Ton amie chômeuse a trouvé le plus mauvais burger de Paris

burger

L’ascèse s’éloigne, hélas, l’ascèse s’éloigne….

Alors là c’est non. Je sais bien que ma récente confession intime décrédibilise potentiellement tous mes coups de gueule, mais là, ami lecteur, nous sommes très nombreux (quatre) à avoir le même avis. De quoi s’agit-il ? De la grande passion de ton amie plus vraiment chômeuse : manger, et de la résistance qu’il faut absolument opposer à tous ceux qui nous donneraient de la merde par entonnoir, pour peu que ça leur rapporte un peu de pognon.

Depuis que ton amie ne chôme plus, le déjeuner est devenu le moment phare de sa journée, le pic de son excitation quotidienne, bref, l’événement qui doit absolument être réussi. Je m’y prépare dès 11H du matin en interrompant ma consommation de biscuits, mandarines et croissants, songeant le sourire aux lèvres que dans deux heures, j’irai déjeuner (et qu’il est temps de laisser à mes sucs gastriques le loisir de faire un peu de place là-dedans). Je choisis mes camarades de déjeuner avec soin, selon un seul critère : avec qui qu’on se marre le plus ici ?

Le choix de l’endroit qui accueille cette cérémonie quotidienne est difficile, parce qu’à Paris, ami lecteur, on bouffe de plus en plus mal. Ce jour-là, mon oeil a été attiré par une nouvelle enseigne qui proposait des burgers, du cheesecake, des pancakes, et des œufs Bénédicte. Ton amie plus vraiment chômeuse a immédiatement entrepris de se rouler par terre (« Oh steuplé steuplé steuplé steuplé on va là steuplé c’est tellement bien on va là steuplé… ») pour convaincre le leader d’opinion de l’opération déjeuner. Mission accomplie, le collège des sages a décidé d’accorder une chance au nouveau venu.

C’est ici que je reprends l’incipit de ce billet, et que je répète : non. Non monsieur le restaurateur, tu ne peux pas mettre toutes tes économies dans une déco « années 50 » tape-à-l’œil (et un peu cheap : on est mal assis) et penser que ça fera bien l’affaire auprès de ces connards de bobos parisiens.

Et surtout, surtout : non tu ne peux qualifier de « burger classique » un mauvais steak entre deux buns Harry’s. Pas de tomate, pas de salade, pas de fromage, aucune trace de sauce. Un steak entre deux buns. Accompagnement : neuf frites (j’ai compté), une feuille de salade, une demi-rondelle de tomate, et roule ma poule. Prix : 10,5€. Avec une tranche de cheddar, c’est 10,90€.

Alors oui, la connasse bobo parisienne s’est faite avoir une fois. Une fois, pas deux, tu peux me croire ami lecteur, et toi aussi le vilain restaurateur.

Sans déconner, j’appelle à la résistance. Au nom de tous ceux qui se font encore un tout petit peu chier pour proposer des plats dignes d’être ingérés, et ce, malgré le prix du bail à Paris, malgré la concurrence, les chinois et les économies d’échelle.

Le fil rouge café
3 rue René Boulanger
75010 Pari
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3 commentaires sur “Ton amie chômeuse a trouvé le plus mauvais burger de Paris”

  1. Heloise dit :

    Chère MAC,
    Je te suis depuis longtemps, mais ce post me touche particulièrement.
    Je viens d’ouvrir un bar à purées à Strasbourg (oui, des purées, pas des soupes hein, c’est nouveau !) avec des produits locaux, de saison, souvent bio, et c’est fait maison… je fais donc partie de ceux qui “se font chier”, comme tu dis, à proposer des plats un peu moins merdiques que la moyenne et je te remercie pour ces encouragements ! Nous n’avons pas (encore !) d’antenne à Paris, mais qui sait…
    C’est pas pour faire de la pub que je dis ça (même si bon, fatalement ça peut y ressembler et je comprendrais aisément que le commentaire disparaisse ! ), mais je ne pouvais résister à soulager ton indignation :-)
    A bientôt peut-être !
    Héloïse

  2. Pierre dit :

    C’est fou de mettre autant de lignes dans une critique pour n’en avoir que 6 qui nous parlent du burger.
    Je m’en vais équilibrer la balance : sur trois personnes, nous étions trois plutôt agréablement surpris (sans qualifier ça de “meilleur burger de Paris of course, ne serait-ce qu’à cause des tueries que sont Bio Burger et le Camion qui fume). Je suis d’accord pour les buns, pas terribles. La tomate, ils ont du l’oublier, nous on en avait, des sauces aussi. Les frites, une dose normale, et surtout très bonnes. Et quand on critique un burger, je trouve dommage de ne pas parler de la viande. Et en l’occurrence, elle est bonne, et donne au burger un goût que beaucoup n’ont pas.
    La déco, on aime ou pas, mais force est de constater que dans le style peu d’endroits vont aussi loin dans le détail omniprésent (la vieille télé jumbo avec l’image en n&b, les costumes uncle sam à côté des portemanteaux, …).
    On a trouvé le service un peu long et les burgers un poil cher, mais pour l’originalité du lieu et les idées (le burger à deux ? la carte d’invit’ à offrir ?) je trouve qu’il y a bien pire pour arnaquer le bobo. Je te propose une ballade du côté du canal st martin à côté (Sésame, chez Prune, tous ces trucs là).

    Vu que t’as l’air d’aimer les burgers et les trucs du genre, as tu testé l’American Bistro rue de la Folie Méricourt, le BioBurger pas loin de 4 septembre, et le Camion qui fume un peu partout dans paris ?

  3. admin dit :

    @Pierre : J’ai parlé de la viande (”un mauvais steak”), avec l’emphase qu’elle méritait (aucune). Après ça, cher Pierre, je reconnais volontiers que le sens de la mesure n’est pas ma qualité n°1. Mais vraiment, si tu as trouvé le repas correct, je t’assure que de mon côté, je suis tombée sur un mauvais jour.
    Je note et te remercie pour tes adresses (suis toujours preneuse de conseils quand il s’agit de manger) ; elles sont un peu loin de mon boulot, mais pas tant que ça… Donc ça se tente !

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