Archive pour juin 2010

Ton amie chômeuse a testé l’Absurde Séance

Jeudi 17 juin 2010

kino

KinoPaname + Absurde séance = 48H dans un autre monde
(Requête de Guillaume, absurdien confirmé)

Et dire que j’aurais pu ne jamais savoir ce qui se tramait dans ce cinéma. Ami lecteur, sache que tous les samedis soirs à minuit au Nouveau Latina (Hôtel de Ville), ce n’est pas du Sydney Lumet que tu trouveras, mais plutôt des films que tu croyais ne jamais voir en salle (parce que trop nuls, trop gores, trop mal doublés, trop n’importe quoi). Donc si tu en as ras-le-bonbon des soirées picole au bar du coin, sache que tu peux venir faire des blagues à haute voix devant un film surréaliste, et entouré de spectateurs qui ne le sont pas moins (ce sont des « absurdiens »).

Dans la série « mais comment n’en ai-je pas entendu parler plus tôt », il existe également une association appelée KinoPaname qui propose à des amateurs éclairés ou à des professionnels joviaux de réaliser des courts-métrages en 48H chrono. Ton amie chômeuse a assisté en direct à la rencontre entre l’Absurde Séance et KinoPaname, et elle peut te dire que c’est quelque chose.

Un seul regard au groupe amassé devant le Nouveau Latina suffit à comprendre que 1- tu es arrivé 2- tu fais incursion dans un monde parallèle. Là-bas, les cheveux sont roses ou violets, les ongles bleus, les tee-shirts collectors et les Doc Martens… existent encore.

Ton amie chômeuse a fait la connaissance d’un réalisateur autrichien qui lui a parlé de saucisses, autant dire que dans tout autre contexte j’aurais changé de trottoir. À peine le temps de réfléchir aux mérites comparés de Morteau et de Francfort, nous avons été invités à monter en salle de réunion.

Deux porte-paroles de L’Absurde Séance et de KinoPaname rappellent les règles du jeu : dans la salle se trouvent des réalisateurs, des comédiens, des cadreurs, des monteurs, des maquilleurs, bref, tout ce qu’il faut pour faire un film. Ils ont 48H pour constituer leurs équipes, tourner et monter un film de genre (ninjas, zombies, vampires, enfants maléfiques, teen movie… la liste de l’absurde est infinie) qui sera diffusé le samedi à minuit au Nouveau Latina.

Chacun s’est donc présenté (« Je m’appelle Claude, je suis comédien, j’ai toujours rêvé d’incarner un tueur sadique, je possède une cape de 6 mètres de long, si ça peut servir à quelqu’un… » « Je cherche quelqu’un capable de se battre contres des aspirateurs qui auraient pris le pouvoir… ») et ton amie chômeuse avoue qu’elle doutait franchement qu’un quelconque film puisse sortir de ces discussions très drôles mais parfaitement délirantes.

À la suite du briefing, les nerds se sont dispersés dans la capitale. Ton amie chômeuse les a donc retrouvés 48H plus tard au Nouveau Latina, extenués mais excités comme des puces. Incroyable mais vrai : pas moins d’une vingtaine de courts-métrages ont été diffusés ce soir-là. Des aspirateurs se sont pris des branlées, des zombies ont expliqué leur métier, des autrichiens ont proposé une candidature porno-pas-chic pour le prochain Eurovision (d’où les saucisses… ton amie chômeuse s’est félicitée d’avoir pris la poudre d’escampette) et vraiment, on s’est bien marrés !

Avis à tous les passionnés de cinéma : ces deux associations valent vraiment le détour.

Liens utiles :
L’Absurde Séance
Kinopaname

Nouveau Latina
20 rue du Temple
75004 Paris

Ton amie chômeuse a passé le week-end à Rome

Mardi 15 juin 2010

rome_trevi_1

(Requête d’Etienne, sur les traces d’Etienne Daho)

L’intérêt d’avoir fait des études, ce n’est pas d’accéder à un super poste, non non, c’est de s’être fait des amis qui ont accédé à des supers postes. Et notamment d’avoir eu la présence d’esprit, à une époque où je ne savais pas encore que je voulais être chômeuse, de parier sur le meilleur cheval : E.

Mon ami E. travaille au Parlement Européen ; c’est un passionné, le genre de type qui regarde les étiquettes des aliments pour vérifier que les informations nutritionnelles sont bien aux normes. Comme il se plaignait de la récurrence de ses voyages d’affaires, mon ami E. a eu une illumination : « Tu ne veux pas venir avec moi à Rome ? Tu squatteras ma chambre d’hôtel ? ».

Ton amie chômeuse, tu la connais, est toujours prête à rendre service. En cherchant bien (je n’ai que ça à foutre) et en étant prête à partir à des horaires idiots (même raison), j’ai trouvé un billet d’avion au prix de deux cours de Pilates. Ni une ni deux, je me suis envolée à la rescousse de mon ami travailleur esseulé.

Je dois admettre qu’en sortant du métro, ton amie chômeuse a eu un choc. Les petites bicoques, ça n’intéresse pas tellement les romains. Ils sont plutôt du genre monumental, 768 marches pour accéder à la moindre église, 15 tonnes de pierre pour la plus petite colonne et l’équivalent de 7 piscines pour remplir la moindre fontaine.

Je n’imaginais pas du tout la fontaine de Trevi à cette échelle-là, et surtout, je me l’étais figurée sans les centaines de touristes qui se prennent en photo en train de vider leur porte-monnaie dans le bassin (ton amie chômeuse n’y a pas jeté un centime, on ne la prend pas à ce jeu-là).

Il faisait un temps magnifique, la terrasse de l’hôtel donnait directement sur les jardins de la Villa Borghese, le personnel m’a prise pour une call-girl de passage et n’a pas inquiété mon ami E. lorsqu’il a piqué une dizaine de volkornbrot à mon intention (on ne peut pas rêver meilleur petit-déjeuner que le volkornbrot, quelle merveille que le tourisme de masse qui fait qu’on en trouve même sur les tables italiennes !) : un week-end idéal de squatteuse.

À quand les résidences à la Villa Médicis pour les amis chômeurs ?

Ton amie chômeuse a testé la manucure à domicile

Mercredi 2 juin 2010

ongles

(Volet 1 de la requête de Gingergirl, je n’ai pas dit mon dernier mot)

Quand ton amie chômeuse a commencé à recevoir les mails préparatoires à l’EVJF de son amie A. (oui ami lecteur, « enterrement de vie de jeune fille », c’est complètement ringard, les pros utilisent désormais un acronyme, c’est comme ça), et que la conversation a commencé à s’orienter vers les traditionnelles manucure-pédicure, ni une ni deux, j’ai pensé à la requête de Gingergirl. Il s’agissait de confier à de gentils petits poissons amateurs de peaux mortes (chacun ses goûts) le soin de raboter nos pied-bots d’après l’hiver afin de leur donner une chance de rentrer dans les espadrilles estivales.

C’est avec beaucoup de regret que j’annonce à la femme-gingembre que sa requête a été accueillie avec un dédain souverain. Pour autant, je ne renonce pas à cette chance d’entrer en communion avec mes amies les baleines qui savent bien, elles, le plaisir qu’il y a à se faire grignoter les détritus par de plus petits que soi. Mais pour l’heure, j’ai dû me plier à la volonté générale, et faire l’expérience de la manucure à domicile (effectuée par des humains).

L’esthéticienne arrive avec tout son matériel, et notamment une « balnéo pour les pieds » qui m’a rappelé la piscine de Barbie de mon enfance (ton amie chômeuse était fille unique/gâtée ). Évidemment, c’est la future mariée qui passe en premier, c’est la loi de l’EVJF, on n’avait qu’à se marier nous aussi. Chose appréciable, même s’il y aurait de quoi dire, l’esthéticienne ne fait aucune remarque sur l’état des pieds (alors que les coiffeurs ne se gênent pas pour s’écrier « Olalalala… Vous avez les cheveux cassants… Et fins en plus ! (Je sais ordure) Je vous fais un soin » et bim, 9 euros de plus sur le ticket).

Attention néanmoins à ne jamais oublier que l’esthéticienne, si discrète soit-elle, n’est en aucun cas un poisson : elle est au taf, elle s’emmerde un peu, donc elle écoute les poulettes jacasser. Quand l’une d’elle raconte une expérience sexuelle un peu cocasse, elle rigole, comme les autres, sauf que les autres n’ont pas de petite tenaille très coupante entre les mains. Mon amie A. a bien failli ne plus jamais avoir à se préoccuper de son ongle de petit orteil, ni du petit orteil lui-même, c’était moins une.

Ton amie chômeuse a l’habitude de se faire les ongles elle-même, tu t’en doutes, et sa technique consiste à badigeonner le bout des doigts, attendre que ça sèche, et gratter ce qui dépasse sous un filet d’eau chaude. Jusqu’à maintenant, je jugeais le résultat parfaitement honnête.

Mais aujourd’hui, je regarde mes doigts sur le clavier et je me rends compte que comme internet et Internet chez Orange, il y a ongles faits et Ongles Faits. C’est tellement nickel qu’on dirait qu’elle a utilisé un pochoir (alors que non, j’étais là). Le plus beau, c’est que même l’homme en a été estomaqué, au point que l’argument que j’ai avancé hier sans y croire « je ne peux pas faire la vaisselle cette semaine : regarde ! » est passé comme une lettre à la poste.

Après Moulinex et la Moon Cup, l’esthéticienne libère la femme.

Lien et info utiles :

www.beautyhome.fr

Ton amie chômeuse s’excuse pour cette illustration pseudo-beauté un peu merdique, mais quand j’ai vu ces trois lettres rutilantes, je n’ai pas pu résister.