Archive pour mai 2010

Ton amie chômeuse a testé la Moon Cup

Mercredi 26 mai 2010

mooncup
(Requête de Marine, il y a un bout de temps déjà…)

Ton amie chômeuse a longtemps hésité avant d’écrire ce billet : était-il bien raisonnable de partager mon intimité jusque dans ces recoins-là ? N’allais-je pas définitivement faire peur à mes lecteurs du sexe mâle ? Moi qui suis une adepte de la Moon Cup depuis un an déjà, j’ai traîné.

Quand soudain, les médias ont commencé à raconter tout un tas de conneries sur cette invention que ton amie chômeuse juge révolutionnaire à tous points de vue. De quoi parle-t-on ? que tu te demandes, ami lecteur. On parle de ce qui afflige une fois par mois toute femme entre 14 et 55 ans, les règles, et des moyens de s’en dépêtrer.

Cette fois c’en est trop, ton amie chômeuse en a ras-la-touffette (hommage à Marina Foïs) de cette omertà idiote sur les règles.

Non, ce n’est pas bleu comme veulent nous le faire croire les publicités télévisées. C’est rouge, parce qu’en fait (attention révélation), c’est du sang.

Non, on n’a pas envie de se balader en pantalon blanc et en faisant des sauts de gazelle au nez des hommes : on a mal au bide, et on est traumatisées par le souvenir de cette fuite qui nous avait collé la honte en 3ème. Je me suis d’ailleurs toujours étonnée que ce genre d’épisode soit à ce point assimilé à un accident nucléaire ; personne n’a envie de se balader en remake de la Reine Margot, c’est entendu, mais si une tache survient, est-ce vraiment un motif de déshonneur absolu ? Bon.

Deuxième chose, ton amie chômeuse aimerait attirer l’attention sur le caractère absolument archaïque des moyens qui sont mis à la disposition des femmes pour se prémunir des catastrophes sus-citées : sans même parler des couches améliorées que l’on appelle serviettes hygiéniques, les tampons ne sont rien d’autres que des morceaux de coton en forme de suppositoire traités avec nombre de produits chimiques aux effets inconnus sur notre intérieur, difficiles à mettre, et qu’on l’on s’échine à enrouler dans du papier toilette avant de balancer le tout à la poubelle - dans le meilleur des cas-.

(Le papier toilette, encore un truc absurde, et dire qu’à une époque il y avait des bidets… Notre société pourtant si hygiéniste préfère “s’essuyer” plutôt que se laver, c’est incompréhensible, passons).

Que l’on n’ait rien inventé de plus ingénieux depuis tout ce temps que les femmes ont leurs règles paraît surréaliste, tu seras d’accord avec moi, ami lecteur.

Et c’est là qu’on devient fou : il se trouve que si, on a inventé quelque chose de beaucoup plus simple et intelligent, ça s’appelle la Moon Cup.

L’objet ressemble à un mini entonnoir à l’envers, une petite coupe en silicone assez moche, mais pas plus qu’un tampon, soyons clairs. Recueillir le sang, vider la coupe à la fin de la journée, la replacer : c’est tellement évident qu’on se demande comment on n’y avait pas pensé plus tôt.

Les avantages sont innombrables (finies les fortunes dépensées en couches culottes, la Moon Cup se conserve 10 ans, finis les déchets qui mettent une vie à se biodégrader, finies les irritations, etc.), et pourtant, pourtant, la façon dont cette invention a été accueillie dans la presse féminine est invraisemblable.

Je passe sur les périphrases rocambolesques pour éviter d’écrire les mots « règles » et « sang », ce qui prouve au passage que les femmes sont loin d’être libérées ou « bien dans leur corps », en dépit de toutes les conneries qu’on nous assène à longueur d’interviews Monica Belluciesques. On a assisté à une véritable levée de boucliers contre ces saloperies d’écolos qui nous forcent à faire des choses absurdes (comme d’admettre que ce qui coule chaque mois, c’est bien du sang et non du Canard lave-vitres) au nom de la préservation de la planète.

Les journalistes étaient offusquées qu’on les accuse de menstrues, bientôt on dira qu’elles font caca, et puis quoi encore ? Une coupe, vous imaginez ? C’est dégoutant, et en plus il faut la vider et la rincer, beurk, c’est tellement plus « ladylike » de balancer son tampon dans les toilettes au risque de boucher la canalisation du café (m’en fous c’est pas chez moi).

Je comprends maintenant qu’on ait mis autant de temps à entendre parler de la Moon Cup : elle a tout simplement soulevé un tabou (et je crains que ce soit loin d’être le dernier).

Triste époque vraiment, hypocrite et percluse de paradoxes.

(Je me suis un peu énervée tiens.)

Site utile :
Le site Moon Cup.

Ton amie chômeuse a testé le club de sport

Mardi 4 mai 2010

clubsport
(Requête de Parissa)

Ton amie chômeuse fait face à un véritable complot : moi qui étais si motivée à l’idée de coller une branlée à Laure Manaudou, j’ai appris la semaine dernière que la piscine en bas de chez moi serait fermée pendant près d’un mois.

Alors que je me lamentais auprès de mon amie P., pinçant mes cuisses sous son nez pour lui montrer à quel point la situation devenait urgente, elle m’a invitée à passer une après-midi dans son… CLUB DE SPORT.

Et alors là, amis lecteurs, le club de sport, c’est tellement bon, que c’est presque trop. C’est tellement de situations absurdes/cocasses/n’importe quoi au mètre carré que ton amie chômeuse en a été submergée, ne sachant même plus par où commencer ses sarcasmes tellement les sujets se bousculaient au portillon.

Au club de sport, on n’est pas là pour « se secouer la graisse », pour être « une sacrée bonnasse cet été », ni même pour « faire du sport ». Toutes ces tournures de phrase sont jugées vulgaires et inavouables ; non, au club de sport, on « s’entraîne ». La coach sportive qui était chargée d’essayer de me convertir m’a en effet demandé combien de fois j’avais l’intention de venir « m’entraîner ». Sa langue avait-elle ripé ? M’avait-elle prise pour Maud Fontenoy (on confond souvent ton amie chômeuse avec toutes sortes de personnages, le plus récurrent étant, hélas, Cindy Lauper) ? Mais non, c’est le vocable établi en ces lieux, et les usagers entre eux se demandent volontiers si Christine vient s’entraîner aujourd’hui (non, elle n’a pas pu faire garder Anatole). S’entraîner à quoi, on ne sait pas, mais au club de sport, c’est comme ça qu’on dit.

Dans les vestiaires, on est accueilli par un festival de fesses et de nichons se promenant en toute liberté, l’occasion de répartir les sportifs (les sportives en l’occurrence, puisque les quéquettes bénéficient de leur propre espace) en deux catégories : les anorexiques dernier degré qui « s’entraînent » au moins deux fois par jour, et les femmes d’un volume corporel plus traditionnel qui laissent leur cul dégonfler quelques mois avant leur prochaine liposuccion.

Mais c’est loin d’être la fin des réjouissances, puisque ton amie chômeuse a pu assister à un cours de CAF. Rien à voir avec les caisses d’allocations familiales ami lecteur, puisque nous sommes là pour « entraîner » nos cuisses, abdos et fessiers. Une dame de 46kg maximum était déjà entrain de lever la jambe avant même que le coach-caf n’arrive, la fayote.

Quand un homme en tenue complète de cycliste est entré dans la salle en courant avec son casque sur les oreilles, ton amie chômeuse a sérieusement pensé que ça ne pouvait être que Rémi Gaillard. Surtout quand j’ai compris que ce qu’il écoutait à s’en faire péter les tympans, c’était Corona. Pas du tout, le cycliste était là pour s’entraîner, comme les autres, et il n’y a pas de mal à investir dans une tenue adéquate.

Ton amie chômeuse soupçonne fortement le coach-caf d’avoir fait ses classes à Guantanamo : je n’avais pas transpiré comme ça depuis mon dernier déménagement. Le plus désespérant étant la vue plongeante que j’avais sur 46kg (coiffure impeccable, pas une goutte de transpiration, le mouvement fluide et rythmé) entre mes jambes tremblantes. A la fin du cours, elle est allée chercher des altères pour enchaîner sur un peu de « Body Pump » pendant que ton amie chômeuse rampait jusqu’au vestiaire.

Bilan : le lendemain, je n’ai pas pu me lever. Littéralement. Coincée comme si j’avais un lumbago, détruite comme si un 6 tonnes m’avait roulé dessus. Ce qui confirme deux choses :

1- je suis dans une piètre condition physique, toujours et encore

2- le club de sport est un univers parallèle qui offre un spectacle plus divertissant que tous les films du monde.

Ton amie chômeuse a grand hâte d’être invitée à nouveau, c’est complètement addictif.