Ton amie chômeuse face au défi de la piscine

10 mars 2010

piscine

(Requête involontaire de Laurence)

Bientôt un an que ton amie chômeuse a formé ses vœux d’ascèse. Bilan : c’est la honte.

Pourtant, j’y ai cru au Pilates. Je me suis inscrite, j’en étais même à sympathiser avec la prof, je rentrais en métro avec une camarade-chômeuse avec qui j’échangeais des tuyaux beauté et forme, j’y étais presque. Mais non. Aucune constance, c’est désespérant. La seule activité physique que j’ai maintenu, c’est celle qui consiste à monter les 6 étages qui mènent jusqu’à chez moi (et encore, parfois je reste perchée des jours entiers pour ne pas les endurer, surtout quand il pleut).

Je sais bien que je n’ai pas atteint mes objectifs. Mais je ne comprends pas comment font les autres (ça, et les couples qui ne s’engueulent jamais et à qui je prédis une fin funeste PARCE QUE CE N’EST PAS NORMAL de ne pas s’engueuler). Comment ceux qui travaillent ont-ils le temps de se soumettre à leurs séances que « sinon j’me sens mal, c’est comme une drogue, mon corps me le réclame tu vois » ? Comment ceux qui ne travaillent pas arrivent-ils à se payer les cours de Pilates, qui même en tarif amis chômeurs reviennent plus cher que la psy ?

Et surtout, où vont-ils chercher leur motivation ? Sont-ils de la même espèce que ceux qui mangent DEUX Granolas (ton amie chômeuse n’a jamais ouvert un paquet de Granola sans le finir) ? Je m’interroge.

Quand soudain, j’ai déjeuné avec Laurence. Laurence, c’est une collègue du temps de mon ancienne vie, une fille sympa, au demeurant. Evidemment, je ne suis pas une gonzesse pour rien, il m’a fallu moins d’une seconde pour évaluer la perte de poids de Laurence à six kilos, et sa tonicité musculaire à +75%. Je ne l’avais pas vue depuis six mois, et je n’ai pas pu m’en empêcher, mes premiers mots ont été dignes d’une pub des années 80 mal traduite : « Mais t’es trop bonne ! Comment tu fais ? ». Et elle me répond « Tu sais j’ai du temps maintenant que je suis indépendante, j’en profite pour faire un peu d’exercice. » Vas-y, vole-moi tout le concept de mon amie chômeuse, vas-y.

Après avoir accusé le froid, la pluie, la crise économique et la pultacée, j’ai engagé une grande négociation avec moi-même. Mon activité sportive à moi doit être économique, non contraignante en termes d’horaires, facile d’accès, efficace sans être épuisante (sous peine de démotivation immédiate), n’avoir aucun rapport avec la course à pied (voir ici). Et faire de moi une Laurence d’ici à notre prochain déjeuner. Après délibération, le jugement est tombé : ça n’existe pas.

Et pourtant, il reste bien une solution… Je passe devant tous les jours, elle n’est pas chère, elle est à quinze mètres de chez moi, elle est le royaume des mycoses tapies dans l’ombre et des contacts inconvenants, des moule-bites et des gens qui crachent, des enfants qui pissent et des pervers de tous âges : la piscine.

N’écoutant que sa bravoure, ton amie chômeuse a balayé les souvenirs que l’odeur de chlore a fait remonter (mon camarade Olivier que j’avais pris pour le système de ventilation avant qu’il m’apprenne qu’il avait « des gaz », mes faux seins en mousse imbibés d’eau, cet enfoiré de Pierre qui les a fait remarquer à tout le monde, etc.), et s’est jetée à l’eau, comme qui dirait.

Amis lecteurs, j’en suis à ma TROISIÈME séance de piscine (si). Si je tiens jusqu’en juin, je fais péter le champagne et le billet « ton amie chômeuse colle une branlée à Laure Manaudou ».

Lien et infos utiles :
Liste des piscines parisiennes
Source de la photo : site de la ville de Seyssinet-Pariset

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Ton amie chômeuse suit les préceptes de Schopenhauer

25 février 2010

schopenhauer
Aphorismes sur la sagesse dans la vie, Arthur Schopenhauer
(Requête de David, essaie de tirer son amie chômeuse de la tendance à la déprime)

Parfois, ton amie chômeuse reçoit des requêtes qui l’accompagnent pendant des semaines, voire des mois. Un client a voulu tester ma volonté d’accéder à l’ascèse et m’a proposé de vivre selon les préceptes édictés par Schopenhauer dans ses Aphorismes sur la sagesse dans la vie. Ton amie chômeuse s’est fait un plaisir de le commander à la librairie du coin (occasion rêvée pour faire semblant d’être une intellectuelle débordée « ah mince, je ne l’ai pas, je peux vous le commander mais je ne l’aurai que mardi… ça ira ? » « mmmh… oui, bon, ça ira. »).

Ensuite, une fois le livre entre les mains, j’ai réalisé que ça faisait 10 ans que je n’avais pas lu de philosophie. J’ai dû faire face à une petite montée de stress à base de « en suis-je encore capable ? », « vais-je faire le terrible constat de la déperdition de mes neurones ? », etc. Heureusement, pour lire Aphorismes sur la sagesse, nul besoin d’être balèze : dès l’introduction, Schopenhauer prévient qu’il ne va pas faire preuve ici d’autant de sérieux et de rigueur métaphysique que dans le reste de sa « véritable philosophie ». Rassurée, ton amie chômeuse a néanmoins espéré qu’il ne se foutrait pas trop de sa gueule quand même, sous prétexte qu’elle s’intéresse à des choses aussi futiles que le bonheur dans l’existence.

Ton amie chômeuse a été échaudée par quelques réflexions qui trouvent sans doute des éléments d’explication dans le contexte historique (« ouais mais tu vois à l’époque, ça ne choquait personne le racisme… qu’est-ce que tu peux être 21ème siècle dans ta manière de penser, c’est dingue »). Alors, oui, certainement, ton amie chômeuse manque de perspective, mais il n’empêche qu’elle a un peu buté sur deux-trois concepts :
- Schopi pense que les hommes naissent intelligents ou pas (dans la grande majorité des cas ce sont des brutes ignares), c’est une inégalité à laquelle on ne peut rien. Bon. Il dit aussi que l’homme « supérieur » n’a pas besoin de la compagnie des autres pour vivre heureux, il trouve en lui-même les ressources de son divertissement et de son bien-être. Soit. Pour bien enfoncer le clou, Schopi prend l’exemple des « nègres », ces «faces noires et camardes» « intellectuellement arriérées », et bien les nègres adorent se coller les uns aux autres, ce qui prouve bien que le stade ultime de l’évolution, c’est l’isolement.

- Schopi nous explique que les femmes, incomplètes par nature, attendent tout des hommes. Ainsi, le troupeau des femmes, avec le bon sens instinctif qui caractérise les bestiaux, s’est mis d’accord pour ne jamais avoir de rapports hors mariage. Si certaines femmes acceptent de s’offrir à des hommes sans qu’ils leurs passent l’anneau au doigt, quel autre moyen de pression les autres pourront-elles faire valoir pour être enfin gratifiées de la présence d’un homme à leurs côtés (et ainsi donner un sens à leur existence) ?

Du coup ton amie chômeuse s’est dit que merci mais non merci, ça ne servait à rien de se taper des arguments pareils quand la psychanalyse et la pilule sont passées par là et quand les écrits de nombreux sages plus politiquement corrects sont arrivés jusqu’à nous, non mais oh.

Reste que c’est remarquablement bien écrit… On trouve des citations de Goethe, de Voltaire, de Shakespeare ou de Pétrarque toutes les deux pages, elles sont traduites et expliquées, c’est plutôt agréable (et on en a pour son argent en matière d’érudition)… Ton amie chômeuse a donc quand même poursuivi sa lecture. Et doit bien admettre qu’elle a adoré.

Quand le fond n’est pas intéressant (voir ci-dessus), on peut toujours se délecter de l’élégance et bien souvent, de la drôlerie des formules. Ricaner dans le métro quand on a un livre de Schopenhauer entre les mains produit un bel effet sur les co-voyageurs (c’est comme de rire à une blague France Culture, sauf que souvent vous êtes tout seul, alors que dans le métro, vous avez un public - la classe -).

Exemple : « La solitude offre à l’homme intellectuellement haut placé un double avantage : le premier, d’être avec soi même, et le second, de n’être pas avec les autres. »

Exemple encore :
« Pour le dire en passant, élever un monument à un homme de son vivant, c’est déclarer que pour ce qui le concerne on ne se fie pas à la postérité. »

On a été prévenue que Schopi n’avait pas l’intention de révolutionner la philosophie avec ce livre, ses aphorismes ont un autre bénéfice, ils sont galvanisants. On en sort avec un sentiment de puissance, et avec une envie irrépressible de vivre la vie pour ce qu’elle est (et en brandissant un doigt d’honneur au reste de l’humanité… Enfin, moi ça m’a fait ça.).

Ton amie chômeuse regarde son livre et ne peut pas compter le nombre de pages qu’elle a corné, annoté, relu… Je n’oublie pas la requête, et voici les préceptes que j’ai fait graver au-dessus de mon lit depuis que Schopi est mon BFF* :

- « L’essentiel pour le bonheur dans la vie, c’est ce que l’on a en soi-même ». Plus besoin de se faire chier à partir à la découverte de l’autre, ça tombe bien, ton amie chômeuse est malade en transport. «(Le) centre de gravité (de l’homme heureux) tombe tout entier en dedans de lui-même ».

- « L’existence proprement dite, c’est le loisir » (et non le travail).

- « La fortune patrimoniale atteint sa plus haute valeur lorsqu’elle échoit à celui qui, doué de forces intellectuelles supérieures, poursuit des desseins dont la réalisation ne s’accommode pas d’un travail pour vivre». Ton amie chômeuse la tenterait bien « amie rentière », pour voir si elle serait pas dotée de forces intellectuelles supérieures, des fois.

- Ce que l’on est pour les autres n’existe qu’indirectement », et seulement si on le laisse avoir une influence sur nous. « Attribuer une haute valeur à l’opinion des hommes, c’est leur faire trop d’honneur. »

- « Dans tout ce que nous faisons comme dans tout ce que nous nous abstenons de faire, nous considérons l’opinion des autres avant toute chose presque, et c’est de ce souci qu’après un examen plus approfondi nous verrons naître environ la moitié des tourments et des angoisses que nous ayons jamais éprouvés. ». Grave.

Et enfin :

- « Ce n’est qu’au terme d’une période de notre existence, parfois de la vie entière que nous reconnaissons la véritable connexion de nos actions (…) nous ne faisons à un moment donné que ce qui à ce moment-là nous semble juste et convenable (…) ».

Voilà qui arrange ton amie chômeuse qui n’a jamais su faire de plans (ni de vie, ni de carrière, ni de commentaires composés). Prochain entretien d’embauche (Dieu m’en préserve) où la raclure des RH me demande ce que c’est que ce CV-patchwork au juste, je lui balance du Schopi. Bim.

Info utile :

* BFF : Best Friend Forever. Ami lecteur tu n’as jamais vu le film Clueless ou quoi ?

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Ton amie chômeuse est allée en Terre Sainte

13 février 2010

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(Requête de… heu… Dieu ?)

Pour des raisons évidentes, ton amie chômeuse ne part pas très souvent en voyage. Aussi, quand ça finit par arriver, je prends soin de sélectionner des destinations originales pour pouvoir faire mon intéressante quand la conversation glisse sur ce terrain. Il y a quelques années, M. et moi étions partis au Monténégro ; pas encore de Lonely Planet, ni de Guide du Routard : de quoi faire semblant d’être des aventuriers (alors que le pays ressemble en tout point à la Croatie). Cette année, nous sommes allés en Israël.

Pari réussi puisque cette fois les réjouissances ont commencé bien avant le départ, quand il a fallu expliquer ce choix à l’entourage : aux parents qui trouvaient notre idée dangereuse, aux pro-palestiniens affichés, aux juifs, aux chrétiens de tous bords, aux musulmans, aux athées, et à tous ceux qui ont un avis sur l’état d’Israël (et ça fait beaucoup de monde). La personne la plus difficile à convaincre du bien-fondé de notre décision reste cependant le mec de la sécurité à Roissy. Ton amie chômeuse n’était pas prévenue qu’on allait la soumettre aux Questions pour un champion du judaïsme et a failli faire demi-tour en disant « laissez tomber on s’en va, pardon ».

En Israël, on peut être pris dans une tempête de neige le matin sur le plateau du Golan, se perdre dans les territoires palestiniens dépourvus de signalisation l’après-midi, et avoir l’impression que toute la journée n’était qu’un rêve en dînant le soir sur une terrasse à Tel Aviv. Ton amie chômeuse est rentrée hier, et il va lui falloir un peu de temps pour que tout ce qu’elle a vu au cours des dix derniers jours trouve sa place dans sa tête (ou son cœur, selon les cas).

Prenons Jérusalem, par exemple. Quand les murailles de la Vieille Ville apparaissent entre deux collines, on est saisi par la beauté du site. Ton amie chômeuse était au taquet, parlait déjà de s’installer quelques jours dans un couvent et espérait secrètement être victime du « syndrome de Jérusalem » (comme Juliette Binoche dans le film Mary d’Abel Ferrara).

Hélas, il m’a bien vite semblé que la spiritualité avait déserté Jérusalem depuis longtemps. Ton amie chômeuse a eu l’impression de visiter un parc d’attraction dédié aux religions. La traversée du souk, où kippas et chapelets au rabais disputent leurs places aux tee-shirts Homer Simpson, n’en finit plus. On apprend que la construction de cet immense marché est assez récente et destinée à exploiter au maximum le portefeuille des pèlerins. Pèlerins qui se déplacent en troupeaux compacts, bloquant les ruelles de manière hermétique et forçant ton amie chômeuse à jurer plus que de raison.

Pour accéder au Mur des Lamentations, l’attraction phare, nous devons passer par un détecteur de métal et laisser notre sac sur un tapis roulant. L’esplanade des Mosquées n’était pas accessible ce jour-là. Il pleuvait, des hordes de touristes en imperméables/sacs poubelles jaunes suivaient un guide hurlant l’histoire de tel ou tel prophète. Dans le Saint-Sépulcre, on est tentés de vouloir se poser une seconde pour réfléchir au geste dévotionnel que pratiquent certains et qui consiste à s’agenouiller pour embrasser la pierre d’où Jésus serait monté aux cieux. Mais on est empêchés par le crépitement des flashs et par le bruit de conversations qui n’ont rien de solennel (« Eh ! Patrick ! Patrick ! C’est l’tombeau d’Jésus ça ? Hein ? Pfff… Vas-y t’as vu la queue ? »).

Ce n’est donc pas Jérusalem qui aura éclairé ton amie chômeuse sur le sens des religions. Mais Israël, dans son ensemble, a fait naître quelques embryons d’inspiration, bien trop évasifs encore pour être partagés aujourd’hui… Affaire à suivre.

Info :
Photo magazine Geo.fr

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Ton amie chômeuse a testé le shiatsu

20 janvier 2010

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(Requête de Chris, pas le temps de faire usage de son « Coffret découverte Zen »)

Ami lecteur, tu as sans doute été maintes fois tenté par l’achat d’une SmartBox. Mais si, tu sais, ces coffrets à offrir qui permettent de choisir parmi des centaines d’activités, et qui t’évitent de réfléchir à ce que tu vas bien pouvoir refourguer à Jean-François pour ses 30 ans (qu’est-ce que t’en sais de ses goûts, ça fait 2 ans que vous vous êtes pas vus).

Du bénéfice d’être l’amie chômeuse : quand mon client s’est rendu compte qu’il n’aurait pas le temps de faire usage de sa box « Découverte Zen » avant la date de péremption, il me l’a donnée (« tiens c’est valable encore 10 jours… Tu devrais trouver un moyen d’y aller toi (puisque t’as rien à foutre) »).

Et bien ce n’était pas si simple, et ton amie chômeuse a dû s’armer de patience. La plupart des numéros sélectionnés sonnait dans le vide, d’autres étaient vraisemblablement erronés (« Charcuterie Bernard, j’écoute ? » « Euh… Vous ne faites pas de massages californiens ? »). Je n’ai pas compté le nombre de sites Internet inconnus au bataillon et d’instituts ne figurant pas dans les Pages Jaunes. Je suis même tombée sur une masseuse à domicile qui m’a expliqué un peu nerveusement qu’elle ne “travaillait pas avec les coffrets zen découverte” et qu’elle ne comprenait pas pourquoi elle y figurait. Allons bon, me dis-je.

J’étais à deux doigts de faire usage de mon temps libre pour rédiger une lettre de réclamation quand je suis tombée sur Marc Shiatsu. Le contact était un numéro de portable, d’habitude je n’aime pas ça, mais j’étais en mode « rien à perdre ». Bingo, Marc Shiatsu m’a donné un rendez-vous immédiatement.

Cet homme est la personnification de la gentillesse et de la patience. Il entame un long dialogue pour en savoir plus sur mon état général. C’est alors que j’apprends que j’ai affaire à un ancien dentiste : il gagne immédiatement ma sympathie et ma confiance (cf. ma passion pour les dents) et se livre à un diagnostic assez précis de ma mâchoire et de mon occlusion ; ton amie chômeuse est déjà en kiffe.

Ensuite, nous passons dans la pièce dédiée aux massages. Le shiatsu est une pratique venue du Japon et issue de la médecine traditionnelle chinoise. Il vise à rétablir l’équilibre énergétique, et en ce sens on peut le rapprocher de l’acupuncture, qui agit elle aussi sur des points clé de circulation d’énergie dans le corps. Sauf qu’en acupuncture, on se retrouve vite en Saint-Sebastien du bien-être, transpercé par une multitude de petites aiguilles, alors qu’en shiatsu, la pratique s’apparente en tout point à un massage : ton amie chômeuse a eu vite fait de choisir son camp.

Tu ne seras pas étonné d’apprendre que je me suis un petit peu endormie (cf. problème d’endormissement intempestif, ici et même ici), ce qui prouve que la partie détente est bien au rendez-vous. Pour la partie circulation de l’énergie, le praticien agit par pressions sur tout le corps et déclenche de drôles de sensation, on comprend qu’il est entrain de titiller des canaux qui n’ont pas l’habitude d’être sollicités. Pour ma part, il semblerait que le méridien de la rate soit en cruel déficit (j’en étais sûre). On sort de là aussi détendue qu’après une séance de hammam, et avec la sensation d’avoir fait un geste vers le corps, cet inconnu.

Ton amie chômeuse ne manquera pas de donner des nouvelles de son méridien de la rate et te fait gagner du temps, à toi, comme à Jean-François, et vous encourage à aller directement vous étaler les bras en croix sur le tatami, sans passer par la case Coffret Découverte.

Infos utiles :

shiatsumarc@free.fr
06 10 57 09 38
www.shiatsu-marc.com

Il pratique ici :
KALIMA bien-être
47 rue du rendez-vous
75012
Et ici :
L’ORCHIDEE
11 bis rue Eugène Jumin
75019

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Ton amie chômeuse fait le bilan

4 janvier 2010

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(Requête de tout le monde, semble-t-il)

Puisque nous sommes en janvier, période où messages créatifs (et affectueux) affluent dans nos boîtes mail, mais aussi moment propice aux bilans et aux résolutions, ton amie chômeuse va se livrer à l’exercice, pour une fois.

Ami lecteur, tu ne le sais peut-être pas, mais tu assistes à une mue sous forme de quête : tu es le témoin nullement passif de la transformation de ton amie chômeuse. Tu t’en tamponnes, tu as raison, je m’en vais néanmoins t’expliquer ce qui se joue ici, sur fond de papier à fleurs (cf. appel à propositions dans “Info utile” plus bas).

Depuis les débuts de Mon amie chômeuse, il y a neuf mois, j’essaie de me débarrasser de ce qui paraissait devoir être structurant pour ma vie pour mettre à jour des schémas plus sincères et plus justes. Il s’agit donc de déconstruire l’évidence, d’effeuiller l’oignon, de retirer les couches successives de merde qui se sont accumulées avec les années et qui ont fait que je suis arrivée à un âge dit adulte sans savoir comment je m’appelais, sans avoir la plus petite idée de ce qui me fait avancer et sans connaître mes goûts.

Ton amie chômeuse a commencé le chantier par le volet travail, qu’elle a tellement bien déconstruit qu’elle s’est retrouvée au chômage avec aucune envie de remédier au problème. Bon. Tu auras noté ami lecteur que jamais au cours de mes billets je n’ai évoqué une quelconque recherche d’emploi, et que je suis restée discrète sur les questions de « comment diable vais-je payer mon loyer ».

À mesure que les mois passaient, j’affinais mes idées sur ce que je ne voulais plus faire (il faut bien commencer quelque part), et crois-le ou non, de petites missions totalement ingrates en rencontres plus fructueuses, j’ai fini par trouver un équilibre. C’est à dire qu’aujourd’hui, ton amie chômeuse peut se targuer d’être indépendante financièrement (elle ne te dit pas qu’elle se paie des vacances à Maurice tous les quatre matins, mais au final elle s’est rendue compte que ça ne faisait pas partie du top 5 de ses priorités) tout en ayant conservé jalousement le luxe du temps. Je travaille juste ce qu’il faut pour pouvoir me payer mon propre chômage. C’est alors que tu bondis et t’écries « la salope, elle n’est pas vraiment au chômage en fait ».

J’avance deux arguments pour ma défense :

- « Mon amie chômeuse à mi-temps », ou « mon amie chômeuse qui travaille quand même de temps en temps parce qu’il faut bien bouffer », c’était compliqué à mettre en place dans le bandeau d’introduction ;
- Comme je le disais plus haut, le chômage est pour moi l’occasion de prendre le temps de l’introspection et de la mise à jour d’envies profondes : j’en suis encore exactement là, et me sens 100% chômeuse à cet égard.

Dans la série des sujets un peu moins fun, je n’ai jamais parlé non plus de la hausse du nombre de chômeurs, de l’absurdité de considérer que nous sommes en sortie de crise alors qu’un million de chômeurs arrivent en fin de droits en 2010. Comment imaginer que ça se passe bien ?

Pendant les vacances, ton amie chômeuse a regardé Home, le film de Yann Arthus-Bertrand (qui a connu un meilleur sort au box-office que celui de Nicolas Hulot). On nous explique sans sourciller que la terre ne peut pas nourrir toute la population mondiale. Bon. Ton amie chômeuse a également regardé “les 20 ans du Zapping”, et s’est donc avalée des images de famines, de racisme, de guerres, d’étalement obscène des richesses, d’un monde où rien n’a de sens. C’est le principe de l’émission, je le connaissais, il n’empêche que j’en ai chialé. Nous est-il impossible, avec le nombre d’esprits brillants que compte la planète, de concevoir un système qui nourrisse l’ensemble de l’humanité ? Je n’y crois pas une seule seconde. Ça n’a simplement jamais été l’objectif. Les trois quarts des humains crèvent la dalle, et le dernier quart s’angoisse, avale des tranquillisants, et crève encore plus malheureux que les autres.

Dans ce contexte, repenser sa relation au travail, la considérer autrement que le moyen de capitaliser ou de définir une image sociale, je trouve que ça a du sens.

Ma résolution, c’est de ne plus me laisser emporter par la colère ou la peur. C’est de continuer à déconstruire sereinement, pour réfléchir plus librement, et pour ne plus me laisser affecter, par rien. Je veux être au plus simple de l’existence, comme un chat, ou une plante, ne plus être malade d’être en vie.

Ça, et arrêter la clope pour de bon. Ça va être tendu.

Info utile :
Toute proposition de renouvellement du papier à fleurs pour 2010 est la bienvenue

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Ton amie chômeuse a testé : la méditation sur le souffle

11 décembre 2009

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(Requête de Fanny)

Quand ton amie chômeuse s’est vue proposer un cours de méditation, elle s’est dit banco, c’est la fin de mes problèmes, on va enfin me donner la formule pour ne plus être esclave de mon agitation mentale, pour pouvoir reposer mon esprit aussi facilement que je repose mes jambes après une longue marche (si).

Première surprise, je croyais que le cours s’intitulait méditation  « par » le souffle et non « sur » le souffle. J’en avais déduit que se concentrer sur la respiration ne serait qu’un moyen comme un autre pour vider sa tête de toute pensée, mais non, le souffle était bien l’objet principal des préoccupations de l’homme qui avait pris place devant nous.

Il a commencé par se prosterner plusieurs fois devant l’autel bouddhiste du fond de la salle, saluant le Dalaï Lama d’un coup de tête amical sur le sol. Pendant ce temps-là, chacun vérifiait l’état de ses chaussettes et s’installait sur les coussins et matelas qui devaient accueillir notre méditation.

L’homme bouddhiste s’est assis en lotus. Je m’attendais à ce qu’il commence à parler en sanskrit, en aphorismes ou au moins en haïkus, mais il s’est plutôt révélé être le champion du monde de la comparaison (« c’est comme s’il y avait une fuite dans la maison, il y a forcément une origine »), du jeu de rôle (« on dirait qu’on serait tous des yogis de l’ancien temps ») et de l’anecdote plus ou moins fun (« la dernière fois une dame sortait de la méditation en disant, je me sens tout oxygénée ! » (…) « Mais c’est une interprétation de son mental cette oxygénation ! Elle n’en sait rien ! » (…)). Rien à voir avec Yoda donc.

L’homme bouddhiste nous a demandé de nous concentrer sur nos sensations : que ressent-on quand on inspire ? Merde alors, on ne va vraiment parler que de souffle pendant 1H30, me dis-je. Sauf qu’à force de persécuter les quelques braves qui tentaient une réponse, il nous a forcé à cesser d’intellectualiser le mécanisme pour retrouver la sensation physique pure. Au bout de quelques dizaines de minutes, on commence effectivement à prendre conscience du chemin effectué par l’air inspiré, on s’aperçoit que les côtes se gonflent, mais aussi le dos, les bras, jusque dans les jambes. Le corps entier est bercé par le ressac du souffle.

La séance a pris un virage certain quand nous nous sommes allongés : comme pendant la relaxation post-yoga, ton amie chômeuse s’est endormie à peu près 50 fois. Je me réveillais brutalement quand le guide (je ne sais pas comment l’appeler autrement) nous indiquait un changement de position, me désespérant de mon incapacité à faire la différence entre sieste et méditation. Si j’en crois la tête de certains de mes camarades en sortant de la pièce, je pense ne pas avoir été la seule à avoir confondu.

Au final, l’homme bouddhiste nous a encouragé à prendre conscience de notre respiration au cours de la journée, à nous octroyer quelques instants de détente par le souffle, en insistant bien sur la différence entre le sommeil et la relaxation. Ton amie chômeuse doit admettre qu’elle porte une attention différente à sa respiration depuis cette séance. En revanche, pour le calme de l’esprit et la voie de la sagesse, elle a bien conscience qu’il faudra repasser.

Info utile :
Centre Kalachakra - Centre de bouddhisme tibétain
5, passage Delessert - 75010 Paris
Tél/Fax : 01 40 05 02 22

http://www.centre-kalachakra.net/

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Ton amie chômeuse à deux doigts de devenir Bouddha

30 novembre 2009

bouddha

Cette semaine ami lecteur, deuxième volet des aventures de ton amie chômeuse dans ta télé et deuxième chantier existentiel : devenir une ascète.

Pas évident de rester zen en toute circonstance…

Ton amie chômeuse lance un grand jeu-concours : quelle chanson interprète la relou dans la vidéo suivante ? (Non parce que moi je trouve que c’est évident, mais certaines personnes ont la désobligeance de me faire savoir que “Ah bon ?!!! C’était ça ?! Mais on dirait pas du tout !” et mes rêves de Star Ac s’envolent une fois de plus…).

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Ton amie chômeuse a testé le yoga (enfin)

10 novembre 2009

kundalini_yogaTon amie chômeuse est entourée de yoginis (féminin de « yogi » semble-t-il) qui ne déconnent pas. J’ai habité plus de trois ans avec N. qui tous les matins saluait le soleil (avant même de me saluer moi). Je l’ai écoutée m’expliquer que la solution à mes maux de gorge était une posture à quatre pattes qui consiste à loucher en tirant la langue, j’ai bu ses infusions maison aux queues de cerise, je me suis nettoyée le nez à l’eau salée et j’ai appris à respirer comme Dark Vador avec elle.

Puis j’ai observé F. emprunter peu à peu le même chemin. Elle a dit merde au marketing et est entrain de devenir prof de yoga, autant dire que ton amie chômeuse est la première fan de sa démarche. F. m’a appris à faire la vague avec mon ventre : encore plus efficace que le célèbre remède café-clope.

Est-ce que cette proximité avec le yoga (jusque dans mon propre salon), m’a laissée penser que j’étais dispensée de le pratiquer moi-même ? Peut-être. Est-ce que le fait d’avoir vu mes amies dans des positions qui défient les lois du bon sens m’a fait peur ? Certainement. J’ai mis des années à m’inscrire à un cours de yoga, et je l’ai fait dans leurs dos à toutes les deux, comme une petite fille qui ne voudrait pas admettre qu’elle veut faire comme Papa et Maman (ou ici, Maman et Maman).

On a beau être prévenue, quand arrive un prof avec de longues dreadlocks blondes et un débardeur barré d’inscriptions en sanskrit (quoique c’était peut-être la traduction de « Nike », tout simplement), on sourit. Quand il commence à former un petit autel dans un coin de la pièce, avec des bougies, de l’encens et des photos, on se demande s’il déconne. Quand il dit  « c’est parti pour le ôm », on cherche du regard la porte de sortie .

Mais ton amie chômeuse n’allait pas se démonter pour si peu. Je me suis mise à chanter le ôm avec mes camarades, lequel est sorti tellement faux que j’ai d’abord soupçonné ma voisine d’avoir perdu l’ouïe dans sa transe, avant d’admettre que la dissonance venait de moi (et mes rêves de Nouvelle Star s’évanouirent dans les vapeurs d’encens…).

Après cette première incantation, on reste quelques instants en position du lotus, les yeux fermés et les mains jointes à hauteur de la poitrine, à surveiller sa respiration… On est contents, c’est bien comme ça que les brochures touristiques représentent la sérénité, on se dit qu’on est entrain de faire du yoga. Seulement attention ami lecteur, cette phase ne dure que quelques minutes, et ce qui suit, c’est du sport, je ne vois pas d’autres mots.

Au bout de la 14ème salutation sans s’arrêter, l’heure n’est plus aux petits sourires narquois, on commence à suer à grosses gouttes. Le prof ne s’arrête plus de saluer le soleil, la lune et tous leurs potes, il récite des prières, si ça se trouve il dit « bande de petits péteux vous allez en chier », on ne sait pas, personne ne parle sanskrit.

Même lorsque le rythme ralentit et qu’on se met à faire des postures dites « longues » (et elles le sont), c’est dur. Ton amie chômeuse a prévenu une première fois qu’elle avait mal aux poignets (qui soutenaient son dos et ses fesses dans une sorte de chandelle désarticulée très inconfortable) quand le prof a proposé de lever les jambes. À ce stade, j’étais rouge écarlate, je soufflais comme si j’étais entrain d’accoucher, et il était physiquement impossible de lever un orteil.

Le prof est venu se mettre devant moi, j’ai dit (ou plutôt j’ai braillé, je ne contrôlais plus rien) : « j’ai un mal de chien, mes poignets vont casser dans deux minutes ! », suivi de « pardon, j’ai parlé un peu fort ». Le prof a répondu en souriant « tu as raison, exprime-toi », et il m’a soutenu les jambes pendant quelques secondes, s’épargnant de justesse un cri qui lui aurait peut-être crevé un tympan.

Le lendemain, j’étais aussi courbaturée qu’après un déménagement : je tenais à mettre fin à la légende qui dit que le yoga est une discipline pépère. Ceci étant dit, j’ai trouvé ça génial. Après 10 minutes, j’étais complètement sous le charme de l’homme aux dreadlocks qui dégage tant de bienveillance et de calme qu’on a envie d’en avoir une version miniature en permanence dans la poche. Il détient aussi une sorte de pouvoir magique : lorsqu’il encourage à être dans « l’ici et maintenant » et à prendre conscience de son “appartenance au cosmos”, on n’a pas envie de se marrer mais plutôt d’aller prendre un arbre dans ses bras.

Et enfin, la séance de méditation finale m’a plongée dans un état quasi-mystique, j’ai rarement ressenti un tel bien-être à être simplement allongée sur un matelas dur qui sent la sueur, en me laissant guider par les mots d’un homme qui zozotte légèrement. Si bien que j’annonce dès aujourd’hui que je vais me plier à la requête de mon amie yogini et l’accompagner chez les bouddhistes perchés du Canal Saint-Martin dès que j’en aurai l’occasion.

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Ton amie chômeuse s’est brossée les dents avec du miel

3 novembre 2009

patrick1

(Requête de Mathias, regarde des reportages sur le miel à ses heures perdues)

L’ascète doit savoir se passer de certains produits de consommation inutiles ou dangereux, comme le masque capillaire, le rouge à lèvres made in Baleine ou même la crème hydratante, pourquoi pas. Mais ton amie chômeuse, qui nourrit depuis toute petite une véritable passion pour les dents, n’aurait jamais classé le dentifrice dans la liste des produits dispensables.

Avec sa requête en apparence anodine, mon client ne se doutait pas du trouble qu’il allait provoquer chez moi, qui vis avec un stock de brosses à dents caché dans un coin de la salle de bain, qui change de dentifrice avec autant de plaisir que d’autres changent de parfum, qui ai toujours une brosse à dents portable dans mon sac, et qui suis capable de décrire avec minutie les dentitions de toutes les personnes qui ont croisé mon chemin depuis le CP (« Mathilde ? Celle qui avait un écart de deux millimètres entre l’incisive 22 et la canine 23 ? »).

Ton amie chômeuse sait bien que c’est taré d’aller s’asseoir sur une minuscule chaise dans une salle d’attente peuplée d’enfants de 10 ans maximum pour entendre l’orthodontiste dire que tout va bien, mais c’est plus fort que moi, je la consulte aussi régulièrement que la psy. Les dents, chez moi, c’est sérieux.

Il semblerait donc que le miel possède des propriétés antibacteriennes naturelles et qu’il ait en plus le pouvoir de blanchir les dents. Avant de se lancer, tu penses bien que ton amie chômeuse est allée faire un tour sur Google. J’ai trouvé un article écrit d’une façon énigmatique («  Je me suis interrogé sur les propriétés antimicrobiennes de ce normal et la nourriture saine et ce que j’ai trouvé vraiment m’a étonné ! » ton amie chômeuse pense qu’il s’agit d’une traduction automatique), un débat houleux sur « se brosser les dents pendant le Ramadan : haram ou pas haram ? » (C’est OK tant qu’on avale pas : « Il est rapporté dans les traditions que le Prophète - paix et bénédictions sur lui - a été vu se brossant les dents plusieurs fois par jour alors qu’il jeûnait. »), des recettes à base de charbon végétal, de sel ou de citron, et enfin, quelques mentions des pouvoirs du miel sur les dents.

Les références ne sont pas très sérieuses, et plusieurs internautes soulèvent une objection bien naturelle : n’est-il pas paradoxal de se brosser les dents avec un aliment aussi cariogène (qui prend immédiatement la tête de mes mots préférés) ? Mais ton amie chômeuse est une gueu-din : je me suis emparée de mon meilleur miel et en ai tartiné ma brosse à dents, en me disant qu’au pire, j’en avais cinq autres qui attendaient dans le placard.

Le miel a imprégné les poils gentiment, et la brosse n’est pas restée collée au molaires au moment de la mise en bouche. La pâte se dissout immédiatement, on a vite l’impression d’être entrain de se gargariser avec du sirop pour la gorge, et évidemment, ça ne mousse pas. Après rinçage, on a effectivement une sensation dents propres, mais je ne peux pas garantir que ce n’est pas à cause de l’effet mécanique du brossage.

Pour ce qui est des dents blanches, le miracle n’a pas vraiment opéré. D’après les internautes, il faut mélanger le miel avec du charbon végétal pour obtenir un meilleur effet, et ton amie chômeuse n’a pas ça dans son escarcelle. En revanche, le goût de sucre est très persistant, et admettons-le, assez anxiogène. L’expérience est moyennement concluante puisque j’ai remis ça une heure après avec du Fluocaril. Si j’ai des caries, je trouverai où habite mon client et le forcerai à se frotter les gencives avec des clous de girofle.

Liens et infos utiles :

Merci à Patrick l’étoile de mer d’avoir prêté son image à l’illustration de ce billet

L’article en langue bizarre : www.fruitymag.com

“Pour avoir un sourire éclatant, mélangez du miel liquide avec du charbon végétal et brossez-vous énergiquement les dents. Vous aurez bientôt un sourire de star.”
Source : www.la-cuisine-marocaine.com

Débat : Haram pas haram de se brosser les dents pendant le ramadan ?

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Ton amie chômeuse a fait un footing au parc du Luxembourg

20 septembre 2009

jardin-luxembourg2

(Requête de  Georges, qui n’a ni le temps, ni le courage, mais a entendu dire que c’était un parfait observatoire de la faune parisienne)

La requête de Georges a ravivé les souvenirs de ton amie chômeuse : au lycée, le prof de sport nous emmenait courir au jardin du Luxembourg.  À l’époque, je me cachais dans les talus pour échapper à ce que je considérais déjà comme une torture. Mais si je n’ai jamais été un modèle d’endurance, je suis en revanche persévérante et tenace, et j’ai déjà tenté de briser la malédiction de la course à pieds à plusieurs reprises.

Quand je vivais à Londres, j’avais même fait l’acquisition d’un mini short vert de toute beauté pour me motiver. Je n’ai jamais compris pourquoi, mais des enfants se sont mis à me poursuivre dans le parc en me jetant des cailloux, ce qui m’a rapidement conduite à l’abandon. De retour à Paris, j’ai réitéré l’expérience avec plus ou moins de succès (vue qui se brouille, début de migraine, envie de mourir).

Comme ces menues difficultés ne suffisent pas à justifier un refus de requête, j’ai ressorti le short vert, et je suis retournée au Luxembourg comme une brave. L’objectif n’étant pas de ne rencontrer que des amis chômeurs en goguette, j’y suis allée un dimanche.

Courir au Luxembourg, c’est comme faire un tour du monde (parisien) en accéléré. Défilent tour à tour : une fanfare, des enfants sur des poneys, des vieux qui jouent aux échecs, un verger,  des jeunes qui jouent de la guitare, une expo sur le mur de Berlin, des moyen-vieux qui font des arts martiaux étranges avec des épées en bois, des jeunes qui jouent au tennis, le Sénat, des très très jeunes qui se bécotent, des sculptures, des enfants qui font naviguer des petits bateaux à voile, des palmiers, des vieux qui jouent à la pétanque, des gens de tout âge qui bouquinent devant les fontaines. Et bien sûr, des coureurs. Je dois admettre que j’ai eu l’impression de ne pas me trouver dans mon camp naturel, et j’aurais bien troqué mon short contre un bouquin et une chaise inclinée.

À cause des symptômes décrits plus haut, j’ai terminé mon second tour en marchant (pour info, le jardin fait 224 500 m², alors camembert), mais en conservant une légitimité grâce à des pauses étirements et des grands moulinets avec les bras. Les autres coureurs ne m’ont pas adressé un regard, et je crains que le fantasme de la rencontre au coin d’un marronnier nécessite 1/ une assiduité irréprochable 2/ un niveau légèrement supérieur au mien. Peut-être que si j’étais restée dans mon camp, à savoir celui des glandeurs, j’aurais pu entamer quelques discussions sur des sujets que je connais (comme la glande). En tout cas, quel endroit agréable que ce jardin… On aurait presque l’impression que les Parisiens sont sympa et qu’il fait bon vivre dans la capitale.

Lien utile :
Jardin du Luxembourg sur Wikipedia

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