Ton amie chômeuse a testé l’aquagym

22 juin 2010

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(Requête de Lilas)

Ton amie chômeuse a compris bien vite pourquoi son amie L. a souhaité être accompagnée à son cours de gymnastique aquatique. Entre 14H et 14H45 en pleine semaine, la piscine est un territoire hostile farouchement gardé par une armada de petites vieilles attifées de palmes et de charlottes sur la tête. Mon amie L. et moi n’étant pas ménopausées, nous étions les femmes à abattre, les regards foudroyants qui nous étaient lancés étaient sans équivoque.

En plus, nous avons eu l’outrecuidance d’être à l’heure, alors que (bien entendu), il convient d’arriver au moins 20 minutes avant le début du cours. Ton amie chômeuse s’est donc précipitée vers le bassin, mais mon amie L. m’a prévenue que si j’entrais dans l’eau avant de m’être douchée, j’allais me faire « marave ».

Même douchées, nous avons eu beaucoup de mal à trouver notre place dans le groupe, accueillies par des « Ah non ! Vous allez plus loin ! On est déjà serrées comme des sardines ! » à chaque coin de la piscine. Au final, c’est le prof qui a eu pitié de nous et qui nous a placées au premier rang, ce qui n’a pas manqué de faire jaser dans les charlottes.

Ton amie chômeuse était d’excellente humeur : l’avantage d’avoir 50 ans de moins que tout le monde, c’est que (physiquement parlant), on passe pour Jessica Alba. J’étais excitée à l’idée de coller la pâtée à ces vilaines harpies, je n’attendais qu’un signe du prof pour me mettre à sauter dans tous les sens comme un jeune chien fou pendant que mes camarades souffleraient dans l’effort. Raté.

Car justement, s’il y en avait un qui était ravi de nous avoir dans son cours, c’était le prof. Trop heureux de pouvoir enfin faire la démonstration de ses qualités sportives et pédagogiques, il ne nous a pas lâchées d’une tatane en plastique. « Plus vite ! Plus haut ! Plus dynamique ! On contracte les abdos pour maintenir l’équilibre ! » : pas exactement la sinécure que j’attendais.

À la fin du cours, ton amie chômeuse était rouge écarlate, ce qui a eu le mérite de me rendre sympathique aux yeux d’une dame au bonnet improbable : « Ce n’est pas si facile qu’on le dit, n’est-ce pas ? ».

L’aquagym : le premier pas vers mon intégration dans le monde des autres oisifs (les retraités). Ça sera dur, mais j’y arriverai.

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Ton amie chômeuse a testé la Moon Cup

26 mai 2010

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(Requête de Marine, il y a un bout de temps déjà…)

Ton amie chômeuse a longtemps hésité avant d’écrire ce billet : était-il bien raisonnable de partager mon intimité jusque dans ces recoins-là ? N’allais-je pas définitivement faire peur à mes lecteurs du sexe mâle ? Moi qui suis une adepte de la Moon Cup depuis un an déjà, j’ai traîné.

Quand soudain, les médias ont commencé à raconter tout un tas de conneries sur cette invention que ton amie chômeuse juge révolutionnaire à tous points de vue. De quoi parle-t-on ? que tu te demandes, ami lecteur. On parle de ce qui afflige une fois par mois toute femme entre 14 et 55 ans, les règles, et des moyens de s’en dépêtrer.

Cette fois c’en est trop, ton amie chômeuse en a ras-la-touffette (hommage à Marina Foïs) de cette omertà idiote sur les règles.

Non, ce n’est pas bleu comme veulent nous le faire croire les publicités télévisées. C’est rouge, parce qu’en fait (attention révélation), c’est du sang.

Non, on n’a pas envie de se balader en pantalon blanc et en faisant des sauts de gazelle au nez des hommes : on a mal au bide, et on est traumatisées par le souvenir de cette fuite qui nous avait collé la honte en 3ème. Je me suis d’ailleurs toujours étonnée que ce genre d’épisode soit à ce point assimilé à un accident nucléaire ; personne n’a envie de se balader en remake de la Reine Margot, c’est entendu, mais si une tache survient, est-ce vraiment un motif de déshonneur absolu ? Bon.

Deuxième chose, ton amie chômeuse aimerait attirer l’attention sur le caractère absolument archaïque des moyens qui sont mis à la disposition des femmes pour se prémunir des catastrophes sus-citées : sans même parler des couches améliorées que l’on appelle serviettes hygiéniques, les tampons ne sont rien d’autres que des morceaux de coton en forme de suppositoire traités avec nombre de produits chimiques aux effets inconnus sur notre intérieur, difficiles à mettre, et qu’on l’on s’échine à enrouler dans du papier toilette avant de balancer le tout à la poubelle - dans le meilleur des cas-.

(Le papier toilette, encore un truc absurde, et dire qu’à une époque il y avait des bidets… Notre société pourtant si hygiéniste préfère “s’essuyer” plutôt que se laver, c’est incompréhensible, passons).

Que l’on n’ait rien inventé de plus ingénieux depuis tout ce temps que les femmes ont leurs règles paraît surréaliste, tu seras d’accord avec moi, ami lecteur.

Et c’est là qu’on devient fou : il se trouve que si, on a inventé quelque chose de beaucoup plus simple et intelligent, ça s’appelle la Moon Cup.

L’objet ressemble à un mini entonnoir à l’envers, une petite coupe en silicone assez moche, mais pas plus qu’un tampon, soyons clairs. Recueillir le sang, vider la coupe à la fin de la journée, la replacer : c’est tellement évident qu’on se demande comment on n’y avait pas pensé plus tôt.

Les avantages sont innombrables (finies les fortunes dépensées en couches culottes, la Moon Cup se conserve 10 ans, finis les déchets qui mettent une vie à se biodégrader, finies les irritations, etc.), et pourtant, pourtant, la façon dont cette invention a été accueillie dans la presse féminine est invraisemblable.

Je passe sur les périphrases rocambolesques pour éviter d’écrire les mots « règles » et « sang », ce qui prouve au passage que les femmes sont loin d’être libérées ou « bien dans leur corps », en dépit de toutes les conneries qu’on nous assène à longueur d’interviews Monica Belluciesques. On a assisté à une véritable levée de boucliers contre ces saloperies d’écolos qui nous forcent à faire des choses absurdes (comme d’admettre que ce qui coule chaque mois, c’est bien du sang et non du Canard lave-vitres) au nom de la préservation de la planète.

Les journalistes étaient offusquées qu’on les accuse de menstrues, bientôt on dira qu’elles font caca, et puis quoi encore ? Une coupe, vous imaginez ? C’est dégoutant, et en plus il faut la vider et la rincer, beurk, c’est tellement plus « ladylike » de balancer son tampon dans les toilettes au risque de boucher la canalisation du café (m’en fous c’est pas chez moi).

Je comprends maintenant qu’on ait mis autant de temps à entendre parler de la Moon Cup : elle a tout simplement soulevé un tabou (et je crains que ce soit loin d’être le dernier).

Triste époque vraiment, hypocrite et percluse de paradoxes.

(Je me suis un peu énervée tiens.)

Site utile :
Le site Moon Cup.

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Ton amie chômeuse a testé le club de sport

4 mai 2010

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(Requête de Parissa)

Ton amie chômeuse fait face à un véritable complot : moi qui étais si motivée à l’idée de coller une branlée à Laure Manaudou, j’ai appris la semaine dernière que la piscine en bas de chez moi serait fermée pendant près d’un mois.

Alors que je me lamentais auprès de mon amie P., pinçant mes cuisses sous son nez pour lui montrer à quel point la situation devenait urgente, elle m’a invitée à passer une après-midi dans son… CLUB DE SPORT.

Et alors là, amis lecteurs, le club de sport, c’est tellement bon, que c’est presque trop. C’est tellement de situations absurdes/cocasses/n’importe quoi au mètre carré que ton amie chômeuse en a été submergée, ne sachant même plus par où commencer ses sarcasmes tellement les sujets se bousculaient au portillon.

Au club de sport, on n’est pas là pour « se secouer la graisse », pour être « une sacrée bonnasse cet été », ni même pour « faire du sport ». Toutes ces tournures de phrase sont jugées vulgaires et inavouables ; non, au club de sport, on « s’entraîne ». La coach sportive qui était chargée d’essayer de me convertir m’a en effet demandé combien de fois j’avais l’intention de venir « m’entraîner ». Sa langue avait-elle ripé ? M’avait-elle prise pour Maud Fontenoy (on confond souvent ton amie chômeuse avec toutes sortes de personnages, le plus récurrent étant, hélas, Cindy Lauper) ? Mais non, c’est le vocable établi en ces lieux, et les usagers entre eux se demandent volontiers si Christine vient s’entraîner aujourd’hui (non, elle n’a pas pu faire garder Anatole). S’entraîner à quoi, on ne sait pas, mais au club de sport, c’est comme ça qu’on dit.

Dans les vestiaires, on est accueilli par un festival de fesses et de nichons se promenant en toute liberté, l’occasion de répartir les sportifs (les sportives en l’occurrence, puisque les quéquettes bénéficient de leur propre espace) en deux catégories : les anorexiques dernier degré qui « s’entraînent » au moins deux fois par jour, et les femmes d’un volume corporel plus traditionnel qui laissent leur cul dégonfler quelques mois avant leur prochaine liposuccion.

Mais c’est loin d’être la fin des réjouissances, puisque ton amie chômeuse a pu assister à un cours de CAF. Rien à voir avec les caisses d’allocations familiales ami lecteur, puisque nous sommes là pour « entraîner » nos cuisses, abdos et fessiers. Une dame de 46kg maximum était déjà entrain de lever la jambe avant même que le coach-caf n’arrive, la fayote.

Quand un homme en tenue complète de cycliste est entré dans la salle en courant avec son casque sur les oreilles, ton amie chômeuse a sérieusement pensé que ça ne pouvait être que Rémi Gaillard. Surtout quand j’ai compris que ce qu’il écoutait à s’en faire péter les tympans, c’était Corona. Pas du tout, le cycliste était là pour s’entraîner, comme les autres, et il n’y a pas de mal à investir dans une tenue adéquate.

Ton amie chômeuse soupçonne fortement le coach-caf d’avoir fait ses classes à Guantanamo : je n’avais pas transpiré comme ça depuis mon dernier déménagement. Le plus désespérant étant la vue plongeante que j’avais sur 46kg (coiffure impeccable, pas une goutte de transpiration, le mouvement fluide et rythmé) entre mes jambes tremblantes. A la fin du cours, elle est allée chercher des altères pour enchaîner sur un peu de « Body Pump » pendant que ton amie chômeuse rampait jusqu’au vestiaire.

Bilan : le lendemain, je n’ai pas pu me lever. Littéralement. Coincée comme si j’avais un lumbago, détruite comme si un 6 tonnes m’avait roulé dessus. Ce qui confirme deux choses :

1- je suis dans une piètre condition physique, toujours et encore

2- le club de sport est un univers parallèle qui offre un spectacle plus divertissant que tous les films du monde.

Ton amie chômeuse a grand hâte d’être invitée à nouveau, c’est complètement addictif.

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Ton amie chômeuse a testé le restau végétarien

22 avril 2010

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Un soir, en rentrant de ma journée de chômage, je suis tombée sur un petit restaurant affichant clairement son ambition végétarienne, et ce, à quelques centaines de mètres seulement de chez moi (ceci prouvant une fois de plus, si besoin était, que le bonheur est au coin de la rue).

Ça tombait bien, je devais dîner ce soir-là avec deux amies travailleuses : excitée à l’idée de rejoindre la communauté des défenseurs des animaux vivants et après vérification rapide des prix pratiqués, j’ai réservé une table.

Tout y était : les articles punaisés au mur fustigeant les restaurants KFC et les manteaux en fourrure, la possibilité de commander un panier bio une fois par semaine, ainsi que l’impression d’avoir fait incursion dans le salon d’une dame un peu esseulée… La salle est en effet minuscule, on aperçoit la cuisine où la propriétaire des lieux va remuer sa soupe entre deux commandes (le lieu ne tolère guère plus de clients).

On peut trouver cette ambiance chaleureuse, mais pas quand on est une vieille ordure comme ton amie chômeuse. Un couple d’anglais sexagénaires est venu s’asseoir à 50 centimètres de notre table, s’assurant dans toutes les langues que ce qu’ils avaient commandé était bien « gluten free ». Ton amie chômeuse n’est encore que ceinture jaune de végétarisme (voir ici) et a trouvé que ce n’était pas sympa de venir crâner sous son nez avec une ceinture noire.

Par ailleurs, j’espérais que cette expérience allait prouver à mes amies (et à moi-même) que la cuisine végétarienne était tout aussi savoureuse que les autres. Raté, nous avons toutes les trois eu l’impression d’avoir été mises au régime. L’été arrivant, ton amie chômeuse était prête à juger l’expérience positive, quand la dame esseulée s’est mise en tête de convaincre mon amie M. (qui n’avait rien demandé) des bienfaits de la bio-kinergie. M., qui travaille en milieu hospitalier et qui a été élevée par Hippocrate (ou presque), commençait à perdre patience devant les attaques répétées de notre hôtesse envers les « médecins traditionnels qui ne comprennent rien au corps humain ». Ton amie chômeuse, mal à l’aise, a abrégé la conversation en demandant l’addition.

Doit-on nécessairement se laisser pousser les dreadlocks et se soigner aux plantes aromatiques pour manger végétarien à Paris ? Ton amie chômeuse se sent plus seule que Rémi (celui qui n’a pas de famille).

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Ton amie chômeuse n’a rien dépensé pendant une semaine

31 mars 2010

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(Requête de Sophia Laure, aimerait savoir si c’est possible )

Tu la connais, ton amie chômeuse est une sacrée aventurière. À peine cette requête reçue, je me suis mise en contact avec ma cliente pour en préciser les modalités. Nous avons conclu que j’avais le droit de faire des courses alimentaires la semaine précédent celle du défi, mais pas de quoi tenir un nouveau siège des Allemands : des courses normales. Interdit de demander asile à la boulangère en cas de fringale ou d’appeler Papa en chialant.

Ensuite, et c’est là que ça se corse, ma cliente a décrété que je ne devrai pas prendre les transports en commun, sauf le Vélib’ éventuellement. Bien sûr elle ne sait pas qu’il est hors de question que je monte sur une des ces machines du diable (ton amie chômeuse a appris à manier le vélo sans petites roues sur le tard, et s’y sent à peu près aussi à l’aise que sur un dromadaire, c’est-à-dire pas). Cette restriction me laissait donc avec mes seuls pieds comme moyen de locomotion (je rappelle que ton amie chômeuse habite à Paris ; ce n’est pas Los Angeles, mais ce n’est pas Bruxelles non plus). Il était également interdit de passer la semaine sous la couette (pour une fois). Bien.

Ton amie chômeuse a l’habitude de ruser : elle sait s’incruster en vacances dans les maisons des autres, se faire inviter à dîner (sans coucher) (la plupart du temps), trouver des fringues à moitié-prix, elle connaît les bons plans coiffeurs à 5 euros et possède toutes les cartes de fidélité de la Terre. Mais j’ai fait le constat cette semaine que vivre en dépensant peu était très différent de vivre en ne dépensant rien.

1ère épreuve : la nourriture

Bien sûr, j’avais encore largement de quoi manger. Ce qui est très vite venu à manquer en revanche, c’est le petit truc en plus : le pistou qui égaie les pâtes, le morceau de baguette pour saucer, le carré de chocolat qui enchante la fin du repas. Ton amie chômeuse s’est dit qu’elle allait en profiter pour perdre deux kilos, mais finalement, pleine de ressources, elle a développé des trésors d’ingéniosité et en a plutôt gagné un (ex : tiens, il me reste un œuf et du lait, si je trouve un peu de farine, je me fais une crêpe en dessert. Sauf que « une crêpe en dessert », ça n’a jamais existé).

2ème épreuve : les déplacements

Ton amie chômeuse a vite compris que toute marcheuse chevronnée doit toujours avoir dans son sac une paire de baskets et un tee-shirt de rechange. Après une journée, j’ai décidé de ne plus quitter mes baskets, c’était plus simple. Le lendemain, j’adoptais le tee-shirt de sport pour la journée, après tout, il n’est pas si moche. Le 3ème jour j’ai fait péter le jogging.

Jusqu’à 45 minutes de marche, j’ai trouvé l’exercice plutôt agréable. Au-delà, je suis devenue machiavélique. J’ai accepté de me faire raccompagner en scooter en laissant planer le doute sur mon célibat (arrivée à 200 mètres de chez moi : « C’est bon laisse-moi ici » « Mais je peux te ramener jusqu’à chez toi tu sais… » « Non, non, ici, c’est très bien, ça t’évite les sens interdits, aller la bise. »)

3ème épreuve : la vie sociale

Ton amie chômeuse a pu continuer à aller à la piscine et au musée, puisque vive la France, c’est gratuit, mais ces activités aux horaires chômeurs sont désespérément solitaires… Fréquenter des frères humains sans avoir à dépenser le moindre euro, voilà qui s’est révélé compliqué.

- Au café : « Et pour vous mademoiselle ? » « Rien merci » (souriante, mais avec un regard qui dit vas-y dégage-moi si tu l’oses ; pas si évident).

- Au café bis : « Tu sais que tu ne m’as pas fait de cadeau pour mon anniversaire… Non, c’est pas grave… C’est juste une remarque… Aller tu me paies mon Coca et on en parle plus, va ! ».

- Le samedi soir, arrivée à une soirée chez des amis : « Saaaaalut ! Non, j’ai pas trouvé le vin que tu m’avais demandé, mais je t’ai apporté une bouteille de vodka, je l’ai posée sur la table là… OH BAH CA ALORS, quelqu’un l’a déjà sacrément entamée ! Dis-donc, ce sont de vrais soiffards tes copains ! »

- Le dimanche : c’est la bien la première fois que ton amie chômeuse était ravie de participer à un déménagement. C’est la seule activité conviviale, gratuite (manquerait plus que ça), et pourvoyeuse de bonbons à gogo. Comme c’était un gros déménagement, on a eu droit au petit-déjeuner, au déjeuner, au goûter et à l’apéro, et on s’est bien marrés. Un bon plan en somme.

La première chose qui m’ait fait craquer (on s’en serait douté), c’est la flemme. Je n’en pouvais plus de ressembler à Mel C, et quand il a fallu rentrer d’Odéon jusque dans le 18ème arrondissement, j’ai pris le métro. C’était au soir du 5ème jour seulement ; c’est la tête et la queue basse que j’avoue avoir échoué.

Mais ce dont ton amie chômeuse s’est surtout rendue compte, c’est qu’elle n’allait pas pouvoir tenir très longtemps en mode pique-assiette ; elle a vu débarquer de nulle part des concepts un peu surannées comme l’amour-propre par exemple…

Parce qu’au bout du compte, ne pas avoir d’argent ici-bas, c’est être mal élevé. Ne pas renvoyer l’invitation quand on a été reçu, ne pas avoir apporté une bouteille (non entamée) à un dîner ou à une soirée, voilà des impairs qu’on a appris à ne pas commettre. La différence entre peu et pas d’argent, c’est l’exclusion, tout simplement. On a beau faire des blagues avec un truc qui s’appelle mon amie chômeuse, on se rend bien compte que le mot ne revêt pas la même signification pour tout le monde… Combien de chômeurs en fin de droits en 2010 ?

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Ton amie chômeuse face au défi de la piscine

10 mars 2010

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(Requête involontaire de Laurence)

Bientôt un an que ton amie chômeuse a formé ses vœux d’ascèse. Bilan : c’est la honte.

Pourtant, j’y ai cru au Pilates. Je me suis inscrite, j’en étais même à sympathiser avec la prof, je rentrais en métro avec une camarade-chômeuse avec qui j’échangeais des tuyaux beauté et forme, j’y étais presque. Mais non. Aucune constance, c’est désespérant. La seule activité physique que j’ai maintenu, c’est celle qui consiste à monter les 6 étages qui mènent jusqu’à chez moi (et encore, parfois je reste perchée des jours entiers pour ne pas les endurer, surtout quand il pleut).

Je sais bien que je n’ai pas atteint mes objectifs. Mais je ne comprends pas comment font les autres (ça, et les couples qui ne s’engueulent jamais et à qui je prédis une fin funeste PARCE QUE CE N’EST PAS NORMAL de ne pas s’engueuler). Comment ceux qui travaillent ont-ils le temps de se soumettre à leurs séances que « sinon j’me sens mal, c’est comme une drogue, mon corps me le réclame tu vois » ? Comment ceux qui ne travaillent pas arrivent-ils à se payer les cours de Pilates, qui même en tarif amis chômeurs reviennent plus cher que la psy ?

Et surtout, où vont-ils chercher leur motivation ? Sont-ils de la même espèce que ceux qui mangent DEUX Granolas (ton amie chômeuse n’a jamais ouvert un paquet de Granola sans le finir) ? Je m’interroge.

Quand soudain, j’ai déjeuné avec Laurence. Laurence, c’est une collègue du temps de mon ancienne vie, une fille sympa, au demeurant. Evidemment, je ne suis pas une gonzesse pour rien, il m’a fallu moins d’une seconde pour évaluer la perte de poids de Laurence à six kilos, et sa tonicité musculaire à +75%. Je ne l’avais pas vue depuis six mois, et je n’ai pas pu m’en empêcher, mes premiers mots ont été dignes d’une pub des années 80 mal traduite : « Mais t’es trop bonne ! Comment tu fais ? ». Et elle me répond « Tu sais j’ai du temps maintenant que je suis indépendante, j’en profite pour faire un peu d’exercice. » Vas-y, vole-moi tout le concept de mon amie chômeuse, vas-y.

Après avoir accusé le froid, la pluie, la crise économique et la pultacée, j’ai engagé une grande négociation avec moi-même. Mon activité sportive à moi doit être économique, non contraignante en termes d’horaires, facile d’accès, efficace sans être épuisante (sous peine de démotivation immédiate), n’avoir aucun rapport avec la course à pied (voir ici). Et faire de moi une Laurence d’ici à notre prochain déjeuner. Après délibération, le jugement est tombé : ça n’existe pas.

Et pourtant, il reste bien une solution… Je passe devant tous les jours, elle n’est pas chère, elle est à quinze mètres de chez moi, elle est le royaume des mycoses tapies dans l’ombre et des contacts inconvenants, des moule-bites et des gens qui crachent, des enfants qui pissent et des pervers de tous âges : la piscine.

N’écoutant que sa bravoure, ton amie chômeuse a balayé les souvenirs que l’odeur de chlore a fait remonter (mon camarade Olivier que j’avais pris pour le système de ventilation avant qu’il m’apprenne qu’il avait « des gaz », mes faux seins en mousse imbibés d’eau, cet enfoiré de Pierre qui les a fait remarquer à tout le monde, etc.), et s’est jetée à l’eau, comme qui dirait.

Amis lecteurs, j’en suis à ma TROISIÈME séance de piscine (si). Si je tiens jusqu’en juin, je fais péter le champagne et le billet « ton amie chômeuse colle une branlée à Laure Manaudou ».

Lien et infos utiles :
Liste des piscines parisiennes
Source de la photo : site de la ville de Seyssinet-Pariset

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Ton amie chômeuse suit les préceptes de Schopenhauer

25 février 2010

schopenhauer
Aphorismes sur la sagesse dans la vie, Arthur Schopenhauer
(Requête de David, essaie de tirer son amie chômeuse de la tendance à la déprime)

Parfois, ton amie chômeuse reçoit des requêtes qui l’accompagnent pendant des semaines, voire des mois. Un client a voulu tester ma volonté d’accéder à l’ascèse et m’a proposé de vivre selon les préceptes édictés par Schopenhauer dans ses Aphorismes sur la sagesse dans la vie. Ton amie chômeuse s’est fait un plaisir de le commander à la librairie du coin (occasion rêvée pour faire semblant d’être une intellectuelle débordée « ah mince, je ne l’ai pas, je peux vous le commander mais je ne l’aurai que mardi… ça ira ? » « mmmh… oui, bon, ça ira. »).

Ensuite, une fois le livre entre les mains, j’ai réalisé que ça faisait 10 ans que je n’avais pas lu de philosophie. J’ai dû faire face à une petite montée de stress à base de « en suis-je encore capable ? », « vais-je faire le terrible constat de la déperdition de mes neurones ? », etc. Heureusement, pour lire Aphorismes sur la sagesse, nul besoin d’être balèze : dès l’introduction, Schopenhauer prévient qu’il ne va pas faire preuve ici d’autant de sérieux et de rigueur métaphysique que dans le reste de sa « véritable philosophie ». Rassurée, ton amie chômeuse a néanmoins espéré qu’il ne se foutrait pas trop de sa gueule quand même, sous prétexte qu’elle s’intéresse à des choses aussi futiles que le bonheur dans l’existence.

Ton amie chômeuse a été échaudée par quelques réflexions qui trouvent sans doute des éléments d’explication dans le contexte historique (« ouais mais tu vois à l’époque, ça ne choquait personne le racisme… qu’est-ce que tu peux être 21ème siècle dans ta manière de penser, c’est dingue »). Alors, oui, certainement, ton amie chômeuse manque de perspective, mais il n’empêche qu’elle a un peu buté sur deux-trois concepts :
- Schopi pense que les hommes naissent intelligents ou pas (dans la grande majorité des cas ce sont des brutes ignares), c’est une inégalité à laquelle on ne peut rien. Bon. Il dit aussi que l’homme « supérieur » n’a pas besoin de la compagnie des autres pour vivre heureux, il trouve en lui-même les ressources de son divertissement et de son bien-être. Soit. Pour bien enfoncer le clou, Schopi prend l’exemple des « nègres », ces «faces noires et camardes» « intellectuellement arriérées », et bien les nègres adorent se coller les uns aux autres, ce qui prouve bien que le stade ultime de l’évolution, c’est l’isolement.

- Schopi nous explique que les femmes, incomplètes par nature, attendent tout des hommes. Ainsi, le troupeau des femmes, avec le bon sens instinctif qui caractérise les bestiaux, s’est mis d’accord pour ne jamais avoir de rapports hors mariage. Si certaines femmes acceptent de s’offrir à des hommes sans qu’ils leurs passent l’anneau au doigt, quel autre moyen de pression les autres pourront-elles faire valoir pour être enfin gratifiées de la présence d’un homme à leurs côtés (et ainsi donner un sens à leur existence) ?

Du coup ton amie chômeuse s’est dit que merci mais non merci, ça ne servait à rien de se taper des arguments pareils quand la psychanalyse et la pilule sont passées par là et quand les écrits de nombreux sages plus politiquement corrects sont arrivés jusqu’à nous, non mais oh.

Reste que c’est remarquablement bien écrit… On trouve des citations de Goethe, de Voltaire, de Shakespeare ou de Pétrarque toutes les deux pages, elles sont traduites et expliquées, c’est plutôt agréable (et on en a pour son argent en matière d’érudition)… Ton amie chômeuse a donc quand même poursuivi sa lecture. Et doit bien admettre qu’elle a adoré.

Quand le fond n’est pas intéressant (voir ci-dessus), on peut toujours se délecter de l’élégance et bien souvent, de la drôlerie des formules. Ricaner dans le métro quand on a un livre de Schopenhauer entre les mains produit un bel effet sur les co-voyageurs (c’est comme de rire à une blague France Culture, sauf que souvent vous êtes tout seul, alors que dans le métro, vous avez un public - la classe -).

Exemple : « La solitude offre à l’homme intellectuellement haut placé un double avantage : le premier, d’être avec soi même, et le second, de n’être pas avec les autres. »

Exemple encore :
« Pour le dire en passant, élever un monument à un homme de son vivant, c’est déclarer que pour ce qui le concerne on ne se fie pas à la postérité. »

On a été prévenue que Schopi n’avait pas l’intention de révolutionner la philosophie avec ce livre, ses aphorismes ont un autre bénéfice, ils sont galvanisants. On en sort avec un sentiment de puissance, et avec une envie irrépressible de vivre la vie pour ce qu’elle est (et en brandissant un doigt d’honneur au reste de l’humanité… Enfin, moi ça m’a fait ça.).

Ton amie chômeuse regarde son livre et ne peut pas compter le nombre de pages qu’elle a corné, annoté, relu… Je n’oublie pas la requête, et voici les préceptes que j’ai fait graver au-dessus de mon lit depuis que Schopi est mon BFF* :

- « L’essentiel pour le bonheur dans la vie, c’est ce que l’on a en soi-même ». Plus besoin de se faire chier à partir à la découverte de l’autre, ça tombe bien, ton amie chômeuse est malade en transport. «(Le) centre de gravité (de l’homme heureux) tombe tout entier en dedans de lui-même ».

- « L’existence proprement dite, c’est le loisir » (et non le travail).

- « La fortune patrimoniale atteint sa plus haute valeur lorsqu’elle échoit à celui qui, doué de forces intellectuelles supérieures, poursuit des desseins dont la réalisation ne s’accommode pas d’un travail pour vivre». Ton amie chômeuse la tenterait bien « amie rentière », pour voir si elle serait pas dotée de forces intellectuelles supérieures, des fois.

- Ce que l’on est pour les autres n’existe qu’indirectement », et seulement si on le laisse avoir une influence sur nous. « Attribuer une haute valeur à l’opinion des hommes, c’est leur faire trop d’honneur. »

- « Dans tout ce que nous faisons comme dans tout ce que nous nous abstenons de faire, nous considérons l’opinion des autres avant toute chose presque, et c’est de ce souci qu’après un examen plus approfondi nous verrons naître environ la moitié des tourments et des angoisses que nous ayons jamais éprouvés. ». Grave.

Et enfin :

- « Ce n’est qu’au terme d’une période de notre existence, parfois de la vie entière que nous reconnaissons la véritable connexion de nos actions (…) nous ne faisons à un moment donné que ce qui à ce moment-là nous semble juste et convenable (…) ».

Voilà qui arrange ton amie chômeuse qui n’a jamais su faire de plans (ni de vie, ni de carrière, ni de commentaires composés). Prochain entretien d’embauche (Dieu m’en préserve) où la raclure des RH me demande ce que c’est que ce CV-patchwork au juste, je lui balance du Schopi. Bim.

Info utile :

* BFF : Best Friend Forever. Ami lecteur tu n’as jamais vu le film Clueless ou quoi ?

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Ton amie chômeuse est allée en Terre Sainte

13 février 2010

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(Requête de… heu… Dieu ?)

Pour des raisons évidentes, ton amie chômeuse ne part pas très souvent en voyage. Aussi, quand ça finit par arriver, je prends soin de sélectionner des destinations originales pour pouvoir faire mon intéressante quand la conversation glisse sur ce terrain. Il y a quelques années, M. et moi étions partis au Monténégro ; pas encore de Lonely Planet, ni de Guide du Routard : de quoi faire semblant d’être des aventuriers (alors que le pays ressemble en tout point à la Croatie). Cette année, nous sommes allés en Israël.

Pari réussi puisque cette fois les réjouissances ont commencé bien avant le départ, quand il a fallu expliquer ce choix à l’entourage : aux parents qui trouvaient notre idée dangereuse, aux pro-palestiniens affichés, aux juifs, aux chrétiens de tous bords, aux musulmans, aux athées, et à tous ceux qui ont un avis sur l’état d’Israël (et ça fait beaucoup de monde). La personne la plus difficile à convaincre du bien-fondé de notre décision reste cependant le mec de la sécurité à Roissy. Ton amie chômeuse n’était pas prévenue qu’on allait la soumettre aux Questions pour un champion du judaïsme et a failli faire demi-tour en disant « laissez tomber on s’en va, pardon ».

En Israël, on peut être pris dans une tempête de neige le matin sur le plateau du Golan, se perdre dans les territoires palestiniens dépourvus de signalisation l’après-midi, et avoir l’impression que toute la journée n’était qu’un rêve en dînant le soir sur une terrasse à Tel Aviv. Ton amie chômeuse est rentrée hier, et il va lui falloir un peu de temps pour que tout ce qu’elle a vu au cours des dix derniers jours trouve sa place dans sa tête (ou son cœur, selon les cas).

Prenons Jérusalem, par exemple. Quand les murailles de la Vieille Ville apparaissent entre deux collines, on est saisi par la beauté du site. Ton amie chômeuse était au taquet, parlait déjà de s’installer quelques jours dans un couvent et espérait secrètement être victime du « syndrome de Jérusalem » (comme Juliette Binoche dans le film Mary d’Abel Ferrara).

Hélas, il m’a bien vite semblé que la spiritualité avait déserté Jérusalem depuis longtemps. Ton amie chômeuse a eu l’impression de visiter un parc d’attraction dédié aux religions. La traversée du souk, où kippas et chapelets au rabais disputent leurs places aux tee-shirts Homer Simpson, n’en finit plus. On apprend que la construction de cet immense marché est assez récente et destinée à exploiter au maximum le portefeuille des pèlerins. Pèlerins qui se déplacent en troupeaux compacts, bloquant les ruelles de manière hermétique et forçant ton amie chômeuse à jurer plus que de raison.

Pour accéder au Mur des Lamentations, l’attraction phare, nous devons passer par un détecteur de métal et laisser notre sac sur un tapis roulant. L’esplanade des Mosquées n’était pas accessible ce jour-là. Il pleuvait, des hordes de touristes en imperméables/sacs poubelles jaunes suivaient un guide hurlant l’histoire de tel ou tel prophète. Dans le Saint-Sépulcre, on est tentés de vouloir se poser une seconde pour réfléchir au geste dévotionnel que pratiquent certains et qui consiste à s’agenouiller pour embrasser la pierre d’où Jésus serait monté aux cieux. Mais on est empêchés par le crépitement des flashs et par le bruit de conversations qui n’ont rien de solennel (« Eh ! Patrick ! Patrick ! C’est l’tombeau d’Jésus ça ? Hein ? Pfff… Vas-y t’as vu la queue ? »).

Ce n’est donc pas Jérusalem qui aura éclairé ton amie chômeuse sur le sens des religions. Mais Israël, dans son ensemble, a fait naître quelques embryons d’inspiration, bien trop évasifs encore pour être partagés aujourd’hui… Affaire à suivre.

Info :
Photo magazine Geo.fr

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Ton amie chômeuse a testé le shiatsu

20 janvier 2010

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(Requête de Chris, pas le temps de faire usage de son « Coffret découverte Zen »)

Ami lecteur, tu as sans doute été maintes fois tenté par l’achat d’une SmartBox. Mais si, tu sais, ces coffrets à offrir qui permettent de choisir parmi des centaines d’activités, et qui t’évitent de réfléchir à ce que tu vas bien pouvoir refourguer à Jean-François pour ses 30 ans (qu’est-ce que t’en sais de ses goûts, ça fait 2 ans que vous vous êtes pas vus).

Du bénéfice d’être l’amie chômeuse : quand mon client s’est rendu compte qu’il n’aurait pas le temps de faire usage de sa box « Découverte Zen » avant la date de péremption, il me l’a donnée (« tiens c’est valable encore 10 jours… Tu devrais trouver un moyen d’y aller toi (puisque t’as rien à foutre) »).

Et bien ce n’était pas si simple, et ton amie chômeuse a dû s’armer de patience. La plupart des numéros sélectionnés sonnait dans le vide, d’autres étaient vraisemblablement erronés (« Charcuterie Bernard, j’écoute ? » « Euh… Vous ne faites pas de massages californiens ? »). Je n’ai pas compté le nombre de sites Internet inconnus au bataillon et d’instituts ne figurant pas dans les Pages Jaunes. Je suis même tombée sur une masseuse à domicile qui m’a expliqué un peu nerveusement qu’elle ne “travaillait pas avec les coffrets zen découverte” et qu’elle ne comprenait pas pourquoi elle y figurait. Allons bon, me dis-je.

J’étais à deux doigts de faire usage de mon temps libre pour rédiger une lettre de réclamation quand je suis tombée sur Marc Shiatsu. Le contact était un numéro de portable, d’habitude je n’aime pas ça, mais j’étais en mode « rien à perdre ». Bingo, Marc Shiatsu m’a donné un rendez-vous immédiatement.

Cet homme est la personnification de la gentillesse et de la patience. Il entame un long dialogue pour en savoir plus sur mon état général. C’est alors que j’apprends que j’ai affaire à un ancien dentiste : il gagne immédiatement ma sympathie et ma confiance (cf. ma passion pour les dents) et se livre à un diagnostic assez précis de ma mâchoire et de mon occlusion ; ton amie chômeuse est déjà en kiffe.

Ensuite, nous passons dans la pièce dédiée aux massages. Le shiatsu est une pratique venue du Japon et issue de la médecine traditionnelle chinoise. Il vise à rétablir l’équilibre énergétique, et en ce sens on peut le rapprocher de l’acupuncture, qui agit elle aussi sur des points clé de circulation d’énergie dans le corps. Sauf qu’en acupuncture, on se retrouve vite en Saint-Sebastien du bien-être, transpercé par une multitude de petites aiguilles, alors qu’en shiatsu, la pratique s’apparente en tout point à un massage : ton amie chômeuse a eu vite fait de choisir son camp.

Tu ne seras pas étonné d’apprendre que je me suis un petit peu endormie (cf. problème d’endormissement intempestif, ici et même ici), ce qui prouve que la partie détente est bien au rendez-vous. Pour la partie circulation de l’énergie, le praticien agit par pressions sur tout le corps et déclenche de drôles de sensation, on comprend qu’il est entrain de titiller des canaux qui n’ont pas l’habitude d’être sollicités. Pour ma part, il semblerait que le méridien de la rate soit en cruel déficit (j’en étais sûre). On sort de là aussi détendue qu’après une séance de hammam, et avec la sensation d’avoir fait un geste vers le corps, cet inconnu.

Ton amie chômeuse ne manquera pas de donner des nouvelles de son méridien de la rate et te fait gagner du temps, à toi, comme à Jean-François, et vous encourage à aller directement vous étaler les bras en croix sur le tatami, sans passer par la case Coffret Découverte.

Infos utiles :

shiatsumarc@free.fr
06 10 57 09 38
www.shiatsu-marc.com

Il pratique ici :
KALIMA bien-être
47 rue du rendez-vous
75012
Et ici :
L’ORCHIDEE
11 bis rue Eugène Jumin
75019

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Ton amie chômeuse fait le bilan

4 janvier 2010

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(Requête de tout le monde, semble-t-il)

Puisque nous sommes en janvier, période où messages créatifs (et affectueux) affluent dans nos boîtes mail, mais aussi moment propice aux bilans et aux résolutions, ton amie chômeuse va se livrer à l’exercice, pour une fois.

Ami lecteur, tu ne le sais peut-être pas, mais tu assistes à une mue sous forme de quête : tu es le témoin nullement passif de la transformation de ton amie chômeuse. Tu t’en tamponnes, tu as raison, je m’en vais néanmoins t’expliquer ce qui se joue ici, sur fond de papier à fleurs (cf. appel à propositions dans “Info utile” plus bas).

Depuis les débuts de Mon amie chômeuse, il y a neuf mois, j’essaie de me débarrasser de ce qui paraissait devoir être structurant pour ma vie pour mettre à jour des schémas plus sincères et plus justes. Il s’agit donc de déconstruire l’évidence, d’effeuiller l’oignon, de retirer les couches successives de merde qui se sont accumulées avec les années et qui ont fait que je suis arrivée à un âge dit adulte sans savoir comment je m’appelais, sans avoir la plus petite idée de ce qui me fait avancer et sans connaître mes goûts.

Ton amie chômeuse a commencé le chantier par le volet travail, qu’elle a tellement bien déconstruit qu’elle s’est retrouvée au chômage avec aucune envie de remédier au problème. Bon. Tu auras noté ami lecteur que jamais au cours de mes billets je n’ai évoqué une quelconque recherche d’emploi, et que je suis restée discrète sur les questions de « comment diable vais-je payer mon loyer ».

À mesure que les mois passaient, j’affinais mes idées sur ce que je ne voulais plus faire (il faut bien commencer quelque part), et crois-le ou non, de petites missions totalement ingrates en rencontres plus fructueuses, j’ai fini par trouver un équilibre. C’est à dire qu’aujourd’hui, ton amie chômeuse peut se targuer d’être indépendante financièrement (elle ne te dit pas qu’elle se paie des vacances à Maurice tous les quatre matins, mais au final elle s’est rendue compte que ça ne faisait pas partie du top 5 de ses priorités) tout en ayant conservé jalousement le luxe du temps. Je travaille juste ce qu’il faut pour pouvoir me payer mon propre chômage. C’est alors que tu bondis et t’écries « la salope, elle n’est pas vraiment au chômage en fait ».

J’avance deux arguments pour ma défense :

- « Mon amie chômeuse à mi-temps », ou « mon amie chômeuse qui travaille quand même de temps en temps parce qu’il faut bien bouffer », c’était compliqué à mettre en place dans le bandeau d’introduction ;
- Comme je le disais plus haut, le chômage est pour moi l’occasion de prendre le temps de l’introspection et de la mise à jour d’envies profondes : j’en suis encore exactement là, et me sens 100% chômeuse à cet égard.

Dans la série des sujets un peu moins fun, je n’ai jamais parlé non plus de la hausse du nombre de chômeurs, de l’absurdité de considérer que nous sommes en sortie de crise alors qu’un million de chômeurs arrivent en fin de droits en 2010. Comment imaginer que ça se passe bien ?

Pendant les vacances, ton amie chômeuse a regardé Home, le film de Yann Arthus-Bertrand (qui a connu un meilleur sort au box-office que celui de Nicolas Hulot). On nous explique sans sourciller que la terre ne peut pas nourrir toute la population mondiale. Bon. Ton amie chômeuse a également regardé “les 20 ans du Zapping”, et s’est donc avalée des images de famines, de racisme, de guerres, d’étalement obscène des richesses, d’un monde où rien n’a de sens. C’est le principe de l’émission, je le connaissais, il n’empêche que j’en ai chialé. Nous est-il impossible, avec le nombre d’esprits brillants que compte la planète, de concevoir un système qui nourrisse l’ensemble de l’humanité ? Je n’y crois pas une seule seconde. Ça n’a simplement jamais été l’objectif. Les trois quarts des humains crèvent la dalle, et le dernier quart s’angoisse, avale des tranquillisants, et crève encore plus malheureux que les autres.

Dans ce contexte, repenser sa relation au travail, la considérer autrement que le moyen de capitaliser ou de définir une image sociale, je trouve que ça a du sens.

Ma résolution, c’est de ne plus me laisser emporter par la colère ou la peur. C’est de continuer à déconstruire sereinement, pour réfléchir plus librement, et pour ne plus me laisser affecter, par rien. Je veux être au plus simple de l’existence, comme un chat, ou une plante, ne plus être malade d’être en vie.

Ça, et arrêter la clope pour de bon. Ça va être tendu.

Info utile :
Toute proposition de renouvellement du papier à fleurs pour 2010 est la bienvenue

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