Ton amie chômeuse à 2 doigts de renoncer au Rocky Horror

8 mars 2010

rockyhorror

Rocky Horror Picture Show, de Jim Sharman, au Studio Galande
(Requête de Mathieu Spif, « soucieux de ne pas (s)e retrouver célibataire s’ (il) venai(t) à y traîner (s)a-gonzesse-celle-qu’(il vit)-avec par le chignon »)

D’habitude, ton amie chômeuse ne se justifie pas tellement quand elle ne mène pas une requête à bien (les excuses ne manquent pas : trop cher, trop compliqué, trop relou, trop la flemme, etc.), mais cette fois, j’aimerais faire part des difficultés que je rencontre.

Souviens- toi ami lecteur, ton amie chômeuse avait évoqué dans un de ses billets le mythique Studio Galande qui diffuse le Rocky Horror Picture Show depuis que le monde est monde (ou presque). Ce qu’il y a de bien avec les mythes, c’est qu’on peut en parler sans en avoir fait l’expérience (heureusement pour Prométhée qui serait tombé dans l’oubli depuis belle lurette). Quand un client m’a demandé d’y aller, je me suis dit 1/ bien fait pour ma gueule 2/ ça va être marrant.

Crois-le ou non ami lecteur, personne ne veut venir avec moi. Depuis que j’ai lancé l’invitation, je recueille des témoignages accablants (« et là, il m’a forcé à monter sur scène, et il a fait semblant de me sodomiser. Si. Et ma meuf qui riait dans la salle… J’avais l’impression d’être dans un cauchemar ») qui m’ont valu une réponse négative sans appel de la part de M. le béni. Bon.

Après cinq autres dérobades plus ou moins justifiées (« Ouais non mais là demain je me lève tôt tu vois » « Mais on est samedi ? » « … » « Tu veux pas aller voir Mr. Fox plutôt ? »), j’ai cru pouvoir piéger mes amis P&P en faisant en sorte qu’on soit en train de traîner dans le 5ème un samedi soir, oh bah ça alors, il est 22h et on est à deux pas du studio Galande les gars !

Raté : mon ami P. a dit qu’il avait « déjà donné » et a fait un signe d’exaspération à base de main par-dessus la tête accompagnée d’un sifflement. Mon autre amie P. s’est montrée moins motivée du coup et a argumenté que ce n’était pas drôle si on n’était que deux. Encore moins si j’y allais toute seule (elle a même laissé entendre que c’était pathétique).

Ton amie chômeuse lance aujourd’hui un appel à témoignages solennel et demande à ses amis chômeurs (ou travailleurs) si ça vaut le coup, oui ou merde. Déjà qu’elle est au chômage, elle voudrait pas en plus être sans amis juste pour une malheureuse histoire de sodomie.

Anyone ?

Infos :
http://www.studiogalande.fr/

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Ton amie chômeuse a vu Don Carlo, de Verdi, à l’Opéra Bastille

4 mars 2010

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Don Carlo, de Verdi - Opéra Bastille
(Initiative personnelle, chantiers existentiels n°1 et 3)

NB : Ton amie chômeuse précise d’emblée qu’elle ne va pas parler de l’opéra en lui-même dans les lignes qui suivent. Pour des extraits, les dates, réserver des places, cliquez ici.

Pour un avis positif, cliquez ici.
Pour un avis plus nuancé et documenté, cliquez ici.

Voilà, maintenant je peux raconter n’importe quoi. Quelle merveilleuse invention que le blog.

Fidèle à sa volonté de tenter de nouvelles expériences, et qui sait, de mettre au jour des goûts inédits, ton amie chômeuse a décidé de tenter ce qu’elle considère comme « la totale », the full monty, à savoir l’opéra de quatre heures à Bastille.

La première difficulté à laquelle le néophyte doit faire face, c’est d’essayer de se faire accompagner. Je croyais savoir que l’opéra attirait une population à la chevelure blanchissante, c’est donc tout naturellement que j’ai lancé l’invitation à ma grand-mère. J’étais tellement sûre de moi que j’ai acheté les places sans attendre la réponse, qui est arrivée par mail, cinglante : « Franchement, Don Carlo, Verdi et tutti quanti, ça ne me dit rien du tout ». Non seulement les grands-parents maitrisent le courrier électronique, mais en plus ils envoient bouler les petits-enfants qui proposent des sorties culturelles : tout se perd.

Réalisant que la date que j’avais choisie était très proche de celle de l’anniversaire de ma mère, je me suis dit ‘banco, je suis sauvée’ et j’ai appelé l’intéressée pour lui annoncer son cadeau. Elle était ravie, a soigneusement noté la sortie dans son agenda (car je m’y étais prise deux mois à l’avance) et nous avons commencé à réfléchir ensemble à nos déguisements (quelle robe, quel loup, quelle paire de petites jumelles et quel éventail, nous tenions à faire les choses comme il faut).

Le jour J, une heure avant le coup d’envoi, ma mère m’annonçait qu’elle était coincée dans les embouteillages à plus de soixante kilomètres de Paris. Incrédule, j’attendais qu’elle me révèle la solution qu’elle avait trouvée, en bonne maman, pour ne pas faire faux-bond à sa fille. Mais non, elle n’avait pas spécialement de solution. Tout se perd (bis). Me voilà donc à lancer des appels désespérés à droite et à gauche, mon amie P. détourne le regard, L. ne se sent pas bien, et puis tu comprends, quatre heures quand même… Finalement, c’est M. le béni qui s’y collera, ouf.

Ton amie chômeuse était donc sans doute un peu remuée par ces péripéties, et disons-le, avait passé une semaine tout à fait merdique. Quand j’ai vu le petit monsieur momifié au bout de la rangée, une boule d’angoisse s’est aussitôt formée dans ma gorge, et j’ai su que je n’étais pas dans mon état de sensibilité normal.

Il était si vieux, si sec et décrépi… Ton amie chômeuse s’est demandée s’il ne siégeait pas à l’année dans cette salle tant il était impossible de l’imaginer en train de se déplacer. Il était accompagné de sa fille, qui du haut de ses soixante ans passés paraissait quasiment juvénile à côté de lui. Bon. La vieillesse, ce n’est pas grave après tout, ça nous pend tous au nez, qu’est-ce que c’est que cette réaction bon sang reprends-toi. Si ça se trouve, c’était un enfoiré dans sa jeunesse, un ancien collabo, peut-être qu’il battait sa femme, ce n’est pas parce qu’il est vieux que c’est un gentil bonhomme… Ton amie chômeuse essayait de dissiper l’extraordinaire tristesse que cette vision lui avait inspirée par tous les moyens.

Quand un couple de quinquagénaires dynamiques a débarqué dans la rangée en exigeant que la momie et sa fille déguerpissent sous prétexte qu’ils étaient assis à leur place, c’en était trop. Je dois préciser que les fautifs s’étaient trompés d’un rang seulement, c’est à dire que leurs places étaient rigoureusement identiques en termes de situation et de confort à celles qu’on leur réclamait. Les quinqua dynamiques n’ont pas pensé une seconde à aller s’asseoir un rang plus haut, ils ont exigé leur dû.

Pendant ce temps, ma voisine de droite (60 ans, haleine chargée) répétait tout bas « ils se sont trompés… ah bah ça… ils se sont trompés de places… et ben voilà… c’est pas les bonnes places… » pour le compte d’un destinataire inconnu. Ton amie chômeuse s’en est voulue à crever de ne pas avoir hurlé sur les affreux adolescents quinquas et n’a trouvé qu’à bafouiller « je vous en prie, prenez nos places, on va aller derrière, ce n’est pas un problème », mais c’était trop tard, la momie s’était mise en branle et sa fille me fit un petit sourire pour dire que ce n’était rien.

Et pourtant c’était quelque chose. Le monsieur avançait centimètre par centimètre, les spectateurs se collant à leurs sièges pour le laisser passer, comme s’il était pestiféré. Ton amie chômeuse (à côté de ses pompes, donc) s’est mise à chialer, tout simplement, en disant à M. que notre société est piteuse et malade, etc. Ca commençait bien.

Ainsi donc, je n’ai pas aimé la population, ni la racaille quinquagénaire, ni les wannabe érudits qui chuchotent « j’ai connu mieux comme Carlo », ni ceux qui crient « Bravo » en roulant le « r », ni ceux qui boivent du champagne à l’entracte, ni ceux, d’ailleurs, qui n’en boivent pas. J’ai trouvé l’Opéra Bastille moche comme une piscine municipale. J’étais d’une humeur de chien. Et en plus, dehors, il pleuvait.

Pour dire quelques mots (tout de même) de ce qui se passait sur scène, ton amie chômeuse a mis du temps à s’habituer aux surtitres qui traduisent le texte en français. Au début, on est tenté de le lire à mesure qu’il est chanté, un peu comme au karaoké : erreur, on rate tout ce qui se passe sur le plateau. Il faut lire le plus vite possible, et hop, revenir à la scène pour ne pas en perdre une miette.

Ceci dit, l’avantage avec l’opéra, c’est qu’il faut vraiment de longues minutes d’inattention pour rater une péripétie véritablement cruciale. Le plus souvent, on s’endort à « Ah oserais-je vous faire part de ce qui me hante jour et nuit » et on se réveille à « Je vais vous ouvrir mon cœur », on a raté un échange fiévreux de « mais oui parle, confie-toi à moi » « je sais pas j’hésite » « mais si je t’assure fonce » « peut-être je réfléchis encore un peu », mais pas la révélation en elle-même.

Comme ce texte ne l’indique pas, ton amie chômeuse a trouvé que c’était une soirée riche et grandiose, et a très envie de réitérer l’expérience. Je sais, ça ne s’est pas senti. Mais je vous assure.

Pour finir, je vous rapporte le dialogue entre M. et la dame à l’haleine chargée pendant l’entracte :
« - Quelle heure est-il s’il vous plait, monsieur ?
- Je n’ai pas de montre. Attendez, il faut que je rallume mon portable.
- Onze heures moins le quart ?
- Non, je dis : il faut que je rallume mon portable
- Ah oui, dites donc, déjà… (La dame tapote sa montre qui indique 21H30)
- (Mais non…) Voilà. Il est neuf heures et demi. »
La dame regarde M., regarde sa montre, ne comprend plus rien.

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Ton amie chômeuse a vu Gaspard Proust

22 février 2010

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Gaspard Proust, Enfin sur scène ? au Studio des Champs-Elysées
(Requête d’Angélique, travaille avec ledit Gaspard)

Avant d’aller voir Gaspard Proust au Studio des Champs-Elysées, ton amie chômeuse a commis l’erreur du débutant : elle l’ a googlé. Il ne faut jamais googler un humoriste, surtout quand c’est son premier spectacle. On tombe sur quelques vidéos, ou pire, sur des articles où toutes ses meilleures blagues sont dûment répertoriées et quand on s’assoit dans le théâtre, et ben on n’est plus vierge. Le côté « je passais par là et tiens, voilà ce qui me vient à l’esprit au moment où je vous parle » dont Gaspard Proust joue énormément en prend un sacré coup sur le paletot, et c’est bien dommage.

Pour ne pas contribuer à dépuceler davantage le public, ton amie chômeuse ne rapportera pas les blagues de Gaspard Proust dans les lignes qui suivent. Il faut néanmoins que je dise si ça m’a plu… Ouiténon, dirais-je.

Oui :

- Voilà un humoriste qui s’exprime avec plus de 7 mots de vocabulaire et qui n’abuse pas des imitations ou des accents. On croyait que ça n’existait plus, mais Gaspard Proust est aussi à l’aise en citant le groupe Abba qu’en déclamant du Baudelaire. Il flatte son public en lui donnant le sentiment de ne pas rire trop grassement, ce qui n’est pas désagréable.

- Sa diction est claire, impeccable, mais sans être exagérée. Gaspard Proust est sobre, minimaliste même, c’est un peu l’art contemporain de l’humour. C’est-à-dire qu’on ne peut pas être aussi décomplexé que devant du Jean-Marie Bigard (quand on rit à du Jean-Marie Bigard, ou à du Frank Dubosc -qui est déjà arrivé à ton amie chômeuse-, il n’y a plus de bienséance qui tienne, on se tape sur les cuisses, on erre par-delà la honte dans les steppes jubilatoires de la beaufitude) mais on peut repenser au spectacle le lendemain sans gueule de bois.

- Ton amie chômeuse aime beaucoup l’idée que l’on puisse faire rire en endossant un personnage d’érudit antipathique dépourvu de tout sens moral. Ce qui m’amène au non.

Non :

- Gaspard Proust n’assume pas jusqu’au bout son personnage de dandy immoral qui fait rire différemment, sans grimace ni boutade facile. Quand est arrivé le chapelet de blagues misogynes et homophobes, ton amie chômeuse a été déçue. Pas parce que les blagues étaient mauvaises, mais parce qu’il semble bien qu’il soit impossible de faire un spectacle humoristique sans reprendre les topos du genre, qui sont, et c’est triste à dire : les femmes (en 1), les homos (en 2), suivis des juifs, des arabes et des prêtres pédophiles. Ton amie chômeuse trouvait ça rafraichissant de rire de l’inceste, de la province et de George Brassens. Les femmes et les homos… j’ai trouvé que ça ne collait pas avec le personnage de Proust et qu’il aurait pu aisément s’en passer.

- Hélas, il a aussi cédé à la tentation de la prise à partie du public et s’est adressé à quelques femmes qui sous l’effet du stress se mettent immanquablement à glousser deux fois plus fort. C’est agaçant à la longue, ils le font tous.

Les cinq dernières minutes du spectacle (le gromelot d’église aussi absurde que maîtrisé, la chanson du Parisien et le fuck à Brassens) laissent penser à ton amie chômeuse que Gaspard Proust possède toutes les ressources pour ne plus tomber dans ces travers-là. Le ciel m’entende.

Infos utiles :
Le site de Gaspard Proust
Du mardi au samedi à 20H45, le dimanche à 16H30
Studio des Champs-Elysées
15 av, Montaigne
75008 Paris
01 53 23 99 19

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Ton amie chômeuse a reçu la visite d’S.O.S. médecins

19 février 2010

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(Requête de la pharyngite pultacée)
(Oui alors, c’est une nouvelle expérience de pacotille, c’est vrai, mais ton amie chômeuse est clouée au lit et s’emmerde sec)

Quand elle travaillait, ton amie chômeuse tombait très souvent malade et avait même envisagé se faire opérer des amygdales pour que ces satanées angines lui foutent la paix. Mais depuis que j’ai trouvé ma vocation, j’affiche une santé arrogante (bon, sauf les migraines… mais ça compte pas), ce qui me fait dire à l’instar de tante Yolande que la santé, c’est dans la tête.

Pourtant, aujourd’hui, choc thermique oblige (si tu suis ami lecteur, tu sais que j’étais en Terre Sainte il y a peu et que j’ai failli rester dans l’aéroport quand j’ai compris que Paris était restée coincée au mois de décembre), ton amie chômeuse a succombé. Peux pas avaler, peux pas ouvrir les yeux, peux pas sortir du lit, mal à la tête, ton amie chômeuse a appelé S.O.S. médecins à 8H00 pétantes (pas parce qu’on est malade qu’on n’est pas efficace).

Ton amie chômeuse adore appeler S.O.S. médecins. D’abord parce qu’elle en a ras-le-pompon de son médecin traitant qui habite à l’autre bout de la ville (bon, ça, c’est pas de sa faute, il est vrai que je déménage tous les ans depuis que je suis majeure) et qui me propose toujours des rendez-vous dans trois, voire quatre jours, alors que je suis MALADE nom d’un chien.

Quand on est malade, le seul fait de parler au téléphone est un calvaire : on a la voix faiblarde, pour peu qu’on ait de la fièvre on jurerait que le téléphone est en train de se transformer en limace, que la lampe au plafond n’est qu’une grosse méduse et que le sol est mouvant. C’est bien parce qu’on est grand qu’on se raisonne et qu’on explique calmement qu’on a des difficultés majeures à déglutir et qu’on se sent fébrile ; et encore, on a beau être grand, le coup de fil n°2 est invariablement destiné à Maman. Alors comment peut-on imaginer dire que « jeudi en 8, écoutez c’est parfait je viendrai après mon cours de tennis » ? S.O.S. Médecins, c’est tout de suite qu’ils se déplacent, ils sont sérieux.

Ensuite, il y a un petit côté suspense qui ajoute du piquant à la journée foutue en l’air du malade. On ne sait jamais exactement à quel moment le docteur va arriver, on guette ses pas dans l’escalier, on se dit merde il faut que je mette un soutif quand même, fausse alerte c’était le voisin, non c’est lui, vite mes chaussons. Quand la standardiste dit « restez chez vous, je vous envoie un médecin », ton amie chômeuse est aussi excitée que quand on lui annonçait l’arrivée imminente du Père Noël. Enfin, on ne sait jamais sur qui on va tomber : le S.O.S. médecin de ce matin était du genre comique raté (le patient affaibli rit beaucoup plus facilement, pas idiot comme reconversion pour les déçus de la scène).

Mais le S.O.S. médecin sait être sérieux quand il le faut, et c’est sans la plus petite hésitation qu’il a déclaré en regardant la gorge de ton amie chômeuse « ah oui, c’est une pharyngite pultacée… » (ah bah oui comment ai-je pu passer à côté de pareille évidence). J’ai trouvé que le nom de ma maladie était assez cool, et j’ai insisté pour qu’il l’écrive sur l’ordonnance, pour que j’aie un souvenir quoi. Ce à quoi il a répondu : « oui enfin c’est le nom scientifique, pultacée ça veut juste dire qu’il y a du pus ». Ton amie chômeuse aurait préféré rester dans le flou sur ce point.

Le problème d’S.O.S. médecins, on s’en doute, c’est le prix : 50€. C’est un plaisir dont on ne peut pas abuser… Mais au final, entre ce qui est remboursé par la Sécu, et ce que j’ai économisé en taxis aller-retour (ton amie chômeuse n’est quand même pas gueu-din au point de prendre le métro avec une angine pultacée), sans compter que ma condition aurait sans doute terriblement empiré pendant les quelques jours que le médecin traitant me demandait d’attendre, de pultacée on serait passés à putassière et à Dieu sait quoi… Je trouve que ça valait le coup. Et je retourne me coucher.

Liens et info utiles :
Le site
Et le numéro malin : 3624

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Ton amie chômeuse a suivi une formation Premiers Secours

17 février 2010

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Formation Premiers Secours à la Croix Rouge Française
(Requête de Guilhomme)

Quand ton amie chômeuse était partie dans le Cantal avec une classe de CP-CE1 (je n’arrive toujours pas à m’habituer à cette phrase… et pourtant je l’ai fait, il y a des témoins), elle s’était fait la réflexion que si un enfant venait à s’étouffer, faire une crise d’épilepsie ou se coincer un tournevis dans l’oreille, elle n’aurait pas d’autre choix que celui de tomber à genoux et d’invoquer le ciel (en incitant le bambin à faire de même). Heureusement, ces enfants- là ont fait pipi sur les murs, vomi dans leur lit, lancé des cailloux sur des passants, poussé une de leurs camarades dans l’auge à bétail, foutu le bordel au musée du cuir (faut dire que c’était chiant), mais ils ont eu la gentillesse de ne jamais vraiment se mettre en danger, me faisant donc oublier mes bonnes résolutions.

C’est alors qu’un client pragmatique s’est dit qu’une glandue formée aux premiers secours était une glandue potentiellement utile (ou en tout cas, moins inutile). Ton amie chômeuse s’est donc inscrite à une formation à la Croix-Rouge et s’est rendue à 8H00 du matin dans des locaux situés rue d’Aboukir, dans le 2ème arrondissement de Paris. La plupart des candidats au PSC1 (c’est le nom du « diplôme » auquel nous prétendions) étaient là par obligation professionnelle. Ton amie chômeuse a eu toutes les peines du monde à expliquer qu’elle était là pour raisons professionnelles également, qu’elle avait reçu une requête etc.

Les candidats m’ont quand même acceptée comme l’une des leurs. Il faut dire qu’on finit par tisser des liens, à force de simuler une hémorragie (ton amie chômeuse y a mis tout son cœur d’actrice ratée), ou à essayer de réanimer avec passion un mannequin qui n’ouvrira jamais les yeux. C’est la dimension ludique de la formation, on joue avec du faux sang, on teste ses camarades (« Il a oublié d’éloigner le fer-à-repasser-source-de-danger, pfff le naze… »), on partage les remèdes de grand-mère inefficaces (il semblerait qu’il soit inutile d’appliquer une patate coupée en deux sur une brûlure, en dépit de ce que répétait Tata Yolande).

Pour être parfaitement honnête, le premier objectif de la formation, c’est d’apprendre à composer le 15. Invariablement, le geste qui sauve, c’est d’appeler des gens compétents, et non de s’imaginer dans Alerte à Malibu. Les techniques enseignées (la position latérale de sécurité, le fait d’éloigner les relous quand il y a eu un accident et d’empêcher qu’on ne déplace la victime, etc.) ne servent qu’à éviter une aggravation de la situation. Du propre aveu du formateur, si on assiste à un arrêt cardiaque, on est dans la merde. On peut toujours se mettre à pratiquer massage et bouche à bouche, le bénéfice sera, au mieux, de conserver les organes vitaux en état de marche pour pouvoir en faire don à quelqu’un d’autre.

La formation est aussi l’occasion de tester sa capacité à réagir de façon calme et raisonnée. Quand on voit à quel point on a tendance à paniquer et à tout oublier alors même qu’on est dans une salle de formation (sauf à avoir un vrai problème de mémoire, on sait bien que la personne qui simule un malaise va très bien en vrai), et bien on se dit qu’on ne serait peut-être pas exactement l’homme/la femme de la situation dans un contexte de danger bien réel.

Au final, la formation premier secours a le mérite de défendre des idées claires et simples : en cas d’hémorragie, on applique une compresse sans se lancer dans un garrot, et on appelle les secours. En cas d’étouffement, si la victime ne peut plus respirer, on lui administre de grandes claques dans le dos ; si elle peut respirer, on appelle les secours. En cas de « j’ai ripé et me suis planté le couteau dans l’abdomen », on appelle les secours sans risquer les grandes eaux de Versailles en retirant le couteau soi-même.

En somme, on se fait tatouer « 15 » sur l’avant-bras, c’est vraiment la seule chose à ne jamais oublier. C’est bête à dire, mais on aurait eu tôt fait d’appeler le 17, ou pire, le 118 218, la faute aux publicités qui nous polluent la tête à grand renfort de chanson débile. Et là, ben, c’est la tuile.

Lien utile :
Liste des dates et lieux de formation PSC1 sur le site de la Croix Rouge

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Ton amie chômeuse s’est fait un super gueuleton

30 janvier 2010

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Restaurant “Le Jules Verne”, au 2ème étage de la Tour Eiffel
(Requête de mon Papa, pour fêter l’anniversaire de ton amie chômeuse)

Disons-le d’emblée : ton amie chômeuse n’y connaît rien en cuisine, grands chefs ou restaurants étoilés. On peut même dire que la petite bouffe au restaurant a largement été déclassée dans la liste de mes sorties préférées, un triste constat qui s’explique comme suit :

- Je dois admettre que le fait de devenir végétarienne a joué un rôle considérable. Fini le temps de « Mmmmh, qu’est-ce que je vais prendre ? » (je n’ai pas d’autre choix que le seul plat à base de poisson, ou, beaucoup plus rare, de légumes) ou de « On prend tous des plats différents, et on se fait goûter, ça vous va ? ».
- Manger à la maison, c’est moins cher.

Or voilà que pour son anniversaire, on a voulu faire une surprise à ton amie chômeuse. En traversant la Seine, je râlais abondamment en disant que ça y est, on m’emmenait sur un bateau-mouche, on avait oublié que j’avais le mal de mer, et qu’en plus, super, il pleut, etc. Mais ce n’était pas la destination finale, et nous avons marché jusqu’à l’un des quatre piliers de la Tour Eiffel.

Arrivés devant ce qui semblait être une entrée de restaurant, ton amie chômeuse a tenté de mesurer l’ampleur du cadeau qu’on allait lui offrir : « On va au Jules Verne ? Hein, c’est ça ? C’est un truc de ouf le Jules Verne ou pas ? C’est genre un restau comme dans Ratatouille ? ». Le paternel n’a pas répondu (sans doute un peu déprimé à ce stade).

Ami lecteur, le Jules Verne, c’est en effet un truc de ouf. On apprend sur le site Internet qu’Alain Ducasse (puisque c’est le lui chef) souhaite que « le Jules Verne soit le plus bel endroit de Paris pour savourer le plaisir d’une cuisine française contemporaine et accessible ». On a le droit de trouver que le terme « accessible » est proprement scandaleux (et on ne s’en prive pas). Mais ton amie chômeuse avoue qu’elle était excitée comme une enfant de cinq ans quand l’ascenseur l’a emmenée au restaurant, 125 mètres plus haut.

L’ambiance y est feutrée, pour ne pas dire un tantinet glauque. La vue, cela va sans dire, est complètement dingue, et on aime bien l’effet caléidoscope quand la Tour Eiffel se met à scintiller. Ton amie chômeuse n’était pas assise depuis deux minutes qu’elle avait déjà fait la connaissance de quatre serveurs différents. L’un d’eux a identifié bien vite la faiblesse de ton amie chômeuse : le pain. C’est tout le problème du novice dans un grand restaurant, j’ai avalé tous les petits pains qu’il a bien voulu mettre sur mon assiette, le pauvre a du avoir l’impression d’être face au tonneau des Danaïdes. Si bien qu’au moment où les entrées sont arrivées, j’étais déjà presque rassasiée, ce qui est sans conteste complètement débile.

Au prix du dîner, on s’attend à ne pas pouvoir réprimer l’orgasme au moment d’avaler la première bouchée. Sans rejouer la célèbre scène de Quand Harry rencontre Sally, ton amie chômeuse admet volontiers que Ducasse colle une sacrée branlée aux plats Picard. Au moment du dessert, les 17 petits pains avalés en amuse-bouche ont commencé à imposer leur présence dans mon estomac, et c’est à regret que j’ai dû renoncer à l’idée d’un dessert pour moi toute seule. Le dessert ne contenant pas de viande, j’ai pu goûter celui du paternel (ouf).

Même pour quelqu’un qui, comme ton amie chômeuse, « ne sait pas vivre » (pour reprendre les mots de mon grand-père), le dîner au restaurant de la Tour Eiffel reste une expérience vraiment forte, pour le cadre autant que pour la cuisine. Je m’interroge néanmoins sur les lampes de table, sorte de gros cailloux lumineux que ton amie chômeuse a soulevé (tu t’en doutes) pour découvrir un dispositif tout droit sorti d’un Kinder Surprise (= moche et en plastique). Drôle de contraste avec l’argenterie et la robe de gala de ma voisine de droite.

C’est d’ailleurs cette même voisine qui me permet d’indiquer ici la solution à qui voudrait faire du Jules Verne sa petite cantine : le mariage avec quelqu’un d’aussi riche que vieux (c’est tellement évident qu’on n’y pensait plus !).

Lien utile :
www.lejulesverne-paris.com

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Ton amie chômeuse joue à Cupidon

14 janvier 2010

cupidon
(Requête de Gala, approche de la trentaine, très prise par son boulot, n’a pas le temps de chercher l’homme de sa vie)

Ami travailleur, amie travailleuse, quand tu passes le plus clair de ton temps entre les quatre murs d’un open space, et que tu sais d’instinct que l’âme sœur/ l’âme frère ne s’y trouve pas, tu peux :
1- Attendre patiemment une nouvelle recrue, les yeux tournés vers le ciel
2- Te dire qu’Eric/Erica n’est pas si mal finalement, et qu’il doit bien avoir une solution à ce problème de pellicules dans les sourcils
3- Ou comme ma cliente, faire appel à ton amie chômeuse, et lui demander d’aller speed-dater pour elle/lui.
Je ne te cache pas que la requête m’a déroutée et a interrogé mon légendaire sens des valeurs : est-il raisonnable de tester des hommes pour le compte d’une cliente ?

Je lui ai donc proposé un compromis moins engageant physiquement. Ton amie chômeuse dispose d’un compte sur un site de rencontres pour « célibataires exigeants » appelé Attractive World. Le principe est honteux, puisque ce sont les membres qui votent pour ou contre l’admission de nouveaux célibataires dans la communauté, sur des critères de beauté, de richesse et de CSP+.

Qu’allais-je faire dans cette galère, me demanderas-tu. La fondatrice du site étant une copine de copine, la copine en question (la mienne), m’a vendu le truc en disant que ça rendrait vraiment service à sa copine qui avait besoin d’une communauté de « membres fondateurs » pour faire démarrer le machin. J’ai appris plus tard que la copine (la mienne) touchait des thunes de sa copine (la sienne) à chaque fois qu’un pigeon dans mon genre répondait « boooon, d’accoooord » et s’inscrivait. Bref, ton amie chômeuse n’est plus célibataire depuis longtemps, et n’a jamais trouvé le moyen de faire dégager son profil, qui en tant que membre fondateur, est permanent et gratuit pour toute la vie. Autant en faire profiter les autres, me suis-je dit.

Ton amie chômeuse s’est donc transformée en shoppeuse d’hommes pour l’occasion. Comme sur Amazon, elle a entré les critères de sa cliente (grand brun qui aime la lecture), et a fait son tri. Bien sûr, il y a les DarkAngel, les ChouchouetLoulou74, les LduDésir, etc., mais on trouve aussi des hommes qui ont rempli leur profil avec goût et modestie, pour autant qu’on puisse juger du goût sur un site Internet de ce genre. Quelques échanges de mails amusants nous avaient convaincues, ma cliente et moi-même, que 1/ nous avions suffisamment de points communs pour que je puisse me charger de la lourde tâche de la sélection 2/ ça nous faisait bien marrer cette histoire.

J’ai envoyé à ma cliente un fichier contenant huit profils qui, personnellement, ne m’auraient pas déplu si j’avais été du genre polygame. Elle m’a répondu par un mail enthousiaste listant ses trois préférés, que ton amie chômeuse a contacté en toute transparence, en annonçant clairement qui elle était et la façon dont elle commençait à diversifier ses activités de chômeuse.

Ton amie chômeuse aurait adoré pouvoir raconter que sa cliente et TheGreatGatsby convolent grâce à elle, mais non. Je n’ai reçu qu’une réponse sur les trois messages envoyés, et je ne crois pas que l’échange d’anneaux soit à l’ordre du jour, même s’il y a eu échange de mails (mais bien sûr cela ne nous regarde pas). Je lance donc ici un dernier appel pour le compte de ma cliente, une jeune femme qui me ressemble beaucoup et qui est donc parfaitement baisable charmante. J’attends vos candidatures, et si ça marche, j’ouvre une page « Mon amie entremetteuse ». Chiche.

Liens et infos utiles :

Ton amie chômeuse signale l’arrivée d’un blog qui vous propose de tester pour vous les différentes techniques de drague : quatre célibataires dévoués et prêts à se prendre des râteaux à votre place, ça ne se refuse pas. Lien ci-dessous.
Les testeurs de dragues

www.attractiveworld.net
Peinture ci-dessus : Cupidon (1875) de Adolphe-William Bouguereau

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Ton amie chômeuse au chômage du chômage jusqu’à janvier

24 décembre 2009

conte

Parce que les chômeurs aussi ont droit à des vacances, je laisse mon ordi à Paris et pars avec de quoi lire 7 heures par jour pendant 10 jours. De quoi t’assommer avec plein de billets littéraires chiants à la rentrée, ami lecteur !

Ton amie chômeuse te souhaite bon courage pour les marathons familiaux de fin d’année et reviendra en pleine forme (ou à moitié morte, c’est quitte ou double avec les vacances de Noël) début janvier.

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Ton amie chômeuse a assisté à une soutenance de thèse

17 décembre 2009

lucky_luke1

(Requête de Marine, avait besoin d’aide pour porter de quoi fêter ça)

Quand ton amie chômeuse doute d’elle-même (oh ça peut arriver… rapport au chômage, au total manque d’ambition professionnelle, au non-sens de la vie, au manque d’endurance sur la voie de l’ascèse, ton amie chômeuse trouve toujours une bonne raison d’être au fond du seau, elle est au moins constante là-dessus, c’est déjà ça), elle se rassure en se disant que si elle a des amis aussi intelligents (ça marche aussi avec courageux/ beaux/ honnêtes/ ouverts), c’est bien qu’il doit y avoir quelque chose à sauver chez elle même (sinon ils ne me fréquenteraient pas, tu me suis ami lecteur ?).

Ainsi donc, il était hors de question que je rate la soutenance de thèse de mon ami M., qui est une des personnes sur Terre avec qui il est le plus agréable de converser autour d’un Trivial Pursuit et de plusieurs bouteilles de vin. À sa soutenance de thèse, pas de vin, certes (du moins pas pendant la soutenance), mais un jeu de société qui en vaut beaucoup d’autres.

Au centre du plateau, le soutenant. Devant lui, un jury de six vieux sages qui vont lui coller des bâtons dans les roues pendant près de deux heures pour vérifier qu’il a le droit d’accéder au statut d’érudit officiel. Dans l’assistance, des adjuvants qui n’apporteront qu’un soutien moral et désespérément muet au joueur. Et enfin, quelques thésards qui sont venus voir à quelle sauce ils seront mangés quand viendra leur tour. Ton amie chômeuse en a croisé un aux toilettes : quand je lui ai adressé la parole pour l’avertir que le distributeur de savon était vide, il m’a regardé comme si je l’avais violé, vivement que le jeune homme puisse retourner dans le monde des vivants, me suis-je dit.

Avant d’avancer ses premiers pions, le joueur a replacé la table devant lui, bu une gorgée (d’eau). C’est que cette partie là signe la fin de quatre ans et demi de travail, on n’est pas là pour déconner, l’atmosphère est un peu crispée. Il se lance. Son exposé de vingt minutes est limpide, ton amie chômeuse a presque tout compris et opiné du chef aux moments opportuns, c’était impeccable, on était à deux doigts de crier wouhou avec la copine de M. Mais non. La parole était aux vieux sages.

Le vieux sage en chef, qui ne s’est pas départi de sa veste en cuir marron façon « mon cheval est garé en bas », distribue la parole aux érudits. L’un deux sort son téléphone, mais il a la courtoisie de raccrocher après la phrase d’usage (« Ouais, ça va ? Bien ou bien ? Ouais chui en soutenance là, je peux te rappeler ? »), bien élevé le gars. Un autre vieux sage partage avec l’assistance quelques souvenirs soixante-huitards sans grand lien avec la thématique mais qui sont pour lui l’occasion de replonger à l’époque bénie où les étudiants de l’école Normale étaient bourdieusiens, maoïstes ou trostkistes. Chacun se livre à une critique en deux temps que l’on pourrait résumer par « c’est drôlement bien (1), mais quand même vous êtes encore un petit scarabée qui se fourvoie à la moindre occasion (2) ».

Le vieux sage en chef reprend la parole, trois fois plus fort que ses camarades érudits pour bien attester de son statut. Silence dans le saloon, Sarah Bernhardt fait sa tirade. M. ne se laisse nullement impressionner par ce discours au charisme revendiqué prononcé d’une voix de baryton. Il répond avec calme et fermeté, comme toujours, montrant bien aux opposants qu’ils peuvent bien opposer ce qu’ils veulent, il joue déjà dans leur cour. Le verdict tombe par la voix de Sarah Bernhardt : mention très honorable avec félicitations du jury.

Mon amie P. argue que c’est pourri « très honorable » comme formule, je suis bien d’accord, mais A. nous rassure en nous disant que c’est bien la notation la plus haute que l’on peut espérer en soutenance. « C’est 20/20 ? A + ? Bonhomme qui sourit ? », oui, nous dit-elle, c’est le top du top. C’est donc de bon cœur que nous sommes allés nous saouler au buffet qui devait clore la soutenance, avec Sarah Bernhardt et tous ses potes soudainement descendus de leur piédestal pour aller s’enquiller quelques canapés. Ton amie chômeuse a trouvé que le jeu, s’il ne valait pas un bon Trivial Pursuit, n’était pas dénué d’intérêt, et s’est dit que l’incruste aux soutenances de thèses (suffit de faire semblant d’être thésard soi-même) était une bonne façon de s’instruire à peu de frais.

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Ton amie chômeuse a trouvé l’antidote aux fashionistas

4 décembre 2009

galvin_2007

(Requête d’Adrien, soit il trouve un bar fumeur, soit il se met à balancer des pavés dans les vitrines)

Si tu as plus de 17 ans, et que tu as récemment fait une sortie en « boîte » , tu sauras de quoi je parle, ami lecteur. Tu as ricané dans la queue en pointant du doigt les garçons avec leur mèche collée sur le front ou les filles de 34kg qui n’ont pas jugé nécessaire de porter une jupe. Tu as commencé à te sentir mal à l’aise quand tu as réalisé que tu étais plus âgé de 10 ans au moins que tous tes camarades de sortie. Tu as carrément badé quand, sur la piste de danse, tu as compris que ce n’était pas ce soir que tu allais pouvoir faire une démonstration de Tecktonik pour déconner, car tous ces ados parfaitement lookés te regardent déjà suffisamment comme ça.

Ton amie chômeuse a trouvé l’antidote aux soirées de fashionistas : l’Utopia, café-concert. Pour accéder à l’utopie, il faut se rendre au fin fond du 14ème arrondissement de Paris, et sonner à une porte surmontée d’une enseigne discrète. On est accueilli par un monsieur un rien bougon, le cigarillo pendu aux lèvres. Pas de politesses inutiles, il faut montrer patte blanche et présenter sa carte de membre. Moyennant 10 euros pour une cotisation annuelle, on accède à un monde à part : un monde où tout le monde peut fumer en sirotant un whisky, un monde où la notion de style vestimentaire a été définitivement abolie, et où seule compte la musique.

Arrivent les musiciens, des blues men pur sang qui ont accumulé de l’expérience à mesure qu’ils prenaient des kilos. Ils chantent des reprises de George Harrison ou d’Eric Clapton pour un public déjà conquis, les blagues potaches fusent sur scène comme dans la salle. Lorsque Jacques échange sa guitare contre un harmonica, Manu Galvin (la star de l’Utopia) annonce « vous allez voir ce qu’on peut faire avec un petit instrument, demandez donc à sa femme. » On rit grassement avec ses voisins de table cinquantenaires, et ça fait du bien.

Quand les papis du blues se mettent à jouer, on est transportés ; quand Manu Galvin chante « I’ll be your baby tonight », on est à deux doigts de lui dire banco, tant ses ballades parfaitement exécutées sont envoutantes. Les deux seuls membres de l’assistance qui ont moins de 40 ans se font rabrouer comme des enfants parce qu’ils discutent pendant le concert : vengeance rafraichissante face à la domination jeuniste de la vie nocturne parisienne.

Si toi aussi, tu veux devenir vieux avant l’heure et que tes dernières soirées t’ont inspiré des pensées réactionnaires, ton amie chômeuse sera ravie de te parrainer pour te faire entrer dans le club de l’Utopia.

Liens et infos utiles :

Adresse de l’Utopia
79 Rue de l’Ouest
75014 Paris
01 43 22 79 66

Site et programme de l’Utopia

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