Archive pour novembre 2009

Ton amie chômeuse a bu un thé au bar du Lutetia

Vendredi 27 novembre 2009

lutetia

Bar de l’hôtel Lutetia, Paris 6ème
(Requête de Charlie, chômeur comme moi-même, et dont ce bar est devenu le refuge privilégié)

Ton amie chômeuse s’est rendue au bar du Lutetia, à une heure parfaitement indécente (15H), comme son client le lui avait demandé. Elle y a trouvé tout ce qu’on pouvait imaginer, des vieilles dames qui papotaient gentiment, leurs sacs Bon Marché calé entre les escarpins, deux messieurs en costumes qui parlaient avec un homme aux cheveux gras (un réalisateur en négociation avec des producteurs, ai-je conclu), et un magnifique specimen d’aristocrate fin de race, avec pull jacquard renforcé aux coudes, écharpe bleu ciel et mocassins d’époque, qui parlait avec une dame sans âge (entre 20 et 40 ans, impossible d’être plus précise).

J’ai été déçue par le décor ; il n’y a pas de fenêtres, ce qui rend l’atmosphère un peu lourde. Et surtout, la connexion wi-fi est payante. Ton amie chômeuse a trouvé qu’au prix du thé vert, ils auraient pu se fendre d’un accès gratuit. J’étais à deux doigts de classer le Lutetia dans la catégorie « tout naze », quand j’ai remarqué une petite dame toute maigre dans un coin de la salle.

Elle était debout devant un miroir, et elle retirait son serre-tête pour le remettre aussitôt, sans arrêt, sous l’œil attentif de l’homme qui l’accompagnait et qui lissait méthodiquement ses propres cheveux ramassés en catogan. On aurait dit une préparation de Prom Night filmée par David Lynch. Ensuite ils se sont levés tous les deux, sans un mot, la dame a mis son serre-tête dans son sac, et ils sont partis l’air très guilleret.

Si on reste très longtemps au bar du Lutetia, on doit sans doute être témoin d’une multitude de saynètes décalées dans ce goût-là, car enfin, les riches aussi ont le droit d’avoir un grain. Était-ce suffisant pour que ton amie chômeuse fasse du Lutetia son nouveau QG ? Que nenni, il faut bien plus d’un grain pour je me sente dans mon élément. À mon tour de proposer à mon client un endroit où on est accueilli des heures durant, avec connexion Internet à gogo et petits concerts occasionnels quand on en a marre d’être seul : le Café Chéri, à Belleville !

Liens et infos utiles :
Le site du Lutetia
Le blog du Café Chéri(e)
44 bd de la Villette,
Paris 19ème

Ton amie chômeuse dans ta télé (sur Internet quoi…)

Lundi 23 novembre 2009

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Attution, attution, ami lecteur, le suspense a assez duré, je vous les ai fait miroiter à coups d’annonces, de spoilers et de procédés marketing tous plus honteux les uns que les autres, il est temps de révéler…

Les FILMS Mon Amie Chômeuse !

1er volet des aventures de M.A.C. (dont le réalisateur Chris Schepard -ouais ça y est je balance les noms là- espère secrètement qu’elles détrôneront les histoires de Martine) : ton amie chômeuse tente de nouvelles expériences.

Il y a trois vidéos qui s’enchaînent et que vous pouvez regarder jusqu’à plus soif sur ma chaîne You Tube (ça déconne plus du tout, ton amie chômeuse est à deux doigts de racheter Vivendi).

Gros, gros budget pour ces productions aux effets spéciaux à couper le souffle, une équipe de planneurs stratégiques dédiée, des centaines de figurants, mais tout ça ne prendra sa véritable mesure que si tu fais tourner, ami lecteur.

Ton amie chômeuse t’encourage vivement à pourrir les boîtes mail de tes collègues, à harceler ta famille, à implorer tes amis, pour qu’ensemble, nous fassions du chômage le stade ultime de la coolitude.

La semaine prochaine, nous publierons une autre vidéo, et la semaine d’après, je te le donne en mille, nous en publierons encore trois, ce sera une sorte de fête ininterrompue et grandiose. Donc voilà pour le premier opus, et pour la suite, rendez-vous lundi prochain !

Ton amie chômeuse fait la paix avec les pigeons

Jeudi 19 novembre 2009

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(Requête de M., bizarre comme gars finalement)

C’est chose connue, les trahisons viennent toujours des plus proches, de cet enfoiré de Brutus tu quoque fili, jusqu’à M., qui a demandé à ton amie chômeuse de se mettre dans la peau d’un pigeon. Bon. J’aurais pu ignorer sa requête, mais c’était m’exposer à des représailles faciles, comme le kidnapping de Mitchoum le lapin ou la dissimulation du tube de dentifrice.

Je prends le risque de ne pas respecter la requête à la lettre (ton amie chômeuse est une gueu-din), et refuse de me mettre « dans la peau » d’un pigeon, pour la bonne raison que j’aurais fait preuve d’un anthropomorphisme sauvage et méchant qui aurait nui à mon karma (karma dont je prends grand soin, ça ne t’aura pas échappé, ami lecteur). Après 10 minutes d’observation dans un parc, mes réflexions se seraient limitées à : « Je suis un animal dégueulasse qui se nourrit des déchets que produit la ville, mon activité mentale se réduit à ‘tiens je vais aller à droite, non plutôt à gauche, et puis à droite finalement’. »

J’accepte néanmoins de prendre cette occasion pour m’interroger sur la répugnance que m’inspire cet oiseau, car c’est bien d’un oiseau qu’il s’agit, une créature du bon Dieu comme vouzémoi. Quand ton amie chômeuse pense « pigeon », voici ce qui lui vient en tête :

1/ Évocations négatives :
- Ma mère qui les appelait « les rats volants » et qui m’expliquait que chaque battement d’aile diffuse dans l’air toutes les saloperies et maladies que les pigeons cachent dans leurs plumes,
- la vieille dame du coin de la rue qui leur donnait à manger et qui a incendié ma copine Aurélie pour avoir piqué un sprint dans le tas de pigeons (ton amie chômeuse, respectueuse des consignes maternelles, était restée à bonne distance),
- la première fiente qui s’est écrasée sur mon bras alors que je prenais un café avec un garçon que je connaissais à peine (première d’une longue série d’attaques injustes),
- la place Saint-Marc à Venise, encore plus angoissante que la place Jemaa-el-Fna à Marrakech (avec ce monsieur sadique qui voulait absolument me mettre son serpent sur les épaules),
- les moqueries des passants quand ton amie chômeuse plonge sur le côté pour éviter une collision avec l’animal sans pitié.

2/ Évocations positives :
- le poème de Benoit Poelvoorde dans C’est arrivé près de chez vous,
- le pseudo d’une amie blogueuse qui ne m’a jamais chié dessus, elle.

On le voit, le point d’équilibre n’est pas atteint. L’expérience d’observation sur le terrain n’ayant servi à rien, je me suis lancée dans une recherche sur Internet pour m’encourager à aimer mon frère pigeon. Je suis tombée sur un site qui nous livre une enquête exclusive sur la couleur des pigeons parisiens (cliquer sur Découvrez ici les premiers résultats...). On apprend qu’ils sont majoritairement gris foncés, noirs ou gris tout court, ce qui est somme toute moyennement surprenant.

Après quelques sites qui détaillent les techniques d’élevage (la destination finale étant souvent la cocotte minute), ton amie chômeuse est finalement tombée sur le nœud du problème : les pigeons prolifèrent parce que les hommes les nourrissent, et les municipalités sont obligées d’organiser des rafles qui scandalisent les amis des animaux.

J’ai beau ne pas être fan de ces oiseaux (la faute à ma mère), toute idée d’abattage en masse me dérange. Et c’est bien l’abondance des pigeons qui est problématique : s’ils étaient en nombre raisonnable, ton amie chômeuse les aurait rangé dans la catégorie « oiseau », animal volant sympathique, et ne connaîtrait même pas leur nom. Ce qui nous amène à la question suivante : qui nourrit les pigeons ? Et à la réponse évidente : les vielles dames esseulées qui terrorisent les enfants.

Ton amie chômeuse n’est pas un monstre, et sais bien qu’il n’est pas raisonnable d’imaginer une police des vieux qui surveillerait les bancs et squares où ils sévissent. Si les vieux n’étaient pas si seuls, ils ne se dessècheraient pas en période de chaleur, ils ne pourriraient pas dans leur appart en attendant que quelqu’un s’aperçoive qu’ils ne paient plus leur abonnement à Télé7Jours, et ils n’essaieraient pas de se faire potes avec des pigeons. Après cette démonstration scientifiquement appuyée, ton amie chômeuse conclue qu’il faut prendre soin de ses vieux. Pour que la paix avec les pigeons devienne une réalité, enfin.

Info utile :
Le pigeon d’illustration est coiffé par Franck Provost
Merci à son agence, Pigeons France.

Ton amie chômeuse a fait l’expérience de l’amour

Jeudi 5 novembre 2009

cc

(Requête de Mona)

Le week-end dernier, ton amie chômeuse a vu son amie yogi (qui ne fait pas semblant de pratiquer l’ascèse, elle), qui lui a raconté qu’elle avait fait un câlin à la grosse indienne. La grosse indienne, c’est Amma, considérée comme un Dieu vivant dans son pays. Amma a entrepris de prendre le monde entier dans ses bras, pour distribuer son amour à l’humanité, tout simplement. Aujourd’hui, plus de 10 millions de personnes ont bénéficié du « darshan », et mon amie yogi en fait désormais partie.

Et bien à une autre échelle, ton amie chômeuse déclare que ce blog aussi lui a permis de faire l’expérience de l’amour. Souviens-toi ami lecteur, j’avais visité une grotte à foufounes pour le compte d’une dénommée Mona. De requêtes en commentaires, Mona et moi nous sommes aperçues que nous avions une connaissance en commun : la bassiste d’un groupe appelé les Minnie Moskowitz. Mona connaît les Minnies parce que son cher et tendre est aussi un musicos, chanteur dans le groupe Control Club. Quand j’ai appris que Control Club et les Minnie Moskowitz jouaient ensemble au Point Ephémère , je me suis dit banco, manu-di-bongo, et j’y suis allée.

Était-ce le récit de l’expérience du darshan de mon amie yogi ? Etait-ce le vin blanc ? J’ai eu l’impression que ce soir-là, l’amour circulait dans la salle. Mona m’a réservé un accueil digne d’une star hollywoodienne et m’a dit qu’elle m’imaginait exactement comme ça, « avec une bonne tête de meuf sympa ». Ça m’a fait encore plus plaisir que si elle m’avait dit que j’étais une sacrée bonnasse (quoi, elle aurait pu dire ça je te signale…).

Puis le concert a commencé, et le batteur-chanteur (qui chante en même temps qu’il joue de la batterie, ce qui paraît complètement surhumain à ton amie chômeuse qui a de vrais problèmes de rythme et de coordination) a chanté le morceau qu’il a composé en allemand pour sa copine, laquelle était à côté de moi et le regardait avec des yeux humides.

Puis les Minnies sont montées sur scène, et qu’ont-ils chanté tous ensemble, je te le donne en mille ami lecteur ? California Dreamin’, la chanson phare du film qui a retourné le bide de ton amie chômeuse : Fish Tank. C’était beau. J’ai cru que j’allais pleurer (pour le coup, le vin blanc avait sa part de responsabilité, ça ne fait aucun doute).

En partant, Mona m’a prise dans ses bras comme Amma a donné le darshan à mon amie yogi, et je suis rentrée chez moi aussi sereine que si j’avais séjourné  dans un ashram. Comme quoi l’Inde et le Point Ephémère, ce n’est pas si différent que ça…

Liens utiles :
Le site d’Amma
Le MySpace de Control Club
Le MySpace des Minnie Moskowitz