Archive pour septembre 2010

Ton amie chômeuse a testé la coiffeuse psychopathe

Mardi 7 septembre 2010

Attention, billet estampillé « pétasse ». Ami lecteur de sexe masculin, passe ton chemin ou fais preuve d’ouverture d’esprit, au choix.

coiffeusesignee

Affligée d’une couleur de cheveux châtain-bof qui m’a conduit à des excès répétés pendant l’adolescence (« J’m'en fous j’les teins en bleu. Si. »), ton amie chômeuse a été confrontée très jeune à cette espèce étrange et dangereuse que l’on nomme « coiffeurs ».

Ma vie capillaire est une tragédie : à chaque fois que je m’attache à une coiffeuse, que j’ai l’impression qu’elle me comprend enfin, elle change de salon et part sans laisser d’adresse, m’abandonnant à un(e) collègue qui prétend savoir ce que je veux alors que c’est FAUX.

C’est ainsi qu’une fois encore, je me suis retrouvée coincée contre ma volonté entre les mains d’une nouvelle, une dame mal coiffée qui n’inspirait pas confiance. Au cours de ma vie de pétasse, j’ai eu beaucoup d’anecdotes pénibles à raconter à mes amies en sortant de chez le coiffeur, mais je ne m’explique toujours pas ce qui s’est passé cette fois-là, c’était surréaliste.

Une cliente assise à côté de moi essuie une réflexion terrible : à la fin de son brushing, un coiffeur mâle (les pires) dit en passant qu’elle lui fait penser à Patrick Juvet. La cliente accuse le coup, je fais mine de ne pas avoir entendu pour ne pas la mettre plus mal à l’aise encore. La coiffeuse qui s’occupe de moi décide de prendre la défense de Patrick Juvet qu’elle qualifie d’« homme charmant ». Je vois bien qu’elle brûle d’envie que je lui demande comment elle connaît Patrick Juvet, je n’en fais rien bien entendu, car je m’en fous complètement.

Mais c’est trop tard. La voilà partie dans une véritable dithyrambe, s’extasiant sur les qualités humaines de l’homme brushé, louant sa simplicité et sa gentillesse. Je jure que je n’ai rien fait qui ait pu relancer son monologue, je n’ai pas hoché la tête ni haussé les sourcils, pas un « ah bon » de politesse n’est sorti de ma bouche, rien.

Comment est-elle passée de Patrick Juvet à Véronique Jeannot, je ne sais pas, elle devait se remémorer toutes les célébrités qui lui avaient confié leur tête au siècle dernier. Toujours est-il que Véronique Jannot inspirait à ma coiffeuse des sentiments beaucoup moins positifs que l’ami Patrick, et qu’elle s’est mise à pester contre elle de façon virulente, « celle-là si je l’avais face à moi, ah ça, si je la croisais dans la rue, je peux vous dire qu’elle se souviendrait de moi… ».

Toujours sans un mot de relance de ma part, la coiffeuse s’énerve de plus en plus, elle marmonne des menaces et des « et ça se dit bouddhiste… Ordure ! » et des plaques rouges commencent à apparaître sur son cou. Ses coups de ciseaux se font de plus en plus spasmodiques, je commence à flipper et lui suggère d’arrêter d’y penser.

Elle continue à marmonner, on dirait qu’elle est possédée. Je tente le tout pour le tout avec un innocent : « Et Patrick Juvet alors, comment l’avez-vous rencontré ? ». Mais elle n’est pas dupe, et il semble que des souvenirs terribles avec Véronique Jannot continuent à refaire surface, jusqu’à ce que, tiens-toi bien ami lecteur, elle lâche ses ciseaux et quitte le salon comme une furie en disant qu’elle a besoin de prendre l’air.

Ton amie chômeuse en est restée clouée à son siège.

Si quelqu’un a une bonne adresse de coiffeurs ne souffrant pas de traumatisme lié à des stars has been, ton amie chômeuse est preneuse.

Ton amie chômeuse a testé la Terrasse Petit Bain

Dimanche 5 septembre 2010

petitbain

Terrasse Petit Bain, en face de la piscine Joséphine Baker, 75013 Paris, Métro Bibliothèque François Mitterrand
(Requête de Delphine)

On a eu peur dis-donc, on a cru qu’on n’aurait pas vraiment d’été et qu’il faudrait retourner au turbin (enfin, surtout toi ami lecteur, parce que ton amie chômeuse ne va nulle part) sans avoir eu le plaisir de traîner sur une terrasse ensoleillée. Heureusement, nous sommes début septembre, il fait beau, et peut-être que ça va durer au moins deux jours, ce qui serait dingue, les Islandais et les Suédois seraient verts de jalousie.

Ton amie chômeuse, qui n’a pas attendu le beau temps pour faire des trucs de glandue, a testé la terrasse Petit Bain, sur les quais de la Seine. En face de la piscine Joséphine Baker (que ton amie chômeuse était censée tester aussi, mais à l’époque, Djizeuss il faisait trop froid pour imaginer y glisser un orteil), une terrasse éphémère s’est installée pour proposer à boire, à manger, et même plus puisqu’on peut aussi assister à des concerts, participer à des bals et même à des ateliers cuisine.

On s’étale donc dans un transat, face à la mer (un peu d’imagination merde), entouré de plantes aquatiques qui poussent dans les baignoires disposées autour de la terrasse. On commande un mojito (on demande une 2ème dose d’alcool parce qu’on a l’impression que la 1ère est passée à la trappe malgré ce que prétend la serveuse), et on y est.

Le jour où je suis allée faire l’expérience Petit Bain, on y proposait un atelier de cuisine. Houmous à la fleur de lotus, rien que ça, ton amie chômeuse s’est dit qu’elle aurait trop la classe lors de son prochain dîner chez elle (prévu d’ici quinze ans). Grâce à la prof Camille, j’ai appris que les carottes peuvent être blanches (si), qu’on peut se soigner au sirop de radis noir, et qu’il existe sur cette terre un légume appelé le panais (je te jure).

Prochain événement Petit Bain : une soirée tango le 25 septembre (flyer en illustration). Et le mojito devant la mer, c’est tous les jours.

Lien utile :
Le site

Ton amie chômeuse aide à retaper une maison

Mercredi 1 septembre 2010

travaux

Ton amie chômeuse aimerait bien être du genre à dire « Cette table ? C’est moi qui l’ai faite, j’ai récupéré des vieux cageots dans une benne, j’ai poncé, sculpté les pieds vite fait et collé des coquillages précieux ramassés à l’Île Maurice, c’est trois fois rien ! ». Mais non. Je ne suis pas très forte en travaux pratiques. Même mon fauteuil en tissu La Poste, je l’ai acheté tout fait (pas cher, mais quand même).

Il n’empêche, j’aime bien l’esprit « do it yourself » et je veux bien mettre ma bonne volonté au service de ceux qui sont créatifs, pour peu qu’ils veuillent bien me dire quoi faire (et comment). Ce week-end, il s’agissait de retaper une maison : trop sympa, on aurait des bandanas dans les cheveux, on ferait des blagues avec la peinture, on aurait des jeans troués et on jouerait avec des escabeaux, ton amie chômeuse était à fond.

Très vite cependant, on s’est agacé de la lenteur avec laquelle je lessivais la cuisine. J’ai été envoyée dans une autre pièce où on m’a confié la tâche de badigeonner les murs de produit « décolle-papier-peint », qui s’est avéré aussi un excellent « décolle-la-peau-des-mains » (il n’y avait pas de gants) (je précise parce que je sens qu’on va me le dire).

Tant qu’il s’agissait des murs, pas de problème ; c’est quand il a fallu s’attaquer au plafond que ton amie chômeuse a abondamment pesté contre les lois de la gravité (nous saurons dans quelques jours si le produit a également des propriétés « décolle-rétine »). Je m’en suis foutu partout, mais je n’ai rien dit, de peur qu’on me retire la mission.

Ensuite, comme j’avais bien travaillé, j’ai eu le droit de jouer avec la ponceuse électrique. Après une quinte de toux la plus discrète possible (toujours pour les mêmes raisons), je me suis fabriquée un masque à l’efficacité bof, et j’ai fait tomber la ponceuse (deux fois) parce que j’avais des crampes, mais en sortant, j’avais une classe folle, recouverte de poussière blanche, comme une vraie fille de chantier.

Encouragée par mon nouveau look, j’ai proposé de mettre de l’enduit (mot appris récemment) dans la fissure de la douche. Bon.  Il paraît que ce n’est pas étanche. On s’est bien foutu de ma gueule et on m’a gentiment poussée dans la cuisine pour que j’aille préparer le dîner. Pff. Un jour je ferai une table avec des excréments d’oiseau séchés, et je la ferai toute seule.