé d’un auto-massage du cuir chevelu suivi d’une pause d’au moins 30 minutes de la mixture qui pue, je crois que malheureusement, je rate ma chance d’être adoubée par les gens sains d’esprit.

A l’heure où j’écris ces lignes ami lecteur, j’ai la tête qui sent le suppo, et je me sens triste. Je ne veux pas être chauve, j’ai encore trop de nattes, de chignons, de couleurs ratées et de queues de cheval à vivre. En plus on est dimanche soir.

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Ton amie chômeuse a des anecdotes de boulot (2)

23 août 2011

solitude

Au bureau (plus qu’ailleurs), les gens ne veulent surtout pas passer pour des cons. Il ne s’agit pas seulement de s’éviter une humiliation passagère : il en va d’un métier, d’une carrière, de l’accomplissement karmique de tout un chacun. Ton amie plus vraiment chômeuse n’échappe pas à cette règle d’or. C’est pas le moment de révéler au grand jour qu’on est un peu dyslexique, qu’on n’a jamais vraiment compris ce qu’était le CAC40 ou qu’on ne sait pas qui est MACHIN.

« Machin», c’est le nom qui a fusé un jour en réunion, et dont tout le monde s’est accordé à dire que c’était l’homme de la situation. Devant ces hochements de tête unanimes et énergiques, ton amie plus vraiment chômeuse a jugé qu’il n’était pas nécessaire de risquer l’outrage en levant la main pour demander qui était Machin. Elle s’est plutôt jointe au concert d’approbations en se disant qu’un petit tour sur Google se chargerait de lever le malentendu.

Et la plupart du temps, le petit tour sur Google est amplement suffisant : ton amie chômeuse réalise avec (discrète) stupéfaction qu’on peut avoir vécu près de 30 ans en ignorant parfaitement l’existence de Bidule, par exemple. Mais parfois, parfois… Google ne suffit pas. Pour peu que Machin ait un nom un peu exotique (c’est souvent le cas), ton amie chômeuse espère que le robot sera suffisamment malin pour se charger de remettre les lettres dans le bon ordre.. Mais ce jour-là, catastrophe, Google ne comprend pas. Google, ce sadique, se répand en suggestions idiotes, en variété de papillons, en forums sur les maladies infantiles, mais ne révèle pas le nom de l’homme de la situation. Celui dont je suis censée trouver le numéro de téléphone dans les 10 minutes. Google me lâche, Google m’abandonne à mon destin tragique.

Comme tout le monde dans ce genre de situation, ton amie plus vraiment chômeuse a songé à simuler un malaise cardiaque (j’ai appris à le faire à la Croix-Rouge). Chute de chaise, ambulance, observation à l’hôpital, pendant ce temps quelqu’un d’autre se charge d’appeler Machin, et pouf, tout rentre dans l’ordre. Pourtant, il restait encore une ruse à tenter. Grâce à la recherche sur Google, ton amie chômeuse a appris l’existence de TRUC. Truc est parfaitement au fait des questions qui nous intéressent, d’ailleurs, il a écrit 16 bouquins sur le sujet, bref, il pourrait bien faire l’affaire (et tirer ton amie chômeuse de l’embarras).

La tactique est simple, elle consiste à passer devant le bureau de grand chef d’une démarche nonchalante, de faire mine d’être frappée d’une idée au moment de passer devant sa porte : « Ah et au fait, si on appelait plutôt Truc pour notre affaire ? »… « Non, non, appelle Machin, c’est mieux, il est beaucoup plus connu », « C’est vrai, tu as raison, j’y vais tout de suite ». Les mots sont sortis tous seuls. C’est la loi du “je ne veux pas passer pour un(e) con(ne)”, ça rend… con.

Dépitée, ton amie plus vraiment chômeuse est retournée à son bureau en se maudissant, elle et sa famille. Comment, maintenant, oser retourner dans le bureau de Grand Chef pour un éclaircissement ? Comment se pointer en disant « Tu vas rire, mais en fait, je sais pas qui c’est. J’en ai même jamais entendu parler » ? Je n’avais plus qu’à changer de pays, ou à me suicider, ce qui aurait le mérite de me fournir une excuse imparable. Ou bien prétendre que c’est Machin qui est mort ? Faire publier une annonce dans la rubrique nécrologique du journal et venir la présenter d’un air grave à Grand Chef ? Impossible sans connaître l’orthographe du nom du bonhomme. J’étais fichue.

Quand soudain, un miracle : ma collègue A., qui depuis cet instant béni m’apparaît toujours auréolée de lumière, glisse un morceau de papier devant moi : dessus, un nom et un numéro de téléphone. « Tiens, je suis tombée sur le contact de Machin, si ça peut te faire gagner du temps ». AAAAAAAAAAAAAAALELLUIA. ALLELUIA. ALLE_LUIA.
« Ah, ouais, merci, c’est cool. »

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Ton amie chômeuse découvre le monde

15 août 2011

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Leçon n°1 : le monde est misogyne

Quand elle était au chômage, ton amie en a un peu chié, si l’on veut, sur le plan financier. Elle a aussi du avaler quelques difficiles révélations métaphysiques (la vie n’a pas de sens, je ne suis qu’une coquille vide, d’ailleurs, je n’existe pas vraiment). Mais, pendant ces deux ans, elle a aussi été extrêmement préservée de la bêtise et de la méchanceté (de l’avantage de rester enfermée chez soi).

Depuis que je sors, je m’étonne de beaucoup de choses (ami lecteur/ermite : le léopard est revenu à la mode), et notamment de la persistance de certains à vouloir me faire remarquer que je suis une femme. Ça ne m’avait pas échappé, voyez-vous, rapport aux deux énormes protubérances sur mon buste (j’exagère à peine). Mais certains s’évertuent à souligner ma féminité et à en faire la cause des maux les plus variés.

Par exemple : bloquée par un camion de déménagement, ton amie plus vraiment chômeuse manœuvrait une voiture en marche arrière. Pourquoi diable le propriétaire du camion s’est-il senti obligé de se lancer à mon secours pour me guider, faisant de grands moulinets avec ses bras pour m’indiquer que la voie était libre, levant ses pouces devant ma dextérité… Bizarre. A la fin de l’aventure, il s’est adressé à mon voisin (un mâle), pour dire : « Ah, ça ! Les femmes au volant, je vous jure ! ». J’aurais pu répondre que mon voisin, tout testostéroné qu’il est, n’a pas son permis, mais j’ai préféré m’en tenir là.

Par exemple bis : ton amie plus vraiment chômeuse a deux passions : le ping-pong et la pétanque. Quand, un soir d’été, le grand-père de M. le béni est venu proposer une ptite partie, j’ai bondi sur mes pieds en hurlant « moi moi moi moi ! », comme de bien entendu. André et Gérard, les voisins, étaient déjà sur le terrain. Apparemment, je n’étais pas la personne qu’ils attendaient.

J’ai bien grillé quelques regards gênés au moment de déterminer les équipes, mais je n’ai pas voulu céder à la paranoïa. Finalement, André n’a pas eu à se plaindre de ma performance. Mais Gérard, lui, attribuait tous mes bons coups aux grâces de la Vierge Marie : « c’est incroyable, elle ne vise même pas, et elle tombe sur le cochonnet ! ». Pour Gérard, c’était clair, je lançais mes boules au hasard. Pourquoi ? Parce que je suis une femme.

Par exemple encore : En rendez-vous professionnel, j’ai fait la connaissance de Robert. Je ne sais pas si je dois m’en flatter ou m’en inquiéter, mais après une heure d’entretien, Robert avait visiblement oublié qu’il avait affaire à un membre du sexe faible. Si bien qu’à la fin, quand j’ai proposé de rassembler les tasses de café vides sur le plateau, Robert a répondu avec un naturel confondant : « Non non, laissez, j’me suis pas marié pour rien quand même, elle va le faire ». Elle, c’était sa femme. Et moi qui me demandais pourquoi elle n’avait pas été invitée à se joindre à nous.

Amis lecteurs, attention (souviens-toi que tu as lu ce scoop sur www.monamiechomeuse.com) : la misogynie existe encore. Si. Je sais. Ca te la coupe. Moi non plus au début je n’y ai pas cru. I know.

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Ton amie chômeuse a des anecdotes de boulot

17 juin 2011

poulain

Une fois n’est pas coutume. Dans ce billet, ton amie plus vraiment chômeuse ne va ni râler, ni regretter le temps béni où elle se levait à midi avec la sieste de 15H pour seule perspective (quoique… me voilà déjà nostalgique). Soyons positif : la vie de bureau, parfois, c’est fun.

Ca permet de diversifier les anecdotes à raconter le soir par exemple. Parce qu’arrive un moment où même les potes les plus patients en ont ras-le-bol des histoires de Lavomatic (« Et là, truc de ouf, y avait plus de gobelet, et la lessive en poudre tombait dans le vide tu vois, du coup je l’ai prise dans mes mains. Comme à Fort Boyard. Tu vois ? »). Pour faire contre mauvaise fortune bon cœur, je m’en vais raconter mes anecdotes de bureau.

Ce jour-là, ton amie chômeuse a surpris une conversation téléphonique entre sa collègue L. et son mec. Difficile de reconstituer le dialogue avec précision, mais en tout cas, il s’agissait de chatons venant de naître, et des moyens à mettre en place pour les nourrir. Ton amie chômeuse, sympa, s’est acquittée des félicitations de rigueur. Lorsque j’ai croisé la collègue en question le lendemain dans les toilettes, je lui ai demandé des nouvelles de ses nouveaux colocs. Normal.

C’est là que L. m’apprend qu’un cinquième chaton est né dans la nuit, 24H après les quatre autres. Qu’est-ce qui m’a pris, je ne sais pas, on venait d’apprendre qu’une de nos collègues était enceinte, ce n’est pas une excuse, toujours est-il que je me suis entendue faire cette blaguouse incroyablement naze : « Ah bon ? J’espère que ça n’arrive pas aussi chez les humains ? ». (…). (Ici je rappelle pour ma défense que c’était une conversation de chiottes).

Et là, catastrophe, L. comprend de travers, et me répond : « Oh non, je ne crois pas que ça arrive chez les juments… Pourquoi ? Tu vas avoir un poulain ? ». La réponse sensée à cette question aurait été : « Non, pas « jument » « z’humains »… C’était une blague pourrie, pardon ». Et bien crois-le ou non ami lecteur, ce qui est sorti, c’est : « … Oui. Oui oui, je vais avoir un poulain. Mais il va habiter à la campagne, évidemment ».

Et me voilà coincée ami lecteur. Obligée de m’inventer une vie de passionnée d’équitation, contrainte de mettre une photo de poulain en fond d’écran, échangeant des œillades complices avec ma consœur amie des bêtes. Tout ça parce que je n’ai pas eu le courage d’expliquer une vanne de merde. C’est très contraignant au quotidien, mais c’est une meilleure anecdote que celle du Lavomatic. Je vois le verre à moitié plein t’as vu. J’ai changé.

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Ton ami intermittent est allé au Manoir de Paris

29 mai 2011

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Oyez, 2ème billet de l’ami intermittent, qui exécute ici une requête maintes fois formulée depuis quelques semaines par les clients de MAC. Mon ami intermittent, qui contrairement à moi-même, n’est pas une couille molle, s’est lancé. Qu’il soit remercié de son audace et de sa témérité.

Voici donc son récit !

Découvrez les légendes sombres qui vous attendent au Manoir de Paris… Suivez le parcours unique et effrayant. Vous serez hantés par ses mystères… Explorez la grotte du fantôme de l’Opéra. Laissez-vous tenter par la tourte du boulanger sanglant. Échappez au couteau du tueur à gages des Médicis ! Muhahahaha !

Dans une ancienne manufacture de faïence pour mosaïque, un américain à eu l’idée géniale d’ouvrir ce “musée de l’horreur”. Il s’agit de 13 pièces à visiter reprenant les légendes urbaines parisiennes. Mais ce n’est pas une simple visite !!
Interdit au moins de 10 ans (et bientôt relevé à 12), des comédiens déguisés et superbement maquillés s’amuseront à vous faire peur, en vous sautant dessus, en vous bloquant contre un mur, en faisant semblant de vous mordre, etc. Bien entendu, il leur est totalement interdit de vous toucher !

Attention, âmes sensible, s’abstenir, au risque de faire pipi dans sa culotte !

Ton ami intermittent est grand fan de film d’horreur et de genre. Naturellement, depuis j’ai entendu parler du Manoir de Paris, je trépigne d’impatience d’aller y jeter un œil. Avec 4 amis, eux aussi amateurs d’horreur (et donc habitués), nous prîmes donc notre courage à deux mains et nous rendîmes au temple de la peur.

L’arrivée dans ce magnifique lieu de la rue du Paradis laisse bouche bée. L’endroit est classé et l’architecture fait vraiment penser à un manoir en plein Paris. Aussitôt, Archibald (sorte de majordome au visage déchiqueté) nous accueille dans la rue en tentant de nous mordre. “Euh… Prenez un chewing gum Archibald”.

C’est alors que la pression monte. S’enfonçant dans l’allée en nous dirigeant vers la billetterie, nous entendons des cris d’effroi à nous glacer le sang. C’était une future spectatrice faisant la queue, qui venait de se faire sauter dessus par Camille, l’assistant du Comte du manoir, frère jumeau de Damien, le fils du diable (cf The Omen).

Un bref regard vers mes amis me conforte car je vois que la même pensée leur traverse l’esprit : que faisons-nous là ?

Nous achetons nos billets, commençons la lecture de la brochure expliquant les différentes légendes que nous allons croiser au cours de notre aventure, tout en jetant un œil constant par dessus notre épaule, histoire de voir quand Camille et Archibald arrivent dans notre dos.

“Eh les mecs… what happens in le Manoir, stays in le manoir, ok ?”
“Et si on mettait la fille devant ? C’est toujours vers la fille qu’ils vont aller non ?”
“AAAaah !!! Ah non mais t’es con, j’ai cru que c’était Archibald”

L’attente fut un mélange de peur et de franche rigolade… Mais quand le mec de l’accueil nous ouvre la porte du parcours en criant “Viande fraiche !” nos cœurs se sont arrêtés de battre quelques secondes…

Pénétrant dans le parcours en poussant la fille devant nous, tout en prenant le temps de nous habituer à l’obscurité, un squelette nous saute dessus pour nous raconter l’histoire de Philibert Aspairt, perdu dans les catacombes qui finit par se manger la main… Miam !

De pièce en pièce, de légendes en légendes, de peurs en peurs, nous avançons doucement, prenant le soin de scruter chaque recoin de décors à l’affût du comédien qui nous sautera dessus.

Je ne vais pas vous en raconter plus, il ne faut pas gâcher la surprise. Je dirais simplement que si vous voulez rigoler, allez y en groupe. Si vous voulez vous faire peur, allez y à deux. Quoiqu’il en soit, jouez le jeu !! Discutez avec les comédiens plutôt que de partir en courant dans l’autre salle. Admirez les décors et le jeu de lumière. Prenez le temps de vous faire peur !

Mais à la fin du parcours, malgré quelques frayeurs et quelques fous rires (oui, les films d’horreur font rire ton ami intermittent plutôt que crier), nous avons malgré tout eu le sentiment qu’ils auraient pu/du aller plus loin. Pourquoi ne pas nous mettre un bleu de travail et voir ce zombie nous vomir dessus ? Pourquoi ne pas nous faire ramper d’une pièce à l’autre par un petit trou pour exacerber la claustrophobie ? Pourquoi ne pas voir une tête se faire décapiter dans cette guillotine ?

En discutant, nous avons pu obtenir quelques informations.

Apparemment, les législations françaises (interdiction au mineur, accessibilité aux handicapés, etc) et le classement monument historique du lieu ont mis des bâtons dans les roues à notre entrepreneur américain. Le concept du manoir existe déjà en Angleterre et aux USA. Celui des USA est interdit au moins de 18 ans et il est en effet beaucoup plus gore et plus claustrophobique. Et il fonctionne du tonnerre puisqu’il récolte quelques millions de dollars de bénéfice avec une ouverture saisonnière. Dommage… Cela explique peut-être aussi pourquoi les films de genre français sont rarement de qualité ?

Mais bon, ton ami intermittent a malgré tout bien rigolé et passé une super soirée ! Les trouillards et les courageux auront tout de même des émotions fortes, et au pire, vous vous amuserez comme des gamins. J’y retournerai donc avec plaisir, surtout lorsque le second étage sera ouvert…

Infos : http://lemanoirdeparis.fr
Prix : 20€ (oui c’est cher ! Mais dites vous que vous allez voir un spectacle avec des comédiens et non un musée)
Ouverture : Vendredi - Samedi - Dimanche de 15h à 20h (mais restez alerte pour les ouvertures événementielles en nocturne)
Adresse : 18 rue du Paradis - 75010

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Ton amie instit’ balance les perles de ses élèves

9 mai 2011

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Billet d’invité(e)

Ami lecteur, voici donc le billet de mon amie M., institutrice de son état et presque glandue par nature. J’aime tellement ses “status” sur Facebook que je lui ai proposé de nous en faire un florilège. (Perso, je rêve toujours de faire une balayette laser à quelqu’un depuis que je sais que ça existe.)

….

Je suis professeur des écoles et n’appartient donc ni à la catégorie « chômeur », ni à celle « d’intermittent » MAIS j’ai environ 15 semaines de vacances par an et touche un maigre salaire… Ma présence sur le blog de MAC n’est donc pas complètement saugrenue!

J’enseigne dans le 19e depuis 3 ans avec des classes de CM1/CM2, mes élèves ont donc à peu près 9/10 ans…

Les enfants sont comme vous et moi, mais en plus petits.

Ils se posent des questions existentielles :
« Maîtresse, moi je ne comprends pas pourquoi ma grande soeur se maquille, se parfume, se fait belle….tout ça pour rester à la maison…? »

Ils essaient de gérer leurs conflits :
« Ben ouais maîtresse, je l’ai péfra parce que lui m’avait péfra avant. Dans ma maison, c’est ça la règle: tu me péfra, j’te péfra! »

Ils apprennent à communiquer :
« Elle pleure parce qu’elle était sur notre terrain de foot alors je l’ai poussée, je l’ai insultée et après je lui ai fait une balayette laser »

Ils tentent de sauver notre planète :
« Maîtresse, hier avec mes copines on a crée une association et on a fait plein d’affiches et aussi on vous a fait un badge « SOS PD! »…ca veut dire « Au secours Planète en Danger »! »

Ils se font mal :
« Aie maîtresse!! Je me suis enfoncée ma pointe de compas dans l’oreille, ca fait mal !!!! »

Ils cherchent des informations sur internet et sont parfois surpris des résultats :
« Maîtresse, pour notre exposé sur l’évolution des moyens de transport, on a tapé « ticket de métro » sur google images et ben….heu..hihihihi…en fait, on a pas trouvé des tickets de métro…hihihi »

Ils s’efforcent de trouver des solutions pour se simplifier la vie :
« Maîtresse, quand je lis la mythologie grecque, le prénoms sont trop durs alors je les change dans ma tête. Par exemple, Agamemnon, je l’appelle Jean-Pierre ! »

Parfois, ils pensent avoir compris alors qu’en fait ce n’est pas le cas :
« Maîtresse, avant on utilisait « point » à la place de « pas », c’est ça ?
Alors, pour dire « papa », avant on disait « pointpoint »?
»

Ils commettent des erreurs :
« Ben, je suis entré dans la classe pendant la récréation, j’ai pris la boite avec l’argent dedans, je l’ai cachée et après on s’est partagé tout ce qu’il y avait dedans…. mais maintenant j’ai plus les 250 euros… j’ai tout dépensé… j’ai acheté des vêtements. »

Ils ne maîtrisent pas certaines expressions de la langue française :
« Les enfants, vos parents seront les invités de marque de notre petite exposition photo »
« Maîtresse, c’est qui Marc ?
»


Voilà en quelques lignes un aperçu de mon quotidien d’instit !
Et je terminerai en reprenant les paroles de feu Jacques Martin: « les enfants sont formidables ! ».

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Ton amie chômeuse redécouvre le blues du dimanche soir

27 mars 2011

dimanche

Au final, ton amie n’est pas si mécontente de son statut de « plus vraiment chômeuse ». Il faut le reconnaître, le fait de travailler présente des avantages. D’abord, mes employeurs philanthropes ont eu soin de m’éviter une transition trop brutale en faisant de moi une travailleuse précaire (CDD et salaire minimum). Sympa.

Ensuite, je n’ai plus à réfléchir à la manière dont je souhaite occuper ma journée. Quiconque s’est déjà réveillé en se disant « Quelle chance de pouvoir disposer de mon temps, de ma liberté, que dis-je, de ma vie ! » pour finir vautré devant Gossip Girl saura de quoi je parle. Pour moi, le temps de la déception est révolu. Je n’ai plus l’occasion de me désespérer de mon apathie ou de mon manque d’intérêt pour le monde qui m’entoure. Loin des interrogations métaphysiques matinales, je me lève, je vais bosser. Simple. Authentiquement reposant.

Il y a une chose en revanche que j’avais complètement oubliée. Un état qui est remonté des tréfonds du temps, un sentiment de spleen tout droit revenu de l’époque où il fallait faire son cartable, préparer ses vêtements, relire une dernière fois sa poésie pour « dormir dessus ». Cette chose terrible, c’est le blues du dimanche soir.

Quand on est au chômage, les conventions calendaires n’existent plus, ou si peu, juste pour conserver une vague conscience de l’emploi du temps des autres. Le dimanche est un jour comme les autres, ni plus ni moins déprimant. Plutôt moins d’ailleurs, puisqu’il permet de regarder de loin les travailleurs qui rentrent chez eux la tête basse, à une heure qui se veut raisonnable, parce qu’hélas « demain, il y a école ».

Quelle saloperie que le blues du dimanche soir. Bien sûr, il est le contrepoint direct du repos de l’esprit que j’évoquais plus haut, de cet éternel recommencement qui interdit toute question un peu sensible (ex : « mais qu’est-ce qu’on fout là ? »).

Le dimanche, la routine rassurante de la semaine se transforme en insondable angoisse. Il suffit de la briser pendant deux petits jours, et paf, la voilà qui se retourne brutalement pour montrer son affreuse trombine. Le fait de savoir que le week-end reviendra la semaine prochaine n’est en aucun cas une consolation. Le dimanche, on est inconsolable. On se dit « Vais-je passer mes semaines à attendre le retour du week-end ? Combien de temps ce cirque va-t-il durer ? ». Le dimanche sonne le retour des questions sensibles, qui ne savent éclore qu’en dehors des périodes de travail.

J’ai essayé toutes les parades. La grasse matinée du dimanche, le petit-déjeuner qu’on fait durer jusqu’à 16H, le cinéma du dimanche… J’ai même tenté de maquiller le dimanche en samedi (il faut pour cela aller se promener dans le Marais, où les boutiques sont ouvertes, ce qui donne l’illusion du samedi -pour un temps). Depuis que j’ai la télé, je suis allée jusqu’à risquer l’émission du dimanche soir (oserais-je l’avouer ?),  Zone Interdite. Rien à faire. Le blues du dimanche résiste à toutes les combines. Dès 14H, il s’insinue comme un gaz perfide dans les emplois du temps les mieux rodés.

Conclusion : le travail, c’est bien, mais il ne faut surtout pas s’arrêter. Pas de week-ends, pas de vacances. Voilà la solution. Ah ça, il ne fallait pas attendre de conclusion heureuse, ami lecteur. Tu sais quel jour on est ? Ben voilà.

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Ton amie chômeuse ouvre ses pages aux amis chômeurs

24 mars 2011

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(Requête d’Audrey)

OYEZ OYEZ amis lecteurs, ton amie chômeuse forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple etc. etc. et ouvre ses pages à d’autres amis chômeurs avides d’offrir un peu de leur temps libre à la population vivant encore sous le joug du travail !

L’idée m’a été soufflée par une lectrice, Audrey, dépitée de me voir délaisser le blog. Louée soit-elle. Le principe est simple : puisque je suis au chômage du chômage, puisque je n’ai plus le temps de soulager mes camarades travailleurs de leur propre déficit de temps, j’en appelle aujourd’hui à mes (autres) camarades chômeurs.

Quiconque aurait envie de “devenir érudit(e)”, de “devenir un(e) ascète” ou de “tenter de nouvelles expériences” peut désormais m’envoyer des propositions de billets qui seront potentiellement publiés sous son nom (évidemment) dans l’une des trois rubriques.

Le texte doit correspondre à la charte Mon amie chômeuse (consultable nulle part car n’existant que dans ma tête). C’est à dire qu’il doit répondre à une requête d’un travailleur (trouvée dans la rubrique “Poster une requête” ou non, je ne suis pas bégueule) et pouvoir être classé dans l’une des trois catégories (érudition, ascèse, ou expérience) (tu suis, ami lecteur ?).

Je me réserve le droit d’être une despote et de ne choisir les billets qui me plaisent, comme une grosse enfoirée (ben oui maintenant que je travaille…). Et bien sûr, il faut que l’auteur du billet soit au chômage, cela va sans dire. Et bien sûr, je vais continuer à écrire mes propres billets, bien que je ne sois plus au chômage (mais comme c’est mon blog je fais ce que je veux, HA).

C’est donc avec une joie non dissimulée que je vous copie-colle le billet de l’amie chômeuse Audrey.

Audrey a 25 ans, elle habite Amiens et est au chômage depuis septembre 2010. Si elle devait travailler, Dieu l’en garde, elle aimerait faire de l’humanitaire, comme elle l’a déjà fait en partant trois mois au Niger. Sa requête : assister au tournage d’une émission de télé, côté public.

Ton amie Audrey dans le public d’une émission de télé

Quand je regarde la télé, je me demande toujours pourquoi des gens se déplacent sur les plateaux, alors qu’ils pourraient être peinards chez eux, à regarder l’émission avec une clope et un bon verre de vin ? Qu’est ce qui peut bien les motiver ? Ayant du temps à tuer, je me suis dit, tiens, pourquoi ne pas essayer ? Après quelques recherches sur internet, me voilà inscrite pour une émission diffusée sur la TNT et présentée par Pierre Lescure.

Direction la capitale, pour un rendez vous fixé à 13h30 au Réservoir, une salle de spectacle dans le 11ème arrondissement. Dans la queue : des jeunes, des vieux, des filles, des gens seuls, des groupes et même des belges ! A 14H15, on nous annonce que nous allons être redirigés vers une tente pour ne pas attendre dans le froid.

Nous y sommes accueillis par des hôtesses qui vérifient nos identités (qu’est ce que cela changerait si Nadine prenait la place de Gertrude dans le public ?). Enfin arrivés dans la salle et après distribution de bouteilles d’eau gratos (pour éviter toute forme de déshydratation, étant donné qu’il faisait environ 97°c dans la salle), nous sommes placés de sorte que le public soit mixé, métissé, hétérogène… Image renvoyée à celui qui est derrière sa télé « oui tout le monde peut regarder l’émission, regardez ce merveilleux public, reflet de la société française ! »

A partir de là, notre statut de gens gentils que l’on remercie d’être venus assister à l’émission s’abaisse à celui d’enfants en bas âge à qui l’on demande de taper dans les mains bêtement… Le comble du comble a été de nous demander d’applaudir dans le vent, c’est-à-dire que le chauffeur de salle (devant une scène vide), nous a demandé d’applaudir de différentes manières, de faire de faux rire… Tout ceci est ensuite recollé au montage pour nous faire applaudir ou rire au moment où ils veulent, quand nous, vrai public n’avions pas trouvé bon de le faire.

Se sont succédés ensuite les artistes : Catherine Deneuve (qui demande une retouche maquillage au bout d’une minute d’interview), Raphaël qui colle son chewing-gum sur un poteau de la salle avant de monter sur scène, Philippe Katerine qui a interprété son tube « La banane » en live, moment le plus fun de l’après midi… L’enregistrement s’achève vers 19h.

Bilan : une découverte édifiante des dessous de la télévision (par exemple, on pose des questions à Catherine Deneuve, elle fait mine de chercher la réponse alors que celle-ci est écrite sur son prompteur, et tout le monde la félicite y compris le présentateur, et nous public qui devons faire semblant de la trouver formidablement cultivée). Mais une découverte chère payée : près de 6 heures à crever de chaud, avec interdiction de bouger (crampes et fourmis dans les jambes garanties, et vous ressortez avec le coccyx carré). Bref : un peu l’impression de retrouver ses 13 ans… ou un patron sévère !

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Ton amie chômeuse sort du coltard

19 janvier 2011

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(Requête de mon instinct de survie)

Triste constat : ton amie chômeuse est une adulte. Comment expliquer sinon l’effet qu’ont eu les fêtes de fin d’année sur moi ? Il n’y a pas si longtemps, j’étais effarée d’entendre les sarcasmes des grands qui semblaient trouver ces réunions familiales plutôt pénibles et qui râlaient sur la « société de consommation » pour les plus sauvages d’entre eux. Ton amie pas encore chômeuse était authentiquement euphorique à l’idée de bouffer du foie gras, d’appeler sa copine à 00H02 pour comparer ses cadeaux, d’entendre tonton-grosse-voix faire de grosses blagues : sans voir le rapport avec « Jésus » (qui n’était pour moi que le prénom du coiffeur de ma mère), j’adorais Noël.

Cette année, ton amie chômeuse était particulièrement morose pour des raisons que sa pudeur légendaire l’empêche de développer ici. La mélasse que j’avais dans la tête a donné aux festivités une tout autre tonalité : de havre fourmillant de bonheur et d’enfants aux rires clairs, la maison est devenue un cloître exigu et surpeuplé. Impossible de faire un pas sans croiser un vieil homme qui râle (et pète à chaque mouvement brutal), un ado mâle avec un écouteur vissé dans l’oreille comme s’il attendait perpétuellement des consignes de sa régie, ou un quinqua qui déclame de la poésie cheapos. Quand on a découvert que l’ado femelle était infestée de poux, ton amie chômeuse a pris ses clics, ses claques et ses cadeaux pour repartir à la capitale. Et la magie, bordel ?

Pour le Nouvel An, que ton amie chômeuse avait prévu de fêter en chialant dans son lit à partir de 22H, deux âmes charitables m’ont recueillie et traînée au cinéma. Nous avons, bien sûr, débattu pour savoir si le fait d’être dans une salle obscure un 31 décembre faisait de nous des losers. Nos voisins de rangée, rebelles ou infortunés, nous ont lancé quelques blagues moyennes qui nous ont amené à la conclusion que eux, c’étaient des losers, mais pas nous. Le lendemain, mon couple de bienfaiteurs a proposé un début d’année sous le signe de l’érudition. Nous sommes allés à la Conciergerie voir l’exposition sur les monuments de Paris au cinéma. Ton amie chômeuse a tôt fait de perdre ses acolytes, coincée qu’elle est restée devant un extrait de la Belle et la Bête de Cocteau. Angoisse, impression d’avoir de la fièvre, comme quand surgit le très moche derrière le diner dans Mulholland Drive.

Mes sauveteurs ne sont pas des gens qui déconnent : après la Conciergerie, il s’agissait d’aller voir l’expo Arman à Pompidou. Comme la vie est une pute, c’est le moment qu’elle a choisi pour mettre dans la queue du musée l’ex de ton amie chômeuse, le premier garçon qu’elle ait aimé, accompagné de sa copine que je voyais pour la première fois. Ici, il faut faire un zoom arrière sur mon look : je porte un manteau 5 fois trop grand pour moi, qui peut être stylé quand l’ensemble de la silhouette a été savamment réfléchi ; aujourd’hui, je sais bien qu’on dirait que je l’ai trouvé dans une poubelle. Mes cheveux ne sont pas lavés, et ma frange rebique sur le front. Bien entendu, je n’ai pas cherché à masquer mes cernes par du maquillage. Marie-Anne Chazel dans les Visiteurs. Il a fallu mobiliser tout ce que je compte de dignité pour aller les saluer sans pleurer.

Fin d’année 2010 parfaitement merdique, donc, début 2011 pas mieux, et je suis aujourd’hui très heureuse de pouvoir me présenter devant vous la tête haute et (presque) débarrassée de ses brumes hivernales.

Pour finir, il me faut cependant partager une nouvelle que j’ai longtemps hésité à dévoiler : ton amie chômeuse travaille. A plein temps et même plus. Je sais, c’est un peu comme si Oui-Oui se mettait à dire Non-Non, c’est complètement absurde, c’est dénué de sens. MAC j’étais et MAC je reste, je le sens quand j’entends parler en réunion de cette « valeur travail » que je récuse de toutes mes forces. Inutile de trop s’alarmer néanmoins, il s’agit d’un CDD. Il est donc parfaitement possible que mon costume MAC n’ait pas le temps de prendre l’odeur de la naphtaline dans le placard où il est aujourd’hui remisé.

Concrètement, cela signifie que le principe des requêtes, qui reposait largement sur le fait que je glande, est suspendu. J’accepte néanmoins toute suggestion pour les samedis et dimanches, les vacances et autres RTT dont je ne vais pas savoir quoi foutre. Que mes clients travailleurs et mes camarades chômeurs acceptent mes excuses pour ce triste détour sur la voie traditionnelle. Bonne année à eux.

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Ton amie chômeuse cherche un vrai café parisien nom de dieu

5 décembre 2010

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(Requête de Roberta, se dit qu’à 1,60 euros le Spritz sur une placette trop mignonne à Venise, elle n’est pas prête de revenir à Paris)

Je ne voudrais pas avoir l’air d’être une grosse réac (quoique), je ne voudrais pas donner l’impression que je suis obsédée par la bouffe et l’alcool (bien que ce soit le cas), mais là vraiment, tout se perd. Après les saisons et les bonnes manières : les cafés parisiens. Je prends l’exemple du café de l’Industrie, dans le 11ème arrondissement de Paris, que je m’en vais pourrir sans vergogne pour m’avoir accueillie comme une malpropre non pas une, mais deux fois d’affilée.

Au moins chez Cojean, on sait tout de suite qu’on nous prend pour des cons ; au café de l’Industrie, c’est beaucoup plus sournois. En arrivant, on se dit « mais quelle ambiance sympathique, cet éclairage tamisé, ces tapis douillets, ces statuts et masques exotiques qui font voyager le cœur ! ». Un instant plus tard, on réalise que les serveuses ont été recrutées sur des critères esthétiques très sélectifs, tant elles sont unanimement jeunes, fashion et bien proportionnées. De mieux en mieux. Sauf qu’après un « bonjour » de gardienne de prison, le rêve commence à se fissurer.

On n’est pas du genre à se laisser désarmer pour si peu ; après tout, ton amie chômeuse aussi peut être un peu sèche quand elle est de mauvaise humeur, et « American Apparel » a le droit de passer une mauvaise journée. Mais AA persiste en essuyant la table avec mauvaise humeur, collant au passage une volée de miettes sur les genoux de ton amie chômeuse.

Ami lecteur, tu apprendras à tes dépens qu’au café de l’Industrie, il y a des règles :

- On ne sert pas de pinte, mais des demis. M. le béni demande s’ils font face à une pénurie de verres, AA n’est pas sensible à la plaisanterie.

- On n’a pas honte de qualifier de “brunch” un petit tas d’œufs brouillés accompagné d’une tranche de saumon, et d’apporter un récipient qui tient davantage du dé à coudre que du bol quand on réclame le fromage blanc à la ciboulette promis dans le menu. 17 euros, ton amie chômeuse n’avait pas vu foutage de gueule aussi manifeste depuis belle lurette.

- On ne peut pas traîner tranquillement comme il est si agréable de le faire un dimanche après-midi : à 19H, il faut dégager, c’est l’heure du dîner pour les gens qui ne se sont pas levés à 14H, eux.

Que de la gueule. Un service tout pourri, une cuisine mesquine et sans saveur : mais où sont passés les vrais cafés ? Ceux où ça sent le tabac froid, où le serveur est laconique mais pas désagréable, où on peut rester 7 heures armé d’un seul bouquin et d’un café, ceux où le chien dort derrière le comptoir, lui qui a les poils collés par les giclées de bière qui s’échappent du fût (et que personne n’a pris le temps d’essuyer, pauvre bête) ? Pffff. Entre ça et le chinois qui tient le bureau de tabac du coin et qui exige un montant minimum de 30 EUROS pour faire une carte bleue, ton amie chômeuse est à deux doigts de vouloir sortir de l’Europe (aucun rapport, je sais).

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