Archive pour le mot-clef ‘dermatologue’

Ton amie chômeuse a testé le diagnostic cheveux (2)

Lundi 28 mai 2012

medocs-cheveux

Ami lecteur, le traitement pour la chute de cheveux durant plusieurs mois, l’heure du bilan est arrivée. Au mois de mars, après deux mois de mixture qui pue sur la tête, je suis retournée au Centre Clauderer pour mon diagnostic de mi-parcours. Autant te dire que pour ma part, je n’avais vu aucune amélioration à mon sort capillaire.

La dame aux yeux bicolores a dit “Mmh… Vous êtes sûre que vous avez utilisé tout le produit ?” Le produit qui m’a coûté mon Plan Epargne Logement vous voulez dire ? Mais oui, absolument, je l’ai vidé sur mon crâne jusqu’à la dernière goutte. “Bien… Il va peut-être falloir que je vous donne quelque chose d’un peu plus fort, parce que sinon vous allez finir par vous impatienter !” (rires) (de sa part, vraiment pas de la mienne). Et t’avais pas eu l’idée de me vendre un truc qui marche dès le départ, des fois ?

Ensuite, la dame aux yeux couleur caca (oui car plus elle se fout de ma gueule, plus elle perd de son sex-appeal) s’est mise à me parler de mon problème de “gras“. Je lui rappelle que c’est elle-même qui me demande de venir la voir avec les cheveux dégueulasses. Me reprocher ensuite d’être un peu négligée, c’est quand même balèze. Elle me dit qu’elle va me donner une pâte 100% naturelle (voilà que ça la reprend, je n’ai, personnellement, aucune espèce de confiance en la nature) qui ressemble à du henné, et que je vais pouvoir laisser poser sur ma tête en compagnie de tous les autres produits qui puent et qui envahissent déjà mon étagère. Ami lecteur, à ce stade, je suis à deux doigts de perdre patience : le rituel qu’elle me demande d’observer à chaque shampoing me prend déjà 45 minutes. Si je dois rajouter son immonde pâte, je dois démissionner pour me consacrer à mes cheveux, je ne vois pas d’autre solution.

C’était donc la dernière fois que je mettais les pieds dans ce Centre. J’ai séché le diagnostic final, ou plutôt, je l’ai fait moi-même : je me suis fait pigeonner.

Mais ton amie plus vraiment chômeuse n’est pas du genre à baisser les bras. J’ai pris rendez-vous avec ma dermatologue, que je n’avais pas revue depuis plus de 10 ans. A l’époque, elle avait été la seule à accepter de me coller sous Roaccutane (ce traitement pour la peau qui donne des envies suicidaires et qui provoque des malformations très graves sur le foetus), ce qui en fait une des héroïnes de ma vie. A ma grande surprise, elle se souvenait de moi. Et moi, je me suis souvenue pourquoi : ma dermatologue est dingue. A l’époque, elle m’aimait (malgré une acné qu’elle avait notée “+++”) parce que je faisais des études qu’elle jugeait prestigieuses. Aujourd’hui, elle m’aime toujours, pour la même raison. C’est une femme qui place à n’importe quelle occasion le fait qu’elle a fait Bac +12 et qu’elle est sortie major de sa promo à l’hôpital Saint-Louis. “Où est passé mon stylo, mon stylo à moi qui ai bac +12 et qui suis sortie major de ma promo à Saint-Louis ?”. Je n’exagère pas. Elle est allumée. Mais elle m’a dit : “vous ne serez pas chauve, parce que votre dermatologue, c’est moi, moi qui ai bac +12….” et tu connais la suite. Bilan : des capsules de fer à avaler tous les matins, des vitamines cheveux et ongles à foison, et des ampoules à mettre sur la tête un soir sur deux. A chaque fois que j’avale mon comprimé de fer, il reste coincé dans ma gorge ; tous les matins, je me demande donc si je vais devoir aller aux urgences ou s’il va finir par passer son chemin. Un suspense bien sympathique.

Ami lecteur, on reparle de tout ça dans deux mois.