Archive pour janvier 2010

Ton amie chômeuse a testé le shiatsu

Mercredi 20 janvier 2010

shiatsu-ffst

(Requête de Chris, pas le temps de faire usage de son « Coffret découverte Zen »)

Ami lecteur, tu as sans doute été maintes fois tenté par l’achat d’une SmartBox. Mais si, tu sais, ces coffrets à offrir qui permettent de choisir parmi des centaines d’activités, et qui t’évitent de réfléchir à ce que tu vas bien pouvoir refourguer à Jean-François pour ses 30 ans (qu’est-ce que t’en sais de ses goûts, ça fait 2 ans que vous vous êtes pas vus).

Du bénéfice d’être l’amie chômeuse : quand mon client s’est rendu compte qu’il n’aurait pas le temps de faire usage de sa box « Découverte Zen » avant la date de péremption, il me l’a donnée (« tiens c’est valable encore 10 jours… Tu devrais trouver un moyen d’y aller toi (puisque t’as rien à foutre) »).

Et bien ce n’était pas si simple, et ton amie chômeuse a dû s’armer de patience. La plupart des numéros sélectionnés sonnait dans le vide, d’autres étaient vraisemblablement erronés (« Charcuterie Bernard, j’écoute ? » « Euh… Vous ne faites pas de massages californiens ? »). Je n’ai pas compté le nombre de sites Internet inconnus au bataillon et d’instituts ne figurant pas dans les Pages Jaunes. Je suis même tombée sur une masseuse à domicile qui m’a expliqué un peu nerveusement qu’elle ne “travaillait pas avec les coffrets zen découverte” et qu’elle ne comprenait pas pourquoi elle y figurait. Allons bon, me dis-je.

J’étais à deux doigts de faire usage de mon temps libre pour rédiger une lettre de réclamation quand je suis tombée sur Marc Shiatsu. Le contact était un numéro de portable, d’habitude je n’aime pas ça, mais j’étais en mode « rien à perdre ». Bingo, Marc Shiatsu m’a donné un rendez-vous immédiatement.

Cet homme est la personnification de la gentillesse et de la patience. Il entame un long dialogue pour en savoir plus sur mon état général. C’est alors que j’apprends que j’ai affaire à un ancien dentiste : il gagne immédiatement ma sympathie et ma confiance (cf. ma passion pour les dents) et se livre à un diagnostic assez précis de ma mâchoire et de mon occlusion ; ton amie chômeuse est déjà en kiffe.

Ensuite, nous passons dans la pièce dédiée aux massages. Le shiatsu est une pratique venue du Japon et issue de la médecine traditionnelle chinoise. Il vise à rétablir l’équilibre énergétique, et en ce sens on peut le rapprocher de l’acupuncture, qui agit elle aussi sur des points clé de circulation d’énergie dans le corps. Sauf qu’en acupuncture, on se retrouve vite en Saint-Sebastien du bien-être, transpercé par une multitude de petites aiguilles, alors qu’en shiatsu, la pratique s’apparente en tout point à un massage : ton amie chômeuse a eu vite fait de choisir son camp.

Tu ne seras pas étonné d’apprendre que je me suis un petit peu endormie (cf. problème d’endormissement intempestif, ici et même ici), ce qui prouve que la partie détente est bien au rendez-vous. Pour la partie circulation de l’énergie, le praticien agit par pressions sur tout le corps et déclenche de drôles de sensation, on comprend qu’il est entrain de titiller des canaux qui n’ont pas l’habitude d’être sollicités. Pour ma part, il semblerait que le méridien de la rate soit en cruel déficit (j’en étais sûre). On sort de là aussi détendue qu’après une séance de hammam, et avec la sensation d’avoir fait un geste vers le corps, cet inconnu.

Ton amie chômeuse ne manquera pas de donner des nouvelles de son méridien de la rate et te fait gagner du temps, à toi, comme à Jean-François, et vous encourage à aller directement vous étaler les bras en croix sur le tatami, sans passer par la case Coffret Découverte.

Infos utiles :

shiatsumarc@free.fr
06 10 57 09 38
www.shiatsu-marc.com

Il pratique ici :
KALIMA bien-être
47 rue du rendez-vous
75012
Et ici :
L’ORCHIDEE
11 bis rue Eugène Jumin
75019

Ton amie chômeuse fait le bilan

Lundi 4 janvier 2010

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(Requête de tout le monde, semble-t-il)

Puisque nous sommes en janvier, période où messages créatifs (et affectueux) affluent dans nos boîtes mail, mais aussi moment propice aux bilans et aux résolutions, ton amie chômeuse va se livrer à l’exercice, pour une fois.

Ami lecteur, tu ne le sais peut-être pas, mais tu assistes à une mue sous forme de quête : tu es le témoin nullement passif de la transformation de ton amie chômeuse. Tu t’en tamponnes, tu as raison, je m’en vais néanmoins t’expliquer ce qui se joue ici, sur fond de papier à fleurs (cf. appel à propositions dans “Info utile” plus bas).

Depuis les débuts de Mon amie chômeuse, il y a neuf mois, j’essaie de me débarrasser de ce qui paraissait devoir être structurant pour ma vie pour mettre à jour des schémas plus sincères et plus justes. Il s’agit donc de déconstruire l’évidence, d’effeuiller l’oignon, de retirer les couches successives de merde qui se sont accumulées avec les années et qui ont fait que je suis arrivée à un âge dit adulte sans savoir comment je m’appelais, sans avoir la plus petite idée de ce qui me fait avancer et sans connaître mes goûts.

Ton amie chômeuse a commencé le chantier par le volet travail, qu’elle a tellement bien déconstruit qu’elle s’est retrouvée au chômage avec aucune envie de remédier au problème. Bon. Tu auras noté ami lecteur que jamais au cours de mes billets je n’ai évoqué une quelconque recherche d’emploi, et que je suis restée discrète sur les questions de « comment diable vais-je payer mon loyer ».

À mesure que les mois passaient, j’affinais mes idées sur ce que je ne voulais plus faire (il faut bien commencer quelque part), et crois-le ou non, de petites missions totalement ingrates en rencontres plus fructueuses, j’ai fini par trouver un équilibre. C’est à dire qu’aujourd’hui, ton amie chômeuse peut se targuer d’être indépendante financièrement (elle ne te dit pas qu’elle se paie des vacances à Maurice tous les quatre matins, mais au final elle s’est rendue compte que ça ne faisait pas partie du top 5 de ses priorités) tout en ayant conservé jalousement le luxe du temps. Je travaille juste ce qu’il faut pour pouvoir me payer mon propre chômage. C’est alors que tu bondis et t’écries « la salope, elle n’est pas vraiment au chômage en fait ».

J’avance deux arguments pour ma défense :

- « Mon amie chômeuse à mi-temps », ou « mon amie chômeuse qui travaille quand même de temps en temps parce qu’il faut bien bouffer », c’était compliqué à mettre en place dans le bandeau d’introduction ;
- Comme je le disais plus haut, le chômage est pour moi l’occasion de prendre le temps de l’introspection et de la mise à jour d’envies profondes : j’en suis encore exactement là, et me sens 100% chômeuse à cet égard.

Dans la série des sujets un peu moins fun, je n’ai jamais parlé non plus de la hausse du nombre de chômeurs, de l’absurdité de considérer que nous sommes en sortie de crise alors qu’un million de chômeurs arrivent en fin de droits en 2010. Comment imaginer que ça se passe bien ?

Pendant les vacances, ton amie chômeuse a regardé Home, le film de Yann Arthus-Bertrand (qui a connu un meilleur sort au box-office que celui de Nicolas Hulot). On nous explique sans sourciller que la terre ne peut pas nourrir toute la population mondiale. Bon. Ton amie chômeuse a également regardé “les 20 ans du Zapping”, et s’est donc avalée des images de famines, de racisme, de guerres, d’étalement obscène des richesses, d’un monde où rien n’a de sens. C’est le principe de l’émission, je le connaissais, il n’empêche que j’en ai chialé. Nous est-il impossible, avec le nombre d’esprits brillants que compte la planète, de concevoir un système qui nourrisse l’ensemble de l’humanité ? Je n’y crois pas une seule seconde. Ça n’a simplement jamais été l’objectif. Les trois quarts des humains crèvent la dalle, et le dernier quart s’angoisse, avale des tranquillisants, et crève encore plus malheureux que les autres.

Dans ce contexte, repenser sa relation au travail, la considérer autrement que le moyen de capitaliser ou de définir une image sociale, je trouve que ça a du sens.

Ma résolution, c’est de ne plus me laisser emporter par la colère ou la peur. C’est de continuer à déconstruire sereinement, pour réfléchir plus librement, et pour ne plus me laisser affecter, par rien. Je veux être au plus simple de l’existence, comme un chat, ou une plante, ne plus être malade d’être en vie.

Ça, et arrêter la clope pour de bon. Ça va être tendu.

Info utile :
Toute proposition de renouvellement du papier à fleurs pour 2010 est la bienvenue