Archive pour octobre 2010

Ton amie chômeuse a fait la queue pour rien

Mercredi 6 octobre 2010

queue22

(Requête de mon alcoolisme rampant)

Toujours dans l’idée de boire du champagne gratos, ton amie chômeuse a récupéré un carton (auprès de quelqu’un qui avait autre chose à foutre) pour aller dans une soirée parisienne estampillée « cool ».

Quand on a un carton, on se sent un peu le roi du pétrole. On s’attend à ce que les gens vous donnent du « bonsoir madame » en ouvrant grand les portes de la salle. Erreur de débutant. En fait, le carton donne le droit d’aller se battre avec les 500 autres blaireaux qui comptent bien faire valoir leur privilège chèrement acquis et qui sont en train de faire la queue depuis déjà une heure quand vous débarquez fraiche comme une rose vêtue d’une robe de princesse.

Bien. Ton amie chômeuse s’est donc mise à la file comme les autres, espérant que le crachin n’allait pas la faire frisotter, manquerait plus que ça. Ami lecteur, crois-le ou non, j’ai piétiné pendant plus d’une heure avant d’arriver devant la porte d’entrée. Heureusement, je n’étais pas seule, j’avais entraîné mon amie C. dans ma galère (lui faisant miroiter paillettes et délicieuses bouchées à la reine). Mais après le rapport exhaustif de nos vacances respectives, nous avons commencé à nous impatienter. Ton amie chômeuse, carton levé, est allée réclamer des explications. C’est alors qu’on est venu nous annoncer, à nous et à nos camarades hipsters (tous solidaires pour l’occasion), que la salle était complète, et qu’il nous faudrait attendre que les autres veuillent bien sortir pour espérer entrer à notre tour.

Je crois pouvoir affirmer que nous nous sommes alors trouvés, mes camarades et moi, dans la situation dite de « l’attente du bus ». C’est à dire que vu le temps que nous avions déjà passé dans la queue, il aurait été humiliant de rebrousser chemin sans avoir pu remettre notre putain de carton au type de l’entrée. D’autant que nous prenions le risque de voir le bus arriver / les gens rentrer au moment même où nous quittions l’abribus / la queue. Et chacun sait qu’il n’y a rien de plus frustrant que de voir le bus arriver deux minutes à peine après le renoncement ; on est souvent contraint, pour ne pas perdre la face, de dire à la cantonnade « non mais finalement je préfère marcher » (alors que bien sûr, les passants n’en ont rien à cirer).

Dans le même temps, chaque minute supplémentaire passée sous l’abribus / dans la queue est un affront à notre condition de femme/d’homme respectable et respecté(e) qui a autre chose à foutre dans la vie que de poireauter (ex : regarder MadMen, classer ses tee-shirts par couleurs, enfin plein de trucs quoi). Il faut donc prendre une décision, et la prendre rapidement : soit on décide de rester, et on accepte les conséquences de ce choix même si cela implique de dormir ici même, il est hors de question de décider de rester et de craquer dans 20 minutes, ce serait vraiment l’échec le plus total. Ou alors, on décide de partir, la tête haute, et SANS JAMAIS se retourner, de sorte qu’on pourra vivre avec l’idée réconfortante que tous ces crétins ont dû attendre des heures que le bus arrive / que les portes s’ouvrent, alors que nous, on n’aura pas mangé de ce pain-là, non mais oh.

Une discussion animée au sujet de « l’attente du bus » nous a donné l’occasion de rencontrer nos voisins de queue et d’échanger pronostics et anecdotes avec eux. Mais ton amie chômeuse ne s’est pas laissée détourner pour autant de la vraie question à laquelle il fallait répondre au plus vite : partir ou rester ? C., qui est vraiment une fille moins prise de tête que ton amie chômeuse, a tranché d’un « ouais viens on se casse, on va se faire une pizza » qui m’en a bouché un coin (tant de sagesse…).

Conformément à la règle, nous avons salué nos camarades fashion mais ne nous sommes pas retournées. La morale, c’est que ton amie chômeuse n’est vraiment pas faite pour la hype et ses dilemmes cornéliens ; je laisse tomber les soirées cool, pour me consacrer à la vraie vie (le classement des tee-shirts par couleurs).

Ton amie chômeuse est allée inaugurer un hôtel

Dimanche 3 octobre 2010

hotel2(Requête de M. le fashion)

Ton amie chômeuse a décidé de reprendre ses bonnes vieilles habitudes et d’aller taper l’incruste dans les endroits où on sert du champagne gratos. Outre les très classiques vernissages d’exposition, les inaugurations constituent aussi d’excellentes occasions de jouer à la personne importante et d’enquiller quelques coupes avant d’aller moisir devant MadMen.

Alors là ami lecteur, c’était pour ainsi dire le pompon de la soirée fashion-branchouille-n’importe quoi ; il s’agissait de l’ouverture d’un hôtel dans le 5ème arrondissement de Paris. Ton amie chômeuse s’est demandée s’il n’y avait pas un filtre de taille à l’entrée, comme dans certaines attractions à Disneyland, tant les gens étaient grands (et minces). Après examen plus approfondi, la plupart des femmes trichait à coups de talons de 12 de chez Louboutin ou de coiffures rocambolesques. Ton amie chômeuse, en Converse et cheveux plats, a néanmoins été acceptée sans problème (on a dû me prendre pour la petite sœur de quelqu’un).

Nous avons été invités à monter dans les étages pour visiter les « suites », chacune d’entre elles étant décorée par un jeune-designer-talentueux-plein-d’avenir. En revanche et pour jouir de ce privilège (auquel ton amie chômeuse a essayé de se soustraire, sans succès), nous étions tenus de porter des charlottes aux pieds, comme à l’hôpital. Le look de ton amie chômeuse (déjà limite) en a pris un sacré coup sur la patate, mais comme tout le monde avait l’air de trouver la démarche à la fois ludique et justifiée, je n’ai rien dit.

Ami lecteur, si tu as vu le film Enter the Void, tu sais à quoi ressemble un « Love Hotel » tokyoïte. Chaque chambre y est thématisée : ici on trouve des crochets fixés au plafond, bien pratiques pour une petite séance de « tiens, prends ça dans ta gueule », là on se voit sous toutes les coutures grâce aux miroirs disposé sur les murs. Partout, l’objectif clairement affiché est l’amour, pour une nuit ou pour la vie, mais surtout pour une nuit. Cet hôtel parisien en a importé le concept en ajoutant la dose de snobisme qui sied à la capitale française.

Ainsi la chambre “Alice aux pays des merveilles” permet d’exprimer gaiement ses fantasmes pédophiles, mais dans un lit  à 10 000 euros, s’il vous plait. La chambre James Bond autorise enfin les kékés dans l’âme à assouvir leur rêve en dormant dans un décor inspiré de leur héro. Et enfin, pour le plus grand bonheur de nos amis scatophiles : on peut enfin déféquer sans se départir de sa classe et en passant un bon moment avec son compagnon grâce aux double-chiottes « joueurs d’échec » (je voulais mettre une photo -car j’en ai prise une- mais ça fait merdouiller la page d’accueil du site… Je l’enverrai donc sur demande !).

Ton amie chômeuse, consternée, est redescendue fissa par l’escalier (ce qui n’est pas sans danger pour qui porte des charlottes aux pieds), ignorant l’argument selon lequel il faudrait voir tout ça comme un terrain d’expérimentation pour le design du futur. Oui, oui, certainement. Une petite coupe de champagne histoire de se remettre du baume au cœur, et zou, retour dans mon appart rétrograde.

Ton amie chômeuse a un nouvel ami (qui sait dessiner)

Vendredi 1 octobre 2010

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Ami lecteur, tu t’es sans doute aperçu que les illustrations sur le site de ton amie chômeuse ne sont plus des images honteusement volées sur Google. Sinon, ouvre tes mirettes bon Dieu, et si oui, je te présente : ERWAN, mon ami dessinateur !

Dorénavant, j’ai la joie et l’honneur d’être une chômeuse qui (en plus d’être une glandue) exploite son prochain en le faisant bosser pour pas un rond. Et, incroyable mais vrai, l’opprimé en question n’a pas l’air de m’en tenir rigueur (le syndrome de Stockholm certainement) (je lui fournis café et RedBull, je ne suis pas un monstre non plus).

Voilà pas mal de vendredi soirs que mon ami dessinateur et moi-même nous réunissons très sérieusement autour d’une table, avec des stabylos de couleurs et des lunettes, comme des vrais gens qui travaillent. C’est parfois un peu fastidieux, surtout quand Erwan me pose une colle du type : « vas-y, montre-moi comment tu imagines MAC » en me glissant un stylo entre les mains.

C’est marrant comme les gens pour qui le crayon est une extension naturelle de la main supposent que tout le monde peut s’exprimer aussi facilement qu’eux avec cet outil. Comme ton amie chômeuse est une bonne élève, elle a bossé vingt bonnes minutes avant de rendre sa copie.

« - Mais tu te débrouilles pas mal ma parole…
- (Fierté)
- Donc c’est comme ça que tu imagines le personnage ?
- … ».

Non, évidemment. J’avais juste cherché à faire un joli dessin qu’on aurait pu accrocher sur le frigo comme au bon vieux temps, mais je n’avais pas la plus petite idée de la manière dont il fallait représenter MAC.

Je n’ai donc été d’aucune utilité à Erwan, et c’est bien à lui que revient tout le mérite de ces dessins qui me plaisent tant (je trouve même que la coupe de cheveux de MAC dessinée est plus réussie que l’original, la faute à la coiffeuse psychopathe).