Test- Le club de sport

Proposition charitable de Parissa.

Ton amie chômeuse fait face à un complot : moi qui étais si motivée à l’idée de batifoler dans de l’eau chlorée, j’ai appris la semaine dernière que la piscine en bas de chez moi serait fermée pendant près d’un mois.

Alors que je me lamentais auprès de mon amie P., pinçant mes cuisses sous son nez pour lui montrer à quel point la situation devenait urgente, elle m’a invitée à passer une après-midi dans son… club de sport. De riches.

Et alors là, amis lecteurs, le club de sport, c’est tellement bon, que c’est presque trop. C’est tellement de situations absurdes/cocasses/n’importe quoi au mètre carré que ton amie chômeuse en a été submergée, ne sachant même plus par où commencer à glousser.

Au club de sport, on n’est pas là pour « se secouer la graisse », pour être « une sacrée bonnasse cet été », ni même pour « faire du sport ». Toutes ces tournures de phrase sont jugées vulgaires et inavouables ; non, au club de sport, on « s’entraîne ». La coach sportive qui était chargée d’essayer de me convertir m’a en effet demandé combien de fois j’avais l’intention de venir « m’entraîner ». Sa langue avait-elle ripé ? M’avait-elle prise pour Maud Fontenoy (on confond souvent ton amie chômeuse avec toutes sortes de personnes, le plus récurrent étant, hélas, Cindy Lauper) ? Mais non, c’est le vocable établi en ces lieux, et les usagers entre eux se demandent volontiers si Christine vient s’entraîner aujourd’hui (non, elle n’a pas pu faire garder Anatole). S’entraîner à quoi, on ne sait pas,  c’est intransitif.

Dans les vestiaires, on est accueilli par un festival de fesses et de nichons se promenant en toute liberté, l’occasion de répartir les sportifs (les sportives en l’occurrence, puisque les quéquettes bénéficient de leur propre espace) en deux catégories : les anorexiques qui « s’entraînent » au moins deux fois par jour, et les femmes d’un volume corporel plus traditionnel qui laissent leur cul dégonfler quelques mois avant leur prochaine liposuccion. Il faut préciser ici que le club de sport de riches en question est sis dans le 16ème arrondissement de Paris.

Mais c’est loin d’être la fin des réjouissances, puisque ton amie chômeuse a pu assister à un cours de CAF. Rien à voir avec les caisses d’allocations familiales ami lecteur, puisque nous sommes là pour « entraîner » nos cuisses, abdos et fessiers. Une dame de 46kg maximum était déjà entrain de lever la jambe avant même que le coach-caf n’arrive, la fayote.

Quand un homme en tenue complète de cycliste est entré dans la salle en courant avec son casque sur les oreilles, ton amie chômeuse a sérieusement pensé que ça ne pouvait être que Rémi Gaillard. Surtout quand j’ai compris que ce qu’il écoutait à s’en faire péter les tympans, c’était Corona. Pas du tout, le cycliste était là pour s’entraîner, comme les autres, et il n’y a pas de mal à investir dans une tenue adéquate.

Ton amie chômeuse soupçonne fortement le coach-caf d’avoir fait ses classes à Guantanamo : je n’avais pas transpiré comme ça depuis mon dernier déménagement. Le plus désespérant étant la vue plongeante que j’avais sur « 46kg » (coiffure impeccable, pas une goutte de transpiration, le mouvement fluide et rythmé) entre mes jambes tremblantes. Comme quoi on peut être sous-alimentée et en pleine forme. A la fin du cours, elle est allée chercher des altères pour enchaîner sur un peu de « Body Pump » pendant que ton amie chômeuse rampait jusqu’au vestiaire.

Bilan : le lendemain, je n’ai pas pu me lever. Littéralement. Coincée comme si j’avais un lumbago, détruite comme un camion m’avait roulé dessus. Ce qui confirme deux choses :

1- je suis dans une piètre condition physique, toujours et encore

2- le club de sport est un univers parallèle qui offre un spectacle plus divertissant que tous les films du monde.

Ton amie chômeuse a grand hâte d’être invitée à nouveau, c’est complètement addictif.

 

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7 commentaires

  1. Ah oui mais je valide a 100% ! Je me suis inscrite cet hiver pour 3 mois, refusant avec dédain l’argument commercial du mec qui voulait me vendre l’abonnement d’un an : « non mais je suis intermittente, je serai pas souvent la cet été, et puis c’est cher quand meme, d’autant que sincerement, no offense, mais j’aime pas ca. Oui je comptais faire ca vite et bien. Eh bah non seulement ca a marché, mais en plus j’aime y aller. As-tu noté a quel point on est satisfait a la sortie de la salle ? Quelle fierté d’avoir tenu tout le long du cours, et d’endurer la torture du coach. Limite on se dit pas « peuh, j’aurais pu tenir encore 20min, dommage j’aime pas ca moi le cours qu’il y a apres et faut que je nourrisse mon poisson rouge, sinon a l’aise hein, finger in ze nose ». Bref, je suis partie pour me prendre le fameux abonnement d’un an des cette semaine. Je demanderai si j’ai droit a des invites pour mes amies chomeuses 😉

  2. Comme je suis d’accord ! Un point cependant n’obtient pas tout mon assentiment : le caractère addictif des salles de sport. Pour moi y aller est un calvaire, parce que je sens bien que ça tiraille mon corps de partout et parce que la vue plongeante sur les mouvements chaloupés de la sportive de 46kg me culpabilise grave loin de me motiver…
    Je suis dépitée car je n’ai pas eu la prudence de Maëlle : j’ai signé pour un an.

  3. J’ai l’impression de vivre ma propre histoire! c’est tellement vrai.
    Je vais au club med gym et c’est un festival de caricatures ambulantes, sans parler de la pression sociale et physique qui y règne.
    Et encore, j’aimerais dire, tu n’as pas eu la chance d’aller dans les vestiaires des hommes, où c’est effectivement la fête de la quequette et la population que tu y cotoies est littéralement risible tellement les mecs sont bourrés de clichés.
    Mais bon, au bout d’un moment tu fais plus attention, tu vas à ton cours, tu remues tes fesses et tu te casses sans échanger un regard avec quiconque…

  4. Un petit conseil (un peu tardif certes…): essaie la gym suédoise, tu n’aura pas tous les inconvénients énumérés ci-dessus… Je déteste aussi les clubs de sport c’est pourquoi je me suis mise à la gym suédoise. C’est beaucoup plus convivial, on n’est pas piégé par l’engagement, c’est pas cher et surtout ce sont des gens normaux qui y vont (pas des robots qui font des heures de sport sans une goutte de sueur) 🙂

  5. Bonjour amies chômeuses ,
    Passant vous visiter je me suis arrêter sur votre discussion.
    Je suis nouvellement inscrite dans un club de sport et j’en suis ravie.
    Rie à voir avec les autres clubs. C’est un centre que pour les femmes et toutes les morphoogies . Lady Mooving, j’adore.

  6. J’ai testé aussi la salle de sport quand j’étais à la fac, pour faire un pseudo reportage « second degré ». C’est exactement ce que tu décris. Les anorexiques et les vieilles VUéisés qui se baladent à poil dans les vestiaires pour comparer leur corps (elles ont éclaté de rire quand je suis allée me changer dans les chiottes- connaissent pas la pudeur).
    là j’ai trouvé une salle de sport pour chômeurs, c’est à dire avec le minimum, 10 pauvres appareils dont 3 sont cassés depuis deux ans, pas de fenêtres, pas de prof… mais l’avantage, c’est que du coup la salle est vide, et on paie à la séance et pas à l’année (pratique puisque là j’hiberne jusqu’au mois de mars)
    j’adore ton site, exactement le genre d’humour que j’apprécie

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