Archive pour avril 2010

Ton amie chômeuse a testé le restau végétarien

Jeudi 22 avril 2010

vegetarien_emilie-simon

Un soir, en rentrant de ma journée de chômage, je suis tombée sur un petit restaurant affichant clairement son ambition végétarienne, et ce, à quelques centaines de mètres seulement de chez moi (ceci prouvant une fois de plus, si besoin était, que le bonheur est au coin de la rue).

Ça tombait bien, je devais dîner ce soir-là avec deux amies travailleuses : excitée à l’idée de rejoindre la communauté des défenseurs des animaux vivants et après vérification rapide des prix pratiqués, j’ai réservé une table.

Tout y était : les articles punaisés au mur fustigeant les restaurants KFC et les manteaux en fourrure, la possibilité de commander un panier bio une fois par semaine, ainsi que l’impression d’avoir fait incursion dans le salon d’une dame un peu esseulée… La salle est en effet minuscule, on aperçoit la cuisine où la propriétaire des lieux va remuer sa soupe entre deux commandes (le lieu ne tolère guère plus de clients).

On peut trouver cette ambiance chaleureuse, mais pas quand on est une vieille ordure comme ton amie chômeuse. Un couple d’anglais sexagénaires est venu s’asseoir à 50 centimètres de notre table, s’assurant dans toutes les langues que ce qu’ils avaient commandé était bien « gluten free ». Ton amie chômeuse n’est encore que ceinture jaune de végétarisme (voir ici) et a trouvé que ce n’était pas sympa de venir crâner sous son nez avec une ceinture noire.

Par ailleurs, j’espérais que cette expérience allait prouver à mes amies (et à moi-même) que la cuisine végétarienne était tout aussi savoureuse que les autres. Raté, nous avons toutes les trois eu l’impression d’avoir été mises au régime. L’été arrivant, ton amie chômeuse était prête à juger l’expérience positive, quand la dame esseulée s’est mise en tête de convaincre mon amie M. (qui n’avait rien demandé) des bienfaits de la bio-kinergie. M., qui travaille en milieu hospitalier et qui a été élevée par Hippocrate (ou presque), commençait à perdre patience devant les attaques répétées de notre hôtesse envers les « médecins traditionnels qui ne comprennent rien au corps humain ». Ton amie chômeuse, mal à l’aise, a abrégé la conversation en demandant l’addition.

Doit-on nécessairement se laisser pousser les dreadlocks et se soigner aux plantes aromatiques pour manger végétarien à Paris ? Ton amie chômeuse se sent plus seule que Rémi (celui qui n’a pas de famille).