Ton amie chômeuse ouvre ses pages aux amis chômeurs

24 mars 2011

public1

(Requête d’Audrey)

OYEZ OYEZ amis lecteurs, ton amie chômeuse forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple etc. etc. et ouvre ses pages à d’autres amis chômeurs avides d’offrir un peu de leur temps libre à la population vivant encore sous le joug du travail !

L’idée m’a été soufflée par une lectrice, Audrey, dépitée de me voir délaisser le blog. Louée soit-elle. Le principe est simple : puisque je suis au chômage du chômage, puisque je n’ai plus le temps de soulager mes camarades travailleurs de leur propre déficit de temps, j’en appelle aujourd’hui à mes (autres) camarades chômeurs.

Quiconque aurait envie de “devenir érudit(e)”, de “devenir un(e) ascète” ou de “tenter de nouvelles expériences” peut désormais m’envoyer des propositions de billets qui seront potentiellement publiés sous son nom (évidemment) dans l’une des trois rubriques.

Le texte doit correspondre à la charte Mon amie chômeuse (consultable nulle part car n’existant que dans ma tête). C’est à dire qu’il doit répondre à une requête d’un travailleur (trouvée dans la rubrique “Poster une requête” ou non, je ne suis pas bégueule) et pouvoir être classé dans l’une des trois catégories (érudition, ascèse, ou expérience) (tu suis, ami lecteur ?).

Je me réserve le droit d’être une despote et de ne choisir les billets qui me plaisent, comme une grosse enfoirée (ben oui maintenant que je travaille…). Et bien sûr, il faut que l’auteur du billet soit au chômage, cela va sans dire. Et bien sûr, je vais continuer à écrire mes propres billets, bien que je ne sois plus au chômage (mais comme c’est mon blog je fais ce que je veux, HA).

C’est donc avec une joie non dissimulée que je vous copie-colle le billet de l’amie chômeuse Audrey.

Audrey a 25 ans, elle habite Amiens et est au chômage depuis septembre 2010. Si elle devait travailler, Dieu l’en garde, elle aimerait faire de l’humanitaire, comme elle l’a déjà fait en partant trois mois au Niger. Sa requête : assister au tournage d’une émission de télé, côté public.

Ton amie Audrey dans le public d’une émission de télé

Quand je regarde la télé, je me demande toujours pourquoi des gens se déplacent sur les plateaux, alors qu’ils pourraient être peinards chez eux, à regarder l’émission avec une clope et un bon verre de vin ? Qu’est ce qui peut bien les motiver ? Ayant du temps à tuer, je me suis dit, tiens, pourquoi ne pas essayer ? Après quelques recherches sur internet, me voilà inscrite pour une émission diffusée sur la TNT et présentée par Pierre Lescure.

Direction la capitale, pour un rendez vous fixé à 13h30 au Réservoir, une salle de spectacle dans le 11ème arrondissement. Dans la queue : des jeunes, des vieux, des filles, des gens seuls, des groupes et même des belges ! A 14H15, on nous annonce que nous allons être redirigés vers une tente pour ne pas attendre dans le froid.

Nous y sommes accueillis par des hôtesses qui vérifient nos identités (qu’est ce que cela changerait si Nadine prenait la place de Gertrude dans le public ?). Enfin arrivés dans la salle et après distribution de bouteilles d’eau gratos (pour éviter toute forme de déshydratation, étant donné qu’il faisait environ 97°c dans la salle), nous sommes placés de sorte que le public soit mixé, métissé, hétérogène… Image renvoyée à celui qui est derrière sa télé « oui tout le monde peut regarder l’émission, regardez ce merveilleux public, reflet de la société française ! »

A partir de là, notre statut de gens gentils que l’on remercie d’être venus assister à l’émission s’abaisse à celui d’enfants en bas âge à qui l’on demande de taper dans les mains bêtement… Le comble du comble a été de nous demander d’applaudir dans le vent, c’est-à-dire que le chauffeur de salle (devant une scène vide), nous a demandé d’applaudir de différentes manières, de faire de faux rire… Tout ceci est ensuite recollé au montage pour nous faire applaudir ou rire au moment où ils veulent, quand nous, vrai public n’avions pas trouvé bon de le faire.

Se sont succédés ensuite les artistes : Catherine Deneuve (qui demande une retouche maquillage au bout d’une minute d’interview), Raphaël qui colle son chewing-gum sur un poteau de la salle avant de monter sur scène, Philippe Katerine qui a interprété son tube « La banane » en live, moment le plus fun de l’après midi… L’enregistrement s’achève vers 19h.

Bilan : une découverte édifiante des dessous de la télévision (par exemple, on pose des questions à Catherine Deneuve, elle fait mine de chercher la réponse alors que celle-ci est écrite sur son prompteur, et tout le monde la félicite y compris le présentateur, et nous public qui devons faire semblant de la trouver formidablement cultivée). Mais une découverte chère payée : près de 6 heures à crever de chaud, avec interdiction de bouger (crampes et fourmis dans les jambes garanties, et vous ressortez avec le coccyx carré). Bref : un peu l’impression de retrouver ses 13 ans… ou un patron sévère !

Bookmark and Share

Ton amie chômeuse sort du coltard

19 janvier 2011

coltard2_450

(Requête de mon instinct de survie)

Triste constat : ton amie chômeuse est une adulte. Comment expliquer sinon l’effet qu’ont eu les fêtes de fin d’année sur moi ? Il n’y a pas si longtemps, j’étais effarée d’entendre les sarcasmes des grands qui semblaient trouver ces réunions familiales plutôt pénibles et qui râlaient sur la « société de consommation » pour les plus sauvages d’entre eux. Ton amie pas encore chômeuse était authentiquement euphorique à l’idée de bouffer du foie gras, d’appeler sa copine à 00H02 pour comparer ses cadeaux, d’entendre tonton-grosse-voix faire de grosses blagues : sans voir le rapport avec « Jésus » (qui n’était pour moi que le prénom du coiffeur de ma mère), j’adorais Noël.

Cette année, ton amie chômeuse était particulièrement morose pour des raisons que sa pudeur légendaire l’empêche de développer ici. La mélasse que j’avais dans la tête a donné aux festivités une tout autre tonalité : de havre fourmillant de bonheur et d’enfants aux rires clairs, la maison est devenue un cloître exigu et surpeuplé. Impossible de faire un pas sans croiser un vieil homme qui râle (et pète à chaque mouvement brutal), un ado mâle avec un écouteur vissé dans l’oreille comme s’il attendait perpétuellement des consignes de sa régie, ou un quinqua qui déclame de la poésie cheapos. Quand on a découvert que l’ado femelle était infestée de poux, ton amie chômeuse a pris ses clics, ses claques et ses cadeaux pour repartir à la capitale. Et la magie, bordel ?

Pour le Nouvel An, que ton amie chômeuse avait prévu de fêter en chialant dans son lit à partir de 22H, deux âmes charitables m’ont recueillie et traînée au cinéma. Nous avons, bien sûr, débattu pour savoir si le fait d’être dans une salle obscure un 31 décembre faisait de nous des losers. Nos voisins de rangée, rebelles ou infortunés, nous ont lancé quelques blagues moyennes qui nous ont amené à la conclusion que eux, c’étaient des losers, mais pas nous. Le lendemain, mon couple de bienfaiteurs a proposé un début d’année sous le signe de l’érudition. Nous sommes allés à la Conciergerie voir l’exposition sur les monuments de Paris au cinéma. Ton amie chômeuse a tôt fait de perdre ses acolytes, coincée qu’elle est restée devant un extrait de la Belle et la Bête de Cocteau. Angoisse, impression d’avoir de la fièvre, comme quand surgit le très moche derrière le diner dans Mulholland Drive.

Mes sauveteurs ne sont pas des gens qui déconnent : après la Conciergerie, il s’agissait d’aller voir l’expo Arman à Pompidou. Comme la vie est une pute, c’est le moment qu’elle a choisi pour mettre dans la queue du musée l’ex de ton amie chômeuse, le premier garçon qu’elle ait aimé, accompagné de sa copine que je voyais pour la première fois. Ici, il faut faire un zoom arrière sur mon look : je porte un manteau 5 fois trop grand pour moi, qui peut être stylé quand l’ensemble de la silhouette a été savamment réfléchi ; aujourd’hui, je sais bien qu’on dirait que je l’ai trouvé dans une poubelle. Mes cheveux ne sont pas lavés, et ma frange rebique sur le front. Bien entendu, je n’ai pas cherché à masquer mes cernes par du maquillage. Marie-Anne Chazel dans les Visiteurs. Il a fallu mobiliser tout ce que je compte de dignité pour aller les saluer sans pleurer.

Fin d’année 2010 parfaitement merdique, donc, début 2011 pas mieux, et je suis aujourd’hui très heureuse de pouvoir me présenter devant vous la tête haute et (presque) débarrassée de ses brumes hivernales.

Pour finir, il me faut cependant partager une nouvelle que j’ai longtemps hésité à dévoiler : ton amie chômeuse travaille. A plein temps et même plus. Je sais, c’est un peu comme si Oui-Oui se mettait à dire Non-Non, c’est complètement absurde, c’est dénué de sens. MAC j’étais et MAC je reste, je le sens quand j’entends parler en réunion de cette « valeur travail » que je récuse de toutes mes forces. Inutile de trop s’alarmer néanmoins, il s’agit d’un CDD. Il est donc parfaitement possible que mon costume MAC n’ait pas le temps de prendre l’odeur de la naphtaline dans le placard où il est aujourd’hui remisé.

Concrètement, cela signifie que le principe des requêtes, qui reposait largement sur le fait que je glande, est suspendu. J’accepte néanmoins toute suggestion pour les samedis et dimanches, les vacances et autres RTT dont je ne vais pas savoir quoi foutre. Que mes clients travailleurs et mes camarades chômeurs acceptent mes excuses pour ce triste détour sur la voie traditionnelle. Bonne année à eux.

Bookmark and Share

Ton amie chômeuse cherche un vrai café parisien nom de dieu

5 décembre 2010

cafe

(Requête de Roberta, se dit qu’à 1,60 euros le Spritz sur une placette trop mignonne à Venise, elle n’est pas prête de revenir à Paris)

Je ne voudrais pas avoir l’air d’être une grosse réac (quoique), je ne voudrais pas donner l’impression que je suis obsédée par la bouffe et l’alcool (bien que ce soit le cas), mais là vraiment, tout se perd. Après les saisons et les bonnes manières : les cafés parisiens. Je prends l’exemple du café de l’Industrie, dans le 11ème arrondissement de Paris, que je m’en vais pourrir sans vergogne pour m’avoir accueillie comme une malpropre non pas une, mais deux fois d’affilée.

Au moins chez Cojean, on sait tout de suite qu’on nous prend pour des cons ; au café de l’Industrie, c’est beaucoup plus sournois. En arrivant, on se dit « mais quelle ambiance sympathique, cet éclairage tamisé, ces tapis douillets, ces statuts et masques exotiques qui font voyager le cœur ! ». Un instant plus tard, on réalise que les serveuses ont été recrutées sur des critères esthétiques très sélectifs, tant elles sont unanimement jeunes, fashion et bien proportionnées. De mieux en mieux. Sauf qu’après un « bonjour » de gardienne de prison, le rêve commence à se fissurer.

On n’est pas du genre à se laisser désarmer pour si peu ; après tout, ton amie chômeuse aussi peut être un peu sèche quand elle est de mauvaise humeur, et « American Apparel » a le droit de passer une mauvaise journée. Mais AA persiste en essuyant la table avec mauvaise humeur, collant au passage une volée de miettes sur les genoux de ton amie chômeuse.

Ami lecteur, tu apprendras à tes dépens qu’au café de l’Industrie, il y a des règles :

- On ne sert pas de pinte, mais des demis. M. le béni demande s’ils font face à une pénurie de verres, AA n’est pas sensible à la plaisanterie.

- On n’a pas honte de qualifier de “brunch” un petit tas d’œufs brouillés accompagné d’une tranche de saumon, et d’apporter un récipient qui tient davantage du dé à coudre que du bol quand on réclame le fromage blanc à la ciboulette promis dans le menu. 17 euros, ton amie chômeuse n’avait pas vu foutage de gueule aussi manifeste depuis belle lurette.

- On ne peut pas traîner tranquillement comme il est si agréable de le faire un dimanche après-midi : à 19H, il faut dégager, c’est l’heure du dîner pour les gens qui ne se sont pas levés à 14H, eux.

Que de la gueule. Un service tout pourri, une cuisine mesquine et sans saveur : mais où sont passés les vrais cafés ? Ceux où ça sent le tabac froid, où le serveur est laconique mais pas désagréable, où on peut rester 7 heures armé d’un seul bouquin et d’un café, ceux où le chien dort derrière le comptoir, lui qui a les poils collés par les giclées de bière qui s’échappent du fût (et que personne n’a pris le temps d’essuyer, pauvre bête) ? Pffff. Entre ça et le chinois qui tient le bureau de tabac du coin et qui exige un montant minimum de 30 EUROS pour faire une carte bleue, ton amie chômeuse est à deux doigts de vouloir sortir de l’Europe (aucun rapport, je sais).

Bookmark and Share

Ton amie chômeuse a tesé la chaîne de restau COJEAN

2 décembre 2010

cojean

(Requête de LN, non justifiée, mais comme je suis passée devant et que j’avais faim, je me suis dit banco l’asticot)

De prime abord, la chaîne de restauration rapide Cojean n’est pas très intéressante. Un décor façon salle de bain (propreté immaculée et carreaux en céramique), des tables hautes, des gens qui s’agitent dans les cuisines derrière un comptoir self-service : une sorte de McDo aseptisé, où l’odeur de friture aurait été remplacée par celle de la chlorophylle.

Car voilà, chez Cojean, on ne s’empiffre pas de burgers ou de nuggets, non monsieur, on boit des cocktails au nom raffiné comme « Dernier baiser » ou « 10H un soir d’été ». On ne croise pas de jeunes filles dont le string dépasse du bourrelet ni de pères de famille courant après leur progéniture, mais plutôt des quinquagénaires liftées et dynamiques qui ont leurs petites habitudes.

Ton amie chômeuse a vu un spécimen à l’œuvre : après avoir fait bon usage du crochet pour sac à main (que personnellement j’avais pris pour un porte-serviette, « ils poussent un peu loin le concept de la salle de bain » m’étais-je dit), elle a réclamé son jeune serveur préféré. Il est arrivé quelques minutes après, gogo serveur de bleu ciel vêtu, prêt à tous les sacrifices (en l’occurrence une trop longue conversation comparant les vertus de Tignes et Val d’Isère) car à l’évidence, ça fait partie du deal.

Si elle avait pu sourire sans faire sauter les agrafes planquées derrière ses oreilles, je suis sûre qu’elle l’aurait fait, ravie qu’elle était d’avoir sa petite distraction du midi : un jus de carotte, un jeune bellâtre et un Marie-Claire Maison. Car chez Cojean, tout est prévu pour que la quinqua soit comblée, et la salle de bain est pourvue de toute la littérature indispensable à une déjeuner réussi. Hop, un petit jus d’herbe de blé (si), un cake au chocolat -un petit détour par les toilettes pour vomir cet excès calorique inqualifiable- et hop, la quinqua peut repartir à l’assaut des boutiques.

Cojean, c’est l’horreur absolue, le point culminant d’un marketing outrancier qui cherche à nous vendre non pas un déjeuner, mais une « expérience ». Ton amie chômeuse a récupéré ce qui restait de cake au chocolat sur le plateau de sa voisine et s’est barrée fissa ; vu le prix de leurs jus à la con, c’est bien tout ce que je pouvais me permettre.

Bookmark and Share

Ton amie chômeuse a été suivie par une équipe de TV

28 novembre 2010

envoye-spe

(Requête de Jérôme Sesquin)

Il y a plus de 10 ans que ton amie chômeuse n’a plus la télé. Pas vraiment par snobisme (ce n’est pas mon genre, tu me connais ami lecteur), mais plutôt parce que je crois que j’ai épuisé mon quota. De 5 à 20 ans, j’ai du la regarder entre 3 et 7 heures par jour, allant jusqu’à réviser le bac devant Roland Garros (la faute à Marat Safin qui était diablement sexy).

Aujourd’hui, j’ai bien décroché. Si bien que quand on m’a parlé d’un tournage pour l’émission Envoyé Spécial, une grande confusion s’est installée dans ma tête, imaginant un programme à mi-chemin entre Capital, Vis ma vie et Confessions Intimes. Je me voyais déjà racontant des anecdotes très personnelles avec le mascara qui coule et je me suis dit « pas question ».

Au final, j’ai pu faire accepter mon cahier des charges : pas de scènes chez moi, pas d’amis ni de famille (M. le maudit m’a clairement dit d’aller me faire voir quand je lui ai proposé d’apparaître dans le sujet, et j’ai obtenu la même réaction de la plupart de mes proches), pas de scènes de nu (j’étais prête à transiger sur ce dernier point, mais le journaliste n’a pas insisté). Banco, le tournage ayant pour louable objectif de donner une autre image du chômage a débuté dès le surlendemain.

Ce qui est marrant, c’est la consigne : « soyez aussi naturelle que possible ». Ben voyons. Moi, quand je me balade dans Paris, je suis toujours suivie par une équipe de trois personnes, dont une avec une caméra pas exactement invisible. Pour être sûr que je serai bien naturelle, le journaliste m’a parfois refait jouer jusqu’à quatre fois le moment où je dis « bonjour » en poussant la porte du bureau. Au final, le résultat est confondant de réalisme, c’est du beau boulot.

Seconde difficulté : ton amie chômeuse n’est pas habituée à se faire l’exégète d’elle-même. C’est un drôle de truc que de parler de soi ; déjà chez le psy, c’est curieux, mais devant un public potentiel de 2 millions de personnes, c’est franchement perturbant. On commence une phrase, on se dit que ça sonne vachement compliqué et tiré par les cheveux, et on termine en ayant complètement oublié de quoi on parlait il y a 15 secondes. Le tout devant un journaliste qui hoche la tête gentiment (« arrête ton char, je n’ai rien compris moi-même à ce que je venais de dire, il est plus qu’improbable que tu aies pu détecter un sens à mes paroles »).

Ami lecteur ou spectateur d’Envoyé Spécial jeudi dernier, sache que le tournage a duré deux jours, et que tu as échappé à des moments d’une intensité dramatique telle qu’ils ne pouvaient pas être diffusés à une heure de grande écoute.

1- Ton amie chômeuse effectuant une glissade spectaculaire à l’entrée du théâtre de l’Atelier (il neigeait, il y avait du verglas, c’était l’apocalypse) et se rattrapant in extremis au bras de sa pauvre mère d’1m55 et 43kg avec la même classe que Bambi faisant ses premiers pas. Un truc à flanquer une attaque cardiaque à la ménagère la plus robuste.

2- La mère de ton amie chômeuse (ils avaient fini par la coincer devant le théâtre) expliquant le plus sérieusement du monde à la caméra que j’étais tellement balèze que de toutes façons je m’en serais tirée dans n’importe quelle situation, supérieurement intelligente que je suis (et moi de me cacher le visage, de lui faire des signes très explicites pour qu’elle arrête le massacre d’absolue non objectivité, mais sans succès).

3- Ton amie chômeuse participant à une formation Premier Secours à la Croix-Rouge (l’idée était de me filmer en train de réaliser une requête d’un client), tellement investie dans ma mission que j’en ai oublié la présence de la caméra, perdant toute crédibilité en me précipitant sur mon ami Chris qui mimait (vachement bien) une crise d’épilepsie. En fait il allait bien, évidemment, il faisait semblant.

Je remercie chaleureusement les réalisateurs du reportage d’avoir coupé ces scènes au montage, j’avoue que j’aurais eu les boules. Du coup je leur pardonne d’avoir fait un gros plan sur ma dentition et d’avoir révélé à la face du monde le secret que je gardais jalousement (cette incisive plus longue que les autres).

Le reportage (enfin, la partie qui me concerne) ici

Et surtout les films réalisés par Chris Schepard :
Mon amie chômeuse décrypte les paroles de Tokio Hotel
Mon amie chômeuse n’a rien d’autre à foutre que d’aller au ciné toute la journée
Mon amie chômeuse pratique le Tai-Chi
Mon amie chômeuse espionne ses voisins
Mon amie chômeuse apprend le chinois
Mon amie chômeuse persécute l’homme-statue
Mon amie chômeuse lit tous les livres de la terre

Bookmark and Share

Ton amie chômeuse a fait la queue pour rien

6 octobre 2010

queue22

(Requête de mon alcoolisme rampant)

Toujours dans l’idée de boire du champagne gratos, ton amie chômeuse a récupéré un carton (auprès de quelqu’un qui avait autre chose à foutre) pour aller dans une soirée parisienne estampillée « cool ».

Quand on a un carton, on se sent un peu le roi du pétrole. On s’attend à ce que les gens vous donnent du « bonsoir madame » en ouvrant grand les portes de la salle. Erreur de débutant. En fait, le carton donne le droit d’aller se battre avec les 500 autres blaireaux qui comptent bien faire valoir leur privilège chèrement acquis et qui sont en train de faire la queue depuis déjà une heure quand vous débarquez fraiche comme une rose vêtue d’une robe de princesse.

Bien. Ton amie chômeuse s’est donc mise à la file comme les autres, espérant que le crachin n’allait pas la faire frisotter, manquerait plus que ça. Ami lecteur, crois-le ou non, j’ai piétiné pendant plus d’une heure avant d’arriver devant la porte d’entrée. Heureusement, je n’étais pas seule, j’avais entraîné mon amie C. dans ma galère (lui faisant miroiter paillettes et délicieuses bouchées à la reine). Mais après le rapport exhaustif de nos vacances respectives, nous avons commencé à nous impatienter. Ton amie chômeuse, carton levé, est allée réclamer des explications. C’est alors qu’on est venu nous annoncer, à nous et à nos camarades hipsters (tous solidaires pour l’occasion), que la salle était complète, et qu’il nous faudrait attendre que les autres veuillent bien sortir pour espérer entrer à notre tour.

Je crois pouvoir affirmer que nous nous sommes alors trouvés, mes camarades et moi, dans la situation dite de « l’attente du bus ». C’est à dire que vu le temps que nous avions déjà passé dans la queue, il aurait été humiliant de rebrousser chemin sans avoir pu remettre notre putain de carton au type de l’entrée. D’autant que nous prenions le risque de voir le bus arriver / les gens rentrer au moment même où nous quittions l’abribus / la queue. Et chacun sait qu’il n’y a rien de plus frustrant que de voir le bus arriver deux minutes à peine après le renoncement ; on est souvent contraint, pour ne pas perdre la face, de dire à la cantonnade « non mais finalement je préfère marcher » (alors que bien sûr, les passants n’en ont rien à cirer).

Dans le même temps, chaque minute supplémentaire passée sous l’abribus / dans la queue est un affront à notre condition de femme/d’homme respectable et respecté(e) qui a autre chose à foutre dans la vie que de poireauter (ex : regarder MadMen, classer ses tee-shirts par couleurs, enfin plein de trucs quoi). Il faut donc prendre une décision, et la prendre rapidement : soit on décide de rester, et on accepte les conséquences de ce choix même si cela implique de dormir ici même, il est hors de question de décider de rester et de craquer dans 20 minutes, ce serait vraiment l’échec le plus total. Ou alors, on décide de partir, la tête haute, et SANS JAMAIS se retourner, de sorte qu’on pourra vivre avec l’idée réconfortante que tous ces crétins ont dû attendre des heures que le bus arrive / que les portes s’ouvrent, alors que nous, on n’aura pas mangé de ce pain-là, non mais oh.

Une discussion animée au sujet de « l’attente du bus » nous a donné l’occasion de rencontrer nos voisins de queue et d’échanger pronostics et anecdotes avec eux. Mais ton amie chômeuse ne s’est pas laissée détourner pour autant de la vraie question à laquelle il fallait répondre au plus vite : partir ou rester ? C., qui est vraiment une fille moins prise de tête que ton amie chômeuse, a tranché d’un « ouais viens on se casse, on va se faire une pizza » qui m’en a bouché un coin (tant de sagesse…).

Conformément à la règle, nous avons salué nos camarades fashion mais ne nous sommes pas retournées. La morale, c’est que ton amie chômeuse n’est vraiment pas faite pour la hype et ses dilemmes cornéliens ; je laisse tomber les soirées cool, pour me consacrer à la vraie vie (le classement des tee-shirts par couleurs).

Bookmark and Share

Ton amie chômeuse est allée inaugurer un hôtel

3 octobre 2010

hotel2(Requête de M. le fashion)

Ton amie chômeuse a décidé de reprendre ses bonnes vieilles habitudes et d’aller taper l’incruste dans les endroits où on sert du champagne gratos. Outre les très classiques vernissages d’exposition, les inaugurations constituent aussi d’excellentes occasions de jouer à la personne importante et d’enquiller quelques coupes avant d’aller moisir devant MadMen.

Alors là ami lecteur, c’était pour ainsi dire le pompon de la soirée fashion-branchouille-n’importe quoi ; il s’agissait de l’ouverture d’un hôtel dans le 5ème arrondissement de Paris. Ton amie chômeuse s’est demandée s’il n’y avait pas un filtre de taille à l’entrée, comme dans certaines attractions à Disneyland, tant les gens étaient grands (et minces). Après examen plus approfondi, la plupart des femmes trichait à coups de talons de 12 de chez Louboutin ou de coiffures rocambolesques. Ton amie chômeuse, en Converse et cheveux plats, a néanmoins été acceptée sans problème (on a dû me prendre pour la petite sœur de quelqu’un).

Nous avons été invités à monter dans les étages pour visiter les « suites », chacune d’entre elles étant décorée par un jeune-designer-talentueux-plein-d’avenir. En revanche et pour jouir de ce privilège (auquel ton amie chômeuse a essayé de se soustraire, sans succès), nous étions tenus de porter des charlottes aux pieds, comme à l’hôpital. Le look de ton amie chômeuse (déjà limite) en a pris un sacré coup sur la patate, mais comme tout le monde avait l’air de trouver la démarche à la fois ludique et justifiée, je n’ai rien dit.

Ami lecteur, si tu as vu le film Enter the Void, tu sais à quoi ressemble un « Love Hotel » tokyoïte. Chaque chambre y est thématisée : ici on trouve des crochets fixés au plafond, bien pratiques pour une petite séance de « tiens, prends ça dans ta gueule », là on se voit sous toutes les coutures grâce aux miroirs disposé sur les murs. Partout, l’objectif clairement affiché est l’amour, pour une nuit ou pour la vie, mais surtout pour une nuit. Cet hôtel parisien en a importé le concept en ajoutant la dose de snobisme qui sied à la capitale française.

Ainsi la chambre “Alice aux pays des merveilles” permet d’exprimer gaiement ses fantasmes pédophiles, mais dans un lit  à 10 000 euros, s’il vous plait. La chambre James Bond autorise enfin les kékés dans l’âme à assouvir leur rêve en dormant dans un décor inspiré de leur héro. Et enfin, pour le plus grand bonheur de nos amis scatophiles : on peut enfin déféquer sans se départir de sa classe et en passant un bon moment avec son compagnon grâce aux double-chiottes « joueurs d’échec » (je voulais mettre une photo -car j’en ai prise une- mais ça fait merdouiller la page d’accueil du site… Je l’enverrai donc sur demande !).

Ton amie chômeuse, consternée, est redescendue fissa par l’escalier (ce qui n’est pas sans danger pour qui porte des charlottes aux pieds), ignorant l’argument selon lequel il faudrait voir tout ça comme un terrain d’expérimentation pour le design du futur. Oui, oui, certainement. Une petite coupe de champagne histoire de se remettre du baume au cœur, et zou, retour dans mon appart rétrograde.

Bookmark and Share

Ton amie chômeuse a un nouvel ami (qui sait dessiner)

1 octobre 2010

dessin2

Ami lecteur, tu t’es sans doute aperçu que les illustrations sur le site de ton amie chômeuse ne sont plus des images honteusement volées sur Google. Sinon, ouvre tes mirettes bon Dieu, et si oui, je te présente : ERWAN, mon ami dessinateur !

Dorénavant, j’ai la joie et l’honneur d’être une chômeuse qui (en plus d’être une glandue) exploite son prochain en le faisant bosser pour pas un rond. Et, incroyable mais vrai, l’opprimé en question n’a pas l’air de m’en tenir rigueur (le syndrome de Stockholm certainement) (je lui fournis café et RedBull, je ne suis pas un monstre non plus).

Voilà pas mal de vendredi soirs que mon ami dessinateur et moi-même nous réunissons très sérieusement autour d’une table, avec des stabylos de couleurs et des lunettes, comme des vrais gens qui travaillent. C’est parfois un peu fastidieux, surtout quand Erwan me pose une colle du type : « vas-y, montre-moi comment tu imagines MAC » en me glissant un stylo entre les mains.

C’est marrant comme les gens pour qui le crayon est une extension naturelle de la main supposent que tout le monde peut s’exprimer aussi facilement qu’eux avec cet outil. Comme ton amie chômeuse est une bonne élève, elle a bossé vingt bonnes minutes avant de rendre sa copie.

« - Mais tu te débrouilles pas mal ma parole…
- (Fierté)
- Donc c’est comme ça que tu imagines le personnage ?
- … ».

Non, évidemment. J’avais juste cherché à faire un joli dessin qu’on aurait pu accrocher sur le frigo comme au bon vieux temps, mais je n’avais pas la plus petite idée de la manière dont il fallait représenter MAC.

Je n’ai donc été d’aucune utilité à Erwan, et c’est bien à lui que revient tout le mérite de ces dessins qui me plaisent tant (je trouve même que la coupe de cheveux de MAC dessinée est plus réussie que l’original, la faute à la coiffeuse psychopathe).

Bookmark and Share

Ton amie chômeuse a testé la coiffeuse psychopathe

7 septembre 2010

Attention, billet estampillé « pétasse ». Ami lecteur de sexe masculin, passe ton chemin ou fais preuve d’ouverture d’esprit, au choix.

coiffeusesignee

Affligée d’une couleur de cheveux châtain-bof qui m’a conduit à des excès répétés pendant l’adolescence (« J’m'en fous j’les teins en bleu. Si. »), ton amie chômeuse a été confrontée très jeune à cette espèce étrange et dangereuse que l’on nomme « coiffeurs ».

Ma vie capillaire est une tragédie : à chaque fois que je m’attache à une coiffeuse, que j’ai l’impression qu’elle me comprend enfin, elle change de salon et part sans laisser d’adresse, m’abandonnant à un(e) collègue qui prétend savoir ce que je veux alors que c’est FAUX.

C’est ainsi qu’une fois encore, je me suis retrouvée coincée contre ma volonté entre les mains d’une nouvelle, une dame mal coiffée qui n’inspirait pas confiance. Au cours de ma vie de pétasse, j’ai eu beaucoup d’anecdotes pénibles à raconter à mes amies en sortant de chez le coiffeur, mais je ne m’explique toujours pas ce qui s’est passé cette fois-là, c’était surréaliste.

Une cliente assise à côté de moi essuie une réflexion terrible : à la fin de son brushing, un coiffeur mâle (les pires) dit en passant qu’elle lui fait penser à Patrick Juvet. La cliente accuse le coup, je fais mine de ne pas avoir entendu pour ne pas la mettre plus mal à l’aise encore. La coiffeuse qui s’occupe de moi décide de prendre la défense de Patrick Juvet qu’elle qualifie d’« homme charmant ». Je vois bien qu’elle brûle d’envie que je lui demande comment elle connaît Patrick Juvet, je n’en fais rien bien entendu, car je m’en fous complètement.

Mais c’est trop tard. La voilà partie dans une véritable dithyrambe, s’extasiant sur les qualités humaines de l’homme brushé, louant sa simplicité et sa gentillesse. Je jure que je n’ai rien fait qui ait pu relancer son monologue, je n’ai pas hoché la tête ni haussé les sourcils, pas un « ah bon » de politesse n’est sorti de ma bouche, rien.

Comment est-elle passée de Patrick Juvet à Véronique Jeannot, je ne sais pas, elle devait se remémorer toutes les célébrités qui lui avaient confié leur tête au siècle dernier. Toujours est-il que Véronique Jannot inspirait à ma coiffeuse des sentiments beaucoup moins positifs que l’ami Patrick, et qu’elle s’est mise à pester contre elle de façon virulente, « celle-là si je l’avais face à moi, ah ça, si je la croisais dans la rue, je peux vous dire qu’elle se souviendrait de moi… ».

Toujours sans un mot de relance de ma part, la coiffeuse s’énerve de plus en plus, elle marmonne des menaces et des « et ça se dit bouddhiste… Ordure ! » et des plaques rouges commencent à apparaître sur son cou. Ses coups de ciseaux se font de plus en plus spasmodiques, je commence à flipper et lui suggère d’arrêter d’y penser.

Elle continue à marmonner, on dirait qu’elle est possédée. Je tente le tout pour le tout avec un innocent : « Et Patrick Juvet alors, comment l’avez-vous rencontré ? ». Mais elle n’est pas dupe, et il semble que des souvenirs terribles avec Véronique Jannot continuent à refaire surface, jusqu’à ce que, tiens-toi bien ami lecteur, elle lâche ses ciseaux et quitte le salon comme une furie en disant qu’elle a besoin de prendre l’air.

Ton amie chômeuse en est restée clouée à son siège.

Si quelqu’un a une bonne adresse de coiffeurs ne souffrant pas de traumatisme lié à des stars has been, ton amie chômeuse est preneuse.

Bookmark and Share

Ton amie chômeuse a testé la Terrasse Petit Bain

5 septembre 2010

petitbain

Terrasse Petit Bain, en face de la piscine Joséphine Baker, 75013 Paris, Métro Bibliothèque François Mitterrand
(Requête de Delphine)

On a eu peur dis-donc, on a cru qu’on n’aurait pas vraiment d’été et qu’il faudrait retourner au turbin (enfin, surtout toi ami lecteur, parce que ton amie chômeuse ne va nulle part) sans avoir eu le plaisir de traîner sur une terrasse ensoleillée. Heureusement, nous sommes début septembre, il fait beau, et peut-être que ça va durer au moins deux jours, ce qui serait dingue, les Islandais et les Suédois seraient verts de jalousie.

Ton amie chômeuse, qui n’a pas attendu le beau temps pour faire des trucs de glandue, a testé la terrasse Petit Bain, sur les quais de la Seine. En face de la piscine Joséphine Baker (que ton amie chômeuse était censée tester aussi, mais à l’époque, Djizeuss il faisait trop froid pour imaginer y glisser un orteil), une terrasse éphémère s’est installée pour proposer à boire, à manger, et même plus puisqu’on peut aussi assister à des concerts, participer à des bals et même à des ateliers cuisine.

On s’étale donc dans un transat, face à la mer (un peu d’imagination merde), entouré de plantes aquatiques qui poussent dans les baignoires disposées autour de la terrasse. On commande un mojito (on demande une 2ème dose d’alcool parce qu’on a l’impression que la 1ère est passée à la trappe malgré ce que prétend la serveuse), et on y est.

Le jour où je suis allée faire l’expérience Petit Bain, on y proposait un atelier de cuisine. Houmous à la fleur de lotus, rien que ça, ton amie chômeuse s’est dit qu’elle aurait trop la classe lors de son prochain dîner chez elle (prévu d’ici quinze ans). Grâce à la prof Camille, j’ai appris que les carottes peuvent être blanches (si), qu’on peut se soigner au sirop de radis noir, et qu’il existe sur cette terre un légume appelé le panais (je te jure).

Prochain événement Petit Bain : une soirée tango le 25 septembre (flyer en illustration). Et le mojito devant la mer, c’est tous les jours.

Lien utile :
Le site

Bookmark and Share