Archive pour janvier 2010

Ton amie chômeuse s’est fait un super gueuleton

Samedi 30 janvier 2010

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Restaurant “Le Jules Verne”, au 2ème étage de la Tour Eiffel
(Requête de mon Papa, pour fêter l’anniversaire de ton amie chômeuse)

Disons-le d’emblée : ton amie chômeuse n’y connaît rien en cuisine, grands chefs ou restaurants étoilés. On peut même dire que la petite bouffe au restaurant a largement été déclassée dans la liste de mes sorties préférées, un triste constat qui s’explique comme suit :

- Je dois admettre que le fait de devenir végétarienne a joué un rôle considérable. Fini le temps de « Mmmmh, qu’est-ce que je vais prendre ? » (je n’ai pas d’autre choix que le seul plat à base de poisson, ou, beaucoup plus rare, de légumes) ou de « On prend tous des plats différents, et on se fait goûter, ça vous va ? ».
- Manger à la maison, c’est moins cher.

Or voilà que pour son anniversaire, on a voulu faire une surprise à ton amie chômeuse. En traversant la Seine, je râlais abondamment en disant que ça y est, on m’emmenait sur un bateau-mouche, on avait oublié que j’avais le mal de mer, et qu’en plus, super, il pleut, etc. Mais ce n’était pas la destination finale, et nous avons marché jusqu’à l’un des quatre piliers de la Tour Eiffel.

Arrivés devant ce qui semblait être une entrée de restaurant, ton amie chômeuse a tenté de mesurer l’ampleur du cadeau qu’on allait lui offrir : « On va au Jules Verne ? Hein, c’est ça ? C’est un truc de ouf le Jules Verne ou pas ? C’est genre un restau comme dans Ratatouille ? ». Le paternel n’a pas répondu (sans doute un peu déprimé à ce stade).

Ami lecteur, le Jules Verne, c’est en effet un truc de ouf. On apprend sur le site Internet qu’Alain Ducasse (puisque c’est le lui chef) souhaite que « le Jules Verne soit le plus bel endroit de Paris pour savourer le plaisir d’une cuisine française contemporaine et accessible ». On a le droit de trouver que le terme « accessible » est proprement scandaleux (et on ne s’en prive pas). Mais ton amie chômeuse avoue qu’elle était excitée comme une enfant de cinq ans quand l’ascenseur l’a emmenée au restaurant, 125 mètres plus haut.

L’ambiance y est feutrée, pour ne pas dire un tantinet glauque. La vue, cela va sans dire, est complètement dingue, et on aime bien l’effet caléidoscope quand la Tour Eiffel se met à scintiller. Ton amie chômeuse n’était pas assise depuis deux minutes qu’elle avait déjà fait la connaissance de quatre serveurs différents. L’un d’eux a identifié bien vite la faiblesse de ton amie chômeuse : le pain. C’est tout le problème du novice dans un grand restaurant, j’ai avalé tous les petits pains qu’il a bien voulu mettre sur mon assiette, le pauvre a du avoir l’impression d’être face au tonneau des Danaïdes. Si bien qu’au moment où les entrées sont arrivées, j’étais déjà presque rassasiée, ce qui est sans conteste complètement débile.

Au prix du dîner, on s’attend à ne pas pouvoir réprimer l’orgasme au moment d’avaler la première bouchée. Sans rejouer la célèbre scène de Quand Harry rencontre Sally, ton amie chômeuse admet volontiers que Ducasse colle une sacrée branlée aux plats Picard. Au moment du dessert, les 17 petits pains avalés en amuse-bouche ont commencé à imposer leur présence dans mon estomac, et c’est à regret que j’ai dû renoncer à l’idée d’un dessert pour moi toute seule. Le dessert ne contenant pas de viande, j’ai pu goûter celui du paternel (ouf).

Même pour quelqu’un qui, comme ton amie chômeuse, « ne sait pas vivre » (pour reprendre les mots de mon grand-père), le dîner au restaurant de la Tour Eiffel reste une expérience vraiment forte, pour le cadre autant que pour la cuisine. Je m’interroge néanmoins sur les lampes de table, sorte de gros cailloux lumineux que ton amie chômeuse a soulevé (tu t’en doutes) pour découvrir un dispositif tout droit sorti d’un Kinder Surprise (= moche et en plastique). Drôle de contraste avec l’argenterie et la robe de gala de ma voisine de droite.

C’est d’ailleurs cette même voisine qui me permet d’indiquer ici la solution à qui voudrait faire du Jules Verne sa petite cantine : le mariage avec quelqu’un d’aussi riche que vieux (c’est tellement évident qu’on n’y pensait plus !).

Lien utile :
www.lejulesverne-paris.com

Ton amie chômeuse joue à Cupidon

Jeudi 14 janvier 2010

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(Requête de Gala, approche de la trentaine, très prise par son boulot, n’a pas le temps de chercher l’homme de sa vie)

Ami travailleur, amie travailleuse, quand tu passes le plus clair de ton temps entre les quatre murs d’un open space, et que tu sais d’instinct que l’âme sœur/ l’âme frère ne s’y trouve pas, tu peux :
1- Attendre patiemment une nouvelle recrue, les yeux tournés vers le ciel
2- Te dire qu’Eric/Erica n’est pas si mal finalement, et qu’il doit bien avoir une solution à ce problème de pellicules dans les sourcils
3- Ou comme ma cliente, faire appel à ton amie chômeuse, et lui demander d’aller speed-dater pour elle/lui.
Je ne te cache pas que la requête m’a déroutée et a interrogé mon légendaire sens des valeurs : est-il raisonnable de tester des hommes pour le compte d’une cliente ?

Je lui ai donc proposé un compromis moins engageant physiquement. Ton amie chômeuse dispose d’un compte sur un site de rencontres pour « célibataires exigeants » appelé Attractive World. Le principe est honteux, puisque ce sont les membres qui votent pour ou contre l’admission de nouveaux célibataires dans la communauté, sur des critères de beauté, de richesse et de CSP+.

Qu’allais-je faire dans cette galère, me demanderas-tu. La fondatrice du site étant une copine de copine, la copine en question (la mienne), m’a vendu le truc en disant que ça rendrait vraiment service à sa copine qui avait besoin d’une communauté de « membres fondateurs » pour faire démarrer le machin. J’ai appris plus tard que la copine (la mienne) touchait des thunes de sa copine (la sienne) à chaque fois qu’un pigeon dans mon genre répondait « boooon, d’accoooord » et s’inscrivait. Bref, ton amie chômeuse n’est plus célibataire depuis longtemps, et n’a jamais trouvé le moyen de faire dégager son profil, qui en tant que membre fondateur, est permanent et gratuit pour toute la vie. Autant en faire profiter les autres, me suis-je dit.

Ton amie chômeuse s’est donc transformée en shoppeuse d’hommes pour l’occasion. Comme sur Amazon, elle a entré les critères de sa cliente (grand brun qui aime la lecture), et a fait son tri. Bien sûr, il y a les DarkAngel, les ChouchouetLoulou74, les LduDésir, etc., mais on trouve aussi des hommes qui ont rempli leur profil avec goût et modestie, pour autant qu’on puisse juger du goût sur un site Internet de ce genre. Quelques échanges de mails amusants nous avaient convaincues, ma cliente et moi-même, que 1/ nous avions suffisamment de points communs pour que je puisse me charger de la lourde tâche de la sélection 2/ ça nous faisait bien marrer cette histoire.

J’ai envoyé à ma cliente un fichier contenant huit profils qui, personnellement, ne m’auraient pas déplu si j’avais été du genre polygame. Elle m’a répondu par un mail enthousiaste listant ses trois préférés, que ton amie chômeuse a contacté en toute transparence, en annonçant clairement qui elle était et la façon dont elle commençait à diversifier ses activités de chômeuse.

Ton amie chômeuse aurait adoré pouvoir raconter que sa cliente et TheGreatGatsby convolent grâce à elle, mais non. Je n’ai reçu qu’une réponse sur les trois messages envoyés, et je ne crois pas que l’échange d’anneaux soit à l’ordre du jour, même s’il y a eu échange de mails (mais bien sûr cela ne nous regarde pas). Je lance donc ici un dernier appel pour le compte de ma cliente, une jeune femme qui me ressemble beaucoup et qui est donc parfaitement baisable charmante. J’attends vos candidatures, et si ça marche, j’ouvre une page « Mon amie entremetteuse ». Chiche.

Liens et infos utiles :

Ton amie chômeuse signale l’arrivée d’un blog qui vous propose de tester pour vous les différentes techniques de drague : quatre célibataires dévoués et prêts à se prendre des râteaux à votre place, ça ne se refuse pas. Lien ci-dessous.
Les testeurs de dragues

www.attractiveworld.net
Peinture ci-dessus : Cupidon (1875) de Adolphe-William Bouguereau