Archive pour le mot-clef ‘charlotte’

Ton amie chômeuse est allée inaugurer un hôtel

Dimanche 3 octobre 2010

hotel2(Requête de M. le fashion)

Ton amie chômeuse a décidé de reprendre ses bonnes vieilles habitudes et d’aller taper l’incruste dans les endroits où on sert du champagne gratos. Outre les très classiques vernissages d’exposition, les inaugurations constituent aussi d’excellentes occasions de jouer à la personne importante et d’enquiller quelques coupes avant d’aller moisir devant MadMen.

Alors là ami lecteur, c’était pour ainsi dire le pompon de la soirée fashion-branchouille-n’importe quoi ; il s’agissait de l’ouverture d’un hôtel dans le 5ème arrondissement de Paris. Ton amie chômeuse s’est demandée s’il n’y avait pas un filtre de taille à l’entrée, comme dans certaines attractions à Disneyland, tant les gens étaient grands (et minces). Après examen plus approfondi, la plupart des femmes trichait à coups de talons de 12 de chez Louboutin ou de coiffures rocambolesques. Ton amie chômeuse, en Converse et cheveux plats, a néanmoins été acceptée sans problème (on a dû me prendre pour la petite sœur de quelqu’un).

Nous avons été invités à monter dans les étages pour visiter les « suites », chacune d’entre elles étant décorée par un jeune-designer-talentueux-plein-d’avenir. En revanche et pour jouir de ce privilège (auquel ton amie chômeuse a essayé de se soustraire, sans succès), nous étions tenus de porter des charlottes aux pieds, comme à l’hôpital. Le look de ton amie chômeuse (déjà limite) en a pris un sacré coup sur la patate, mais comme tout le monde avait l’air de trouver la démarche à la fois ludique et justifiée, je n’ai rien dit.

Ami lecteur, si tu as vu le film Enter the Void, tu sais à quoi ressemble un « Love Hotel » tokyoïte. Chaque chambre y est thématisée : ici on trouve des crochets fixés au plafond, bien pratiques pour une petite séance de « tiens, prends ça dans ta gueule », là on se voit sous toutes les coutures grâce aux miroirs disposé sur les murs. Partout, l’objectif clairement affiché est l’amour, pour une nuit ou pour la vie, mais surtout pour une nuit. Cet hôtel parisien en a importé le concept en ajoutant la dose de snobisme qui sied à la capitale française.

Ainsi la chambre “Alice aux pays des merveilles” permet d’exprimer gaiement ses fantasmes pédophiles, mais dans un lit  à 10 000 euros, s’il vous plait. La chambre James Bond autorise enfin les kékés dans l’âme à assouvir leur rêve en dormant dans un décor inspiré de leur héro. Et enfin, pour le plus grand bonheur de nos amis scatophiles : on peut enfin déféquer sans se départir de sa classe et en passant un bon moment avec son compagnon grâce aux double-chiottes « joueurs d’échec » (je voulais mettre une photo -car j’en ai prise une- mais ça fait merdouiller la page d’accueil du site… Je l’enverrai donc sur demande !).

Ton amie chômeuse, consternée, est redescendue fissa par l’escalier (ce qui n’est pas sans danger pour qui porte des charlottes aux pieds), ignorant l’argument selon lequel il faudrait voir tout ça comme un terrain d’expérimentation pour le design du futur. Oui, oui, certainement. Une petite coupe de champagne histoire de se remettre du baume au cœur, et zou, retour dans mon appart rétrograde.