Archive pour mai 2011

Ton ami intermittent est allé au Manoir de Paris

Dimanche 29 mai 2011

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Oyez, 2ème billet de l’ami intermittent, qui exécute ici une requête maintes fois formulée depuis quelques semaines par les clients de MAC. Mon ami intermittent, qui contrairement à moi-même, n’est pas une couille molle, s’est lancé. Qu’il soit remercié de son audace et de sa témérité.

Voici donc son récit !

Découvrez les légendes sombres qui vous attendent au Manoir de Paris… Suivez le parcours unique et effrayant. Vous serez hantés par ses mystères… Explorez la grotte du fantôme de l’Opéra. Laissez-vous tenter par la tourte du boulanger sanglant. Échappez au couteau du tueur à gages des Médicis ! Muhahahaha !

Dans une ancienne manufacture de faïence pour mosaïque, un américain à eu l’idée géniale d’ouvrir ce “musée de l’horreur”. Il s’agit de 13 pièces à visiter reprenant les légendes urbaines parisiennes. Mais ce n’est pas une simple visite !!
Interdit au moins de 10 ans (et bientôt relevé à 12), des comédiens déguisés et superbement maquillés s’amuseront à vous faire peur, en vous sautant dessus, en vous bloquant contre un mur, en faisant semblant de vous mordre, etc. Bien entendu, il leur est totalement interdit de vous toucher !

Attention, âmes sensible, s’abstenir, au risque de faire pipi dans sa culotte !

Ton ami intermittent est grand fan de film d’horreur et de genre. Naturellement, depuis j’ai entendu parler du Manoir de Paris, je trépigne d’impatience d’aller y jeter un œil. Avec 4 amis, eux aussi amateurs d’horreur (et donc habitués), nous prîmes donc notre courage à deux mains et nous rendîmes au temple de la peur.

L’arrivée dans ce magnifique lieu de la rue du Paradis laisse bouche bée. L’endroit est classé et l’architecture fait vraiment penser à un manoir en plein Paris. Aussitôt, Archibald (sorte de majordome au visage déchiqueté) nous accueille dans la rue en tentant de nous mordre. “Euh… Prenez un chewing gum Archibald”.

C’est alors que la pression monte. S’enfonçant dans l’allée en nous dirigeant vers la billetterie, nous entendons des cris d’effroi à nous glacer le sang. C’était une future spectatrice faisant la queue, qui venait de se faire sauter dessus par Camille, l’assistant du Comte du manoir, frère jumeau de Damien, le fils du diable (cf The Omen).

Un bref regard vers mes amis me conforte car je vois que la même pensée leur traverse l’esprit : que faisons-nous là ?

Nous achetons nos billets, commençons la lecture de la brochure expliquant les différentes légendes que nous allons croiser au cours de notre aventure, tout en jetant un œil constant par dessus notre épaule, histoire de voir quand Camille et Archibald arrivent dans notre dos.

“Eh les mecs… what happens in le Manoir, stays in le manoir, ok ?”
“Et si on mettait la fille devant ? C’est toujours vers la fille qu’ils vont aller non ?”
“AAAaah !!! Ah non mais t’es con, j’ai cru que c’était Archibald”

L’attente fut un mélange de peur et de franche rigolade… Mais quand le mec de l’accueil nous ouvre la porte du parcours en criant “Viande fraiche !” nos cœurs se sont arrêtés de battre quelques secondes…

Pénétrant dans le parcours en poussant la fille devant nous, tout en prenant le temps de nous habituer à l’obscurité, un squelette nous saute dessus pour nous raconter l’histoire de Philibert Aspairt, perdu dans les catacombes qui finit par se manger la main… Miam !

De pièce en pièce, de légendes en légendes, de peurs en peurs, nous avançons doucement, prenant le soin de scruter chaque recoin de décors à l’affût du comédien qui nous sautera dessus.

Je ne vais pas vous en raconter plus, il ne faut pas gâcher la surprise. Je dirais simplement que si vous voulez rigoler, allez y en groupe. Si vous voulez vous faire peur, allez y à deux. Quoiqu’il en soit, jouez le jeu !! Discutez avec les comédiens plutôt que de partir en courant dans l’autre salle. Admirez les décors et le jeu de lumière. Prenez le temps de vous faire peur !

Mais à la fin du parcours, malgré quelques frayeurs et quelques fous rires (oui, les films d’horreur font rire ton ami intermittent plutôt que crier), nous avons malgré tout eu le sentiment qu’ils auraient pu/du aller plus loin. Pourquoi ne pas nous mettre un bleu de travail et voir ce zombie nous vomir dessus ? Pourquoi ne pas nous faire ramper d’une pièce à l’autre par un petit trou pour exacerber la claustrophobie ? Pourquoi ne pas voir une tête se faire décapiter dans cette guillotine ?

En discutant, nous avons pu obtenir quelques informations.

Apparemment, les législations françaises (interdiction au mineur, accessibilité aux handicapés, etc) et le classement monument historique du lieu ont mis des bâtons dans les roues à notre entrepreneur américain. Le concept du manoir existe déjà en Angleterre et aux USA. Celui des USA est interdit au moins de 18 ans et il est en effet beaucoup plus gore et plus claustrophobique. Et il fonctionne du tonnerre puisqu’il récolte quelques millions de dollars de bénéfice avec une ouverture saisonnière. Dommage… Cela explique peut-être aussi pourquoi les films de genre français sont rarement de qualité ?

Mais bon, ton ami intermittent a malgré tout bien rigolé et passé une super soirée ! Les trouillards et les courageux auront tout de même des émotions fortes, et au pire, vous vous amuserez comme des gamins. J’y retournerai donc avec plaisir, surtout lorsque le second étage sera ouvert…

Infos : http://lemanoirdeparis.fr
Prix : 20€ (oui c’est cher ! Mais dites vous que vous allez voir un spectacle avec des comédiens et non un musée)
Ouverture : Vendredi - Samedi - Dimanche de 15h à 20h (mais restez alerte pour les ouvertures événementielles en nocturne)
Adresse : 18 rue du Paradis - 75010

Ton amie instit’ balance les perles de ses élèves

Lundi 9 mai 2011

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Billet d’invité(e)

Ami lecteur, voici donc le billet de mon amie M., institutrice de son état et presque glandue par nature. J’aime tellement ses “status” sur Facebook que je lui ai proposé de nous en faire un florilège. (Perso, je rêve toujours de faire une balayette laser à quelqu’un depuis que je sais que ça existe.)

….

Je suis professeur des écoles et n’appartient donc ni à la catégorie « chômeur », ni à celle « d’intermittent » MAIS j’ai environ 15 semaines de vacances par an et touche un maigre salaire… Ma présence sur le blog de MAC n’est donc pas complètement saugrenue!

J’enseigne dans le 19e depuis 3 ans avec des classes de CM1/CM2, mes élèves ont donc à peu près 9/10 ans…

Les enfants sont comme vous et moi, mais en plus petits.

Ils se posent des questions existentielles :
« Maîtresse, moi je ne comprends pas pourquoi ma grande soeur se maquille, se parfume, se fait belle….tout ça pour rester à la maison…? »

Ils essaient de gérer leurs conflits :
« Ben ouais maîtresse, je l’ai péfra parce que lui m’avait péfra avant. Dans ma maison, c’est ça la règle: tu me péfra, j’te péfra! »

Ils apprennent à communiquer :
« Elle pleure parce qu’elle était sur notre terrain de foot alors je l’ai poussée, je l’ai insultée et après je lui ai fait une balayette laser »

Ils tentent de sauver notre planète :
« Maîtresse, hier avec mes copines on a crée une association et on a fait plein d’affiches et aussi on vous a fait un badge « SOS PD! »…ca veut dire « Au secours Planète en Danger »! »

Ils se font mal :
« Aie maîtresse!! Je me suis enfoncée ma pointe de compas dans l’oreille, ca fait mal !!!! »

Ils cherchent des informations sur internet et sont parfois surpris des résultats :
« Maîtresse, pour notre exposé sur l’évolution des moyens de transport, on a tapé « ticket de métro » sur google images et ben….heu..hihihihi…en fait, on a pas trouvé des tickets de métro…hihihi »

Ils s’efforcent de trouver des solutions pour se simplifier la vie :
« Maîtresse, quand je lis la mythologie grecque, le prénoms sont trop durs alors je les change dans ma tête. Par exemple, Agamemnon, je l’appelle Jean-Pierre ! »

Parfois, ils pensent avoir compris alors qu’en fait ce n’est pas le cas :
« Maîtresse, avant on utilisait « point » à la place de « pas », c’est ça ?
Alors, pour dire « papa », avant on disait « pointpoint »?
»

Ils commettent des erreurs :
« Ben, je suis entré dans la classe pendant la récréation, j’ai pris la boite avec l’argent dedans, je l’ai cachée et après on s’est partagé tout ce qu’il y avait dedans…. mais maintenant j’ai plus les 250 euros… j’ai tout dépensé… j’ai acheté des vêtements. »

Ils ne maîtrisent pas certaines expressions de la langue française :
« Les enfants, vos parents seront les invités de marque de notre petite exposition photo »
« Maîtresse, c’est qui Marc ?
»


Voilà en quelques lignes un aperçu de mon quotidien d’instit !
Et je terminerai en reprenant les paroles de feu Jacques Martin: « les enfants sont formidables ! ».