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Ton amie chômeuse a testé le restau gastronomique en Bourgogne

Lundi 11 juillet 2011

restaurant_gastronomique_normandie

Ami lecteur, je te vois d’ici froncer le sourcil en te demandant quel genre de job ton amie chômeuse a trouvé qui lui permette d’aller se faire péter le bide dans des restaurants étoilés. Penses-tu ! Ton amie plus vraiment chômeuse applique une recette vieille comme le monde : coucher avec plus riche que soi. Maintenant que tu es rassuré sur le caractère intact de ma moralité, je m’en vais te raconter mon expérience gastronomique en Bourgogne.

Le restau gastronomique se reconnaît au fait qu’en son sein, tout se la pète. La musique se la pète lounge, les œuvres d’art affichées au mur se la pètent avant-gardistes, les clients se la pètent, le serveur se la pète, et last but not least : la bouffe se la pète.

Mise en bouche : mini-cône de glace à la moutarde. Ton amie plus vraiment chômeuse a renversé sa mini-boule, qui a roulé sur la table et qu’elle a rattrapé d’un geste inspiré au moment où elle allait chuter pour de bon. Pas 5 minutes qu’on était assis, que j’avais déjà réussi à redécorer la nappe d’une grande traînée jaune.

Plus tard, le serveur qui se la pète vient me « présenter » (car oui, c’est le mot qu’il emploie) mon entrée, à qui, blagueuse, je dis « Yo, l’entrée, bien ou bien ? », ce qui ne fait pas rire le serveur. Il termine sa présentation en disant « ... accompagné de son émulsion d’ail d’ours. Et si vous me demandez ce qu’est l’ail d’ours… », donc je l’interromps, bonne élève, et m’écrie « mais qu’est-ce donc que l’ail d’ours ? », ce qui ne l’amuse pas non plus. Il poursuit en racontant que c’est de l’ail qui pousse aux pieds des arbres, explication que je juge merdique, mais je ne le dis pas, puisqu’il faut être poli. Ami lecteur, sache qu’après l’entrée, j’ai abandonné toute tentative de complicité avec le serveur qui se la pète.

Celui qui rigolait encore moins que le serveur, c’était M. le béni, qui avait fait preuve d’audace en commandant l’entrée la plus bizarre de la carte : le tartare de bœuf à l’émulsion d’huîtres (dans le restau qui se la pète, on mange beaucoup d’« émulsions », il faut le savoir. Même la purée, c’était de l’ « émulsion » de pommes de terre). Il voulait faire bonne figure M. le béni, il a dit que c’était « intéressant », avant d’admettre qu’il venait d’avoir un flash de lui entrain de vomir. Prudente, je lui ai conseillé de ne pas terminer son assiette. Déjà que j’avais fait de la nappe un vieux PQ, si en plus il se mettait à gerber, on n’allait pas s’en sortir.

Ensuite, j’ai mangé du cabillaud et un peu de cannette, M. a mangé de l’agneau ; c’était bon, mais faut pas déconner, ça vaut pas un bon œuf coque. Ce qui est marrant en revanche, c’est ce qui se passe autour. Le serveur qui se la pète laisse dangereusement pencher une assiette pendant qu’il en dépose une autre devant un client. S’il avait été sensible à mon humour, je l’aurais prévenu que la glace allait se casser la gueule, mais là j’ai préféré regarder en ricanant. La boule a glissé, elle est allée s’écraser sur le sol dans un « ploc » très classe, digne de son rang, sans que le serveur qui se la pète ne s’en aperçoive. Il sert la seconde assiette (dénuée de boule de glace, donc) et s’en va avec son air de loup snob de Tex Avery, quand soudain, il aperçoit la boule par terre, lève un sourcil, se retourne pour regarder l’assiette de sa cliente, incrédule… Avant que ses neurones n’aient le temps de connecter, un de ses collègues s’était armé de Sopalin pour faire disparaître l’affront.

Plus loin, une dame qui dînait seule s’est livrée à des pratiques sexuelles avec son affreux petit chien. Elle l’a pris sur les genoux et s’est mise à geindre (« oui, oui, oui ») pendant qu’il lui léchait la gueule goulument. J’étais littéralement offusquée, j’avais l’impression d’être devant un film de boules zoophile, M. me disait d’arrêter de regarder bon sang, mais je ne pouvais pas m’en empêcher. A une autre table, une dizaine de mâles en repas d’affaire, dont l’un s’est adressé au serveur comme s’il était une sorte de sous-homme dont la seule fonction était de lui servir le fromage. A une autre, deux femmes liftées à souhait, américaines si j’en juge par la coiffure, essayaient de faire bonne figure pendant que leurs maris s’entretenaient de sujets de la plus haute importance (hors de portée auditive, mais ils opinaient du chef avec beaucoup de gravité). Tristoune, finalement. J’imagine que montrer un peu d’enthousiasme aurait été terriblement déplacé.

Si c’est pour finir comme ça, à sentir la bave de chien séchée et à tirer la gueule alors qu’on mange des trucs de gueu-din, autant ne pas être riche.

Le site du restau en question

Ton amie chômeuse a trouvé le plus mauvais burger de Paris

Mercredi 6 avril 2011

burger

L’ascèse s’éloigne, hélas, l’ascèse s’éloigne….

Alors là c’est non. Je sais bien que ma récente confession intime décrédibilise potentiellement tous mes coups de gueule, mais là, ami lecteur, nous sommes très nombreux (quatre) à avoir le même avis. De quoi s’agit-il ? De la grande passion de ton amie plus vraiment chômeuse : manger, et de la résistance qu’il faut absolument opposer à tous ceux qui nous donneraient de la merde par entonnoir, pour peu que ça leur rapporte un peu de pognon.

Depuis que ton amie ne chôme plus, le déjeuner est devenu le moment phare de sa journée, le pic de son excitation quotidienne, bref, l’événement qui doit absolument être réussi. Je m’y prépare dès 11H du matin en interrompant ma consommation de biscuits, mandarines et croissants, songeant le sourire aux lèvres que dans deux heures, j’irai déjeuner (et qu’il est temps de laisser à mes sucs gastriques le loisir de faire un peu de place là-dedans). Je choisis mes camarades de déjeuner avec soin, selon un seul critère : avec qui qu’on se marre le plus ici ?

Le choix de l’endroit qui accueille cette cérémonie quotidienne est difficile, parce qu’à Paris, ami lecteur, on bouffe de plus en plus mal. Ce jour-là, mon oeil a été attiré par une nouvelle enseigne qui proposait des burgers, du cheesecake, des pancakes, et des œufs Bénédicte. Ton amie plus vraiment chômeuse a immédiatement entrepris de se rouler par terre (« Oh steuplé steuplé steuplé steuplé on va là steuplé c’est tellement bien on va là steuplé… ») pour convaincre le leader d’opinion de l’opération déjeuner. Mission accomplie, le collège des sages a décidé d’accorder une chance au nouveau venu.

C’est ici que je reprends l’incipit de ce billet, et que je répète : non. Non monsieur le restaurateur, tu ne peux pas mettre toutes tes économies dans une déco « années 50 » tape-à-l’œil (et un peu cheap : on est mal assis) et penser que ça fera bien l’affaire auprès de ces connards de bobos parisiens.

Et surtout, surtout : non tu ne peux qualifier de « burger classique » un mauvais steak entre deux buns Harry’s. Pas de tomate, pas de salade, pas de fromage, aucune trace de sauce. Un steak entre deux buns. Accompagnement : neuf frites (j’ai compté), une feuille de salade, une demi-rondelle de tomate, et roule ma poule. Prix : 10,5€. Avec une tranche de cheddar, c’est 10,90€.

Alors oui, la connasse bobo parisienne s’est faite avoir une fois. Une fois, pas deux, tu peux me croire ami lecteur, et toi aussi le vilain restaurateur.

Sans déconner, j’appelle à la résistance. Au nom de tous ceux qui se font encore un tout petit peu chier pour proposer des plats dignes d’être ingérés, et ce, malgré le prix du bail à Paris, malgré la concurrence, les chinois et les économies d’échelle.

Le fil rouge café
3 rue René Boulanger
75010 Pari
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Ton amie chômeuse a testé le restau végétarien

Jeudi 22 avril 2010

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Un soir, en rentrant de ma journée de chômage, je suis tombée sur un petit restaurant affichant clairement son ambition végétarienne, et ce, à quelques centaines de mètres seulement de chez moi (ceci prouvant une fois de plus, si besoin était, que le bonheur est au coin de la rue).

Ça tombait bien, je devais dîner ce soir-là avec deux amies travailleuses : excitée à l’idée de rejoindre la communauté des défenseurs des animaux vivants et après vérification rapide des prix pratiqués, j’ai réservé une table.

Tout y était : les articles punaisés au mur fustigeant les restaurants KFC et les manteaux en fourrure, la possibilité de commander un panier bio une fois par semaine, ainsi que l’impression d’avoir fait incursion dans le salon d’une dame un peu esseulée… La salle est en effet minuscule, on aperçoit la cuisine où la propriétaire des lieux va remuer sa soupe entre deux commandes (le lieu ne tolère guère plus de clients).

On peut trouver cette ambiance chaleureuse, mais pas quand on est une vieille ordure comme ton amie chômeuse. Un couple d’anglais sexagénaires est venu s’asseoir à 50 centimètres de notre table, s’assurant dans toutes les langues que ce qu’ils avaient commandé était bien « gluten free ». Ton amie chômeuse n’est encore que ceinture jaune de végétarisme (voir ici) et a trouvé que ce n’était pas sympa de venir crâner sous son nez avec une ceinture noire.

Par ailleurs, j’espérais que cette expérience allait prouver à mes amies (et à moi-même) que la cuisine végétarienne était tout aussi savoureuse que les autres. Raté, nous avons toutes les trois eu l’impression d’avoir été mises au régime. L’été arrivant, ton amie chômeuse était prête à juger l’expérience positive, quand la dame esseulée s’est mise en tête de convaincre mon amie M. (qui n’avait rien demandé) des bienfaits de la bio-kinergie. M., qui travaille en milieu hospitalier et qui a été élevée par Hippocrate (ou presque), commençait à perdre patience devant les attaques répétées de notre hôtesse envers les « médecins traditionnels qui ne comprennent rien au corps humain ». Ton amie chômeuse, mal à l’aise, a abrégé la conversation en demandant l’addition.

Doit-on nécessairement se laisser pousser les dreadlocks et se soigner aux plantes aromatiques pour manger végétarien à Paris ? Ton amie chômeuse se sent plus seule que Rémi (celui qui n’a pas de famille).