Archive pour novembre 2009

Ton amie chômeuse à deux doigts de devenir Bouddha

Lundi 30 novembre 2009

bouddha

Cette semaine ami lecteur, deuxième volet des aventures de ton amie chômeuse dans ta télé et deuxième chantier existentiel : devenir une ascète.

Pas évident de rester zen en toute circonstance…

Ton amie chômeuse lance un grand jeu-concours : quelle chanson interprète la relou dans la vidéo suivante ? (Non parce que moi je trouve que c’est évident, mais certaines personnes ont la désobligeance de me faire savoir que “Ah bon ?!!! C’était ça ?! Mais on dirait pas du tout !” et mes rêves de Star Ac s’envolent une fois de plus…).

Ton amie chômeuse a testé le yoga (enfin)

Mardi 10 novembre 2009

kundalini_yogaTon amie chômeuse est entourée de yoginis (féminin de « yogi » semble-t-il) qui ne déconnent pas. J’ai habité plus de trois ans avec N. qui tous les matins saluait le soleil (avant même de me saluer moi). Je l’ai écoutée m’expliquer que la solution à mes maux de gorge était une posture à quatre pattes qui consiste à loucher en tirant la langue, j’ai bu ses infusions maison aux queues de cerise, je me suis nettoyée le nez à l’eau salée et j’ai appris à respirer comme Dark Vador avec elle.

Puis j’ai observé F. emprunter peu à peu le même chemin. Elle a dit merde au marketing et est entrain de devenir prof de yoga, autant dire que ton amie chômeuse est la première fan de sa démarche. F. m’a appris à faire la vague avec mon ventre : encore plus efficace que le célèbre remède café-clope.

Est-ce que cette proximité avec le yoga (jusque dans mon propre salon), m’a laissée penser que j’étais dispensée de le pratiquer moi-même ? Peut-être. Est-ce que le fait d’avoir vu mes amies dans des positions qui défient les lois du bon sens m’a fait peur ? Certainement. J’ai mis des années à m’inscrire à un cours de yoga, et je l’ai fait dans leurs dos à toutes les deux, comme une petite fille qui ne voudrait pas admettre qu’elle veut faire comme Papa et Maman (ou ici, Maman et Maman).

On a beau être prévenue, quand arrive un prof avec de longues dreadlocks blondes et un débardeur barré d’inscriptions en sanskrit (quoique c’était peut-être la traduction de « Nike », tout simplement), on sourit. Quand il commence à former un petit autel dans un coin de la pièce, avec des bougies, de l’encens et des photos, on se demande s’il déconne. Quand il dit  « c’est parti pour le ôm », on cherche du regard la porte de sortie .

Mais ton amie chômeuse n’allait pas se démonter pour si peu. Je me suis mise à chanter le ôm avec mes camarades, lequel est sorti tellement faux que j’ai d’abord soupçonné ma voisine d’avoir perdu l’ouïe dans sa transe, avant d’admettre que la dissonance venait de moi (et mes rêves de Nouvelle Star s’évanouirent dans les vapeurs d’encens…).

Après cette première incantation, on reste quelques instants en position du lotus, les yeux fermés et les mains jointes à hauteur de la poitrine, à surveiller sa respiration… On est contents, c’est bien comme ça que les brochures touristiques représentent la sérénité, on se dit qu’on est entrain de faire du yoga. Seulement attention ami lecteur, cette phase ne dure que quelques minutes, et ce qui suit, c’est du sport, je ne vois pas d’autres mots.

Au bout de la 14ème salutation sans s’arrêter, l’heure n’est plus aux petits sourires narquois, on commence à suer à grosses gouttes. Le prof ne s’arrête plus de saluer le soleil, la lune et tous leurs potes, il récite des prières, si ça se trouve il dit « bande de petits péteux vous allez en chier », on ne sait pas, personne ne parle sanskrit.

Même lorsque le rythme ralentit et qu’on se met à faire des postures dites « longues » (et elles le sont), c’est dur. Ton amie chômeuse a prévenu une première fois qu’elle avait mal aux poignets (qui soutenaient son dos et ses fesses dans une sorte de chandelle désarticulée très inconfortable) quand le prof a proposé de lever les jambes. À ce stade, j’étais rouge écarlate, je soufflais comme si j’étais entrain d’accoucher, et il était physiquement impossible de lever un orteil.

Le prof est venu se mettre devant moi, j’ai dit (ou plutôt j’ai braillé, je ne contrôlais plus rien) : « j’ai un mal de chien, mes poignets vont casser dans deux minutes ! », suivi de « pardon, j’ai parlé un peu fort ». Le prof a répondu en souriant « tu as raison, exprime-toi », et il m’a soutenu les jambes pendant quelques secondes, s’épargnant de justesse un cri qui lui aurait peut-être crevé un tympan.

Le lendemain, j’étais aussi courbaturée qu’après un déménagement : je tenais à mettre fin à la légende qui dit que le yoga est une discipline pépère. Ceci étant dit, j’ai trouvé ça génial. Après 10 minutes, j’étais complètement sous le charme de l’homme aux dreadlocks qui dégage tant de bienveillance et de calme qu’on a envie d’en avoir une version miniature en permanence dans la poche. Il détient aussi une sorte de pouvoir magique : lorsqu’il encourage à être dans « l’ici et maintenant » et à prendre conscience de son “appartenance au cosmos”, on n’a pas envie de se marrer mais plutôt d’aller prendre un arbre dans ses bras.

Et enfin, la séance de méditation finale m’a plongée dans un état quasi-mystique, j’ai rarement ressenti un tel bien-être à être simplement allongée sur un matelas dur qui sent la sueur, en me laissant guider par les mots d’un homme qui zozotte légèrement. Si bien que j’annonce dès aujourd’hui que je vais me plier à la requête de mon amie yogini et l’accompagner chez les bouddhistes perchés du Canal Saint-Martin dès que j’en aurai l’occasion.

Ton amie chômeuse s’est brossée les dents avec du miel

Mardi 3 novembre 2009

patrick1

(Requête de Mathias, regarde des reportages sur le miel à ses heures perdues)

L’ascète doit savoir se passer de certains produits de consommation inutiles ou dangereux, comme le masque capillaire, le rouge à lèvres made in Baleine ou même la crème hydratante, pourquoi pas. Mais ton amie chômeuse, qui nourrit depuis toute petite une véritable passion pour les dents, n’aurait jamais classé le dentifrice dans la liste des produits dispensables.

Avec sa requête en apparence anodine, mon client ne se doutait pas du trouble qu’il allait provoquer chez moi, qui vis avec un stock de brosses à dents caché dans un coin de la salle de bain, qui change de dentifrice avec autant de plaisir que d’autres changent de parfum, qui ai toujours une brosse à dents portable dans mon sac, et qui suis capable de décrire avec minutie les dentitions de toutes les personnes qui ont croisé mon chemin depuis le CP (« Mathilde ? Celle qui avait un écart de deux millimètres entre l’incisive 22 et la canine 23 ? »).

Ton amie chômeuse sait bien que c’est taré d’aller s’asseoir sur une minuscule chaise dans une salle d’attente peuplée d’enfants de 10 ans maximum pour entendre l’orthodontiste dire que tout va bien, mais c’est plus fort que moi, je la consulte aussi régulièrement que la psy. Les dents, chez moi, c’est sérieux.

Il semblerait donc que le miel possède des propriétés antibacteriennes naturelles et qu’il ait en plus le pouvoir de blanchir les dents. Avant de se lancer, tu penses bien que ton amie chômeuse est allée faire un tour sur Google. J’ai trouvé un article écrit d’une façon énigmatique («  Je me suis interrogé sur les propriétés antimicrobiennes de ce normal et la nourriture saine et ce que j’ai trouvé vraiment m’a étonné ! » ton amie chômeuse pense qu’il s’agit d’une traduction automatique), un débat houleux sur « se brosser les dents pendant le Ramadan : haram ou pas haram ? » (C’est OK tant qu’on avale pas : « Il est rapporté dans les traditions que le Prophète - paix et bénédictions sur lui - a été vu se brossant les dents plusieurs fois par jour alors qu’il jeûnait. »), des recettes à base de charbon végétal, de sel ou de citron, et enfin, quelques mentions des pouvoirs du miel sur les dents.

Les références ne sont pas très sérieuses, et plusieurs internautes soulèvent une objection bien naturelle : n’est-il pas paradoxal de se brosser les dents avec un aliment aussi cariogène (qui prend immédiatement la tête de mes mots préférés) ? Mais ton amie chômeuse est une gueu-din : je me suis emparée de mon meilleur miel et en ai tartiné ma brosse à dents, en me disant qu’au pire, j’en avais cinq autres qui attendaient dans le placard.

Le miel a imprégné les poils gentiment, et la brosse n’est pas restée collée au molaires au moment de la mise en bouche. La pâte se dissout immédiatement, on a vite l’impression d’être entrain de se gargariser avec du sirop pour la gorge, et évidemment, ça ne mousse pas. Après rinçage, on a effectivement une sensation dents propres, mais je ne peux pas garantir que ce n’est pas à cause de l’effet mécanique du brossage.

Pour ce qui est des dents blanches, le miracle n’a pas vraiment opéré. D’après les internautes, il faut mélanger le miel avec du charbon végétal pour obtenir un meilleur effet, et ton amie chômeuse n’a pas ça dans son escarcelle. En revanche, le goût de sucre est très persistant, et admettons-le, assez anxiogène. L’expérience est moyennement concluante puisque j’ai remis ça une heure après avec du Fluocaril. Si j’ai des caries, je trouverai où habite mon client et le forcerai à se frotter les gencives avec des clous de girofle.

Liens et infos utiles :

Merci à Patrick l’étoile de mer d’avoir prêté son image à l’illustration de ce billet

L’article en langue bizarre : www.fruitymag.com

“Pour avoir un sourire éclatant, mélangez du miel liquide avec du charbon végétal et brossez-vous énergiquement les dents. Vous aurez bientôt un sourire de star.”
Source : www.la-cuisine-marocaine.com

Débat : Haram pas haram de se brosser les dents pendant le ramadan ?