Ton amie chômeuse aide à retaper une maison

1 septembre 2010

travaux1

(Requête de Jean-Marc)

Ton amie chômeuse aimerait bien être du genre à dire « Cette table ? C’est moi qui l’ai faite, j’ai récupéré des vieux cageots dans une benne, j’ai poncé, sculpté les pieds vite fait avec un burin et collé quelques coquillages précieux ramassés à l’Île Maurice, c’est trois fois rien ! ». Mais non. Je ne suis pas très forte en travaux pratiques. Même mon fauteuil en tissu La Poste, je l’ai acheté tout fait (pas cher, mais quand même).

Il n’empêche, j’aime bien l’esprit « do it yourself » et je veux bien mettre ma bonne volonté au service de ceux qui sont créatifs, pour peu qu’ils veuillent bien me dire quoi faire (et comment). Ce week-end, il s’agissait de retaper une maison : trop sympa, on mettrait des bandanas pour se protéger les cheveux, on ferait des blagues avec la peinture, on aurait des jeans troués et on monterait sur des escabeaux, ton amie chômeuse était à fond.

Très vite cependant, on s’est agacé de la lenteur avec laquelle ton amie chômeuse procédait au lessivage de la cuisine. J’ai été envoyée dans une autre pièce où on m’a confié la tâche de badigeonner les murs de produit « décolle-papier-peint », qui s’est avéré aussi un excellent « décolle-la-peau-des-mains » (il n’y avait pas de gant) (je précise parce que je sens qu’on va me le dire).

Tant qu’il s’agissait des murs, pas de problème ; c’est quand il a fallu s’attaquer au plafond que ton amie chômeuse a abondamment pesté contre les lois de la gravité (nous saurons dans quelques jours si le produit a également des propriétés « décolle-rétine »). Je m’en suis foutu partout, mais je n’ai rien dit, de peur qu’on me retire la mission.

Ensuite, comme j’avais bien travaillé, j’ai eu le droit de jouer avec la ponceuse électrique. Après une quinte de toux la plus discrète possible (toujours pour les mêmes raisons), je me suis fabriquée un masque à l’efficacité bof, et j’ai fait tomber la ponceuse (deux fois) parce que j’avais des crampes, mais en sortant, j’avais une classe folle, recouverte de poussière blanche, comme une vraie fille de chantier.

Encouragée par mon nouveau look, j’ai proposé de mettre de l’enduit (mot appris récemment) dans la fissure de la douche. Erreur. Il paraît que ce n’est pas étanche. On s’est bien foutu de ma gueule, et on m’a gentiment poussée dans la cuisine pour que j’aille préparer le dîner. Pff. Un jour je ferai une table avec des excréments d’oiseau séchés, et je la ferai toute seule.

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Ton amie chômeuse aide à retaper une maison

1 septembre 2010

travaux

Ton amie chômeuse aimerait bien être du genre à dire « Cette table ? C’est moi qui l’ai faite, j’ai récupéré des vieux cageots dans une benne, j’ai poncé, sculpté les pieds vite fait et collé des coquillages précieux ramassés à l’Île Maurice, c’est trois fois rien ! ». Mais non. Je ne suis pas très forte en travaux pratiques. Même mon fauteuil en tissu La Poste, je l’ai acheté tout fait (pas cher, mais quand même).

Il n’empêche, j’aime bien l’esprit « do it yourself » et je veux bien mettre ma bonne volonté au service de ceux qui sont créatifs, pour peu qu’ils veuillent bien me dire quoi faire (et comment). Ce week-end, il s’agissait de retaper une maison : trop sympa, on aurait des bandanas dans les cheveux, on ferait des blagues avec la peinture, on aurait des jeans troués et on jouerait avec des escabeaux, ton amie chômeuse était à fond.

Très vite cependant, on s’est agacé de la lenteur avec laquelle je lessivais la cuisine. J’ai été envoyée dans une autre pièce où on m’a confié la tâche de badigeonner les murs de produit « décolle-papier-peint », qui s’est avéré aussi un excellent « décolle-la-peau-des-mains » (il n’y avait pas de gants) (je précise parce que je sens qu’on va me le dire).

Tant qu’il s’agissait des murs, pas de problème ; c’est quand il a fallu s’attaquer au plafond que ton amie chômeuse a abondamment pesté contre les lois de la gravité (nous saurons dans quelques jours si le produit a également des propriétés « décolle-rétine »). Je m’en suis foutu partout, mais je n’ai rien dit, de peur qu’on me retire la mission.

Ensuite, comme j’avais bien travaillé, j’ai eu le droit de jouer avec la ponceuse électrique. Après une quinte de toux la plus discrète possible (toujours pour les mêmes raisons), je me suis fabriquée un masque à l’efficacité bof, et j’ai fait tomber la ponceuse (deux fois) parce que j’avais des crampes, mais en sortant, j’avais une classe folle, recouverte de poussière blanche, comme une vraie fille de chantier.

Encouragée par mon nouveau look, j’ai proposé de mettre de l’enduit (mot appris récemment) dans la fissure de la douche. Bon.  Il paraît que ce n’est pas étanche. On s’est bien foutu de ma gueule et on m’a gentiment poussée dans la cuisine pour que j’aille préparer le dîner. Pff. Un jour je ferai une table avec des excréments d’oiseau séchés, et je la ferai toute seule.

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Ton amie chômeuse est une saloperie de midinette

25 août 2010

robert-pattinson-et-ses-fans

(Requête de personne, mais peut constituer une réponse à Fulberette23, qui me demandait de prendre un amant, ce que je ne ferai pas, bien entendu)

Ton amie chômeuse n’est pas du genre à chercher la compagnie des gens riches et célèbres, ah ça non. Je ne glisse pas les noms des stars que je connais comme ça pouf dans la conversation (et pourtant Dieu sait que j’en connais, je suis une intime de Robert Mitchum par exemple), et pour tout dire, je trouve les gens qui le font très vulgaires. Bon. Maintenant que le décor est planté, voici ce qui est arrivé à ton amie chômeuse : elle a dîné en face de Daniel Brühl (cf. ici, 3ème paragraphe).

J’étais avec M le béni, il m’invite au restau, il est sympa. Il y avait Daniel Brühl derrière lui, là, juste à un mètre, pile poile dans ma ligne de mire. M n’est pas du genre « ami des stars » non plus, et à vrai dire, il n’est même pas du genre à retenir les noms des comédiens ni leur filmographie. Ton amie chômeuse a dû lui récapituler à voix basse toute la carrière de son idole, il a fait « ah ouais, il est cool lui », et il est passé à autre chose.

J’ai honte ami lecteur. Je n’ai pas réussi à écouter ce que me disait M le béni ce soir-là. Mon regard n’arrêtait pas de glisser vers Daniel, qui m’a vue, et qui devait se demander quel genre de pouffe j’étais pour lui faire de l’œil pendant que je dînais avec mon mec.

Moi-même, je me suis demandée quel genre de pouffe j’étais quand je me suis souvenue que je portais la robe la plus indécente de ma garde-robe (avec des tongs, j’étais partie vite, mais quand même) et que je me suis levée pour aller aux toilettes alors que franchement j’aurais pu me retenir, juste pour voir si Daniel allait me suivre des yeux, et oui, évidemment, avec une robe pareille, il m’aurait suivie des yeux même si j’avais été une chèvre.

J’ai vu Björk et Matthew Barney, j’ai vu Mick Jagger, j’ai vu Carole Bouquet, j’ai vu Gael Garcia Bernal, j’ai vu Christian Clavier (je te jure) : personne ne m’avait donné l’idée que je pouvais, moi aussi, être une star fuckeuse.

Ton amie chômeuse s’est demandée si tout le monde avait un prix, comme le disait Redford dans Proposition indécente, et si le sien s’appelait Daniel Brühl. Pour finir, cette soirée m’a filé un sacré coup de bourdon.

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Ton amie chômeuse dans un café à Montmartre

17 août 2010

sacre-coeur
(Remède anti-cafard de M.A.C.)

Aujourd’hui, ton amie chômeuse a décidé de se prendre par la peau du ciré jaune et d’aller s’échouer dans un café avec son ordinateur, comme ça, pour regarder des touristes et avoir l’impression de voyager.

Je me suis postée à un carrefour hautement stratégique, en plein 18ème arrondissement, entre la place des Abbesses et le Sacré-Cœur, un endroit où passe le pittoresque petit train de Montmartre. Dans ce café, l’accueil est aux normes parisiennes, c’est à dire sympa, mais rugueux. Pas de quoi décourager ton amie chômeuse qui a immédiatement branché son ordi sur le secteur et occupé les deux tables qui échoient à sa tâche de glandue.

Dans la rue passent des gens aux visages très rouges et aux sourcils très blonds, des petits garçons avec des casquettes, des jeunes filles qui sauront bientôt qu’on ne peut pas aller en paix à Paris en portant des jupes si courtes, des gens qui pointent les immeubles du doigt, des photographes expérimentés, des fans de bananes Sergio Tacchini.

Tous ont en commun d’avoir un guide PARIS-PARIGI-PARISCUS (langue inconnue, possible que j’aie mal lu) pendu à la main, et une mine réjouie. C’est ce qui me permet de repérer tout de suite la seule parisienne qui passe, chargée de gros sacs bleus de chez Ikea (elle revient de la laverie, se dit ton amie chômeuse, ce qui explique sa mine contrite, à moins que ça ne soit la pluie).

Ici, le coca coûte 3,5 euros et il est servi directement dans un verre (si tu veux la cannette entière il faudra payer plus cher), les penne au fromage sont d’immondes paquets de graisse collés les uns aux autres par des morceaux de chèvre auxquels on a laissé la croûte, le barman jure comme un charretier en essuyant les verres, et pendant que j’écris ces lignes, un labrador me regarde droit dans les yeux en déposant une grosse pêche sur le trottoir. Je me sens revigorée, et prête à aimer ma ville comme les amis touristes.

Info utile :
Le progrès
7 rue des trois frères
75018 Paris

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Ton amie chômeuse a vu Venise (et peut mourir)

28 juillet 2010

venise

(Requête de Delphine)

Quand il s’agit d’urbanisme, ton amie chômeuse aime dire qu’elle privilégie la force d’une atmosphère à la beauté d’un endroit (oui, ton amie chômeuse dit des trucs comme ça parfois).

À Paris, je préfère cent fois habiter au métro Stalingrad plutôt que dans le 7ème arrondissement (ça tombe bien, c’est davantage dans mes cordes). À Berlin, loin d’être rebutée par les grandes avenues désertes et mal éclairées, j’ai tout de suite souhaité me faire tatouer, ne plus jamais me coucher, et pourquoi pas, devenir lesbienne, tant j’ai été captivée par l’ambiance de la ville.

Sur le podium de la stricte beauté, Amsterdam m’a beaucoup plu, Séville aussi, Florence canon, Rome yougotit, mais aucune de ces villes ne m’a procuré la vague d’émotion qui me parcourt à chaque fois que je traverse un pont parisien. Aucune avant VENISE.

Venise. Ami lecteur, voilà ce que s’est dit ton amie chômeuse : mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire de gens qui vivent sans voiture, au milieu des canaux, dans un cadre où le moindre pavé est à tomber à la renverse, comment ça se fait que ça existe, et que nous on soit là, comme des cons, à trouver qu’il règne une atmosphère « si particulière » à Stalingrad (je parle surtout pour moi là) alors qu’il y a des gens qui vont bosser en BATEAU, qui ouvrent leur petit portail et hop, dans la gondole (je les ai vus), qui accouchent tranquillou bilou dans une maternité qui est plus dingue que le Louvre, et qui, quand ils en ont ras la touffette de toute cette beauté, prennent un putain de vaporetto pour aller à la plage, et pas la plage qui longe les quais parisiens, rien à voir j’t'explique, une plage avec une vraie mer et du vrai sable ?! Qu’est-ce que c’est que cette espèce d’énorme escroquerie ?!

Mon amie D., qui m’a invitée, nuance la situation : c’est vrai, c’est un truc de gueu-din, mais il n’y a que très peu d’enfoirés qui en profitent tous les jours. Dans la vitrine d’une pharmacie, on trouve en effet un écran qui fait le décompte de la population vénitienne : 140 000 au 18ème siècle, 59 680 aujourd’hui.

Et ce chiffre ne cesse de décroitre, à mesure que Venise se tapisse des petites affichettes qui annoncent les décès (sorte de rubrique nécrologique étalée sur tous les murs de la ville, curieuse pratique). D. m’explique qu’il y a beaucoup de vieux (d’où les affichettes), beaucoup d’étudiants, énormément de touristes, mais peu d’actifs. Car à Venise, il n’y a pas de travail en dehors des secteurs culturel et touristique (non pas que ça gêne ton amie chômeuse, mais je comprends que ça puisse être un problème).

Il n’empêche. Quel choc : à Venise, je me suis sentie privilégiée de simplement être là, de marcher dans ces ruelles, de lever la tête sur une scène chaque fois plus magique ; je me suis sentie honorée d’appartenir à l’espèce humaine qui avait su produire un tel bijou, un tel miracle de délicatesse et de goût.

Aller acheter un poulpe au marché, boire un Spritz, se réfugier dans un café quand l’orage tonne, le moindre geste est contaminé par la beauté ambiante. Chaque recoin de la ville recèle sa parcelle d’histoire, petite (”ici, une française a décidé qu’elle ne quitterait plus jamais Venise ; elle a épousé le luthier de la ville, ils sont amoureux fous”) ou grande (”ici, on proclamait les exécutions, et là, ben, on exécutait” ).

Ton amie chômeuse a passé trois jours dans un état de totale exaltation, et même Pat Metheny avec sa coupe à la Yvette Horner et ses solos de guitare interminables m’a tiré les larmes quand je l’ai entendu jouer Piazza San Marco.

Aller, sans regret, Stalingrad, c’est bien aussi.

Infos utiles :
Billets d’avion à partir de 70 euros, la vie de ma mère c’est vrai, sur Easy Jet
Les concerts sur la Piazza San Marco (que ça pourrait être les 2B3 ce serait quand même chanmé) sont organisés dans le cadre de Veneto Jazz, jusqu’au 1er août donc il faut se dépêcher.

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Ton amie chômeuse a testé le petit dej chez Angelina

20 juillet 2010

angelina-paris

Salon de thé Angelina, rue de Rivoli à Paris
(Requête de Fanny, trop bookée pour utiliser sa smartbox, c’est moche)

Forte de son expérience à l’aquagym, ton amie chômeuse était déterminée à faire copain-copain avec “les autres oisifs” (les retraités). La requête de F. tombait donc à pic, puisqu’il s’agissait d’aller prendre un petit-déjeuner dans un véritable repaire à petits vieux : le salon de thé Angelina rue de Rivoli.

Autant annoncer la couleur : chez Angelina, c’est que de la gueule. En apparence, du luxe et du bonjour madame. Mais la déférence disparaît sitôt la smartbox sortie du sac à main pour laisser la place à du « Ah. Solange ! J’ai une smartbox là. ». Je ne suis pas une smartbox, je suis un être humain, mais je laisse courir.

Pour le décor, même constat. Un hall d’entrée luxueux, mais les choses se dégradent quand on arrive dans la salle principale : la moquette est miteuse, les prises d’électricité sont de vrais dangers publics et le mobilier a un pied dans la tombe. Ton amie chômeuse était prête à en conclure qu’Angelina pariait sur la mauvaise vue de ses clients, c’est dégueulasse, qu’elle se disait.

Je me suis néanmoins bien vite rendue compte de ma méprise : le cœur de la clientèle du salon de thé, ce ne sont pas les vieux, mais les touristes, d’authentiques Suédois avec gros sacs et tapis de sol qui dépassent. À bien y regarder, même la petite dame qui s’étouffait avec son croissant depuis plus d’une heure (on n’est pas passés loin du drame) était sans aucun doute canadienne (rapport à son pantalon et à son maquillage).

Heeeeeeein, voilà l’explication, s’est dit ton amie chômeuse. Angelina sait bien que ses clients reprendront l’avion d’ici quelques jours pour ne jamais revenir, inutile de s’emmerder à soigner le cadre et le service.

Un peu plus tard, Solange nous explique : « Notre spécialité c’est le chocolat chaud… » (les yeux mouillés de larmes, ton amie chômeuse rebondit en disant que c’est vrai, elle se rappelle que sa maman l’emmenait boire un chocolat chez Angelina quand elle s’était montrée particulièrement balèze à l’école, mais Solange n’est pas émue et je dois abréger mon anecdote) « … et si vous voulez un jus d’orange, ce sera en supplément. » (et ben alors tu te le carres où je pense, t’avais qu’à écouter ma séquence souvenirs d’enfance, vieille teigne).

Ton amie chômeuse a déjà dit tout le mal qu’elle pensait de la smartbox et du piètre accueil qui l’accompagne dans 90% des cas. Chez Angelina, vous aurez droit à un chocolat chaud (toujours au top, il faut l’admettre) et à deux mini-viennoiseries avec du beurre fondu. C’est quand même chouette, d’autant plus que c’est gratos, mais enfin on se dit que celui qui vous avait offert la box imaginait quelque chose de plus grandiose. Mais le mieux, c’est encore le serveur qui a couru après ton amie chômeuse dans la rue :

« - EXCUSEZ-MOI !
- Oui ?
- Je peux vous demander auprès de qui vous avez PAYÉ ?
- Oui, allez-y.
- … (air pincé, bras croisés)?
- J’avais une smartbox. Tu la ramènes moins hein ? Ah t’es cassé… » (bon je n’ai pas dit les deux dernières phrases mais j’aurais pu).

Info utile :
Angelina
226 Rue de Rivoli 75001 Paris - 01 42 60 82 00

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Ton amie chômeuse a testé l’Absurde Séance

17 juin 2010

kino

KinoPaname + Absurde séance = 48H dans un autre monde
(Requête de Guillaume, absurdien confirmé)

Et dire que j’aurais pu ne jamais savoir ce qui se tramait dans ce cinéma. Ami lecteur, sache que tous les samedis soirs à minuit au Nouveau Latina (Hôtel de Ville), ce n’est pas du Sydney Lumet que tu trouveras, mais plutôt des films que tu croyais ne jamais voir en salle (parce que trop nuls, trop gores, trop mal doublés, trop n’importe quoi). Donc si tu en as ras-le-bonbon des soirées picole au bar du coin, sache que tu peux venir faire des blagues à haute voix devant un film surréaliste, et entouré de spectateurs qui ne le sont pas moins (ce sont des « absurdiens »).

Dans la série « mais comment n’en ai-je pas entendu parler plus tôt », il existe également une association appelée KinoPaname qui propose à des amateurs éclairés ou à des professionnels joviaux de réaliser des courts-métrages en 48H chrono. Ton amie chômeuse a assisté en direct à la rencontre entre l’Absurde Séance et KinoPaname, et elle peut te dire que c’est quelque chose.

Un seul regard au groupe amassé devant le Nouveau Latina suffit à comprendre que 1- tu es arrivé 2- tu fais incursion dans un monde parallèle. Là-bas, les cheveux sont roses ou violets, les ongles bleus, les tee-shirts collectors et les Doc Martens… existent encore.

Ton amie chômeuse a fait la connaissance d’un réalisateur autrichien qui lui a parlé de saucisses, autant dire que dans tout autre contexte j’aurais changé de trottoir. À peine le temps de réfléchir aux mérites comparés de Morteau et de Francfort, nous avons été invités à monter en salle de réunion.

Deux porte-paroles de L’Absurde Séance et de KinoPaname rappellent les règles du jeu : dans la salle se trouvent des réalisateurs, des comédiens, des cadreurs, des monteurs, des maquilleurs, bref, tout ce qu’il faut pour faire un film. Ils ont 48H pour constituer leurs équipes, tourner et monter un film de genre (ninjas, zombies, vampires, enfants maléfiques, teen movie… la liste de l’absurde est infinie) qui sera diffusé le samedi à minuit au Nouveau Latina.

Chacun s’est donc présenté (« Je m’appelle Claude, je suis comédien, j’ai toujours rêvé d’incarner un tueur sadique, je possède une cape de 6 mètres de long, si ça peut servir à quelqu’un… » « Je cherche quelqu’un capable de se battre contres des aspirateurs qui auraient pris le pouvoir… ») et ton amie chômeuse avoue qu’elle doutait franchement qu’un quelconque film puisse sortir de ces discussions très drôles mais parfaitement délirantes.

À la suite du briefing, les nerds se sont dispersés dans la capitale. Ton amie chômeuse les a donc retrouvés 48H plus tard au Nouveau Latina, extenués mais excités comme des puces. Incroyable mais vrai : pas moins d’une vingtaine de courts-métrages ont été diffusés ce soir-là. Des aspirateurs se sont pris des branlées, des zombies ont expliqué leur métier, des autrichiens ont proposé une candidature porno-pas-chic pour le prochain Eurovision (d’où les saucisses… ton amie chômeuse s’est félicitée d’avoir pris la poudre d’escampette) et vraiment, on s’est bien marrés !

Avis à tous les passionnés de cinéma : ces deux associations valent vraiment le détour.

Liens utiles :
L’Absurde Séance
Kinopaname

Nouveau Latina
20 rue du Temple
75004 Paris

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Ton amie chômeuse a passé le week-end à Rome

15 juin 2010

rome_trevi_1

(Requête d’Etienne, sur les traces d’Etienne Daho)

L’intérêt d’avoir fait des études, ce n’est pas d’accéder à un super poste, non non, c’est de s’être fait des amis qui ont accédé à des supers postes. Et notamment d’avoir eu la présence d’esprit, à une époque où je ne savais pas encore que je voulais être chômeuse, de parier sur le meilleur cheval : E.

Mon ami E. travaille au Parlement Européen ; c’est un passionné, le genre de type qui regarde les étiquettes des aliments pour vérifier que les informations nutritionnelles sont bien aux normes. Comme il se plaignait de la récurrence de ses voyages d’affaires, mon ami E. a eu une illumination : « Tu ne veux pas venir avec moi à Rome ? Tu squatteras ma chambre d’hôtel ? ».

Ton amie chômeuse, tu la connais, est toujours prête à rendre service. En cherchant bien (je n’ai que ça à foutre) et en étant prête à partir à des horaires idiots (même raison), j’ai trouvé un billet d’avion au prix de deux cours de Pilates. Ni une ni deux, je me suis envolée à la rescousse de mon ami travailleur esseulé.

Je dois admettre qu’en sortant du métro, ton amie chômeuse a eu un choc. Les petites bicoques, ça n’intéresse pas tellement les romains. Ils sont plutôt du genre monumental, 768 marches pour accéder à la moindre église, 15 tonnes de pierre pour la plus petite colonne et l’équivalent de 7 piscines pour remplir la moindre fontaine.

Je n’imaginais pas du tout la fontaine de Trevi à cette échelle-là, et surtout, je me l’étais figurée sans les centaines de touristes qui se prennent en photo en train de vider leur porte-monnaie dans le bassin (ton amie chômeuse n’y a pas jeté un centime, on ne la prend pas à ce jeu-là).

Il faisait un temps magnifique, la terrasse de l’hôtel donnait directement sur les jardins de la Villa Borghese, le personnel m’a prise pour une call-girl de passage et n’a pas inquiété mon ami E. lorsqu’il a piqué une dizaine de volkornbrot à mon intention (on ne peut pas rêver meilleur petit-déjeuner que le volkornbrot, quelle merveille que le tourisme de masse qui fait qu’on en trouve même sur les tables italiennes !) : un week-end idéal de squatteuse.

À quand les résidences à la Villa Médicis pour les amis chômeurs ?

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Ton amie chômeuse a testé la manucure à domicile

2 juin 2010

ongles

(Volet 1 de la requête de Gingergirl, je n’ai pas dit mon dernier mot)

Quand ton amie chômeuse a commencé à recevoir les mails préparatoires à l’EVJF de son amie A. (oui ami lecteur, « enterrement de vie de jeune fille », c’est complètement ringard, les pros utilisent désormais un acronyme, c’est comme ça), et que la conversation a commencé à s’orienter vers les traditionnelles manucure-pédicure, ni une ni deux, j’ai pensé à la requête de Gingergirl. Il s’agissait de confier à de gentils petits poissons amateurs de peaux mortes (chacun ses goûts) le soin de raboter nos pied-bots d’après l’hiver afin de leur donner une chance de rentrer dans les espadrilles estivales.

C’est avec beaucoup de regret que j’annonce à la femme-gingembre que sa requête a été accueillie avec un dédain souverain. Pour autant, je ne renonce pas à cette chance d’entrer en communion avec mes amies les baleines qui savent bien, elles, le plaisir qu’il y a à se faire grignoter les détritus par de plus petits que soi. Mais pour l’heure, j’ai dû me plier à la volonté générale, et faire l’expérience de la manucure à domicile (effectuée par des humains).

L’esthéticienne arrive avec tout son matériel, et notamment une « balnéo pour les pieds » qui m’a rappelé la piscine de Barbie de mon enfance (ton amie chômeuse était fille unique/gâtée ). Évidemment, c’est la future mariée qui passe en premier, c’est la loi de l’EVJF, on n’avait qu’à se marier nous aussi. Chose appréciable, même s’il y aurait de quoi dire, l’esthéticienne ne fait aucune remarque sur l’état des pieds (alors que les coiffeurs ne se gênent pas pour s’écrier « Olalalala… Vous avez les cheveux cassants… Et fins en plus ! (Je sais ordure) Je vous fais un soin » et bim, 9 euros de plus sur le ticket).

Attention néanmoins à ne jamais oublier que l’esthéticienne, si discrète soit-elle, n’est en aucun cas un poisson : elle est au taf, elle s’emmerde un peu, donc elle écoute les poulettes jacasser. Quand l’une d’elle raconte une expérience sexuelle un peu cocasse, elle rigole, comme les autres, sauf que les autres n’ont pas de petite tenaille très coupante entre les mains. Mon amie A. a bien failli ne plus jamais avoir à se préoccuper de son ongle de petit orteil, ni du petit orteil lui-même, c’était moins une.

Ton amie chômeuse a l’habitude de se faire les ongles elle-même, tu t’en doutes, et sa technique consiste à badigeonner le bout des doigts, attendre que ça sèche, et gratter ce qui dépasse sous un filet d’eau chaude. Jusqu’à maintenant, je jugeais le résultat parfaitement honnête.

Mais aujourd’hui, je regarde mes doigts sur le clavier et je me rends compte que comme internet et Internet chez Orange, il y a ongles faits et Ongles Faits. C’est tellement nickel qu’on dirait qu’elle a utilisé un pochoir (alors que non, j’étais là). Le plus beau, c’est que même l’homme en a été estomaqué, au point que l’argument que j’ai avancé hier sans y croire « je ne peux pas faire la vaisselle cette semaine : regarde ! » est passé comme une lettre à la poste.

Après Moulinex et la Moon Cup, l’esthéticienne libère la femme.

Lien et info utiles :

www.beautyhome.fr

Ton amie chômeuse s’excuse pour cette illustration pseudo-beauté un peu merdique, mais quand j’ai vu ces trois lettres rutilantes, je n’ai pas pu résister.

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Ton amie chômeuse a testé I-Tunes movie store

20 mai 2010

itunes

(Requête de Mathieu)

En bonne glandue, ton amie chômeuse a parfois la flemme de se déplacer jusqu’au cinéma. Et comme je suis quelqu’un de très droit, je ne télécharge pas illégalement moi madame, et je ne regarde pas en streaming non plus parce que ça saute sans arrêt et que l’image est pourrie, et il n’est pas question d’aller louer un DVD puisque j’ai la glue, bref, il n’y avait pas de salut pour ton amie tire-au-flanc (hommage à la Cougar).

Mais aujourd’hui, Alléluia, I-Tunes a remédié à la terrible injustice qui frappait les utilisateurs de Mac (la VOD pour Mac, c’est introuvable ou presque) en proposant une section « movies » à son magasin en ligne. Ni une ni deux, ton amie chômeuse a ouvert un compte.

Première remarque un poil anxiogène : I-Tunes Store garde en mémoire le numéro de ma carte bleue ; dorénavant, je n’aurai plus qu’à cliquer sur le film de mon choix, je penserai que c’est gratos et m’en donnerai à cœur joie, et c’est seulement le lendemain que la réalité viendra frapper à ma boîte mail sous la forme d’une facture.

Seconde remarque un peu anxiogène : c’est tout ce qu’il y a ?! Une trentaine de films est proposée, dont 17 énormes daubes absolument honteuses que ton amie chômeuse ne peut pas regarder sans prendre le risque de vouloir mettre fin à ses jours à l’issue de l’expérience (et encore, je n’ai pas compté Mic-macs à tire-larigot ni Very bad trip dans les énormes daubes, par égard pour mon amie N. qui a tout mon respect et qui a qualifié le second de « hilarant », voir ici).

J’ai quand même sélectionné cinq films que ma religion m’autorise à voir.
Aparté : Mon choix s’est porté ce soir-là sur Démineurs, le film de Kathryn Bigelow qui a fait une razzia sur les oscars cette année (contre Avatar). Ce n’est pas le sujet du billet, mais si quelqu’un a une piste pour expliquer ces récompenses, je lui serai très reconnaissante de m’en faire part, parce que là, je suis à sec (Pocahontas toute bleue et en 3D, c’était quand même vachement mieux).
Ami lecteur tiens-toi bien, le film a mis 4 heures à télécharger. Autant te dire que je suis allée me coucher, triste et déçue, (quasiment) prête à décrocher la photo de Steve Jobs au-dessus de mon lit.

Comme ton amie chômeuse est un peu blonde (même complètement, si je veux être honnête), j’avais compris que je n’avais que 24 heures pour regarder le film une fois qu’il était téléchargé. Le lendemain, j’ai donc annulé tout ce que j’avais prévu ce soir-là et me suis précipitée chez moi pour être prête à cliquer avant la terrible échéance.

Sauf que non, en fait. On a 24 heures pour regarder le film une fois qu’on en a commencé la lecture, c’est-à-dire après avoir cliqué sur la petite flèche (je t’explique). Et pour ça, on dispose de 30 jours ; ton amie chômeuse pense à tous ceux à qui elle a dit « j’peux pas, il faut que je rentre chez moi pour regarder Démineurs, j’ai plus que, oh putain, 6 heures devant moi !!! » et se dit, c’est la honte.

De toutes façons, dans quatre films, j’aurai épuisé la filmothèque d’I-Tunes, et je n’aurai plus qu’à retourner au cinéma. C’est quand même plus simple, au final.

Lien utile :

Télécharger I-Tunes

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