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Ton amie chômeuse est retournée au ski

Samedi 26 février 2011

telesiege

Tout a commencé par une série de remarques parfaitement incompréhensibles : quand j’ai annoncé autour de moi que je partais quelques jours à la montagne, personne n’a voulu croire que je savais faire du ski. Il paraît qu’on a du mal à m’imaginer en action ; les gens qui ont essayé ont même laissé échapper quelques gloussements. Ton amie pas vraiment chômeuse a très mal réagi à ces manifestations dubitatives (« je vous emmerde »).

Certes, je n’avais pas fait de ski depuis plus de 10 ans. Dois-je rappeler que le chômage s’accompagne généralement de quelques difficultés à réunir les fonds nécessaires à d’aussi onéreuses vacances ? Bon.

Mais à l’époque, ton amie pas encore chômeuse était rompue à l’exercice du séjour en montagne ! Je ne me laissais jamais prendre à l’envie de pipi en combinaison, je savais faire en sorte d’être la préférée du mono (une idylle par an, qui s’achevait systématiquement au moment où ledit moniteur retirait ses lunettes de soleil) (je n’ai jamais rencontré un prof de ski dont le sex-appeal résiste à cette funeste action), et bon sang, je savais skier !

Ton amie pas vraiment chômeuse, vexée, a donc abandonné son projet initial (qui consistait à squatter les terrasses en lisant des journaux) pour louer une paire de skis en bon uniforme dès son arrivée à la station. Je constate au passage qu’on a beau se gargariser des progrès fulgurants en matière d’équipement sportif, l’enfilage de la chaussure de ski est encore une torture qui aurait raison des plus motivés. Mais pas de moi, non madame, non monsieur.

Sans râler, ou presque, j’ai porté mes skis (vive le progrès, ça pèse toujours le poids d’un âne mort) jusqu’aux “œufs”, où j’ai fait la queue gentiment, feignant de ne pas voir la petite chose de trois ans à peine qui chutait à chaque marche (et ouais mec, moi aussi ça m’emmerde de porter mes skis, compte pas sur moi).

Alors, c’est vrai, je l’admets, je ne suis pas exactement du genre à dire « Wouhou ! y a du verglas et on n’y voit pas à 5 mètres ! On se fait la noire ?! ». S’il fait moche, je vais boire du vin chaud et bouffer de la tartiflette comme toute personne gratifiée d’un demi cerveau. Et s’il fait beau, je choisis le télésiège qui me mènera à la première chaise longue via la jolie piste qui passe à travers la forêt de sapins. C’est vrai. Mais je skie, et même, j’adore ça.

Crois-le ou non ami lecteur, j’ai passé d’excellentes vacances en famille (tu croyais que c’était un oxymore, je sais, moi aussi). J’ai ri quand la petite sœur a raté l’embranchement auquel nous l’attendions, occupée qu’elle était à hurler « je peeeeeeux pas m’arrêteeeeeeeeeeer ! », en schuss/chasse neige, bras et jambes écartées. J’ai adoré me faire coller une branlée le soir à la belotte, et disserter sur les dangers du télésiège (la preuve que j’avais raison cette semaine dans le Parisien. Je dis ça je dis rien).

Une certitude : je vais réitérer l’expérience et m’échiner à transformer la légende (« MAC ? C’est une bête de skieuse ! J’ai même du mal à l’imaginer avec des chaussures normales aux pieds. C’est te dire »).