Archive pour le mot-clef ‘piscine’

Ton amie chômeuse a testé l’Aquacycling

Mercredi 22 septembre 2010

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(Requête de Lilas)

Toujours en quête du sport idéal, et forte de son expérience d’aquagym, ton amie chômeuse a testé l’activité idiote par excellence, celle qui fera de moi une star dans les dîners mondains, j’ai nommé : l’aquacycling.

Pour ceux qui connaissent le « spinning », c’est la même chose, sauf qu’on a balancé les vélos d’appartement dans une piscine. Le principe du spinning, c’est de pédaler comme un dingue au rythme d’une musique assourdissante en compagnie de 20 autres blaireaux qui obéissent comme vous aux commandements vociférés d’un coach en cycliste. Dans la version aquatique, c’est la même chose, mais tout le monde est dans l’eau.

Ton amie chômeuse est arrivée avec les 10 minutes d’avance requises (traumatisée par l’aquagym) afin que le coach en maillot de bain règle le vélo à la bonne taille. « Facile, moyen, difficile ? ». Avant que je ne comprenne qu’il s’agissait du niveau de difficulté auquel je souhaitais m’astreindre, le coach a déclaré « difficile », soulevé le vélo au-dessus de sa tête tel Fei-Long dans Street Fighter avant de le jeter dans la piscine avec un clin d’œil (l’engin est d’ailleurs passé bien près de cette pauvre dame qui était déjà en train de pédaler dans le bassin).

Une fois tout le monde bien installé sur sa monture, le coach aquatique lance la musique (« Dance Machine 1999 »), saute dans la piscine et se met illico à hurler des ordres : « En danseuse ! » « Jambe droite seulement ! » « En arrière ! ». La résistance de l’eau rend l’exercice encore plus épuisant qu’à l’air libre. Le mieux, c’est quand on doit s’accroupir, et qu’on boit la tasse à cause des remous occasionnés par les efforts frénétiques des « cyclistes ».

Le coach aquatique a admis que c’était dur, mais il a aussi juré que personne ne souffrirait de courbatures le lendemain. C’était presque vrai, et rien que pour ça, ton amie chômeuse est reconnaissante. Bon, soyons honnêtes, je n’y retournerai jamais, mais c’était marrant.

Ton amie chômeuse a testé l’aquagym

Mardi 22 juin 2010

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(Requête de Lilas)

Ton amie chômeuse a compris bien vite pourquoi son amie L. a souhaité être accompagnée à son cours de gymnastique aquatique. Entre 14H et 14H45 en pleine semaine, la piscine est un territoire hostile farouchement gardé par une armada de petites vieilles attifées de palmes et de charlottes sur la tête. Mon amie L. et moi n’étant pas ménopausées, nous étions les femmes à abattre, les regards foudroyants qui nous étaient lancés étaient sans équivoque.

En plus, nous avons eu l’outrecuidance d’être à l’heure, alors que (bien entendu), il convient d’arriver au moins 20 minutes avant le début du cours. Ton amie chômeuse s’est donc précipitée vers le bassin, mais mon amie L. m’a prévenue que si j’entrais dans l’eau avant de m’être douchée, j’allais me faire « marave ».

Même douchées, nous avons eu beaucoup de mal à trouver notre place dans le groupe, accueillies par des « Ah non ! Vous allez plus loin ! On est déjà serrées comme des sardines ! » à chaque coin de la piscine. Au final, c’est le prof qui a eu pitié de nous et qui nous a placées au premier rang, ce qui n’a pas manqué de faire jaser dans les charlottes.

Ton amie chômeuse était d’excellente humeur : l’avantage d’avoir 50 ans de moins que tout le monde, c’est que (physiquement parlant), on passe pour Jessica Alba. J’étais excitée à l’idée de coller la pâtée à ces vilaines harpies, je n’attendais qu’un signe du prof pour me mettre à sauter dans tous les sens comme un jeune chien fou pendant que mes camarades souffleraient dans l’effort. Raté.

Car justement, s’il y en avait un qui était ravi de nous avoir dans son cours, c’était le prof. Trop heureux de pouvoir enfin faire la démonstration de ses qualités sportives et pédagogiques, il ne nous a pas lâchées d’une tatane en plastique. « Plus vite ! Plus haut ! Plus dynamique ! On contracte les abdos pour maintenir l’équilibre ! » : pas exactement la sinécure que j’attendais.

À la fin du cours, ton amie chômeuse était rouge écarlate, ce qui a eu le mérite de me rendre sympathique aux yeux d’une dame au bonnet improbable : « Ce n’est pas si facile qu’on le dit, n’est-ce pas ? ».

L’aquagym : le premier pas vers mon intégration dans le monde des autres oisifs (les retraités). Ça sera dur, mais j’y arriverai.

Ton amie chômeuse n’a rien dépensé pendant une semaine

Mercredi 31 mars 2010

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(Requête de Sophia Laure, aimerait savoir si c’est possible )

Tu la connais, ton amie chômeuse est une sacrée aventurière. À peine cette requête reçue, je me suis mise en contact avec ma cliente pour en préciser les modalités. Nous avons conclu que j’avais le droit de faire des courses alimentaires la semaine précédent celle du défi, mais pas de quoi tenir un nouveau siège des Allemands : des courses normales. Interdit de demander asile à la boulangère en cas de fringale ou d’appeler Papa en chialant.

Ensuite, et c’est là que ça se corse, ma cliente a décrété que je ne devrai pas prendre les transports en commun, sauf le Vélib’ éventuellement. Bien sûr elle ne sait pas qu’il est hors de question que je monte sur une des ces machines du diable (ton amie chômeuse a appris à manier le vélo sans petites roues sur le tard, et s’y sent à peu près aussi à l’aise que sur un dromadaire, c’est-à-dire pas). Cette restriction me laissait donc avec mes seuls pieds comme moyen de locomotion (je rappelle que ton amie chômeuse habite à Paris ; ce n’est pas Los Angeles, mais ce n’est pas Bruxelles non plus). Il était également interdit de passer la semaine sous la couette (pour une fois). Bien.

Ton amie chômeuse a l’habitude de ruser : elle sait s’incruster en vacances dans les maisons des autres, se faire inviter à dîner (sans coucher) (la plupart du temps), trouver des fringues à moitié-prix, elle connaît les bons plans coiffeurs à 5 euros et possède toutes les cartes de fidélité de la Terre. Mais j’ai fait le constat cette semaine que vivre en dépensant peu était très différent de vivre en ne dépensant rien.

1ère épreuve : la nourriture

Bien sûr, j’avais encore largement de quoi manger. Ce qui est très vite venu à manquer en revanche, c’est le petit truc en plus : le pistou qui égaie les pâtes, le morceau de baguette pour saucer, le carré de chocolat qui enchante la fin du repas. Ton amie chômeuse s’est dit qu’elle allait en profiter pour perdre deux kilos, mais finalement, pleine de ressources, elle a développé des trésors d’ingéniosité et en a plutôt gagné un (ex : tiens, il me reste un œuf et du lait, si je trouve un peu de farine, je me fais une crêpe en dessert. Sauf que « une crêpe en dessert », ça n’a jamais existé).

2ème épreuve : les déplacements

Ton amie chômeuse a vite compris que toute marcheuse chevronnée doit toujours avoir dans son sac une paire de baskets et un tee-shirt de rechange. Après une journée, j’ai décidé de ne plus quitter mes baskets, c’était plus simple. Le lendemain, j’adoptais le tee-shirt de sport pour la journée, après tout, il n’est pas si moche. Le 3ème jour j’ai fait péter le jogging.

Jusqu’à 45 minutes de marche, j’ai trouvé l’exercice plutôt agréable. Au-delà, je suis devenue machiavélique. J’ai accepté de me faire raccompagner en scooter en laissant planer le doute sur mon célibat (arrivée à 200 mètres de chez moi : « C’est bon laisse-moi ici » « Mais je peux te ramener jusqu’à chez toi tu sais… » « Non, non, ici, c’est très bien, ça t’évite les sens interdits, aller la bise. »)

3ème épreuve : la vie sociale

Ton amie chômeuse a pu continuer à aller à la piscine et au musée, puisque vive la France, c’est gratuit, mais ces activités aux horaires chômeurs sont désespérément solitaires… Fréquenter des frères humains sans avoir à dépenser le moindre euro, voilà qui s’est révélé compliqué.

- Au café : « Et pour vous mademoiselle ? » « Rien merci » (souriante, mais avec un regard qui dit vas-y dégage-moi si tu l’oses ; pas si évident).

- Au café bis : « Tu sais que tu ne m’as pas fait de cadeau pour mon anniversaire… Non, c’est pas grave… C’est juste une remarque… Aller tu me paies mon Coca et on en parle plus, va ! ».

- Le samedi soir, arrivée à une soirée chez des amis : « Saaaaalut ! Non, j’ai pas trouvé le vin que tu m’avais demandé, mais je t’ai apporté une bouteille de vodka, je l’ai posée sur la table là… OH BAH CA ALORS, quelqu’un l’a déjà sacrément entamée ! Dis-donc, ce sont de vrais soiffards tes copains ! »

- Le dimanche : c’est la bien la première fois que ton amie chômeuse était ravie de participer à un déménagement. C’est la seule activité conviviale, gratuite (manquerait plus que ça), et pourvoyeuse de bonbons à gogo. Comme c’était un gros déménagement, on a eu droit au petit-déjeuner, au déjeuner, au goûter et à l’apéro, et on s’est bien marrés. Un bon plan en somme.

La première chose qui m’ait fait craquer (on s’en serait douté), c’est la flemme. Je n’en pouvais plus de ressembler à Mel C, et quand il a fallu rentrer d’Odéon jusque dans le 18ème arrondissement, j’ai pris le métro. C’était au soir du 5ème jour seulement ; c’est la tête et la queue basse que j’avoue avoir échoué.

Mais ce dont ton amie chômeuse s’est surtout rendue compte, c’est qu’elle n’allait pas pouvoir tenir très longtemps en mode pique-assiette ; elle a vu débarquer de nulle part des concepts un peu surannées comme l’amour-propre par exemple…

Parce qu’au bout du compte, ne pas avoir d’argent ici-bas, c’est être mal élevé. Ne pas renvoyer l’invitation quand on a été reçu, ne pas avoir apporté une bouteille (non entamée) à un dîner ou à une soirée, voilà des impairs qu’on a appris à ne pas commettre. La différence entre peu et pas d’argent, c’est l’exclusion, tout simplement. On a beau faire des blagues avec un truc qui s’appelle mon amie chômeuse, on se rend bien compte que le mot ne revêt pas la même signification pour tout le monde… Combien de chômeurs en fin de droits en 2010 ?

Ton amie chômeuse face au défi de la piscine

Mercredi 10 mars 2010

piscine

(Requête involontaire de Laurence)

Bientôt un an que ton amie chômeuse a formé ses vœux d’ascèse. Bilan : c’est la honte.

Pourtant, j’y ai cru au Pilates. Je me suis inscrite, j’en étais même à sympathiser avec la prof, je rentrais en métro avec une camarade-chômeuse avec qui j’échangeais des tuyaux beauté et forme, j’y étais presque. Mais non. Aucune constance, c’est désespérant. La seule activité physique que j’ai maintenu, c’est celle qui consiste à monter les 6 étages qui mènent jusqu’à chez moi (et encore, parfois je reste perchée des jours entiers pour ne pas les endurer, surtout quand il pleut).

Je sais bien que je n’ai pas atteint mes objectifs. Mais je ne comprends pas comment font les autres (ça, et les couples qui ne s’engueulent jamais et à qui je prédis une fin funeste PARCE QUE CE N’EST PAS NORMAL de ne pas s’engueuler). Comment ceux qui travaillent ont-ils le temps de se soumettre à leurs séances que « sinon j’me sens mal, c’est comme une drogue, mon corps me le réclame tu vois » ? Comment ceux qui ne travaillent pas arrivent-ils à se payer les cours de Pilates, qui même en tarif amis chômeurs reviennent plus cher que la psy ?

Et surtout, où vont-ils chercher leur motivation ? Sont-ils de la même espèce que ceux qui mangent DEUX Granolas (ton amie chômeuse n’a jamais ouvert un paquet de Granola sans le finir) ? Je m’interroge.

Quand soudain, j’ai déjeuné avec Laurence. Laurence, c’est une collègue du temps de mon ancienne vie, une fille sympa, au demeurant. Evidemment, je ne suis pas une gonzesse pour rien, il m’a fallu moins d’une seconde pour évaluer la perte de poids de Laurence à six kilos, et sa tonicité musculaire à +75%. Je ne l’avais pas vue depuis six mois, et je n’ai pas pu m’en empêcher, mes premiers mots ont été dignes d’une pub des années 80 mal traduite : « Mais t’es trop bonne ! Comment tu fais ? ». Et elle me répond « Tu sais j’ai du temps maintenant que je suis indépendante, j’en profite pour faire un peu d’exercice. » Vas-y, vole-moi tout le concept de mon amie chômeuse, vas-y.

Après avoir accusé le froid, la pluie, la crise économique et la pultacée, j’ai engagé une grande négociation avec moi-même. Mon activité sportive à moi doit être économique, non contraignante en termes d’horaires, facile d’accès, efficace sans être épuisante (sous peine de démotivation immédiate), n’avoir aucun rapport avec la course à pied (voir ici). Et faire de moi une Laurence d’ici à notre prochain déjeuner. Après délibération, le jugement est tombé : ça n’existe pas.

Et pourtant, il reste bien une solution… Je passe devant tous les jours, elle n’est pas chère, elle est à quinze mètres de chez moi, elle est le royaume des mycoses tapies dans l’ombre et des contacts inconvenants, des moule-bites et des gens qui crachent, des enfants qui pissent et des pervers de tous âges : la piscine.

N’écoutant que sa bravoure, ton amie chômeuse a balayé les souvenirs que l’odeur de chlore a fait remonter (mon camarade Olivier que j’avais pris pour le système de ventilation avant qu’il m’apprenne qu’il avait « des gaz », mes faux seins en mousse imbibés d’eau, cet enfoiré de Pierre qui les a fait remarquer à tout le monde, etc.), et s’est jetée à l’eau, comme qui dirait.

Amis lecteurs, j’en suis à ma TROISIÈME séance de piscine (si). Si je tiens jusqu’en juin, je fais péter le champagne et le billet « ton amie chômeuse colle une branlée à Laure Manaudou ».

Lien et infos utiles :
Liste des piscines parisiennes
Source de la photo : site de la ville de Seyssinet-Pariset