Ton amie chômeuse a testé le shiatsu

20 janvier 2010

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(Requête de Chris, pas le temps de faire usage de son « Coffret découverte Zen »)

Ami lecteur, tu as sans doute été maintes fois tenté par l’achat d’une SmartBox. Mais si, tu sais, ces coffrets à offrir qui permettent de choisir parmi des centaines d’activités, et qui t’évitent de réfléchir à ce que tu vas bien pouvoir refourguer à Jean-François pour ses 30 ans (qu’est-ce que t’en sais de ses goûts, ça fait 2 ans que vous vous êtes pas vus).

Du bénéfice d’être l’amie chômeuse : quand mon client s’est rendu compte qu’il n’aurait pas le temps de faire usage de sa box « Découverte Zen » avant la date de péremption, il me l’a donnée (« tiens c’est valable encore 10 jours… Tu devrais trouver un moyen d’y aller toi (puisque t’as rien à foutre) »).

Et bien ce n’était pas si simple, et ton amie chômeuse a dû s’armer de patience. La plupart des numéros sélectionnés sonnait dans le vide, d’autres étaient vraisemblablement erronés (« Charcuterie Bernard, j’écoute ? » « Euh… Vous ne faites pas de massages californiens ? »). Je n’ai pas compté le nombre de sites Internet inconnus au bataillon et d’instituts ne figurant pas dans les Pages Jaunes. Je suis même tombée sur une masseuse à domicile qui m’a expliqué un peu nerveusement qu’elle ne “travaillait pas avec les coffrets zen découverte” et qu’elle ne comprenait pas pourquoi elle y figurait. Allons bon, me dis-je.

J’étais à deux doigts de faire usage de mon temps libre pour rédiger une lettre de réclamation quand je suis tombée sur Marc Shiatsu. Le contact était un numéro de portable, d’habitude je n’aime pas ça, mais j’étais en mode « rien à perdre ». Bingo, Marc Shiatsu m’a donné un rendez-vous immédiatement.

Cet homme est la personnification de la gentillesse et de la patience. Il entame un long dialogue pour en savoir plus sur mon état général. C’est alors que j’apprends que j’ai affaire à un ancien dentiste : il gagne immédiatement ma sympathie et ma confiance (cf. ma passion pour les dents) et se livre à un diagnostic assez précis de ma mâchoire et de mon occlusion ; ton amie chômeuse est déjà en kiffe.

Ensuite, nous passons dans la pièce dédiée aux massages. Le shiatsu est une pratique venue du Japon et issue de la médecine traditionnelle chinoise. Il vise à rétablir l’équilibre énergétique, et en ce sens on peut le rapprocher de l’acupuncture, qui agit elle aussi sur des points clé de circulation d’énergie dans le corps. Sauf qu’en acupuncture, on se retrouve vite en Saint-Sebastien du bien-être, transpercé par une multitude de petites aiguilles, alors qu’en shiatsu, la pratique s’apparente en tout point à un massage : ton amie chômeuse a eu vite fait de choisir son camp.

Tu ne seras pas étonné d’apprendre que je me suis un petit peu endormie (cf. problème d’endormissement intempestif, ici et même ici), ce qui prouve que la partie détente est bien au rendez-vous. Pour la partie circulation de l’énergie, le praticien agit par pressions sur tout le corps et déclenche de drôles de sensation, on comprend qu’il est entrain de titiller des canaux qui n’ont pas l’habitude d’être sollicités. Pour ma part, il semblerait que le méridien de la rate soit en cruel déficit (j’en étais sûre). On sort de là aussi détendue qu’après une séance de hammam, et avec la sensation d’avoir fait un geste vers le corps, cet inconnu.

Ton amie chômeuse ne manquera pas de donner des nouvelles de son méridien de la rate et te fait gagner du temps, à toi, comme à Jean-François, et vous encourage à aller directement vous étaler les bras en croix sur le tatami, sans passer par la case Coffret Découverte.

Infos utiles :

shiatsumarc@free.fr
06 10 57 09 38
www.shiatsu-marc.com

Il pratique ici :
KALIMA bien-être
47 rue du rendez-vous
75012
Et ici :
L’ORCHIDEE
11 bis rue Eugène Jumin
75019

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Ton amie chômeuse fait le bilan

4 janvier 2010

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(Requête de tout le monde, semble-t-il)

Puisque nous sommes en janvier, période où messages créatifs (et affectueux) affluent dans nos boîtes mail, mais aussi moment propice aux bilans et aux résolutions, ton amie chômeuse va se livrer à l’exercice, pour une fois.

Ami lecteur, tu ne le sais peut-être pas, mais tu assistes à une mue sous forme de quête : tu es le témoin nullement passif de la transformation de ton amie chômeuse. Tu t’en tamponnes, tu as raison, je m’en vais néanmoins t’expliquer ce qui se joue ici, sur fond de papier à fleurs (cf. appel à propositions dans “Info utile” plus bas).

Depuis les débuts de Mon amie chômeuse, il y a neuf mois, j’essaie de me débarrasser de ce qui paraissait devoir être structurant pour ma vie pour mettre à jour des schémas plus sincères et plus justes. Il s’agit donc de déconstruire l’évidence, d’effeuiller l’oignon, de retirer les couches successives de merde qui se sont accumulées avec les années et qui ont fait que je suis arrivée à un âge dit adulte sans savoir comment je m’appelais, sans avoir la plus petite idée de ce qui me fait avancer et sans connaître mes goûts.

Ton amie chômeuse a commencé le chantier par le volet travail, qu’elle a tellement bien déconstruit qu’elle s’est retrouvée au chômage avec aucune envie de remédier au problème. Bon. Tu auras noté ami lecteur que jamais au cours de mes billets je n’ai évoqué une quelconque recherche d’emploi, et que je suis restée discrète sur les questions de « comment diable vais-je payer mon loyer ».

À mesure que les mois passaient, j’affinais mes idées sur ce que je ne voulais plus faire (il faut bien commencer quelque part), et crois-le ou non, de petites missions totalement ingrates en rencontres plus fructueuses, j’ai fini par trouver un équilibre. C’est à dire qu’aujourd’hui, ton amie chômeuse peut se targuer d’être indépendante financièrement (elle ne te dit pas qu’elle se paie des vacances à Maurice tous les quatre matins, mais au final elle s’est rendue compte que ça ne faisait pas partie du top 5 de ses priorités) tout en ayant conservé jalousement le luxe du temps. Je travaille juste ce qu’il faut pour pouvoir me payer mon propre chômage. C’est alors que tu bondis et t’écries « la salope, elle n’est pas vraiment au chômage en fait ».

J’avance deux arguments pour ma défense :

- « Mon amie chômeuse à mi-temps », ou « mon amie chômeuse qui travaille quand même de temps en temps parce qu’il faut bien bouffer », c’était compliqué à mettre en place dans le bandeau d’introduction ;
- Comme je le disais plus haut, le chômage est pour moi l’occasion de prendre le temps de l’introspection et de la mise à jour d’envies profondes : j’en suis encore exactement là, et me sens 100% chômeuse à cet égard.

Dans la série des sujets un peu moins fun, je n’ai jamais parlé non plus de la hausse du nombre de chômeurs, de l’absurdité de considérer que nous sommes en sortie de crise alors qu’un million de chômeurs arrivent en fin de droits en 2010. Comment imaginer que ça se passe bien ?

Pendant les vacances, ton amie chômeuse a regardé Home, le film de Yann Arthus-Bertrand (qui a connu un meilleur sort au box-office que celui de Nicolas Hulot). On nous explique sans sourciller que la terre ne peut pas nourrir toute la population mondiale. Bon. Ton amie chômeuse a également regardé “les 20 ans du Zapping”, et s’est donc avalée des images de famines, de racisme, de guerres, d’étalement obscène des richesses, d’un monde où rien n’a de sens. C’est le principe de l’émission, je le connaissais, il n’empêche que j’en ai chialé. Nous est-il impossible, avec le nombre d’esprits brillants que compte la planète, de concevoir un système qui nourrisse l’ensemble de l’humanité ? Je n’y crois pas une seule seconde. Ça n’a simplement jamais été l’objectif. Les trois quarts des humains crèvent la dalle, et le dernier quart s’angoisse, avale des tranquillisants, et crève encore plus malheureux que les autres.

Dans ce contexte, repenser sa relation au travail, la considérer autrement que le moyen de capitaliser ou de définir une image sociale, je trouve que ça a du sens.

Ma résolution, c’est de ne plus me laisser emporter par la colère ou la peur. C’est de continuer à déconstruire sereinement, pour réfléchir plus librement, et pour ne plus me laisser affecter, par rien. Je veux être au plus simple de l’existence, comme un chat, ou une plante, ne plus être malade d’être en vie.

Ça, et arrêter la clope pour de bon. Ça va être tendu.

Info utile :
Toute proposition de renouvellement du papier à fleurs pour 2010 est la bienvenue

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Ton amie chômeuse a testé : la méditation sur le souffle

11 décembre 2009

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(Requête de Fanny)

Quand ton amie chômeuse s’est vue proposer un cours de méditation, elle s’est dit banco, c’est la fin de mes problèmes, on va enfin me donner la formule pour ne plus être esclave de mon agitation mentale, pour pouvoir reposer mon esprit aussi facilement que je repose mes jambes après une longue marche (si).

Première surprise, je croyais que le cours s’intitulait méditation  « par » le souffle et non « sur » le souffle. J’en avais déduit que se concentrer sur la respiration ne serait qu’un moyen comme un autre pour vider sa tête de toute pensée, mais non, le souffle était bien l’objet principal des préoccupations de l’homme qui avait pris place devant nous.

Il a commencé par se prosterner plusieurs fois devant l’autel bouddhiste du fond de la salle, saluant le Dalaï Lama d’un coup de tête amical sur le sol. Pendant ce temps-là, chacun vérifiait l’état de ses chaussettes et s’installait sur les coussins et matelas qui devaient accueillir notre méditation.

L’homme bouddhiste s’est assis en lotus. Je m’attendais à ce qu’il commence à parler en sanskrit, en aphorismes ou au moins en haïkus, mais il s’est plutôt révélé être le champion du monde de la comparaison (« c’est comme s’il y avait une fuite dans la maison, il y a forcément une origine »), du jeu de rôle (« on dirait qu’on serait tous des yogis de l’ancien temps ») et de l’anecdote plus ou moins fun (« la dernière fois une dame sortait de la méditation en disant, je me sens tout oxygénée ! » (…) « Mais c’est une interprétation de son mental cette oxygénation ! Elle n’en sait rien ! » (…)). Rien à voir avec Yoda donc.

L’homme bouddhiste nous a demandé de nous concentrer sur nos sensations : que ressent-on quand on inspire ? Merde alors, on ne va vraiment parler que de souffle pendant 1H30, me dis-je. Sauf qu’à force de persécuter les quelques braves qui tentaient une réponse, il nous a forcé à cesser d’intellectualiser le mécanisme pour retrouver la sensation physique pure. Au bout de quelques dizaines de minutes, on commence effectivement à prendre conscience du chemin effectué par l’air inspiré, on s’aperçoit que les côtes se gonflent, mais aussi le dos, les bras, jusque dans les jambes. Le corps entier est bercé par le ressac du souffle.

La séance a pris un virage certain quand nous nous sommes allongés : comme pendant la relaxation post-yoga, ton amie chômeuse s’est endormie à peu près 50 fois. Je me réveillais brutalement quand le guide (je ne sais pas comment l’appeler autrement) nous indiquait un changement de position, me désespérant de mon incapacité à faire la différence entre sieste et méditation. Si j’en crois la tête de certains de mes camarades en sortant de la pièce, je pense ne pas avoir été la seule à avoir confondu.

Au final, l’homme bouddhiste nous a encouragé à prendre conscience de notre respiration au cours de la journée, à nous octroyer quelques instants de détente par le souffle, en insistant bien sur la différence entre le sommeil et la relaxation. Ton amie chômeuse doit admettre qu’elle porte une attention différente à sa respiration depuis cette séance. En revanche, pour le calme de l’esprit et la voie de la sagesse, elle a bien conscience qu’il faudra repasser.

Info utile :
Centre Kalachakra - Centre de bouddhisme tibétain
5, passage Delessert - 75010 Paris
Tél/Fax : 01 40 05 02 22

http://www.centre-kalachakra.net/

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Ton amie chômeuse à deux doigts de devenir Bouddha

30 novembre 2009

bouddha

Cette semaine ami lecteur, deuxième volet des aventures de ton amie chômeuse dans ta télé et deuxième chantier existentiel : devenir une ascète.

Pas évident de rester zen en toute circonstance…

Ton amie chômeuse lance un grand jeu-concours : quelle chanson interprète la relou dans la vidéo suivante ? (Non parce que moi je trouve que c’est évident, mais certaines personnes ont la désobligeance de me faire savoir que “Ah bon ?!!! C’était ça ?! Mais on dirait pas du tout !” et mes rêves de Star Ac s’envolent une fois de plus…).

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Ton amie chômeuse a testé le yoga (enfin)

10 novembre 2009

kundalini_yogaTon amie chômeuse est entourée de yoginis (féminin de « yogi » semble-t-il) qui ne déconnent pas. J’ai habité plus de trois ans avec N. qui tous les matins saluait le soleil (avant même de me saluer moi). Je l’ai écoutée m’expliquer que la solution à mes maux de gorge était une posture à quatre pattes qui consiste à loucher en tirant la langue, j’ai bu ses infusions maison aux queues de cerise, je me suis nettoyée le nez à l’eau salée et j’ai appris à respirer comme Dark Vador avec elle.

Puis j’ai observé F. emprunter peu à peu le même chemin. Elle a dit merde au marketing et est entrain de devenir prof de yoga, autant dire que ton amie chômeuse est la première fan de sa démarche. F. m’a appris à faire la vague avec mon ventre : encore plus efficace que le célèbre remède café-clope.

Est-ce que cette proximité avec le yoga (jusque dans mon propre salon), m’a laissée penser que j’étais dispensée de le pratiquer moi-même ? Peut-être. Est-ce que le fait d’avoir vu mes amies dans des positions qui défient les lois du bon sens m’a fait peur ? Certainement. J’ai mis des années à m’inscrire à un cours de yoga, et je l’ai fait dans leurs dos à toutes les deux, comme une petite fille qui ne voudrait pas admettre qu’elle veut faire comme Papa et Maman (ou ici, Maman et Maman).

On a beau être prévenue, quand arrive un prof avec de longues dreadlocks blondes et un débardeur barré d’inscriptions en sanskrit (quoique c’était peut-être la traduction de « Nike », tout simplement), on sourit. Quand il commence à former un petit autel dans un coin de la pièce, avec des bougies, de l’encens et des photos, on se demande s’il déconne. Quand il dit  « c’est parti pour le ôm », on cherche du regard la porte de sortie .

Mais ton amie chômeuse n’allait pas se démonter pour si peu. Je me suis mise à chanter le ôm avec mes camarades, lequel est sorti tellement faux que j’ai d’abord soupçonné ma voisine d’avoir perdu l’ouïe dans sa transe, avant d’admettre que la dissonance venait de moi (et mes rêves de Nouvelle Star s’évanouirent dans les vapeurs d’encens…).

Après cette première incantation, on reste quelques instants en position du lotus, les yeux fermés et les mains jointes à hauteur de la poitrine, à surveiller sa respiration… On est contents, c’est bien comme ça que les brochures touristiques représentent la sérénité, on se dit qu’on est entrain de faire du yoga. Seulement attention ami lecteur, cette phase ne dure que quelques minutes, et ce qui suit, c’est du sport, je ne vois pas d’autres mots.

Au bout de la 14ème salutation sans s’arrêter, l’heure n’est plus aux petits sourires narquois, on commence à suer à grosses gouttes. Le prof ne s’arrête plus de saluer le soleil, la lune et tous leurs potes, il récite des prières, si ça se trouve il dit « bande de petits péteux vous allez en chier », on ne sait pas, personne ne parle sanskrit.

Même lorsque le rythme ralentit et qu’on se met à faire des postures dites « longues » (et elles le sont), c’est dur. Ton amie chômeuse a prévenu une première fois qu’elle avait mal aux poignets (qui soutenaient son dos et ses fesses dans une sorte de chandelle désarticulée très inconfortable) quand le prof a proposé de lever les jambes. À ce stade, j’étais rouge écarlate, je soufflais comme si j’étais entrain d’accoucher, et il était physiquement impossible de lever un orteil.

Le prof est venu se mettre devant moi, j’ai dit (ou plutôt j’ai braillé, je ne contrôlais plus rien) : « j’ai un mal de chien, mes poignets vont casser dans deux minutes ! », suivi de « pardon, j’ai parlé un peu fort ». Le prof a répondu en souriant « tu as raison, exprime-toi », et il m’a soutenu les jambes pendant quelques secondes, s’épargnant de justesse un cri qui lui aurait peut-être crevé un tympan.

Le lendemain, j’étais aussi courbaturée qu’après un déménagement : je tenais à mettre fin à la légende qui dit que le yoga est une discipline pépère. Ceci étant dit, j’ai trouvé ça génial. Après 10 minutes, j’étais complètement sous le charme de l’homme aux dreadlocks qui dégage tant de bienveillance et de calme qu’on a envie d’en avoir une version miniature en permanence dans la poche. Il détient aussi une sorte de pouvoir magique : lorsqu’il encourage à être dans « l’ici et maintenant » et à prendre conscience de son “appartenance au cosmos”, on n’a pas envie de se marrer mais plutôt d’aller prendre un arbre dans ses bras.

Et enfin, la séance de méditation finale m’a plongée dans un état quasi-mystique, j’ai rarement ressenti un tel bien-être à être simplement allongée sur un matelas dur qui sent la sueur, en me laissant guider par les mots d’un homme qui zozotte légèrement. Si bien que j’annonce dès aujourd’hui que je vais me plier à la requête de mon amie yogini et l’accompagner chez les bouddhistes perchés du Canal Saint-Martin dès que j’en aurai l’occasion.

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Ton amie chômeuse s’est brossée les dents avec du miel

3 novembre 2009

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(Requête de Mathias, regarde des reportages sur le miel à ses heures perdues)

L’ascète doit savoir se passer de certains produits de consommation inutiles ou dangereux, comme le masque capillaire, le rouge à lèvres made in Baleine ou même la crème hydratante, pourquoi pas. Mais ton amie chômeuse, qui nourrit depuis toute petite une véritable passion pour les dents, n’aurait jamais classé le dentifrice dans la liste des produits dispensables.

Avec sa requête en apparence anodine, mon client ne se doutait pas du trouble qu’il allait provoquer chez moi, qui vis avec un stock de brosses à dents caché dans un coin de la salle de bain, qui change de dentifrice avec autant de plaisir que d’autres changent de parfum, qui ai toujours une brosse à dents portable dans mon sac, et qui suis capable de décrire avec minutie les dentitions de toutes les personnes qui ont croisé mon chemin depuis le CP (« Mathilde ? Celle qui avait un écart de deux millimètres entre l’incisive 22 et la canine 23 ? »).

Ton amie chômeuse sait bien que c’est taré d’aller s’asseoir sur une minuscule chaise dans une salle d’attente peuplée d’enfants de 10 ans maximum pour entendre l’orthodontiste dire que tout va bien, mais c’est plus fort que moi, je la consulte aussi régulièrement que la psy. Les dents, chez moi, c’est sérieux.

Il semblerait donc que le miel possède des propriétés antibacteriennes naturelles et qu’il ait en plus le pouvoir de blanchir les dents. Avant de se lancer, tu penses bien que ton amie chômeuse est allée faire un tour sur Google. J’ai trouvé un article écrit d’une façon énigmatique («  Je me suis interrogé sur les propriétés antimicrobiennes de ce normal et la nourriture saine et ce que j’ai trouvé vraiment m’a étonné ! » ton amie chômeuse pense qu’il s’agit d’une traduction automatique), un débat houleux sur « se brosser les dents pendant le Ramadan : haram ou pas haram ? » (C’est OK tant qu’on avale pas : « Il est rapporté dans les traditions que le Prophète - paix et bénédictions sur lui - a été vu se brossant les dents plusieurs fois par jour alors qu’il jeûnait. »), des recettes à base de charbon végétal, de sel ou de citron, et enfin, quelques mentions des pouvoirs du miel sur les dents.

Les références ne sont pas très sérieuses, et plusieurs internautes soulèvent une objection bien naturelle : n’est-il pas paradoxal de se brosser les dents avec un aliment aussi cariogène (qui prend immédiatement la tête de mes mots préférés) ? Mais ton amie chômeuse est une gueu-din : je me suis emparée de mon meilleur miel et en ai tartiné ma brosse à dents, en me disant qu’au pire, j’en avais cinq autres qui attendaient dans le placard.

Le miel a imprégné les poils gentiment, et la brosse n’est pas restée collée au molaires au moment de la mise en bouche. La pâte se dissout immédiatement, on a vite l’impression d’être entrain de se gargariser avec du sirop pour la gorge, et évidemment, ça ne mousse pas. Après rinçage, on a effectivement une sensation dents propres, mais je ne peux pas garantir que ce n’est pas à cause de l’effet mécanique du brossage.

Pour ce qui est des dents blanches, le miracle n’a pas vraiment opéré. D’après les internautes, il faut mélanger le miel avec du charbon végétal pour obtenir un meilleur effet, et ton amie chômeuse n’a pas ça dans son escarcelle. En revanche, le goût de sucre est très persistant, et admettons-le, assez anxiogène. L’expérience est moyennement concluante puisque j’ai remis ça une heure après avec du Fluocaril. Si j’ai des caries, je trouverai où habite mon client et le forcerai à se frotter les gencives avec des clous de girofle.

Liens et infos utiles :

Merci à Patrick l’étoile de mer d’avoir prêté son image à l’illustration de ce billet

L’article en langue bizarre : www.fruitymag.com

“Pour avoir un sourire éclatant, mélangez du miel liquide avec du charbon végétal et brossez-vous énergiquement les dents. Vous aurez bientôt un sourire de star.”
Source : www.la-cuisine-marocaine.com

Débat : Haram pas haram de se brosser les dents pendant le ramadan ?

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Ton amie chômeuse a fait un footing au parc du Luxembourg

20 septembre 2009

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(Requête de  Georges, qui n’a ni le temps, ni le courage, mais a entendu dire que c’était un parfait observatoire de la faune parisienne)

La requête de Georges a ravivé les souvenirs de ton amie chômeuse : au lycée, le prof de sport nous emmenait courir au jardin du Luxembourg.  À l’époque, je me cachais dans les talus pour échapper à ce que je considérais déjà comme une torture. Mais si je n’ai jamais été un modèle d’endurance, je suis en revanche persévérante et tenace, et j’ai déjà tenté de briser la malédiction de la course à pieds à plusieurs reprises.

Quand je vivais à Londres, j’avais même fait l’acquisition d’un mini short vert de toute beauté pour me motiver. Je n’ai jamais compris pourquoi, mais des enfants se sont mis à me poursuivre dans le parc en me jetant des cailloux, ce qui m’a rapidement conduite à l’abandon. De retour à Paris, j’ai réitéré l’expérience avec plus ou moins de succès (vue qui se brouille, début de migraine, envie de mourir).

Comme ces menues difficultés ne suffisent pas à justifier un refus de requête, j’ai ressorti le short vert, et je suis retournée au Luxembourg comme une brave. L’objectif n’étant pas de ne rencontrer que des amis chômeurs en goguette, j’y suis allée un dimanche.

Courir au Luxembourg, c’est comme faire un tour du monde (parisien) en accéléré. Défilent tour à tour : une fanfare, des enfants sur des poneys, des vieux qui jouent aux échecs, un verger,  des jeunes qui jouent de la guitare, une expo sur le mur de Berlin, des moyen-vieux qui font des arts martiaux étranges avec des épées en bois, des jeunes qui jouent au tennis, le Sénat, des très très jeunes qui se bécotent, des sculptures, des enfants qui font naviguer des petits bateaux à voile, des palmiers, des vieux qui jouent à la pétanque, des gens de tout âge qui bouquinent devant les fontaines. Et bien sûr, des coureurs. Je dois admettre que j’ai eu l’impression de ne pas me trouver dans mon camp naturel, et j’aurais bien troqué mon short contre un bouquin et une chaise inclinée.

À cause des symptômes décrits plus haut, j’ai terminé mon second tour en marchant (pour info, le jardin fait 224 500 m², alors camembert), mais en conservant une légitimité grâce à des pauses étirements et des grands moulinets avec les bras. Les autres coureurs ne m’ont pas adressé un regard, et je crains que le fantasme de la rencontre au coin d’un marronnier nécessite 1/ une assiduité irréprochable 2/ un niveau légèrement supérieur au mien. Peut-être que si j’étais restée dans mon camp, à savoir celui des glandeurs, j’aurais pu entamer quelques discussions sur des sujets que je connais (comme la glande). En tout cas, quel endroit agréable que ce jardin… On aurait presque l’impression que les Parisiens sont sympa et qu’il fait bon vivre dans la capitale.

Lien utile :
Jardin du Luxembourg sur Wikipedia

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Ton amie chômeuse a testé : le golf

2 septembre 2009

golf

(Requête de Chris, et oui, je classe cet article dans “Devenir une ascète” parce que je suis si loin de l’ascèse en ce moment que je me rassure comme je peux, et après tout, le golf, c’est du sport, et le sport c’est de l’ascèse, CQFD).

Le problème de ton amie chômeuse, c’est que pour répondre à certaines requêtes, elle doit parfois sévèrement se remettre à niveau. Quand Chris m’a demandé si je pouvais tester des parcours de golf pour lui, j’ai bien dû lui avouer que l’idée de ce sport ne m’avait jamais effleuré. Il m’a répondu qu’il n’était pas pressé et m’a donné une adresse où je pourrais m’essayer au « practice » et au « putting green ». J’ai dit bon.

Ceux qui s’y connaissent m’ont déconseillé de porter mes grosses Nike jaunes et grises. Apparemment, les initiales GOLF signifient Gentlemen Only Ladies Forbidden, et il faut que je montre ma reconnaissance d’être autorisée à jouer malgré ma répugnante condition féminine en revêtant mes plus beaux atours. Bon (again).

Fausse alerte : les pouilleux qui en sont encore au stade de l’entraînement ne sont pas obligés de se déguiser, la tenue correcte n’étant exigée que sur le parcours. Sur le practice, l’ambiance est détendue, on ricane gentiment quand on voit ses voisins manquer la balle et faire des pirouettes à la Surya Bonaly (l’idole de ma jeunesse). Ton amie chômeuse a même laissé échapper quelques jurons très grossiers qui n’ont eu l’air d’offusquer personne, bref, tout allait bien.

Il y a ceux dont le club rageur emporte un morceau de tapis à chaque swing, ceux qui disent « comme ça ? » et qui effectuent un geste parfaitement maitrisé dès le 1er coup, envoyant la balle loin par-dessus les arbres avec un petit « poc » élégant, il y a ceux qui pensent avoir propulsé la balle au-delà de leur champ de vision alors qu’elle a piteusement roulé à leurs pieds… Tout ce petit monde cohabite gaiement, on a presque du mal à croire que ce sport ait un jour été raciste de tout ce qui n’était pas masculin, blanc, et propre sur lui.

Pour ton amie chômeuse, les choses se sont gâtées en arrivant au « putting green ».  A priori, le concept avait pourtant tout pour me séduire : il s’agit d’une sorte de mini-golf où l’on tape doucement et avec précision pour faire rentrer la balle dans le trou. L’absence des sympathiques champignons géants et loopings qui font l’attrait du mini-golf est compensée par une pelouse absolument impeccable qui donne irrésistiblement envie de se rouler dessus. Mais voilà, au putting green, les gens déguisés en chic rôdent, et l’on sent bien que ce n’est ni le lieu ni l’endroit pour communier avec la nature.

Et d’ailleurs, à bien y regarder, l’endroit n’a strictement rien de naturel : le cygne qui vogue paisiblement sur le lac décrit des cercles parfaits, le petit vieux qui tape dans ses balles le fait avec la régularité d’un métronome, tous les sons sont étouffés par la pelouse/moquette… Ton amie chômeuse a commencé à avoir l’impression d’être a/défoncée, ou b/dans un jeu type eXistenZ.

Cette ambiance feutrée a même fini par me donner la nausée, et j’ai pensé à ce que m’avait dit un jour une guide-conférencière à l’Ircam (l’institution dediée à la recherche musicale à côté du musée Pompidou). Le centre possède une salle qui ressemble à une boîte d’œufs très sophistiquée et qui a la particularité d’être « anéchoique »,  c’est à dire que n’y résonne pas le plus petit écho. Cette femme m’avait appris que l’absence totale de réverbération sonore pouvait provoquer une désorientation totale qui rendait malades certaines personnes.

Peut-être est-ce le caractère anéchoique du terrain de golf qui m’a mise si male à l’aise (pour info mon oreille interne est certes un peu détraquée et je ne tiens pas 10 minutes sur une péniche, même à l’arrêt), mais j’ai trouvé que ce calme avait quelque chose de diabolique. Je crois que je vais proposer à Chris de tester les piscines parisiennes, plutôt.

Lien utile :
Le golf Pont-Royal, diaboliquement beau.

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Ton amie chômeuse a tenté les cours de Pilates

15 juillet 2009

pilates

(Requête de Gwenaelle, la posturologue)

Ami lecteur, si tu décides à suivre un cours de Pilates, tu as intérêt à avoir quelques phrases toute prêtes pour expliquer à ton entourage de quoi il s’agit. Car si la discipline est très connue aux Etats-Unis (elle est même pratiquée par Julia, la femme du Dr McNamara dans Nip/Tuck, c’est dire), elle l’est beaucoup moins en France. Je te livre donc ma propre définition toute faite : il s’agit d’une pratique de rééducation inventée par le Dr Pilates (rien à voir avec Ponce, attends-toi à cette blague ami lecteur) pour que les accidentés puissent à nouveau faire des choses aussi utiles que se tenir assis, marcher ou lever un bras (deux pour les plus téméraires). Pour nous qui avons la chance de faire ses gestes quotidiennement, cela signifie que l’on va muscler notre corps très en profondeur pour apprendre à bien nous tenir en toute circonstance, et ça n’a l’air de rien comme ça, mais ce n’est pas une mince affaire.

C’est une posturologue (et oui, ça existe) qui m’a montré à quel point j’étais déséquilibrée, voire mal foutue, moi qui croyais n’avoir qu’une ressemblance lointaine avec Quasimodo. Elle m’a expliqué que j’avais une jambe plus courte que l’autre, les genoux en dedans, les pieds presque plats, les épaules désaxées et la tête légèrement penchée sur le côté. J’étais à deux doigts de dire « toi-même » en claquant la porte. Elle m’a ensuite demandé si le docteur avait fait usage de forceps à ma naissance (« euh… oui »), et si je souffrais de migraines (« ah bah oui »). Avant de me conseiller de m’adonner au Pilates, elle m’a assuré que tout le monde avait des problèmes de posture, alors inutile de faire le malin en disant que ton amie chômeuse est de traviole.

Le Pilates présente de nombreux points communs avec le yoga, mais ressemble aussi beaucoup aux exercices pratiqués par Jane Fonda, ce qui en fait selon moi le compromis idéal entre spiritualité et souci du résultat plastique. Ce sont souvent par des exercices de respiration que les cours débutent. On passe ensuite quelques minutes à apprendre à placer son bassin en position « neutre », c’est à dire très légèrement cambré. Il faudra conserver cette position et surveiller sa respiration pendant toute la durée du cours, et c’est bien là que réside toute la subtilité. Faites les exercices en donnant de grands coups de reins ou en restant en apnée, et le Pilates perd la totalité de son intérêt. Un bon prof de Pilates se reconnaît à sa faculté à démasquer les flemmards (qui à force de respirer calmement s’endorment pour de bon) et les bourrins (qui sont là pour mouiller le maillot nom de Dieu).

Abdominaux, étirements des jambes et des bras, travail du dos… rien de très original, on ne se retrouve jamais à ne pas savoir où est la tête et où est le cul comme ça peut arriver en yoga. Le lendemain d’un cours de Pilates, on ne souffre pas vraiment de courbatures, mais on a l’impression d’avoir gagné deux centimètres.

Pour ceux qui deviennent fan (c’est complètement le cas de ton amie chômeuse), le Pilates peut se pratiquer au sol (comme la barre) mais également :
- sur un gros ballon en plastique, c’est le Pilates Ball
- avec l’aide d’une machine assez terrifiante que l’on appelle le Pilates Wall Unit qui étire les muscles à grand renfort de ressorts (très efficace, mais alors on a vraiment l’impression d’être en rééducation à l’hôpital pour le coup).

L’inconvénient du Pilates est double et je l’exposerai comme suit : c’est très cher et les bons profs sont rares. Ton amie chômeuse te livre sa sélection d’adresses un peu plus bas, et te conseille vivement de choisir les cours les moins fréquentés pour un jouir d’un suivi personnalisé (si ton patron est quelqu’un d’ouvert, le mardi à 11h, par exemple, c’est pas mal).

Liens utiles :
Le Centre des Arts vivants
4 rue Bréguet
75011 Paris
01 55 28 84 00
122 € les 10 cours
Le moins cher trouvé jusqu’ici, mais depuis que Cristina est retournée à NYC, ce n’est plus pareil.

La salle à Paris
3 rue de la Pierre Levée
75011 Paris

01 43 38 14 52
145 € les 10 cours
Le meilleur rapport qualité / prix trouvé jusqu’ici.

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Ton amie chômeuse se demande “comment gagner sa vie tout en étant fier d’œuvrer pour l’humanité”

2 juillet 2009

bebephoque

(Requête de Yann, futur chômeur, mazel tov)

Parfois, ton amie chômeuse reçoit des sacrées requêtes, sur des sujets qui pourraient faire l’objet d’une thèse de 1500 pages. Pour quelqu’un qui n’a jamais réussi à terminer son mémoire de dernière année, c’est la tuile. Mais j’ai quand même eu envie de lancer le débat, parce que je trouve que c’est intéressant (et aussi parce que c’est mon site et que je fais ce que je veux).

« Gagner sa vie tout en étant fier d’œuvrer pour l’humanité », je pense que c’est un débat intérieur assez commun. Dois-je passer mes journées à sensibiliser les gens à la cause des bébés phoques pour pas un rond, ou dois-je devenir trader ? Il y a un petit pourcentage de personnes pour qui le dilemme n’existe pas et qui fonce tête baissée vers la banque ou la banquise. Ceux qui n’ont pas de convictions aussi fortes essaient de trouver une troisième voie :

- Trader la semaine et bébé phoque le week-end : avec le risque de devenir un petit peu schizophrène, mais on a rien sans rien.
- Travailler dans une ONG, pas en tant que bénévole, mais en tant que salarié. Car même Nicolas Hulot a besoin d’un expert-comptable, et ‘Action contre la faim’ a une équipe marketing aussi professionnelle que celles de Procter & Gamble. L’écueil que je vois, c’est la déception, et une déception proportionnelle à l’espoir de paix intérieure que l’on peut associer à un tel boulot. On pensait œuvrer au bien de l’humanité, et on se retrouve à se demander laquelle des ces photos de petits africains décharnés fera le plus d’effet à la ménagère et potentielle donatrice. On se console en se disant que c’est de la manipulation à fins utiles, et on évite de penser aux problèmes qui accompagnent nécessairement l’aide humanitaire (l’ingérence, le maintien de systèmes politiques totalitaires, une certaine  forme de néo-colonialisme, etc.).

C’est compliqué. Ton amie chômeuse a travaillé chez L’Oréal. Alors on peut se dire que ce n’est tout de même pas de la vente d’arme, au pire on serait responsable de quelques cas d’allergie à une crème contour des yeux, mais pas de la mort de milliers de personnes comme dans Lord of War. Mais on peut aussi penser que conquérir le marché chinois, ce n’est pas un objectif très louable. Toutes ces chinoises qui se remettent à peine de la révolution culturelle ont sans doute d’autres priorités que celle de prendre soin de leur grain de peau, on leur martèle qu’elles ne seront pas de vraies femmes tant qu’elles n’auront pas de crème de jour : est-ce vraiment anodin ? Alors évidemment, quand on commence à se poser des questions pareilles, on se retrouve vite à ne plus rien faire du tout (ce n’est pas pour rien que ton amie chômeuse est chômeuse).

Au final, je pense qu’œuvrer au bien de l’humanité est une tache bien trop ambitieuse. Ceux qui sont allés très loin dans la démarche se sont retrouvés à envoyer des gens au goulag, pour le bien de l’espèce. Pourtant je trouve dommage et bien trop cynique d’abandonner complètement cette idée. Peut-être qu’une façon raisonnable de s’y atteler, ce serait d’œuvrer au bien de soi-même ? Dans l’univers professionnel, ça signifierait trouver un équilibre qui nous convienne à nous, se sentir à l’aise avec ce que l’on fait, ou au moins suffisamment serein pour ne pas répondre « je suis banquier et je t’emmerde » quand on nous demande notre métier. Peut-être que ça vaut quand même la peine d’éviter les domaines les plus difficiles à assumer (tueur à gage, proxénète, marchand d’armes, trafiquant de drogue, présentateur télé, etc.). Mais en gardant simplement en tête que c’est plus sympa de ne pas prendre les autres pour des cons, en essayant d’être en accord avec soi-même, peut-être que l’on contribue au bien de l’humanité chacun à notre petit niveau, quelle que soit l’activité qu’on exerce.

Infos (moyennement) utiles :
> Ton amie chômeuse est prise d’un doute quant à la clarté de ses propos, et espère qu’on ne va pas penser qu’elle est membre du Cirque du Soleil.
> Ton amie chômeuse remercie Marine d’avoir écrit un mémoire sur ‘Action contre la faim’ (car elle a fini, elle).
> Ton amie chômeuse se rend compte qu’elle pousse un peu les limites de sa catégorie “Devenir une ascète”, mais trouve que la sérénité fait partie de l’ascèse finalement, et que c’est bien de ça dont il s’agit.

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