
(Requête involontaire de Laurence)
Bientôt un an que ton amie chômeuse a formé ses vœux d’ascèse. Bilan : c’est la honte.
Pourtant, j’y ai cru au Pilates. Je me suis inscrite, j’en étais même à sympathiser avec la prof, je rentrais en métro avec une camarade-chômeuse avec qui j’échangeais des tuyaux beauté et forme, j’y étais presque. Mais non. Aucune constance, c’est désespérant. La seule activité physique que j’ai maintenu, c’est celle qui consiste à monter les 6 étages qui mènent jusqu’à chez moi (et encore, parfois je reste perchée des jours entiers pour ne pas les endurer, surtout quand il pleut).
Je sais bien que je n’ai pas atteint mes objectifs. Mais je ne comprends pas comment font les autres (ça, et les couples qui ne s’engueulent jamais et à qui je prédis une fin funeste PARCE QUE CE N’EST PAS NORMAL de ne pas s’engueuler). Comment ceux qui travaillent ont-ils le temps de se soumettre à leurs séances que « sinon j’me sens mal, c’est comme une drogue, mon corps me le réclame tu vois » ? Comment ceux qui ne travaillent pas arrivent-ils à se payer les cours de Pilates, qui même en tarif amis chômeurs reviennent plus cher que la psy ?
Et surtout, où vont-ils chercher leur motivation ? Sont-ils de la même espèce que ceux qui mangent DEUX Granolas (ton amie chômeuse n’a jamais ouvert un paquet de Granola sans le finir) ? Je m’interroge.
Quand soudain, j’ai déjeuné avec Laurence. Laurence, c’est une collègue du temps de mon ancienne vie, une fille sympa, au demeurant. Evidemment, je ne suis pas une gonzesse pour rien, il m’a fallu moins d’une seconde pour évaluer la perte de poids de Laurence à six kilos, et sa tonicité musculaire à +75%. Je ne l’avais pas vue depuis six mois, et je n’ai pas pu m’en empêcher, mes premiers mots ont été dignes d’une pub des années 80 mal traduite : « Mais t’es trop bonne ! Comment tu fais ? ». Et elle me répond « Tu sais j’ai du temps maintenant que je suis indépendante, j’en profite pour faire un peu d’exercice. » Vas-y, vole-moi tout le concept de mon amie chômeuse, vas-y.
Après avoir accusé le froid, la pluie, la crise économique et la pultacée, j’ai engagé une grande négociation avec moi-même. Mon activité sportive à moi doit être économique, non contraignante en termes d’horaires, facile d’accès, efficace sans être épuisante (sous peine de démotivation immédiate), n’avoir aucun rapport avec la course à pied (voir ici). Et faire de moi une Laurence d’ici à notre prochain déjeuner. Après délibération, le jugement est tombé : ça n’existe pas.
Et pourtant, il reste bien une solution… Je passe devant tous les jours, elle n’est pas chère, elle est à quinze mètres de chez moi, elle est le royaume des mycoses tapies dans l’ombre et des contacts inconvenants, des moule-bites et des gens qui crachent, des enfants qui pissent et des pervers de tous âges : la piscine.
N’écoutant que sa bravoure, ton amie chômeuse a balayé les souvenirs que l’odeur de chlore a fait remonter (mon camarade Olivier que j’avais pris pour le système de ventilation avant qu’il m’apprenne qu’il avait « des gaz », mes faux seins en mousse imbibés d’eau, cet enfoiré de Pierre qui les a fait remarquer à tout le monde, etc.), et s’est jetée à l’eau, comme qui dirait.
Amis lecteurs, j’en suis à ma TROISIÈME séance de piscine (si). Si je tiens jusqu’en juin, je fais péter le champagne et le billet « ton amie chômeuse colle une branlée à Laure Manaudou ».
Lien et infos utiles :
Liste des piscines parisiennes
Source de la photo : site de la ville de Seyssinet-Pariset






Ton amie chômeuse est entourée de yoginis (féminin de « yogi » semble-t-il) qui ne déconnent pas. J’ai habité plus de trois ans avec N. qui tous les matins saluait le soleil (avant même de me saluer moi). Je l’ai écoutée m’expliquer que la solution à mes maux de gorge était une posture à quatre pattes qui consiste à loucher en tirant la langue, j’ai bu ses infusions maison aux queues de cerise, 
