Archive pour le mot-clef ‘touristes’

Ton amie chômeuse dans un café à Montmartre

Mardi 17 août 2010

sacre-coeur
(Remède anti-cafard de M.A.C.)

Aujourd’hui, ton amie chômeuse a décidé de se prendre par la peau du ciré jaune et d’aller s’échouer dans un café avec son ordinateur, comme ça, pour regarder des touristes et avoir l’impression de voyager.

Je me suis postée à un carrefour hautement stratégique, en plein 18ème arrondissement, entre la place des Abbesses et le Sacré-Cœur, un endroit où passe le pittoresque petit train de Montmartre. Dans ce café, l’accueil est aux normes parisiennes, c’est à dire sympa, mais rugueux. Pas de quoi décourager ton amie chômeuse qui a immédiatement branché son ordi sur le secteur et occupé les deux tables qui échoient à sa tâche de glandue.

Dans la rue passent des gens aux visages très rouges et aux sourcils très blonds, des petits garçons avec des casquettes, des jeunes filles qui sauront bientôt qu’on ne peut pas aller en paix à Paris en portant des jupes si courtes, des gens qui pointent les immeubles du doigt, des photographes expérimentés, des fans de bananes Sergio Tacchini.

Tous ont en commun d’avoir un guide PARIS-PARIGI-PARISCUS (langue inconnue, possible que j’aie mal lu) pendu à la main, et une mine réjouie. C’est ce qui me permet de repérer tout de suite la seule parisienne qui passe, chargée de gros sacs bleus de chez Ikea (elle revient de la laverie, se dit ton amie chômeuse, ce qui explique sa mine contrite, à moins que ça ne soit la pluie).

Ici, le coca coûte 3,5 euros et il est servi directement dans un verre (si tu veux la cannette entière il faudra payer plus cher), les penne au fromage sont d’immondes paquets de graisse collés les uns aux autres par des morceaux de chèvre auxquels on a laissé la croûte, le barman jure comme un charretier en essuyant les verres, et pendant que j’écris ces lignes, un labrador me regarde droit dans les yeux en déposant une grosse pêche sur le trottoir. Je me sens revigorée, et prête à aimer ma ville comme les amis touristes.

Info utile :
Le progrès
7 rue des trois frères
75018 Paris

Ton amie chômeuse a testé le petit dej chez Angelina

Mardi 20 juillet 2010

angelina-paris

Salon de thé Angelina, rue de Rivoli à Paris
(Requête de Fanny, trop bookée pour utiliser sa smartbox, c’est moche)

Forte de son expérience à l’aquagym, ton amie chômeuse était déterminée à faire copain-copain avec “les autres oisifs” (les retraités). La requête de F. tombait donc à pic, puisqu’il s’agissait d’aller prendre un petit-déjeuner dans un véritable repaire à petits vieux : le salon de thé Angelina rue de Rivoli.

Autant annoncer la couleur : chez Angelina, c’est que de la gueule. En apparence, du luxe et du bonjour madame. Mais la déférence disparaît sitôt la smartbox sortie du sac à main pour laisser la place à du « Ah. Solange ! J’ai une smartbox là. ». Je ne suis pas une smartbox, je suis un être humain, mais je laisse courir.

Pour le décor, même constat. Un hall d’entrée luxueux, mais les choses se dégradent quand on arrive dans la salle principale : la moquette est miteuse, les prises d’électricité sont de vrais dangers publics et le mobilier a un pied dans la tombe. Ton amie chômeuse était prête à en conclure qu’Angelina pariait sur la mauvaise vue de ses clients, c’est dégueulasse, qu’elle se disait.

Je me suis néanmoins bien vite rendue compte de ma méprise : le cœur de la clientèle du salon de thé, ce ne sont pas les vieux, mais les touristes, d’authentiques Suédois avec gros sacs et tapis de sol qui dépassent. À bien y regarder, même la petite dame qui s’étouffait avec son croissant depuis plus d’une heure (on n’est pas passés loin du drame) était sans aucun doute canadienne (rapport à son pantalon et à son maquillage).

Heeeeeeein, voilà l’explication, s’est dit ton amie chômeuse. Angelina sait bien que ses clients reprendront l’avion d’ici quelques jours pour ne jamais revenir, inutile de s’emmerder à soigner le cadre et le service.

Un peu plus tard, Solange nous explique : « Notre spécialité c’est le chocolat chaud… » (les yeux mouillés de larmes, ton amie chômeuse rebondit en disant que c’est vrai, elle se rappelle que sa maman l’emmenait boire un chocolat chez Angelina quand elle s’était montrée particulièrement balèze à l’école, mais Solange n’est pas émue et je dois abréger mon anecdote) « … et si vous voulez un jus d’orange, ce sera en supplément. » (et ben alors tu te le carres où je pense, t’avais qu’à écouter ma séquence souvenirs d’enfance, vieille teigne).

Ton amie chômeuse a déjà dit tout le mal qu’elle pensait de la smartbox et du piètre accueil qui l’accompagne dans 90% des cas. Chez Angelina, vous aurez droit à un chocolat chaud (toujours au top, il faut l’admettre) et à deux mini-viennoiseries avec du beurre fondu. C’est quand même chouette, d’autant plus que c’est gratos, mais enfin on se dit que celui qui vous avait offert la box imaginait quelque chose de plus grandiose. Mais le mieux, c’est encore le serveur qui a couru après ton amie chômeuse dans la rue :

« - EXCUSEZ-MOI !
- Oui ?
- Je peux vous demander auprès de qui vous avez PAYÉ ?
- Oui, allez-y.
- … (air pincé, bras croisés)?
- J’avais une smartbox. Tu la ramènes moins hein ? Ah t’es cassé… » (bon je n’ai pas dit les deux dernières phrases mais j’aurais pu).

Info utile :
Angelina
226 Rue de Rivoli 75001 Paris - 01 42 60 82 00

Ton amie chômeuse a passé le week-end à Rome

Mardi 15 juin 2010

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(Requête d’Etienne, sur les traces d’Etienne Daho)

L’intérêt d’avoir fait des études, ce n’est pas d’accéder à un super poste, non non, c’est de s’être fait des amis qui ont accédé à des supers postes. Et notamment d’avoir eu la présence d’esprit, à une époque où je ne savais pas encore que je voulais être chômeuse, de parier sur le meilleur cheval : E.

Mon ami E. travaille au Parlement Européen ; c’est un passionné, le genre de type qui regarde les étiquettes des aliments pour vérifier que les informations nutritionnelles sont bien aux normes. Comme il se plaignait de la récurrence de ses voyages d’affaires, mon ami E. a eu une illumination : « Tu ne veux pas venir avec moi à Rome ? Tu squatteras ma chambre d’hôtel ? ».

Ton amie chômeuse, tu la connais, est toujours prête à rendre service. En cherchant bien (je n’ai que ça à foutre) et en étant prête à partir à des horaires idiots (même raison), j’ai trouvé un billet d’avion au prix de deux cours de Pilates. Ni une ni deux, je me suis envolée à la rescousse de mon ami travailleur esseulé.

Je dois admettre qu’en sortant du métro, ton amie chômeuse a eu un choc. Les petites bicoques, ça n’intéresse pas tellement les romains. Ils sont plutôt du genre monumental, 768 marches pour accéder à la moindre église, 15 tonnes de pierre pour la plus petite colonne et l’équivalent de 7 piscines pour remplir la moindre fontaine.

Je n’imaginais pas du tout la fontaine de Trevi à cette échelle-là, et surtout, je me l’étais figurée sans les centaines de touristes qui se prennent en photo en train de vider leur porte-monnaie dans le bassin (ton amie chômeuse n’y a pas jeté un centime, on ne la prend pas à ce jeu-là).

Il faisait un temps magnifique, la terrasse de l’hôtel donnait directement sur les jardins de la Villa Borghese, le personnel m’a prise pour une call-girl de passage et n’a pas inquiété mon ami E. lorsqu’il a piqué une dizaine de volkornbrot à mon intention (on ne peut pas rêver meilleur petit-déjeuner que le volkornbrot, quelle merveille que le tourisme de masse qui fait qu’on en trouve même sur les tables italiennes !) : un week-end idéal de squatteuse.

À quand les résidences à la Villa Médicis pour les amis chômeurs ?